יהודי צפון אפריקה: דמוגרפיה ואונומסטיקה
Entrusted by Bernard Bensaid · Imprimerie du Lycée, Alger (édition originale) · deposited on April 14, 2026 · History register · custodian, not owner
Critical research
Dating
Certain1936
Imprimerie du Lycée, Alger, 1936 (édition originale)
Bibliothèque nationale de France, Gallica, cote 8-O2k-1937
Provenance
Chain of conservation:
Material analysis
Édition originale d'environ 456 pages, divisée en deux parties : une section démographique (statistiques communautaires d'Algérie, de Tunisie, du Maroc et de Libye) et un répertoire onomastique des patronymes juifs d'Afrique du Nord avec étymologies, variantes et aires de diffusion. Préface de l'auteur datée d'Alger, 5696 / 1936.
Open academic debates
Fiabilité des effectifs démographiques proposés par Eisenbeth
Portée du répertoire onomastique
Maurice EISENBETH Grand Rabbin d'Alger LES JUIFS DE L'AFRIQUE DU NORD DÉMOGRAPHIE & ONOMASTIQUE Ouvrage honoré d'une subvention du GOUVERNEMENT GÉNÉRAL DE L'ALGÉRIE IMPRIMERIE DU LYCEE 1, Rue Eugène Robe, 1 ALGER 1936 Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction réservés --- Cet ouvrage rare fait partie de la bibliothèque de Monsieur Jean-Luc MONNERET qui a bien voulu le scanner pour nous. Jean-luc Monneret est l'auteur de deux livres importants : — L'Évangile dans tous ses états — Les grands thèmes du Coran Ce document a été ensuite préparé et mis en ligne par : Alain SPENATTO 1, rue du Puy Griou. 15000 AURILLAC. alainspenatto@orange.fr ou spenatto@algerie-ancienne.com D'autres livres peuvent être consultés ou téléchargés sur le site : http://www.algerie-ancienne.com --- A Monsieur Arthur Weisweiller HOMMAGE RECONNAISSANT --- AVANT-PROPOS L'étude que nous présentons aujourd'hui au public fait suite à notre essai « Le Judaïsme Nord-Africain » (1). Elle se justifie de plusieurs manières : tout d'abord, un travail partiel appelle naturellement un complément ; ensuite, plusieurs personnalités et savants ont exprimé le vœu de nous voir étendre nos recherches à toute l'Afrique du Nord française ; enfin, l'incontestable utilité de sauver de l'oubli tout ce qui peut intéresser le groupe ethnique que constituent les israélites en Algérie, Tunisie et Maroc. Les raisons, en effet, pour lesquelles, dans les recensements officiels, les israélites algériens, par exemple, ne sont plus discriminés, sont parfaitement logiques, et les remarques faites à ce propos par les Services compétents du Gouvernement Général de l'Algérie dans sa dernière publication « Statistique de la Population Algérienne », tome I, septembre 1934, méritent d'être reproduites : ... « 1° Il était matériellement impossible de discriminer ces éléments démographiques, parce qu'en fait, « la majeure partie des intéressés (c'est-à-dire les israélites), n'a pas répondu à la question : « Etes-« vous israélite naturalisé français par le décret de 1870, ou issu d'un israélite naturalisé par ce décret ? » « mais a répondu « oui » à la question : « Etes-vous Français d'origine ? » « Cette déduction résulte, sans conteste possible, de la totalisation des réponses, qui fait ressortir un nombre « d'israélites manifestement inférieur à la réalité, aussi bien par localité ou région, que pour l'ensemble du ter-« ritoire. Par exemple, pour la totalité de l'agglomération constantinoise, où réside pourtant une des plus « nombreuses Communautés israélites de l'Algérie, 653 unités seulement ont répondu : « israélite ». Or, « le dépouillement des «bulletins individuels» recueillis par les communes et déjà contrôlés par elles ne sau-« raient être uniquement interprétatif, mais, en tous les cas, aussi sincère que possible. 