ספֿרדי, אַשכּנזי, מזרחי… פֿון וועלכן צווײַג קומט איר? יעדע קהילה, פֿאַרבונדן מיט אירע ערטער און טעקסטן.
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יעדער גלות טראָגט זײַנע אייגענע שפּראַכן, ליטורגיעס, יורידישע מסורות און מאַנוסקריפּט־ירושות. Zakhor דאָקומענטירט זיי אויף אַ באַלאַנסירטן אופֿן און פֿאַרבינדט זיי מיט די ערטער, די פֿאַמיליעס, די מאַנוסקריפּטן און די געדרוקטע ווערק וואָס געהערן דערצו.
העלפֿט פֿאַרלאָזלעך מאַכן די דאָזיקע קאַרטלעך
363 קאַרטלעך האָבן נאָך ניט קיין שום פֿאַרגעוויסערלעכע קוואַלן. יעדער צוגעלייגטער מקור דערנענטערט דעם פּראָיעקט צום צוטרוי.
Communauté émergente fondée en 1919 ; conversions formelles (masorti) depuis 2002.
Europe centrale et orientale. Rishonim rhénans, yeshivot lituaniennes et polonaises, hassidisme. Langue : yiddish.
Communauté émergente télougoue se déclarant juive depuis les années 1980 (ascendance non attestée).
Communautés juives de l'Inde (Konkan et Kerala). Intégrées localement depuis plus de mille ans.
Groupe contesté issu des Beta Israel, considéré crypto-juif ; rites dissimulés sous façade chrétienne.
Communauté émergente : tribus kuki-mizo se disant de la tribu de Manassé, judaïsantes depuis 1951.
Caraïtes turcophones distincts, revendiquant une origine khazare.
Crypto-juifs convertis de force à l'islam, pratiquant secrètement le judaïsme.
Descendants de juifs majorquins convertis, longtemps endogames ; reconnus juifs en 2011.
Terme générique des convertis au catholicisme, sincères ou non.
Communauté crypto-juive isolée, redécouverte en 1917 par Samuel Schwarz.
Descendants de conversos de Nouvelle-Espagne ; coutumes redécouvertes dès les années 1980.
Disciples de Sabbataï Tsevi convertis à l'islam en 1666 ; sortis du judaïsme normatif.
Beta Israël, communauté d'Éthiopie dont l'origine remonte probablement à l'Antiquité. Textes sacrés en guèze.
Adeptes de Jacob Frank, convertis au catholicisme en 1759 ; secte hétérodoxe assimilée.
Ashkénazes de Galicie austro-hongroise, marqués par le hassidisme (Belz, Bobov, Sanz).
À Tunis, les Grana (Livournais) et les Twansa (autochtones) vivent côte à côte mais distinctement. Pont vital avec l'axe Livourne–Maghreb.
Mouvement mystique fondé par le Baal Shem Tov, structuré en dynasties autour de rebbes.
Familles sefwi judaïsantes depuis 1976, se disant d'une tribu perdue ; synagogue en 1998.
Communauté portuaire anglicisée, distincte des Yéménites des hauts plateaux.
Communauté persanophone ancienne, attestée par des épitaphes hébraïques médiévales.
Communauté francisée par le décret Crémieux (1870), majoritairement partie en France en 1962.
Juifs ruraux au rite propre, parlant le yédisch-daïtsch (yiddish occidental).
Foyer savant médiéval (Trani, Otrante, Bari) au rite propre ; expulsés en 1510-1541.
Marchands juifs irakiens (dynastie Sassoon) : Bombay, Calcutta, Rangoun, Shanghai, Singapour.
Communautés rurales judéo-berbérophones de l'Atlas, attestées par Ibn Khaldoun.
Branche judéo-persane parlant le boukhori, sur la route de la Soie.
Arba Kehillot (Avignon, Carpentras, Cavaillon, L'Isle) sous protection papale, au rite provençal.
Gardienne du Codex d'Alep, mêlant juifs autochtones et séfarades d'Espagne.
Descendants de séfarades marocains du boom du caoutchouc ; renouveau et aliyah depuis 1990.
Ancienne communauté de la ville des Patriarches, mêlant séfarades et hassidim de Habad. Elle fut anéantie par le massacre de 1929.
L'une des plus anciennes communautés perses, dont le quartier de Jubareh remonterait à la déportation babylonienne. Elle conserve plusieurs synagogues actives.
Communauté portuaire moderne et sécularisée, berceau de la Haskala russe, du sionisme d'Ahad Ha'am et de la littérature yiddish. Elle fut éprouvée par des pogroms répétés et par la Shoah.
Communauté de l'Ouest algérien marquée par l'apport de réfugiés de Tétouan et la présence espagnole, dotée du sanctuaire de Rab Houïta. Elle quitta massivement l'Algérie en 1962.
Communauté de langue néo-araméenne (lishán didán) de la région du lac d'Ourmia, à cheval sur l'Iran et la frontière turque. Elle fut l'un des derniers bastions du judéo-araméen oriental.
Cœur du judaïsme babylonien, héritier des académies géoniques et grande communauté urbaine du XXe siècle. Elle fut traumatisée par le pogrom du Farhoud de 1941 puis l'exode des années 1950.
Communauté portuaire du sud irakien, plaque tournante commerciale vers le golfe Persique et l'Inde d'où essaimèrent les Baghdadis d'Asie. Elle disparut après les départs forcés des années 1950.
Communauté hassidique née autour de la dynastie de Belz fondée par Shalom Rokeach. Reconstituée après la Shoah, elle compte aujourd'hui parmi les grandes cours hassidiques de Jérusalem et de New York.
Communauté de l'est libyen, héritière de l'antique judaïsme de Cyrène, internée par les fascistes au camp de Giado pendant la guerre. Elle disparut avec l'émigration d'après 1948.
Ville à majorité juive, haut lieu du hassidisme illustré par Levi Yitzhak de Berditchev et grand centre commercial. Sa population fut massacrée en 1941.
Population de l'oblast autonome juif fondé par l'URSS en 1934 comme « patrie » yiddishophone soviétique. La colonisation resta limitée et la culture juive y est aujourd'hui résiduelle mais officielle.
Anciennes communautés ashkénazes (Prague), modernisées sous Joseph II.
Élite marchande baghdadie de Bombay, dont la famille Sassoon, distincte des Bene Israël locaux. Elle bâtit synagogues et institutions philanthropiques au XIXe siècle.
Colonie de Juifs boukhariens fortunés ayant fondé un quartier cossu hors les murs de Jérusalem à partir de 1891. Elle illustre l'aliyah précoce d'Asie centrale avant l'ère soviétique.
Communauté fondée vers 1798 par des marchands juifs venus d'Alep, de Bagdad et d'Iran, prospérant sous le Raj britannique. Elle conserva un rite arabo-séfarade et déclina fortement après 1947.
Principale des Quatre Communautés du Pape, dotée de la plus ancienne synagogue de France encore en activité (1367, rebâtie au XVIIIe siècle). Sa « carrière » abritait les juifs confinés des États pontificaux.
Communauté persane du Fars, durement éprouvée par un pogrom et des conversions forcées en 1910. Elle demeure l'une des plus actives de l'Iran contemporain.
Congrégation malabarie distincte de la synagogue Paradesi, l'une des « huit synagogues » historiques du Kerala. Elle illustre les clivages internes entre Juifs « noirs », « blancs » et meshuhrarim.
Grande communauté de l'Est algérien à la liturgie et à la musique malouf renommées, illustrée par le chanteur Cheikh Raymond. Elle subit un pogrom meurtrier en 1934 et émigra après 1962.
Communauté capitale de l'Empire ottoman réunissant Romaniotes, séfarades, ashkénazes et Karaïtes, siège du Grand-Rabbinat. Elle demeure la plus nombreuse de Turquie aujourd'hui.
Communauté mêlant Romaniotes grécophones et Pugliesi italianophones sous domination vénitienne. Elle subit un pogrom en 1891 puis la déportation de 1944.
Communauté ancienne établie dans le faubourg de Kazimierz, foyer du Rema (Moïse Isserles) et de l'imprimerie hébraïque. Elle fut détruite par le ghetto et le camp voisin de Płaszów.
Communauté romaniote puis séfarade de Candie (Héraklion) sous domination vénitienne et ottomane. Ses derniers membres périrent dans le naufrage du Tanaïs en 1944.
Communauté formée d'ashkénazes (« polacos ») et de séfarades de Turquie (« turcos ») arrivés au début du XXe siècle, fortement réduite après 1959. Quelques centaines subsistent autour des synagogues de La Havane.
La plus ancienne communauté juive continue des Amériques, fondée par des séfarades portugais venus d'Amsterdam vers 1651. Sa synagogue Mikvé Israël-Emanuel conserve un sol de sable.
Communauté ancienne distincte d'Alep, dispersée vers Israël et Brooklyn.
Important centre des Juifs des montagnes (Juhuro) sur la côte caspienne, de langue judéo-tate. C'est l'une des dernières villes du Caucase à conserver une communauté juive vivante.
Communauté des hautes terres centrales du Yémen, réputée pour ses artisans et ses lettrés. Elle émigra presque intégralement vers Israël au milieu du XXe siècle.
Communauté insulaire d'une longévité exceptionnelle ; pèlerinage de la Ghriba.
Village juif autour de la synagogue de la Ghriba, distinct de la Hara Kebira, foyer de pèlerinage à Lag Ba'omer. Il maintient l'un des derniers judaïsmes traditionnels d'Afrique du Nord.
Communauté accueillie par les ducs d'Este, refuge de séfarades et de marranes portugais au XVIe siècle où parut la Bible de Ferrare. Le ghetto y fut institué après le passage au domaine pontifical.
Communauté du plus ancien mellah du Maroc (1438), centre rabbinique majeur où enseigna Maïmonide et où s'établirent les megorashim d'Espagne. Elle façonna une grande partie de la halakha marocaine.
Communauté confinée dès 1462 dans la Judengasse, l'un des plus grands ghettos d'Europe, berceau de la famille Rothschild. Elle fut un centre majeur de l'orthodoxie néo-traditionnelle au XIXe siècle.
Communauté isolée au cœur du pays mozabite ibadite, longtemps préservée des influences extérieures et étudiée par Lloyd Cabot Briggs. Ses membres émigrèrent en France et en Israël après 1962.
Refondée au XVIIIe s. par des marchands de Tétouan ; liens étroits avec le Maroc.
Sous-groupe yéménite isolé du Hadramaout, gardien de traditions anciennes, réputés porteurs de la jambiya.
Communauté de l'ancienne Ecbatane, gardienne du tombeau traditionnel d'Esther et Mardochée, lieu de pèlerinage. Elle remonterait à l'époque achéménide.
Communauté double associant séfarades portugais de Hambourg et ashkénazes d'Altona-Wandsbek (les « Trois Communautés » AHW). Elle fut un centre du débat halakhique et de l'imprimerie hébraïque.
Communauté majoritairement russe ashkénaze formée autour du chemin de fer de l'Est chinois à partir de 1898. Elle atteignit plusieurs milliers de membres avant de se disperser après les occupations japonaise et soviétique.
Communauté largement issue de réfugiés de Mashhad fuyant les conversions forcées de 1839, dotée de plusieurs synagogues. Elle se vida par l'émigration vers Israël et l'Inde au XXe siècle.
Principal foyer romaniote de l'Épire, resté grécophone et fidèle au rite romaniote sans être hellénisé par les séfarades. Une partie survécut et fonda une congrégation à New York.
Seule communauté juive autochtone de Chine, installée sous les Song, largement sinisée.
Communauté persane réputée pour ses poètes judéo-persans et ses commerçants de tapis et de cuivre. Elle déclina au profit de Téhéran au XXe siècle.
Petite communauté de marchands séfarades et ashkénazes, devenue point de transit pour les réfugiés sauvés par les visas de Chiune Sugihara en 1940-1941. Elle subsiste autour de la synagogue Ohel Shelomoh.
Communauté géorgienne historique de l'ouest du pays, dotée de grandes synagogues du XIXe siècle. Elle fut un foyer important du judaïsme gruzini avant l'émigration.
Séfarades originaires du Brésil et d'Amsterdam installés dès les années 1650, dotés de la synagogue Nidhe Israel restaurée. Ils contribuèrent à l'essor sucrier de l'île.
Communauté séfarade portugaise établie après la conquête anglaise de 1655, active dans le commerce de Port Royal et Kingston. Elle fusionna ses rites séfarade et ashkénaze au XXe siècle.
« Nation portugaise » de marranes revenus au judaïsme à Amsterdam dès 1590, bâtisseuse de la Snoge de 1675. Elle compta Spinoza, excommunié, et Menasseh ben Israel parmi ses membres.
Mêlant autochtones et Grana livournais ; ~36000 en 1948, évacuée après 1967.
Nation séfarade « ponentine » privilégiée par la Livornina, parlant le bagitto.
Branche du hassidisme fondée à Lyozna-Loubavitch par Shneour Zalman de Liadi, structurée autour de la dynastie Schneersohn. Elle est aujourd'hui connue pour son réseau missionnaire mondial d'émissaires.
Grande communauté galicienne partagée entre quartier intra-muros et faubourg, célèbre pour sa synagogue de la Rose d'Or. Elle fut exterminée durant l'occupation allemande.
Communauté florissante sous les Gonzague, célèbre pour son théâtre, son imprimerie hébraïque et le compositeur Salamone Rossi. Elle connut un ghetto de 1612 à l'émancipation.
L'un des plus grands mellahs du Maroc, carrefour des communautés de l'Atlas et du Sud, réputé pour ses orfèvres et ses saints. Il se vida par l'émigration des années 1950-1960.
Crypto-juifs convertis de force lors du pogrom de l'Allahdad (1839), maintenant un judaïsme secret.
Troisième des communautés ShUM, centre rabbinique du célèbre Rabbenu Gershom « lumière de l'exil ». Ses ordonnances synodales firent autorité dans tout le judaïsme ashkénaze médiéval.
Communauté lettrée du Maroc impérial, foyer de poètes et de kabbalistes comme la lignée des Berdugo et Toledano. Son mellah fut un grand centre du judaïsme marocain traditionnel.
Communauté séfarade judéo-espagnole appauvrie de Macédoine ottomane, dont beaucoup émigrèrent vers les États-Unis et la Palestine. Le reste fut déporté à Treblinka en 1943.
Communauté ancienne du royaume de Naples, expulsée en 1541 puis reconstituée au XIXe siècle autour de la famille Rothschild. Une petite congrégation y subsiste.
L'une des plus anciennes et importantes communautés d'Europe centrale, dotée de la synagogue Vieille-Nouvelle et liée à la légende du Golem du Maharal. Son cimetière médiéval est un site emblématique.
Communauté médiévale au rite provençal propre, expulsée en 1501.
Bourg juif des montagnards de la région de Quba, souvent présenté comme le dernier shtetl entièrement juif hors d'Israël. Sa population tate maintient synagogues et vie communautaire.
Communauté baghdadie et indienne installée à Rangoun sous la domination britannique, centrée sur la synagogue Musmeah Yeshua. Elle fut décimée par l'occupation japonaise en 1942.
Communauté séfarade du Brésil hollandais qui édifia Kahal Zur Israel, première synagogue des Amériques (1636). Après la reconquête portugaise de 1654, ses membres essaimèrent vers les Caraïbes et la Nouvelle-Amsterdam.
Communauté judéo-espagnole de l'île de Rhodes, dite « la petite Jérusalem », au judéo-espagnol particulier. Presque entièrement déportée à Auschwitz en 1944, ses survivants ont essaimé au Congo, en Rhodésie et aux États-Unis.
Plus ancienne communauté juive d'Europe, jamais expulsée, au rite Bnei Romi spécifique.
Communautés des hauts plateaux septentrionaux yéménites, parmi les dernières du pays, isolées en zone tribale et zaydite. Quelques familles y subsistèrent jusqu'aux années 2000 avant un exode forcé.
Communauté de l'âge d'or de la kabbale au XVIe siècle, autour de Joseph Caro, Moïse Cordovero et Isaac Louria. Elle demeure un centre mystique et un foyer du Vieux Yishouv.
« Jérusalem des Balkans », plus grande communauté séfarade ladinophone, anéantie par la Shoah.
Foyer majeur du judaïsme boukharien, organisé autour du quartier juif (mahalla) et de la langue judéo-tadjike. Une présence symbolique subsiste après l'émigration massive post-soviétique.
Communauté de la capitale yéménite, foyer de la prononciation hébraïque sanaani et des manuscrits anciens. Elle fut transférée en Israël lors de l'opération Tapis volant de 1949-1950.
Communauté séfarade de l'Empire ottoman puis austro-hongrois, gardienne de la célèbre Haggadah de Sarajevo. Elle joua un rôle marquant durant le siège de la ville dans les années 1990.
Communauté présente dès l'époque romaine, notamment à Cagliari et Alghero, sous administration aragonaise. Elle disparut avec l'expulsion de 1492.
Communauté hassidique issue de Satu Mare, marquée par l'antisionisme radical du rabbin Joel Teitelbaum. Elle s'est reconstituée à Williamsburg et Kiryas Joel comme l'une des plus nombreuses du monde.