2° Les désinences « casuelles des noms patronymiques, voire la consonnance des prénoms, le lieu de naissance, la résidence, la « profession même, ne pouvaient constituer d'indices suffisamment sûrs et utilisables. Or, le service a pour « règle, comme l'y conviaient, du reste, les plus élémentaires scrupules, d'éviter — en l'absence de critères « topiques — de procéder par simples affirmations et de substituer, à la déficience des intéressés, volontaire « sans aucun doute et d'ailleurs personnelle, à la manière facile mais décevante des sophistes impénitents ou des théo-« riciens en chambre. 3° Le décret du 24 octobre 1870, en déclarant « citoyens français les israélites in-« digènes des départements de l'Algérie », les a, par là même, incorporés d'office à la nation, des points de « vue à la fois ethnique et civil. La majeure partie des israélites actuels n'étant pas constituée par les bénéfi-« ciaires directs de cet acte réglementaire, mais bien par leurs descendants, toute classification séparée de ces « éléments n'aurait pu apparaître, dès lors, qu'affectée d'un caractère exclusivement confessionnel ou histo-« rique. En la circonstance, et pour tenir compte du développement des événements comme de l'état moral « et social, il convenait d'autant plus d'éviter toute discrimination d'ordre spécifiquement religieux que, « par leur abstention même, les intéressés ont marqué nettement leur intention d'être confondus pratique-« ment, comme ils le sont déjà légalement, dans la masse des citoyens français. » (Ouvr. cité. p. 17). D'autre part, en lisant le « Répertoire Statistique des Communes de l'Algérie » (mars 1932), nous avons été frappé de voir le nombre des israélites recensés pour certaines communes être manifestement inférieur à leur nombre réel. Nous n'entendons pas incriminer les Services de la Statistique Générale du Gouvernement Général de l'Algérie ; — cette discrimination étant, en réalité, l'œuvre des bureaux de la Mairie de chaque commune qui la consignent sur les états récapitulatifs des « Listes nominatives ». Enfin, les « Annuaires Statistiques de l'Algérie » qui paraissent chaque année, ne font aucune distinction entre israélites et autres européens dans leurs études ayant pour objet l' « Etat Civil », etc. (1) Le Judaïsme Nord-Africain. Etudes démographiques sur les israélites du département de Constantine. — Constantine 1931. — 7 — Toutes ces raisons nous ont donc poussé à tenter de donner une idée reflétant aussi exactement que possible la situation démographique du groupe ethnique juif dans l'Afrique du Nord française. La méthode qui nous a guidé dans nos recherches est la suivante : a) Pour l'Algérie. — 1° Compulsion des travaux édités par le Gouvernement Général de l'Algérie. 2° Dépouillement complet des « Listes nominatives » (2) des habitants de toutes les communes de l'Algérie. Cette lecture nous a permis de déterminer le chiffre fort probablement exact des israélites résidant en Algérie au 8 mars 1931. Nous avons tenu compte principalement des patronymes, des prénoms masculins et féminins, des professions, etc., et, pour les cas douteux, des enquêtes supplémentaires nous ont permis d'en maintenir un certain nombre ou nous ont fait éliminer certains autres qui ne nous paraissaient pas, en fin de compte, assez sûrs. b) Pour la Tunisie. — Seules nous ont été accessibles les publications