Communauté importante d'une petite ville surnommée « la petite Jérusalem du Maroc », au mellah dense et lettré. Elle fut l'objet d'études anthropologiques classiques de Clifford Geertz.
Population composite de Baghdadis (Sassoon, Kadoorie), de Russes et de réfugiés du nazisme regroupés dans le ghetto de Hongkou pendant la guerre. La quasi-totalité émigra après 1949.
Population juive ancienne et nombreuse de l'île, organisée en dizaines de communautés sous domination arabe puis normande et aragonaise. Elle fut expulsée en 1493 à la suite du décret d'Alhambra.
Communauté d'origine baghdadie établie dès les années 1830, marquée par les familles Sassoon et Meyer. Elle a donné à Singapour son premier chef de gouvernement juif, David Marshall.
Grande communauté judéo-espagnole de l'Empire ottoman, foyer du faux messie Sabbataï Tsevi né en 1626. Elle conserve plusieurs synagogues historiques du quartier de Kemeralti.
Membre des communautés ShUM, dotée d'un statut protecteur octroyé par l'évêque en 1084 et d'un mikvé monumental. Elle fut frappée par les massacres de la première croisade en 1096.
Désignation linguistique des Juifs des montagnes parlant le judéo-tat, langue iranienne, répartis entre Azerbaïdjan, Daguestan et la diaspora. Ils se considèrent issus d'exilés perses installés au Caucase.
Communauté de la capitale réunissant Juifs géorgiens et ashkénazes russes, longtemps réputée pour l'harmonie avec la société environnante. Elle conserve la grande synagogue séfarade de la vieille ville.
Communauté germanophone de la Bucovine austro-hongroise, foyer d'une riche culture de langue allemande et yiddish dont est issu Paul Celan. Elle fut décimée pendant la guerre et la déportation en Transnistrie.
Séfarades « Megorashim del Norte », locuteurs de la haketia, identité ibérique préservée.
Communautés romaniotes grécophones de Volos, Trikala, Arta et Préveza, distinctes des séfarades. Elles ont conservé un rite et des piyyutim propres jusqu'à la Shoah.
L'une des quatre villes saintes du judaïsme, refondée au XVIIIe siècle avec l'appui de Dona Gracia puis de hassidim et de disciples du Gaon de Vilna. Elle abrite des tombeaux de sages majeurs.
Ancienne communauté carrefour entre Maroc et Algérie, célèbre pour le pèlerinage à la tombe du Rab Ephraïm Encaoua à Aïn Témouchent. Elle fut un foyer de mysticisme et de halakha.
Principale communauté libyenne de la capitale, marquée par les législations italiennes et les pogroms de 1945 et 1948. Elle émigra presque entièrement vers Israël et l'Italie.
Synagogue ashkénaze privée du Ghetto Nuovo édifiée vers 1531, peut-être par des juifs venus de France ou du Comtat. Elle est ornée de scènes bibliques rares dans l'art synagogal.
Congrégation de rite italien (italkim) du Ghetto de Venise, fondée en 1575 par des juifs venus du centre de la péninsule. Sa synagogue sobre contraste avec celles des nations séfarades.
Congrégation ashkénaze du Ghetto Vecchio de Venise, la plus ancienne des cinq « scuole » de la cité. Sa synagogue de 1528 desservait les juifs de rite allemand.
Communautés judéo-espagnoles des Balkans bulgares, dont celle de Vidin et de Sofia. Sauvées de la déportation en 1943 par la mobilisation civile, elles émigrèrent massivement en Israël après 1948.
Communauté à plusieurs reprises expulsée puis reconstituée, devenue grand foyer culturel sous François-Joseph. Elle fut le berceau du sionisme de Herzl avant l'Anschluss.
Communauté de Vilnius, surnommée « la Jérusalem de Lituanie », capitale de l'étude rabbinique du Gaon de Vilna et de la culture yiddish moderne. Elle fut anéantie pendant la Shoah.
L'une des trois communautés rhénanes « ShUM », foyer des Tossafistes et lieu d'enseignement de Rachi. Sa synagogue de 1034 et son cimetière comptent parmi les plus anciens d'Europe.
Communauté du plateau central iranien, voisine des zoroastriens, longtemps vouée au tissage et au commerce. Une petite présence juive y subsiste encore.
Communautés séfarades ladinophones, dont Sarajevo « petite Jérusalem ».
« Juhuro » de langue judéo-tate, descendants des Juifs de Perse antique.
Ensemble formé par Carpentras, Cavaillon, L'Isle-sur-la-Sorgue et Avignon, seuls juifs tolérés en France après 1394 sous protection pontificale. Ils développèrent un rite et un dialecte propres, le shuadit.
Communautés rurales très anciennes des oasis du Drâa, parfois rattachées à des légendes de royaume juif présaharien. Elles vivaient dans des ksour aux côtés des Berbères avant l'exode du XXe siècle.
Séfarades marocains installés dès ~1850, largement assimilés ; descendants fiers de leur ascendance.
Communauté saharienne isolée, exclue du décret Crémieux, partie vers 1962.
Judaïsme rural dispersé dans les villages du sud-ouest allemand, vivant du commerce de bétail et du colportage. Ses bourgades comme Gailingen ou Sulzburg comptaient parfois une majorité juive.
Communautés berbérophones et arabophones de la plaine du Sous et de ses confins atlasiques. Souvent forgerons et orfèvres, elles entretenaient des liens d'« âge » avec les tribus chleuhes.
Planteurs séfarades qui obtinrent des privilèges uniques et fondèrent la Jodensavanne, village juif autonome avec sa synagogue Beracha Ve Shalom. La communauté décrut après l'abolition de l'esclavage.
Communautés des oasis du Sud marocain, notamment du mellah de Sijilmassa puis de Rissani, sur les routes caravanières. Elles vénéraient de nombreux saints et émigrèrent en masse vers 1955-1960.
Communautés oasiennes des routes transsahariennes, prospères à Tamentit, anéanties par les destructions de synagogues de 1492 prêchées par al-Maghili. Leur disparition marqua la fin du judaïsme saharien central.
Communauté antique (Septante, Geniza) mêlant Rabbanites et Karaïtes ; ~80000 vers 1940.
Colons agricoles est-européens installés par la Jewish Colonization Association du baron de Hirsch dès 1891. Surnommés les « gauchos juifs », ils créèrent des colonies comme Moisés Ville.
Parmi les plus anciennes communautés, assimilée à la langue et la culture géorgiennes.
Divisés entre Oberlander (orthodoxie germanique) et Unterlander (proches du hassidisme).
Igbos pratiquant le judaïsme, se disant de la tribu de Gad ; renouveau depuis les années 1990.
Parmi les plus anciennes communautés, berceau du Talmud de Babylone (Soura, Poumbedita) ; exode en 1950-51.
Communauté de rite italien distincte des Ashkénazes et Séfarades.
Communauté de langue judéo-araméenne (lishana deni), centrée sur Zakho, émigrée en masse vers Israël.
Communauté araméophone des montagnes kurdes irakiennes, surnommée « la Jérusalem du Kurdistan », riche en folklore et en récits oraux. Elle émigra en Israël en 1950-1951.
Deux « nations » séfarades du ghetto vénitien, au statut marchand distinct.
Communauté du Chouf et de Wadi Abou Jamil (Beyrouth), dispersée au XXe s.
Mêlant Toshavim autochtones et Megorashim séfarades ; parmi les plus nombreuses du monde musulman.
Juifs autochtones arabophones du Levant, arabisés avant l'arrivée des séfarades en 1492.
Ashkénazes venus d'Allemagne puis d'Europe de l'Est dès 1620, majoritaires à Amsterdam.
Plus grande communauté juive du monde au XVIe s., majoritairement séfarade.
Diaspora millénaire depuis l'édit de Cyrus ; langue judéo-persane ; Téhéran, Chiraz, Ispahan.
Plus grande communauté ashkénaze de la diaspora, cœur du monde yiddish et du shtetl.
« Nation portugaise » de conversos revenus au judaïsme, diaspora séfarade occidentale.
Nouveaux-chrétiens portugais de Bordeaux et Saint-Esprit-lès-Bayonne, revenus au judaïsme.
Communauté italo-apulienne distincte des Romaniotes, au dialecte apulien propre.
Communautés tardivement admises en Scandinavie, d'abord séfarades puis ashkénazes, autour de Copenhague, Stockholm et Oslo. Le sauvetage des juifs danois de 1943 reste un épisode marquant.
Communauté issue de l'émigration d'Alep et de Damas, concentrée à Gravesend et Bensonhurst, attachée à ses minhagim et à l'édit interdisant la conversion. Elle est l'une des plus cohésives de la diaspora séfarade américaine.
Communauté séfarade arabophone du Mexique, divisée entre originaires d'Alep (Halabi, Maguen David) et de Damas (Shami, Monte Sinaí). Elle a conservé des institutions distinctes par ville d'origine.
Communauté ancienne ; ~105000 en 1948, dispersés vers Israël et la France.
Communauté à ~96 % séfarade, accueillie par Bayezid II en 1492, encore active à Istanbul et Izmir.
Mouvement reconnaissant le seul Tanakh, fondé par Anan ben David ; florissant en Égypte aux XIe-XIIe s.
Communauté karaïte du Caire, distincte des Rabbanites, organisée autour de sa synagogue de la Hârat al-Yahûd al-Qarâ'în. Elle émigra surtout en Israël, en France et aux États-Unis après 1956.
Communauté karaïte turcophone établie à Trakai dès le XIVe siècle par le grand-duc Vytautas, parlant le karaïm. Reconnue distincte des juifs rabbanites, elle subsiste en très petit nombre.
Juifs rabbanites turcophones de Crimée (langue krymtchak), décimés par la Shoah.
Peuple contesté à coutumes judaïsantes ; marqueur Y cohanite chez le clan Buba.
Les Juifs d'Aden formaient une communauté ancienne, distincte par bien des traits des Juifs de l'intérieur du Yémen, notamment en raison du statut particulier que leur conféra l'administration britannique après la prise du port en 1839. Ouverte sur le commerce maritime de la mer Rouge et de l'océan Indien, la communauté comptait marchands, artisans et lettrés, et entretenait des institutions religieuses et éducatives propres. Après les émeutes survenues au milieu du XXe siècle et l'évolution politique conduisant à l'indépendance du Yémen du Sud, la quasi-totalité de la communauté quitta Aden. Ses membres émigrèrent principalement vers Israël et la Grande-Bretagne.
Communauté Bene Israël du Gujarat, dotée de la synagogue Magen Abraham.
Communauté rhénane attestée dès l'époque carolingienne, l'une des plus anciennes de Rhénanie.
La communauté juive d'Albanie, de taille modeste, était surtout composée de Séfarades installés à l'époque ottomane, notamment dans des villes comme Vlorë et Berat. Elle vivait du commerce et de l'artisanat et conservait une vie religieuse propre. Le fait le plus marquant de son histoire tient à la Seconde Guerre mondiale : dans ce pays à majorité musulmane, la population locale, au nom notamment du code d'honneur traditionnel (la Besa) prescrivant la protection de l'hôte, cacha et protégea les Juifs, qu'ils fussent autochtones ou réfugiés. De ce fait, la quasi-totalité des Juifs présents en Albanie survécut à la Shoah. La majorité émigra ensuite, notamment vers Israël, après la chute du régime communiste.
Communauté du grand port égyptien, foyer hellénistique majeur dans l'Antiquité, recomposée au XIXe s. par l'immigration séfarade et levantine.
Communauté de la capitale algérienne, renforcée par les expulsés d'Espagne en 1391 et 1492, naturalisée par le décret Crémieux de 1870.
Amara, dans le sud de l'Irak, abritait une communauté juive culturellement proche de celle de Bassora, établie dans la plaine méridionale traversée par le Tigre. Ses membres, arabophones, participaient au commerce fluvial et aux échanges régionaux, et étaient organisés autour de leurs synagogues. Au cours du XXe siècle, beaucoup gagnèrent Bagdad. Après la création de l'État d'Israël et l'exode des Juifs d'Irak au début des années 1950, la communauté émigra presque entièrement, surtout vers Israël.
Port pontifical des Marches, refuge de marranes portugais dont vingt-cinq furent brûlés en 1556 sur ordre de Paul IV.
Communauté séfarade ottomane d'Anatolie centrale, active dans le commerce de la laine et du mohair angora.
Anvers, grand port commercial, accueillit dès le XVIe siècle des marchands d'origine ibérique, puis devint surtout, à partir de la fin du XIXe siècle, un centre majeur de l'immigration juive d'Europe orientale et du commerce mondial du diamant. La communauté, dont une part importante est hassidique et ultra-orthodoxe, développa un réseau dense de synagogues, d'écoles et d'institutions, faisant d'Anvers un foyer juif singulier en Europe occidentale. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle fut frappée par la déportation, mais se reconstitua après guerre. Elle reste aujourd'hui l'une des communautés juives les plus vivantes et les plus visibles d'Europe occidentale.
Communauté du Banat, l'une des premières de Hongrie à adopter le rite néologue au XIXe siècle.
Communauté à l'origine romaniote, renforcée par des Séfarades, devenue principale communauté juive de Grèce au XXe siècle.
Communauté médiévale souabe importante, reconstituée au XIXe siècle après les expulsions tardives du Moyen Âge.
L'une des « carrières » des Juifs du Pape en terre pontificale, dotée d'un rite hébraïque comtadin propre.
Communauté du port marocain de l'Oum er-Rbia, attestée à l'époque portugaise et lieu de pèlerinage au saint Rabbi Abraham Moul Niss.
Communauté séfarade ottomane de Thrace, foyer rabbinique majeur après l'expulsion d'Espagne, jusqu'aux migrations du XXe siècle.
Communauté juive ancienne de la région d'Adiabène, au Kurdistan irakien.
Erevan, capitale de l'Arménie, accueillit une petite communauté juive ashkénaze constituée sous l'Empire russe puis à l'époque soviétique, ses membres étant souvent présents dans les professions libérales, l'enseignement et l'industrie. Restée modeste, la communauté ne disposa que d'institutions limitées dans le cadre soviétique défavorable à la vie religieuse organisée. Après l'indépendance de l'Arménie en 1991, une grande partie de ses membres émigra, principalement vers Israël, ne laissant qu'une présence juive réduite.
Avant l'afflux massif des Séfarades expulsés d'Espagne et du Portugal à la fin du XVe siècle, Smyrne (Izmir) comptait une ancienne présence juive romaniote, de rite grec-byzantin et de langue grecque, héritière des communautés juives du monde byzantin. L'arrivée des Sépharades, plus nombreux et porteurs d'une riche tradition liturgique et culturelle propre, transforma profondément la communauté juive de la ville. Au fil du temps, les Romaniotes furent largement assimilés ou supplantés par la composante séfarade, qui devint dominante et imprima au judaïsme d'Izmir son caractère judéo-espagnol. La tradition romaniote locale s'effaça ainsi presque entièrement.
Grande communauté de Transylvanie, partagée entre rites orthodoxe et néologue, parmi les plus peuplées de la région.
Communauté du Rif occidental marocain, célèbre pour le pèlerinage au tombeau de Rabbi Amram ben Diwan.
Communauté de la ville frontalière du Maroc oriental, en lien étroit avec le judaïsme de l'Oranie voisine.
Lieu de la tombe de Rabbi Nahman de Breslov, pèlerinage hassidique majeur ; massacres lors de la révolte des Haïdamaks en 1768.
Ancienne communauté de Haute-Mésopotamie, de tradition arabophone mizrahi, émigrée surtout vers Alep et la Terre d'Israël.
Centre orthodoxe de Ruthénie subcarpatique, doté d'une yeshiva réputée et d'une vie hassidique active.
Bourg près de Łódź, siège de la dynastie hassidique d'Alexander, l'une des plus importantes de Pologne.
Grande communauté biélorusse à majorité juive avant 1917, foyer du hassidisme Habad et du mouvement sioniste.
La communauté juive de Bahreïn se forma au XIXe siècle, principalement à partir de marchands d'origine irakienne (bagdadie) installés à Manama, actifs dans le commerce des perles, des dattes et des textiles. Restée toujours petite, elle disposa d'une synagogue et d'un cimetière et s'inséra dans la société commerçante du Golfe. À partir de 1948, et dans le contexte des tensions liées au conflit israélo-arabe, la plupart de ses membres quittèrent l'archipel, ne laissant qu'une communauté résiduelle. Cette présence juive subsiste aujourd'hui de manière très réduite mais symbolique.
Bakou, en Azerbaïdjan, connut au XIXe siècle un essor lié à l'industrie pétrolière qui attira des Juifs des montagnes (Juhuro, ou Juifs des montagnes du Caucase oriental) ainsi que des Ashkénazes venus de l'Empire russe. La ville devint un centre commercial et industriel notable, où coexistaient plusieurs traditions juives, avec synagogues et institutions distinctes. Sous le régime soviétique, la vie religieuse fut réprimée tout en laissant subsister une identité communautaire. Après l'indépendance de l'Azerbaïdjan, une grande partie de la communauté émigra vers Israël et les États-Unis, tout en maintenant une présence juive dans le pays.