officielles. Nos demandes près du Gouvernement Tunisien, appuyées par M. Marcel Peyrouton, Résident Général, sont restées sans effet et nous avons vivement déploré de n'avoir pas pu consulter les fiches individuelles qui ont servi de base au recensement du 22 mars 1931. De ce fait, les patronymes israélites pour la Tunisie accuseront fort vraisemblablement des manquants. c) Pour le Maroc français. — Nous avons fait état des publications officielles de l'Empire Chérifien. En outre, nous avons eu la bonne fortune d'être compris par Monsieur Y. D. Sémach, Inspecteur des écoles de l'Alliance Israélite Universelle au Maroc, qui nous a établi la liste nominative des élèves de toutes les écoles de l'Alliance Israélite dans ce pays. Les chiffres, en matière de Statistique ont leur valeur propre ; cependant, exprimer par l'image ce que ces chiffres veulent dire, nous a paru mériter la dépense des efforts qu'a nécessités l'établissement des cartes qui accompagnent notre texte. Après avoir étudié au point de vue démographique : 1° Le mouvement de la population israélite (Algérie, Tunisie, Maroc), 2° La répartition des familles israélites par nombre d'enfants (Algérie), 3° L'état civil (Algérie), 4° Les professions (Algérie, Tunisie, Maroc), nous présentons dans la seconde partie de notre travail une étude des patronymes israélites se rencontrant en Afrique du Nord française, à la date du recensement quinquennal de 1931. Loin de nous la prétention d'en donner la liste rigoureusement complète, mais telle quelle, avec ses 4.063 noms, elle présente un intérêt certain pour les esprits curieux et les chercheurs. Chaque patronyme ou groupe de patronymes a été l'objet de diverses recherches dont nous consignons les résultats après chacun d'eux, sous trois rubriques principales : a) Origine du patronyme. b) Sens du patronyme. c) Date d'apparition attestée de ce patronyme. (2) Au lendemain des opérations de recensement, chaque Mairie établit la « Liste nominative des habitants de la Commune », (voir le Modèle aux pages 81 et suivantes de la « Statistique de la Population Algérienne », tome I, septembre 1934). Ce sont ces Listes composant de véritables in-folio manuscrits que nous avons dépouillées les unes après les autres. Nous les avons, en effet, trouvées réunies dans les Bureaux de la Statistique Générale du Gouvernement Général de l'Algérie. — 8 — Malgré nos recherches, un certain nombre d'entre eux reste encore inexpliqué ; pour les autres, les trois rubriques ne seront pas toujours complètes. Dans une introduction particulière, nous essaierons de fixer quelques-unes des règles qui ont présidé à la transcription de ces patronymes de leur langue d'origine en langue étrangère. Nous exprimons ici notre reconnaissance à toutes les personnes qui nous ont aidé dans l'accomplissement de notre tâche et tout particulièrement à M. Jules Carde, Gouverneur Général de l'Algérie, et à ses dévoués collaborateurs. Nous n'oublierons pas non plus le concours précieux que nous ont apporté MM. les Consuls d'Espagne et d'Italie, à Alger, ainsi que M. le Colonel Enrico de Agostini, Directeur de l'Office de Statistique de Tripoli, dont les renseignements nou ont permis de compléter notre étude par quelques aperçus sur les israélites du Maroc espagnol, de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque. Notre gratitude est également acquise à Monsieur D. Lopès, Professeur à la Faculté des Lettres de Lisbonne. Nos remerciements les plus vifs vont à M. Robert Brunschvig, Professeur à