Communauté importante issue de l'immigration allemande puis est-européenne, port d'entrée majeur sur la côte atlantique.
La présence juive à Bangkok débuta avec l'installation de marchands, parmi lesquels des Baghdadis et des résidents étrangers, à partir du XIXe siècle, dans le cadre de l'ouverture commerciale du Siam. La communauté ne fut jamais nombreuse, mais elle se renouvela au XXe siècle avec l'arrivée d'autres immigrants et, plus tard, d'expatriés et d'Israéliens. Bangkok dispose aujourd'hui d'une vie communautaire active, avec synagogue et institutions desservant résidents et voyageurs. La communauté demeure de taille modeste mais durablement présente.
À Bangui, en République centrafricaine, une petite présence juive se constitua au XXe siècle, essentiellement formée de commerçants et de quelques familles d'origine méditerranéenne ou nord-africaine établies à l'époque coloniale et postcoloniale. Cette présence demeura toujours très réduite et ne forma jamais une communauté organisée de quelque ampleur. Elle se dispersa au fil des décennies, en lien avec les difficultés économiques et l'instabilité politique du pays.
Le faubourg de Saint-Esprit, près de Bayonne, accueillit dès le XVIe siècle des réfugiés crypto-juifs d'origine ibérique, qui y formèrent l'une des premières communautés séfarades de France. Revenus progressivement à une pratique ouverte du judaïsme, ses membres développèrent un commerce actif, notamment avec la péninsule Ibérique et les colonies, et la tradition leur attribue un rôle dans la diffusion du chocolat à Bayonne. La communauté disposait de synagogues et d'institutions propres. Au moment de la Révolution, comme les autres Séfarades du Sud-Ouest, ils accédèrent tôt à la pleine citoyenneté française.
Béja, dans la région agricole du nord de la Tunisie, abritait une communauté juive active dans le commerce des céréales et le colportage desservant l'arrière-pays. De tradition séfarade locale, ses membres étaient organisés autour de leurs synagogues et institutions communautaires. Sous le Protectorat français, ils s'intégrèrent partiellement à la vie économique moderne et bénéficièrent d'un accès à l'enseignement. Après l'indépendance, la communauté se vida au milieu du XXe siècle, ses membres émigrant surtout vers la France et Israël.
Communauté du port de Kabylie maritime, florissante au Moyen Âge sous les Hammadides puis les Hafsides.
Belgrade abrita sous domination ottomane une communauté séfarade établie après l'expulsion ibérique, parlant le judéo-espagnol et organisée autour de son quartier de la basse-ville (Dorćol). Au XIXe siècle, après l'autonomie puis l'indépendance serbe, des Ashkénazes venus d'Europe centrale s'y ajoutèrent, et les Juifs obtinrent progressivement l'égalité civique. La communauté, marchande et artisanale, comptait synagogues séfarade et ashkénaze ainsi que des institutions communautaires. Après l'occupation allemande d'avril 1941, les Juifs de Belgrade furent parmi les premiers d'Europe soumis à des massacres systématiques, perpétrés par la Wehrmacht et la SS avec le concours de collaborateurs locaux, et la quasi-totalité fut exterminée entre 1941 et 1942. Une petite communauté se reconstitua après la guerre.
Communauté de Ruthénie subcarpatique à forte présence hassidique, prospère avant la Shoah.
Plus grande communauté juive d'Allemagne, foyer de la Haskala et de la Wissenschaft des Judentums, anéantie sous le nazisme.
Communauté concentrée dans le quartier de Wadi Abou Jamil, devenue le principal foyer juif du Liban au XXe siècle.
Communauté juive du Languedoc médiéval, active jusqu'aux expulsions du royaume de France au XIVe siècle.
Białystok, centre industriel textile de la Pologne orientale, abritait une communauté juive nombreuse et dynamique qui constituait une large part de la population urbaine. Foyer important du mouvement ouvrier juif, notamment du Bund, elle développa aussi des courants sionistes, des écoles yiddish et hébraïques et une vie associative dense, ses membres travaillant dans le tissage, l'artisanat et le commerce. La ville fut le berceau du Dr Ludwik Zamenhof, créateur de l'espéranto. Sous l'occupation nazie, la communauté fut presque entièrement anéantie : le ghetto, lieu d'un soulèvement armé en août 1943, fut liquidé et ses habitants déportés vers Treblinka et d'autres camps.
Communauté de l'oasis des Ziban, aux portes du Sahara algérien.
Communauté de Transylvanie du Nord, active dans le commerce et la vie religieuse orthodoxe.
Communauté du port du nord tunisien, mêlant Twansa autochtones et Grana d'origine livournaise.
Installés à Blida, dans la plaine de la Mitidja, les Juifs formaient une communauté de marchands, d'artisans et de petits fabricants intégrée à la vie économique de cette ville d'Algérie. Le décret Crémieux de 1870 leur conféra la citoyenneté française, favorisant leur scolarisation et leur participation à la vie urbaine moderne. Sous Vichy, ils subirent l'abrogation temporaire de ce statut et des mesures antisémites. Comme l'ensemble du judaïsme algérien, la communauté de Blida quitta le pays lors de l'indépendance de 1962, principalement vers la France.
La communauté juive de Colombie, concentrée à Bogotá ainsi qu'à Barranquilla, Cali et Medellín, se forma aux XIXe et XXe siècles par l'immigration de Sépharades venus du Levant et d'Afrique du Nord et d'Ashkénazes d'Europe de l'Est et centrale, certains fuyant les persécutions des années 1930. Établis dans le commerce, l'import-export et l'industrie, ses membres s'intégrèrent à la vie économique du pays. La communauté s'organisa en congrégations distinctes reflétant ses origines et se dota d'institutions communautaires et scolaires actives. Restée de petite taille, elle demeure une communauté structurée, principalement urbaine.
Communauté des États pontificaux, prospère à la Renaissance puis expulsée en 1569 lors de la politique anti-juive de la papauté.
Les Bene Israël, distincts de la communauté baghdadie installée à Bombay au XIXe siècle, constituent l'une des plus anciennes composantes du judaïsme indien et revendiquent une présence très ancienne sur la côte de Konkan, au sud de Bombay. Longtemps villageois et notamment pressureurs d'huile, ils conservèrent certaines observances juives tout en s'intégrant à l'environnement local, et se rapprochèrent du judaïsme normatif au contact des Juifs de Cochin puis des Baghdadis, adoptant des usages séfarades. À l'époque coloniale britannique, beaucoup migrèrent vers Bombay, où ils s'illustrèrent dans l'administration, l'armée et les professions, et bâtirent synagogues et institutions. Après 1948, la grande majorité émigra en Israël, ne laissant qu'une communauté résiduelle.
Bône (aujourd'hui Annaba), dans l'est de l'Algérie, abritait une communauté juive ancienne qui joua un rôle commercial notable sous la régence ottomane puis sous la domination française. Le décret Crémieux de 1870 accorda la citoyenneté française à la grande majorité des Juifs d'Algérie, accélérant leur francisation, leur scolarisation et leur entrée dans le commerce et les professions libérales. Sous le régime de Vichy, cette citoyenneté leur fut retirée et des mesures antisémites furent appliquées avant d'être abrogées. Comme l'ensemble des Juifs d'Algérie, ceux de Bône quittèrent massivement le pays au moment de l'indépendance, en 1962, s'installant surtout en France.
Communauté rhénane médiévale présente le long du Rhin moyen, dotée d'une synagogue de style mauresque au XIXe siècle.
Bordeaux fut l'une des premières communautés séfarades tolérées en France, formée à partir du XVIe siècle de "nouveaux-chrétiens" d'origine ibérique, marranes revenus progressivement et ouvertement au judaïsme. Marchands et négociants, ses membres jouèrent un rôle important dans le commerce atlantique et colonial, et la communauté obtint des lettres patentes reconnaissant son statut. Au moment de la Révolution française, les Juifs séfarades du Sud-Ouest furent parmi les premiers à se voir accorder la pleine citoyenneté, avant les Ashkénazes de l'Est. Bordeaux conserva par la suite une communauté établie, intégrée à la vie de la cité.
Communauté développée par l'immigration est-européenne autour du West End puis de Brookline et Newton.
Pressbourg (Bratislava), longtemps capitale du royaume de Hongrie sous les Habsbourg, fut l'un des grands centres de l'érudition talmudique ashkénaze, marqué par la yeshivah animée au début du XIXe siècle par Moïse Sofer, dit le Hatam Sofer, figure majeure de la défense de l'orthodoxie face aux réformes. La communauté, ancrée dans un quartier juif ancien, fut un foyer de l'orthodoxie d'Europe centrale et conserva un poids religieux considérable. Au XXe siècle, après la création de la Tchécoslovaquie, elle participa à la vie communautaire moderne. Sous l'État slovaque collaborationniste, à partir de 1942, les Juifs furent déportés vers les camps d'extermination nazis ; la communauté fut décimée, et seule une minorité survécut.