la Faculté des Lettres d'Alger, qui, après nous avoir guidé de ses conseils, a accepté de revoir notre manuscrit et nous a suggéré par ses judicieuses remarques des corrections que nous avons été heureux d'introduire dans notre texte. A l'avance, nous nous excusons des erreurs et lacunes que pourra présenter notre travail et souhaitons de voir d'autres chercheurs, plus qualifiés que nous, compléter les résultats consignés dans le présent ouvrage. Alger, Juillet 1935. — 9 — --- I. — Démographie --- [Carte N° 1 — AFRIQUE DU NORD FRANÇAISE MAROC ESPAGNOL ET TANGER] LÉGENDE RECENSEMENT MARS 1931 RÉPARTITION DE LA POPULATION ISRAÉLITE • Communes renfermant moins de 25 Israélites ▲ » » de 26 à 100 » ■ » » de 101 à 500 » ○ » » de 501 à 1.000 » ⊙ » » de 1.001 à 5.000 » ◎ » » de 5.001 à 10.000 » △ » » de 10.001 à 15.000 » ● » » plus de 15.000 » --- DÉMOGRAPHIE A considérer la carte démographique de la répartition de la population juive de l'Afrique du Nord française (voir carte n° 1), une double constatation s'impose à notre esprit : celle d'abord, que l'attraction des centres à forte population européenne n'est pas le facteur déterminant du choix de ses résidences ; celle, ensuite, que la cordialité qui, à travers les siècles, a marqué d'une façon presque continue les relations entre musulmans et israélites a permis à ces derniers de demeurer — quantité infime — au milieu d'agglomérations dont la presque totalité des habitants professent la religion de l'Islam. La première de ces constatations nous rend compte du fait que nous trouvons les israélites répandus en nombres excessivement variables, dans 78 communes ou centres du département d'Alger (territoire de Ghardaïa inclus), 75 communes ou centres du département de Constantine (territoire de Touggourt inclus), 104 communes ou centres du département d'Oran (territoire d'Aïn-Sefra inclus), 73 communes ou centres de la Tunisie et 75 communes ou centres du Maroc. La seconde nous explique que de ces 405 lieux de résidence, ceux à population musulmane prépondérante, représentent les 84 pour 100 de l'ensemble des localités habitées par les israélites. D'autre part, l'étude des patronymes d'origine nord africaine permet de percevoir un double mouvement de migration des familles israélites à l'intérieur de ce grand territoire limité, à l'Ouest, par l'Océan Atlantique et, à l'Est, par la côte tunisienne. Le premier partant du Maroc dans la direction de l'Est s'est affirmé surtout dans le département d'Oran qui en a retenu la majeure partie ; le second en direction inverse a eu pour point de départ la Tripolitaine et la Tunisie. Ces migrations paraissent avoir atteint leur point culminant dans les dernières décades du XIX° siècle et avoir été provoquées par l'attraction exercée par l'Algérie, conquise et pacifiée par les troupes françaises, sur une population qui croupissait dans une misère profonde et menait une vie particulièrement précaire. Ce sont ces migrations qui nous expliquent le prodigieux développement de la population israélite, qui ressort de la comparaison des chiffres fournis par les premiers recensements officiels en Algérie et ceux indiqués par le recensement quinquennal du 8 mars 1931, développement que le dynamisme interne se traduisant par un constant excédent des naissances sur les décès ne saurait justifier à lui seul. Le tableau ci- après permet de suivre cet accroissement de la population juive, accroissement qui ne lui est par spécifiquement propre, puisqu'il se révèle également dans les populations européenne et musulmane. — 13 — ALGÉRIE - Mouvement de la Population [Tableau avec les colonnes : LOCALITÉS, Premier recensement où figurent les Israélites (ANNÉES, I.), RECENSEMENT Année 1881 (I., E., M.), RECENSEMENT Année 1901 (I., E., M.), RECENSEMENT Année 1921 (I., E., M.), RECENSEMENT Année 1931 (I., E., M.)] Alger ......... 1-12-1838 6.065 5.372 38.850 21.005 10.822 59.876 26.702 17.053 141.337 47.669 23.550 153.971 76.601 Affreville ..... 1872 22 257 1.880 4.109 Aumale ....... 1849 9 270 981 3.309 29 1.524 3.650 145 1.526 4.974 231 1.572 4.978 Berrouaghia .. 98 422 327 237 1.094 1.105 218 1.329 2.625 211 997 2.094 Blida ......... 15-3-1841 113 395 7.825 13.022 1.077 8.966 19.426 962 11.958 23.566 1.016 11.812 23.543 Boghari ....... 1872 71 72 259 1.788 322 578 3.079 46 1.065 3.558 454 1.201 3.248 Boufarik ..... 31-12-1843 9 165 5.466 9.121 Bou-Saâda ... 343 122 4.347 433 224 4.707 682 719 5.972 619 298 6.394 Duperré ...... 55 738 2.887 110 704 4.168 239 609 4.669 206 440 772 El-Biar ....... 19 1.715 325 35 3.422 379 132 5.139 1.192 63 7.284 3.893 Médéa ....... 31-12-1843 625 1.460 3.223 9.613 1.398 1.903 11.853 1.005 2.522 13.341 819 2.527 10.839 Miliana ...... 31-12-1843 112 850 1.932 3.695 827 2.232 4.804 649 3.838 7.257 543 2.948 7.440 Orléansville ... 1844 10 300 2.285 4.865 380 2.918 9.202 470 4.028 12.678 588 4.062 13.837 SaintEugène .. 1872 246 412 1.396 454 588 3.713 602 494 4.257 1.298 478 6.519 2.413 Sidi-Aïssa .... 57 162 27.602 77 120 26.009 114 82 989 Vialar ........ 1906 19 134 538 1.541 207 618 1.682 Constantine .. 31-12-1843 3.105 5.213 14.679 17.900 7.196 18.077 23.638 9.889 32.148 36.783 13.110 34.493 52.299 Aïn-Beïda .... 1872 472 596 317 1.209 703 865 5.581 641 1.152 8.686 940 1.077 7.675 Batna ........ 31-12-1851 36 315 1.745 2.394 544 2.429 4.097 795 3.337 6.120 926 4.015 5.492 Biskra ....... 1866 59 38 324 6.723 112 923 6.519 28 2.167 9.492 708 2.161 8.610 Bône ........ 1-12-1838 283 625 19.428 6.196 1.387 27.010 9.487 1.733 29.757 13.681 2.390 37.869 28.519 B.-B.-Arréridj . 1872 62 92 933 1.339 121 792 6.508 192 1.757 9.512 246 1.689 2.736 Bougie ...... 1-12-1838 10 482 2.150 7.860 561 4.170 9.960 132 5.584 13.724 676 5.402 11.041 Châteaud.-R.. 1886 23 64 521 34.436 63 372 31.301 103 473 3.178 Guelma ..... 31-12-1843 49 471 2.113 3.472 715 2.714 4.404 788 3.145 7.519 769 2.916 4.233 Khenchela ... 1876 45 65 326 15.333 6 1.175 3.687 392 460 3.757 Msila ........ 1886 78 121 197 37.271 297 215 45.483 318 203 48.418 Philippeville .. 31-3-1843 118 117 14.141 1.885 158 14.159 7.145 527 19.225 14.056 494 21.585 14.186 Saint-Arnaud.. 1876 94 90 376 3.486 145 575 4.552 11 1.152 7.119 333 733 3.599 Sétif ....... 31-12-1843 2 936 2.868 6.477 1.601 3.777 10.041 3.015 9.599 18.253 3.838 10.672 15.756 Souk-Ahras .. 31-12-1861 198 364 2.673 1.976 416 4.296 2.928 516 4.922 6.576 736 5.683 6.598 Tébessa ..... 1876 77 104 905 2.039 267 1.654 5.215 360 1.235 8.221 335 1.723 5.245 Oran ........ 1-12-1838 5.637 3.549 41.714 9.084 10.651 66.185 12.417 15.943 110.154 20.059 20.493 111.031 32.219 Aflou ....... 1906 84 111 101 1.985 605 201 1.311 Aïn-el-Arba .. 1872 142 59 556 510 234 942 641 266 1.343 1.776 Aïn Temouchent 1886 123 333 2.974 1.837 418 4.783 1.915 1.289 6.393 4.537 1.593 10.936 4.109 Frenda ....... 72 161 13.951 212 1.338 22.960 278 1.650 27.410 291 733 3.093 Inkermann ... 28 466 116 69 769 3.988 55 820 4.881 189 788 4.919 Lamoricière ... 74 1.181 31 1.257 747 39 1.266 1.115 202 1.251 1.689 Marnia ....... 