Grand centre de Silésie, siège du séminaire rabbinique réformateur de Frankel et de la Wissenschaft des Judentums.
Ville de Podolie qui donna son nom au hassidisme de Breslov fondé par Rabbi Nahman.
Brest (Brisk en yiddish), ville frontalière entre la Pologne, la Lituanie et la Biélorussie, fut l'un des plus anciens et prestigieux centres d'érudition talmudique d'Europe orientale. Elle est associée à la dynastie rabbinique des Soloveitchik et à la "méthode de Brisk", approche analytique du Talmud qui marqua durablement l'étude rabbinique ashkénaze. Ses Juifs, longtemps majoritaires dans la ville, étaient marchands, artisans et lettrés, et la communauté disposait de nombreuses synagogues et institutions d'étude. Sous l'occupation allemande, le ghetto fut établi puis liquidé, et la quasi-totalité de la population juive fut massacrée en 1941-1942.
Brno (Brünn), métropole de la Moravie, accueillit après la levée des restrictions de résidence au XIXe siècle une communauté ashkénaze largement germanophone, intégrée à la bourgeoisie industrielle et commerçante de cette grande ville textile. La communauté se dota d'institutions modernes, de synagogues et d'écoles, et participa à la vie économique et culturelle de l'Empire austro-hongrois puis de la Tchécoslovaquie. Sous l'occupation allemande, à partir de 1939, ses membres furent persécutés puis déportés, beaucoup transitant par le ghetto de Theresienstadt avant d'être assassinés dans les camps d'extermination. Après 1945, seule une communauté réduite se reconstitua.
Important centre commercial et religieux de Galicie, foyer de la Haskala et carrefour entre Empires.
Bruxelles attira d'abord des marchands d'origine ibérique aux temps modernes, puis, surtout à partir de la fin du XIXe et au début du XXe siècle, des immigrants ashkénazes venus d'Europe orientale fuyant la pauvreté et les persécutions. La communauté, active dans le commerce, l'artisanat et les métiers, se dota de synagogues et d'institutions, et la Belgique reconnut le culte israélite parmi les religions officiellement organisées. Durant la Seconde Guerre mondiale, une part importante des Juifs de Belgique fut déportée depuis le camp de rassemblement de Malines, mais beaucoup furent aussi sauvés par des réseaux de résistance et de sauvetage. Après la guerre, la communauté se reconstitua, Bruxelles et Anvers en demeurant les deux grands pôles.
Bucarest, capitale de la Roumanie, abrita l'une des plus grandes communautés juives des Balkans, composée d'un noyau séfarade plus ancien et d'une importante population ashkénaze arrivée surtout au XIXe siècle. Très active dans le commerce, l'artisanat, la presse et la vie culturelle, elle disposait de nombreuses synagogues, écoles et institutions, et fut le théâtre de luttes pour l'émancipation, longtemps refusée. Durant la Seconde Guerre mondiale, sous le régime d'Antonescu, les Juifs subirent des persécutions, des spoliations et un pogrom à Bucarest, même si l'intérieur du pays ne fut pas livré à la déportation systématique. Sous le régime communiste, une grande partie de la communauté émigra vers Israël, parfois dans le cadre d'accords négociés entre l'État hébreu et le gouvernement roumain.
Plus grande communauté juive d'Amérique latine, formée d'Ashkénazes et de Séfarades autour du quartier du Once.
Communauté séfarade du littoral bulgare de la mer Noire, formée au développement portuaire moderne.
Bursa, ancienne capitale ottomane, comptait une présence juive remontant à l'époque byzantine, renforcée à la fin du XVe siècle par l'arrivée de réfugiés séfarades expulsés de la péninsule Ibérique. Les Juifs y étaient actifs dans le commerce et l'artisanat, notamment dans la soie et les textiles dont la ville était un centre réputé. La communauté, organisée autour de ses synagogues, s'inscrivait dans le cadre tolérant offert par l'Empire ottoman aux Juifs. Au XXe siècle, elle déclina par émigration, ses membres rejoignant surtout Istanbul et Israël.
Communauté séfarade ottomane du détroit des Dardanelles, port de commerce sur la mer Égée.
La présence juive au Venezuela remonte à l'établissement de Séfarades venus de Curaçao à Coro, mais c'est Caracas qui devint au XXe siècle le principal foyer d'une communauté à la fois séfarade et ashkénaze, prospère et bien organisée. Active dans le commerce, l'industrie et les professions libérales, la communauté se dota de synagogues, d'écoles, de clubs et d'institutions sociales et sionistes, formant l'une des communautés les plus structurées d'Amérique du Sud. L'instabilité politique et économique du pays au début du XXIe siècle entraîna le départ d'une grande partie de ses membres vers les États-Unis, Israël, le Panama et d'autres pays, réduisant fortement ses effectifs.
Communauté hassidique de Transylvanie du Nord, liée au courant Satmar et au rabbinat local.
Communauté du grand port atlantique marocain, devenue au XXe s. la plus nombreuse du pays par l'exode rural et urbain.
Communauté piémontaise du Montferrat connue pour sa synagogue baroque richement décorée.
Communauté de Hesse, siège du consistoire israélite du royaume éphémère de Westphalie sous Jérôme Bonaparte.
Chalcis (Khalkída), en Eubée, abrite l'une des plus anciennes communautés romaniotes de Grèce, sa présence juive remontant à l'Antiquité et étant évoquée dans des sources anciennes. La communauté, de tradition romaniote, conserva une vie religieuse propre et une synagogue, et demeura toujours de taille modeste. Lors de l'occupation allemande de la Grèce, durant la Seconde Guerre mondiale, ses membres furent visés par les déportations ; une partie parvint à se cacher avec l'aide de la population et de la Résistance grecques. Une présence juive s'y maintint après la guerre, et une synagogue ainsi qu'un cimetière attestent encore son ancienneté.
Charleston, en Caroline du Sud, fut l'une des premières et des plus importantes communautés juives d'Amérique du Nord, fondée par des Séfarades à l'époque coloniale puis rejointe par des Ashkénazes. À la faveur d'une charte coloniale tolérante, les Juifs y jouirent d'une liberté religieuse précoce et s'intégrèrent au commerce et à la vie de la ville. Charleston fut un berceau du judaïsme réformé en Amérique, un mouvement réformateur y étant apparu dans la première moitié du XIXe siècle au sein de la congrégation Beth Elohim. Longtemps l'une des plus grandes communautés juives du pays, elle demeure un centre historique majeur du judaïsme américain.
Vieille communauté de Pologne orientale, célèbre dans le folklore juif pour ses « sages de Chełm ».
Communauté formée par des immigrants allemands puis est-européens, concentrée autour de Maxwell Street puis des quartiers nord.
L'île de Chios, dans la mer Égée, connut une présence juive ancienne, attestée à l'époque byzantine puis sous les dominations génoise et ottomane. La communauté, de tradition romaniote puis influencée par l'apport séfarade, vivait du commerce dans cette île réputée pour ses productions, notamment le mastic. Elle demeura toujours de petite taille. Au fil des siècles et des bouleversements politiques, elle fut progressivement dispersée ou assimilée, ne laissant qu'une présence résiduelle aux époques moderne et contemporaine.
Capitale de la Bessarabie ; le pogrom de Pâque 1903 y suscita une émotion internationale et marqua l'histoire juive moderne.
Cincinnati, grande ville de l'Ohio au bord du fleuve du même nom, devint au XIXe siècle un centre majeur du judaïsme américain, en particulier du mouvement réformé, porté par une importante immigration de Juifs germanophones. La ville accueillit en 1875 la fondation du Hebrew Union College, premier séminaire rabbinique durable des États-Unis et grand foyer de formation du judaïsme réformé, étroitement lié à l'action d'Isaac Mayer Wise. La communauté juive, prospère et intégrée, contribua fortement à la vie économique, culturelle et religieuse de la ville. Cincinnati joua ainsi un rôle structurant dans le façonnement du judaïsme américain moderne.
Cleveland, grand centre industriel de l'Ohio, attira d'abord des Juifs germanophones au milieu du XIXe siècle, puis de fortes vagues d'immigrants ashkénazes d'Europe de l'Est à partir de la fin du siècle. Établis dans le commerce, l'industrie et les professions, ses membres formèrent une communauté nombreuse et active. La communauté développa un dense réseau d'institutions religieuses, éducatives, sociales et philanthropiques, couvrant les différents courants du judaïsme. Comme dans d'autres villes industrielles du Nord-Est, sa population se déplaça au XXe siècle des quartiers d'immigration vers les banlieues. Cleveland demeure une communauté juive importante du Midwest.