1846 1 131 393 19.002 577 2.672 30.133 960 1.612 2.043 1.028 1.005 2.442 Mascara ..... 31-12-1843 32 696 6.075 6.303 384 11.563 9.045 81 13.851 14.761 3.475 10.675 14.768 Montagnac ... 1906 99 21 552 619 193 569 939 Mostaganem .. 1-12-1838 698 1.230 5.544 5.298 766 8.190 9.134 152 14.359 12.864 1.259 12.724 13.409 Nedroma ..... 267 111 20.672 386 596 29.000 529 299 5.582 568 244 5.575 Nemours ..... 1845 24 55 1.402 978 161 1.806 1.575 427 1.922 4.581 439 1.597 5.037 Pelikao ...... 55 429 38 137 667 510 370 1.012 2.438 367 592 2.025 Perrégaux .... 1872 29 21 2.694 1.805 145 5.318 3.907 248 8.009 5.719 494 7.838 3.981 Relizane ..... 1872 225 280 2.693 2.283 680 3.145 3.592 11 5.035 7.577 1.024 3.832 8.754 Rio Salado ... 26 2.712 1.803 19 3.774 3.902 133 4.535 843 Saïda ........ 328 2.261 645 354 4.353 2.159 69 7.245 6.204 1.005 5.730 5.675 St-Denis du Sig 1861 268 302 7.761 1.665 215 8.500 3.058 63 5.959 5.070 539 3.894 6.175 Sidi-Bel-Abbès 31-12-1851 78 804 11.417 3.215 813 19.141 5.947 2.941 24.670 10.141 2.841 27.953 14.586 Tiaret ....... 1844 33 342 1.716 1.204 416 2.964 2.603 92 6.910 8.226 3.075 9.010 8.809 Tlemcen ..... 31-12-1843 1.508 3.745 5.053 15.337 4.910 6.324 24.234 5.150 8.312 29.628 5.436 8.148 32.476 Com. non dénom.| 4.311 212.1 6 2.592.536 9.555 273.385 3.620.613 3.800 291.579 4.343.977 8.108 285.649 5.014.503 Totaux partiels.| 35.663 432.252 2.842.497 57.132 600.175 4.082.024 73.967 811.007 4.919.301 110.127 850.279 5.593.045 Totaux généraux ........ | 3.310.412 | 4.739.331 | 5.804.275 | 6.553.451 OBSERVATIONS : Les lettres I. E. et M. désignent I. les israélites, E. les européens (israélites déduits), M. les musulmans. --- ALGÉRIE Territoires du Sud (Recensement du 8 Mars 1931) LOCALITES | I. | E. | M. Aïn Sefra ................. 238 1.303 855 Bou-Ktoub ............... 5 58 Colomb-Béchar ........... 186 3.611 2.206 Géryville ................. 318 911 3.267 Méchéria ................. 165 281 2.050 Ghardaïa ................. 1.361 131 10.085 Berrien ................... 17 3.900 Djelfa .................... 168 530 3.023 El Goléa .................. 7 22 1.743 Guerrare .................. 144 6.005 Laghouat ................. 285 1.340 6.293 Melika ................... 4 1.482 Messaad .................. 20 7 Touggourt ................ 59 311 10.564 Djemaa ................... 76 66 10.017 El Oued .................. 133 96 10.616 Guemar .................. 76 7 5.841 M'Raïer Ourir ............. 8 4 3.631 Ouargla .................. 19 134 3.496 Ouled Djellal ............. 14 31 6.783 Témacine ................. 9 5 10.299 Tolga ..................... 9 47 3.242 Communes non dénommées ... 329 1.974 454.701 Totaux ........... 3.650 10.869 560.099 Les lettres I. E. M. signifient : I. israélites, E. européens, M. musulmans. — 15 — Une remarque cependant. Alors que l'augmentation de la population juive de 1881 à 1931, par exemple, est de 215 pour 100, celle de la population européenne n'est que de 96 pour 100 et celle de la population musulmane de 97 pour 100 comme le prouve le tableau ci-après : 1881 1931 Israélites ......... 35.563 110.127 (3) Européens ......... 432.252 850.279 Musulmans ........ 