Cluj, principale ville de Transylvanie, abrita à partir du XVIIIe siècle une communauté juive ashkénaze qui crût rapidement après l'émancipation accordée par la monarchie austro-hongroise. Très divisée entre courants orthodoxe, néologue (réformé) et status quo, elle développa synagogues, écoles et une presse juive en hongrois et en allemand, ses membres étant actifs dans le commerce, les professions libérales et l'industrie. Après le rattachement du nord de la Transylvanie à la Hongrie en 1940, ses Juifs furent enfermés dans un ghetto puis déportés à Auschwitz au printemps 1944, où la grande majorité périt. Les survivants se reconstituèrent brièvement après guerre avant que la plupart n'émigrent vers Israël et l'Occident sous le régime communiste roumain.
Communauté rhénane médiévale au confluent du Rhin et de la Moselle, attestée dès le XIe siècle.
Communauté franconienne du Landjudentum bavarois, marquée par des expulsions médiévales puis un renouveau moderne.
Plus ancienne communauté juive attestée au nord des Alpes, présence documentée dès 321 sous l'Empire romain.
La communauté juive de Copenhague fut fondée au XVIIe siècle par des Séfarades, puis rejointe par des Ashkénazes, et bénéficia d'une tolérance croissante dans le Danemark des Lumières, jusqu'à l'émancipation pleine au début du XIXe siècle. Bien intégrés à la société danoise, ses membres étaient présents dans le commerce, la finance, les professions libérales et la vie culturelle, et la ville disposa d'une grande synagogue et d'institutions communautaires. En octobre 1943, face au projet de déportation par l'occupant allemand, la quasi-totalité des Juifs danois fut sauvée grâce à une évacuation maritime vers la Suède, organisée avec le concours de la population. Après la guerre, la communauté se reconstitua et demeure active.
Communauté andalouse florissante sous le califat omeyyade, patrie de Maïmonide, déclinée après les persécutions almohades.
Coro, ville du nord-ouest du Venezuela, accueillit au début du XIXe siècle des Juifs séfarades venus de Curaçao, qui y formèrent la première communauté juive officielle du pays. Marchands actifs dans le commerce caribéen, ils s'intégrèrent à la vie de la cité tout en subissant épisodiquement l'hostilité d'une partie de la population, ce qui provoqua un temps leur départ. La communauté laissa un héritage durable, notamment le cimetière juif de Coro, l'un des plus anciens encore conservés d'Amérique du Sud. La présence juive y déclina ensuite, à mesure que Caracas devenait le centre du judaïsme vénézuélien.
La communauté juive du Costa Rica se forma surtout dans la première moitié du XXe siècle, à partir d'immigrants ashkénazes d'Europe de l'Est, notamment de Pologne, fuyant la misère, les persécutions et la montée du nazisme. Concentrés à San José, ces immigrants débutèrent souvent comme colporteurs avant de se faire une place dans le commerce et l'industrie. La communauté se dota d'une vie institutionnelle structurée, comprenant synagogue, école et organisations communautaires, et se caractérisa par une forte cohésion interne. Restée de taille modeste, elle demeure aujourd'hui une communauté organisée et active.
Grande communauté de Lettonie orientale, siège du rabbin Meir Simcha et de la yeshiva de Dvinsk.
Debdou, dans l'Oriental marocain, abritait une communauté juive singulière, en grande partie fondée par des familles d'origine ibérique installées après les persécutions de la fin du Moyen Âge. Relativement isolée, elle conserva longtemps des traditions séfarades et une cohésion familiale marquée, ses membres étant artisans et marchands. Organisée autour de ses synagogues et de ses lettrés, elle entretenait une vie religieuse propre. Au cours du XXe siècle, la communauté se dispersa vers les grandes villes marocaines et Israël.
Importante communauté du nord-est de la Hongrie, marquée par le courant néologue et un essor au XIXe siècle.
Communauté hassidique de Transylvanie, siège d'une dynastie et important centre régional.
La présence juive à Delhi est tardive et resta toujours réduite, formée principalement de Bene Israël et de Baghdadis venus de Bombay et de Calcutta, auxquels s'ajoutèrent des expatriés et des diplomates au XXe siècle. À la différence des foyers anciens de la côte ouest ou de Cochin, Delhi n'a jamais abrité une communauté juive nombreuse et historiquement enracinée. La vie communautaire y est restée modeste et largement informelle. La présence juive dans la capitale indienne demeure aujourd'hui marginale.
Communauté du piémont du Haut Atlas, l'un des mellahs ruraux les plus anciens de la région de Marrakech.
Communauté romaniote puis séfarade de Thrace grecque, dotée d'une synagogue en bois remarquable.
Diyarbakır, dans le sud-est de l'Anatolie, abritait une communauté juive ancienne, en partie de langue judéo-araméenne, voisine des populations kurdes, arméniennes et syriaques de la région. Ses membres étaient marchands et artisans, organisés autour de leurs synagogues et de leurs traditions religieuses. Au cours du XXe siècle, dans un contexte de bouleversements régionaux et d'émigration, la communauté déclina fortement. Ses membres rejoignirent en grande partie Istanbul puis Israël.
Grand centre industriel ; le père du Rabbi de Loubavitch y exerça comme rabbin avant la Révolution.
Drama, en Macédoine orientale grecque, abritait une petite communauté séfarade de langue judéo-espagnole, dont les membres travaillaient surtout dans le commerce du tabac et du coton qui faisait la richesse de la région. Organisée autour de sa synagogue, elle s'inscrivait dans le réseau des communautés séfarades du nord de la Grèce. Sous l'occupation bulgare durant la Seconde Guerre mondiale, la communauté fut déportée en 1943 et exterminée dans les camps nazis, ne laissant pratiquement aucun survivant.
Communauté de la capitale saxonne, dotée d'une synagogue conçue par Gottfried Semper, détruite sous le nazisme.
La communauté juive de Dublin, longtemps modeste, se développa surtout à la fin du XIXe siècle avec l'arrivée d'immigrants ashkénazes venus d'Europe orientale, qui s'établirent notamment autour du quartier de Portobello, parfois surnommé "Little Jerusalem". Ses membres étaient commerçants, colporteurs et artisans, et se dotèrent de synagogues et d'institutions communautaires. James Joyce immortalisa cette présence à travers le personnage de Leopold Bloom dans son roman Ulysse. La communauté, toujours de petite taille, a diminué dans la seconde moitié du XXe siècle, tout en conservant des institutions actives.
La République maritime de Raguse (Dubrovnik) tolérait les Juifs comme intermédiaires dans le commerce entre la chrétienté et l'Empire ottoman, tout en les soumettant à des restrictions et en les regroupant dans un ghetto institué au XVIe siècle. La communauté, de tradition séfarade, comptait des marchands et des médecins, et certains de ses membres jouèrent un rôle dans les échanges commerciaux et la diplomatie de la cité. La synagogue de Dubrovnik, aménagée dès le XVIe siècle dans la rue du ghetto, est l'une des plus anciennes conservées d'Europe et témoigne de cette présence séculaire. La communauté demeura toujours réduite et déclina aux époques moderne et contemporaine.
Communauté rhénane médiévale, devenue importante au XIXe siècle dans le bassin industriel rhénan.
Kaffa (Féodosia), ancien comptoir génois sur la côte de Crimée, abrita l'une des plus anciennes présences juives de la péninsule, attestée de longue date et composée de plusieurs groupes : des Romaniotes hellénophones, des Krymchaks de langue turque et de rite rabbinique, et des Karaïtes. Carrefour commercial de la mer Noire sous domination génoise puis ottomane, la ville offrait aux Juifs un rôle dans les échanges. La communauté connut ensuite l'intégration à l'Empire russe. Lors de l'occupation allemande de la Crimée, en 1941-1942, les Juifs de la ville, en particulier les Krymchaks, furent massacrés par les Einsatzgruppen, et la communauté fut presque entièrement anéantie.
Figuig, grande oasis à la frontière entre le Maroc et l'Algérie, abritait une communauté juive ancienne dont les membres, souvent berbérophones, étaient commerçants et artisans implantés dans cet important relais caravanier. Organisés autour de leurs synagogues, ils participaient aux échanges entre le Sahara et les villes du nord. Au cours du XXe siècle, et particulièrement à partir du milieu du siècle, la communauté se vida par émigration vers les grandes villes marocaines puis Israël.
Communauté toscane protégée par les Médicis, dotée d'un ghetto en 1571 puis d'une grande synagogue après l'émancipation.