2.842.497 5.593.045 Parmi les facteurs qui ont contribué à cet accroissement dans l'espace d'un demi-siècle, il faut noter celui de la natalité ; le tableau qui suit de la répartition des familles israélites par « nombre d'enfants » en donnera une idée exacte. (3) Ces 110.127 israélites — abstraction faite des étrangers — comprennent de 2 à 3 % qui ne sont pas citoyens français. Le décret du 24 octobre 1870 dit en effet : « Les israélites indigènes des départements de l'Algérie sont déclarés citoyens « français ; en conséquence leur statut réel et leur statut personnel seront, à compter de la promulgation du présent dé-« cret, réglés par la loi française, tous droits acquis jusqu'à ce jour restant inviolables. Toute disposition législative, tout « sénatus-consulte, décret, règlement ou ordonnance contraires sont abolis ». — Une dépêche du Ministre de la Justice au Ministre de l'Intérieur en date du 7 novembre 1882 détermine très exactement la portée du décret du 24 octobre 1870. Nous y lisons, entre autre choses, ce qui suit : «... Le sens de la disposition législative ressort nettement de sa rédaction même. En « 1870, il y a eu une naturalisation en masse de tous les israélites algériens, dispensés ainsi d'obtenir des naturalisations in-« dividuelles. La mesure prise à cet époque n'a pu saisir que ceux des israélites qui étaient à ce moment même, considé-« rés comme indigènes algériens. Elle ne peut être invoquée que par eux ou leurs descendants. Quant à ceux qui, en 1870, « résidaient en dehors des départements de l'Algérie, ils sont sans droit pour réclamer l'application d'une disposition dont «
Les juifs de l'Afrique du Nord : démographie et onomastique is a work published in Algiers in 1936 by Maurice Eisenbeth (1886-1957), then Chief Rabbi of Algiers. It is the first systematic study of the Jewish populations of North Africa — Morocco, Algeria, Tunisia and Libya — based on colonial censuses, communal registers and a methodical survey of surnames. The work is divided into two main parts. The first, demographic part establishes the numbers, geographic distribution and communal structure of North African Jews at the turn of the 1930s, drawing on the French, Spanish and Italian statistical data available at the time, cross-referenced with local rabbinical archives. In it, Eisenbeth describes, town by town, the major communities (Algiers, Constantine, Oran, Tunis, Fès, Casablanca, Tripoli…) as well as dozens of more modest communities of the oases, the Atlas and southern Tunisia. The second, onomastic part constitutes the enduring core of the work and accounts for its legacy. In it, Eisenbeth compiles an annotated catalogue of several hundred surnames borne by the Jews of North Africa, indicating for each: its probable etymology (Hebrew, Aramaic, Arabic, Berber, Judeo-Spanish, Italian or toponymic), its spelling variants, its area of geographic diffusion and the notable rabbinical or merchant lineages that bore it. He draws on first-hand documentation — ketubot registers, rabbinical court records, synagogue offering lists, cemetery epitaphs — and undertakes the first typological classification of Judeo-Maghrebi family names: biblical names, priestly names (Cohen, Levi), Iberian toponyms inherited from the 1492 expulsion (Toledano, Narboni, Corcos), Maghrebi toponyms (Tetouani, Mrejen, Fezzani), descriptive Arabisms (Abitbol, Dahan, Chriqui), occupational surnames (Sayag, Neggar), and specifically rabbinical surnames. By its method as much as by its scope, this work remains, nearly a century later, an essential reference for North African Jewish genealogy and for research on Maghrebi Jewish identities. It has informed all subsequent studies — Paul Sebag, Robert Attal, Joseph Tolédano, Michaël Laskier — and represents, for tens of thousands of families of North African origin, the gateway to the history of their name.