Petite communauté séfarade de Macédoine grecque occidentale, anéantie durant la Shoah.
Centre majeur d'études talmudiques en Franconie, surnommé « la Jérusalem franconienne » pour ses yeshivot.
Établis dans l'oasis côtière de Gabès, dans le sud de la Tunisie, les Juifs y formaient une communauté ancienne de petits commerçants et artisans, voisine des populations berbères et arabes. De rite séfarade local, ils étaient organisés autour de leurs synagogues et de leurs institutions religieuses et conservaient des traditions distinctes propres au judaïsme du Sud tunisien. Sous le Protectorat français, ils s'ouvrirent en partie à l'enseignement moderne. Après l'indépendance de la Tunisie, la communauté se vida progressivement, ses membres émigrant principalement vers la France et Israël.
Gafsa, ville du centre-ouest tunisien à la fois carrefour caravanier et centre minier, abritait une communauté juive ancienne de marchands et d'artisans. De rite séfarade local, ses membres parlaient l'arabe judéo-tunisien et étaient organisés autour de leurs synagogues. Sous le Protectorat français, ils s'ouvrirent partiellement à l'enseignement et à la langue française. Au cours du XXe siècle, et surtout après l'indépendance, la communauté émigra en grande partie vers la France et Israël.
Bourgade hassidique de Slovaquie méridionale, siège d'une dynastie et d'une yeshiva renommées.
Gallipoli (Gelibolu), port des Dardanelles, accueillit après l'expulsion ibérique une communauté séfarade reliée aux circuits commerciaux de la mer Égée et de la région des Détroits. Ses membres parlaient le judéo-espagnol et étaient organisés autour de leurs synagogues, participant aux échanges maritimes de l'Empire ottoman. Communauté de taille modeste, elle fut peu à peu absorbée par l'attraction des grands centres juifs ottomans, comme Istanbul et Salonique, vers lesquels ses membres migrèrent.
Communauté juive du sud-est anatolien, de tradition mizrahi proche du monde syrien d'Alep.
La présence juive à Gênes, attestée dès le haut Moyen Âge, fut intermittente, la République ligure alternant entre tolérance commerciale et mesures d'expulsion. Au tournant du XVe au XVIe siècle, la ville servit notamment de port de transit aux Juifs chassés d'Espagne après 1492, dont beaucoup furent maintenus dans des conditions précaires avant de poursuivre leur route. Des marchands séfarades et des Juifs italiens (Italkim) y furent autorisés à résider par périodes, surtout à partir du XVIe siècle, lorsque la République chercha à attirer le négoce levantin. La communauté demeura toujours modeste, soumise à des restrictions de séjour, avant d'obtenir une existence plus stable après l'émancipation du XIXe siècle. Sous l'occupation allemande de 1943-1945, une partie des Juifs génois fut déportée.
Communauté catalane médiévale, foyer de la kabbale espagnole autour de Nahmanide, anéantie par les violences de 1391.
Glasgow abrita la principale communauté juive d'Écosse, formée surtout d'immigrants ashkénazes venus d'Europe orientale à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Ses membres étaient actifs dans le commerce, l'artisanat, le colportage puis les professions libérales, et se concentrèrent un temps dans le quartier des Gorbals avant de gagner d'autres secteurs de la ville. La communauté se dota de synagogues, d'écoles et d'institutions sociales et religieuses. Elle constitua l'une des plus importantes concentrations juives du Royaume-Uni avant de décliner démographiquement dans la seconde moitié du XXe siècle.
Bourgade près de Varsovie, siège de la grande dynastie hassidique de Ger (Gur), parmi les plus nombreuses.
Goulimine (Guelmim), aux portes du Sahara dans le sud du Maroc, abritait une communauté juive de commerçants et de caravaniers participant aux échanges transsahariens. Souvent berbérophones, ses membres servaient d'intermédiaires dans le négoce des produits du désert et des oasis. Organisée autour de sa synagogue et de ses traditions, la communauté entretenait des liens avec les autres foyers juifs du Sud marocain. Au cours du XXe siècle, ses membres émigrèrent vers Agadir, Casablanca et Israël.
Grodno (Hrodna), dans la région frontalière polono-biélorusse, fut un ancien carrefour commercial et intellectuel juif, où la communauté bénéficia de privilèges dès l'époque du grand-duché de Lituanie. Marchands, artisans et lettrés y entretenaient synagogues et maisons d'étude, et la ville s'inscrivait dans la tradition d'érudition lituanienne (litvak). À l'époque moderne, elle connut une vie politique juive diversifiée, des mouvements ouvriers aux courants sionistes. Sous l'occupation allemande, la communauté fut enfermée dans des ghettos puis liquidée en 1942-1943, ses membres étant déportés vers Treblinka et Auschwitz.
La communauté juive du Guatemala se constitua aux XIXe et XXe siècles à partir d'immigrants d'origines diverses, parmi lesquels des marchands venus d'Europe centrale et d'Europe de l'Est, ainsi que des Sépharades. Établis principalement à Guatemala City, ses membres se concentrèrent dans le commerce, l'import-export, l'industrie et les professions libérales. La communauté se dota d'institutions religieuses et communautaires correspondant à ses différentes composantes. Restée de petite taille, elle constitue néanmoins une communauté organisée et durablement implantée en Amérique centrale.
Lieu de la tombe de Rabbi Schneur Zalman de Liadi, fondateur du hassidisme Habad.
Important centre d'orthodoxie et d'études rabbiniques en Saxe-Anhalt, doté d'une grande synagogue baroque.
Communauté de Basse-Saxe dotée d'une grande synagogue conçue par l'architecte Edwin Oppler.
Communauté formée par des immigrants ashkénazes et séfarades dans la capitale de l'ancienne Rhodésie du Sud, devenue le Zimbabwe.
La communauté juive de Helsinki trouve en partie son origine dans d'anciens soldats juifs de l'armée impériale russe (les cantonistes) autorisés à demeurer en Finlande, alors grand-duché sous domination russe. Restée l'une des plus petites communautés juives d'Europe, elle s'organisa autour d'une synagogue et d'institutions communautaires, ses membres étant souvent commerçants puis présents dans les professions libérales. Pendant la Seconde Guerre mondiale, malgré la cobelligérance de la Finlande avec l'Allemagne contre l'Union soviétique, le pays refusa de livrer ses citoyens juifs, et la communauté survécut. Elle demeure active à Helsinki.
Importante communauté biélorusse, marquée par le pogrom de 1903 et l'autodéfense juive qui s'y organisa.
Sous la colonie britannique, Hong Kong attira dès le milieu du XIXe siècle des marchands juifs, notamment des Baghdadis venus de Bombay et de la diaspora marchande de l'océan Indien, dont certaines familles éminentes jouèrent un rôle de premier plan dans le commerce et la finance de la région. La communauté se dota d'une synagogue et d'institutions, et plusieurs de ses membres marquèrent la vie économique et civique de la colonie. Au fil du temps, sa composition s'élargit à des Ashkénazes et à des expatriés d'origines diverses. Hong Kong conserve aujourd'hui une communauté organisée, mêlant résidents permanents et expatriés.
Iași (Jassy), ancienne capitale de la Moldavie, fut l'un des grands centres de la vie juive en Roumanie, riche en synagogues, en maisons d'étude et en institutions culturelles. La ville est associée aux débuts du théâtre yiddish professionnel, fondé par Abraham Goldfaden au XIXe siècle, et abritait une intense vie religieuse et politique juive. En 1941, Iași fut le théâtre d'un pogrom d'une extrême violence, l'un des plus meurtriers de la Shoah en Roumanie, qui fit de très nombreuses victimes. Après la Seconde Guerre mondiale, la communauté, profondément frappée, quitta presque entièrement la ville, surtout vers Israël.
Sous la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, quelques marchands juifs, dont des Séfarades, furent présents à Batavia (Jakarta) dès l'époque coloniale, dans le cadre des réseaux commerciaux des Indes néerlandaises. La communauté juive de l'archipel demeura toujours très réduite et dispersée, comptant aussi des Baghdadis et des immigrants d'autres origines installés dans les villes portuaires. Jamais nombreuse ni fortement institutionnalisée, elle déclina après l'indépendance de l'Indonésie. La présence juive à Jakarta est aujourd'hui presque inexistante.
La découverte de l'or dans le Witwatersrand à la fin du XIXe siècle fit naître Johannesburg et y attira un grand nombre d'immigrants juifs, en majorité des Litvaks venus de Lituanie, qui marquèrent durablement le caractère de la communauté juive sud-africaine. Établis dans le commerce, l'industrie minière, la finance et les professions, ils bâtirent une communauté prospère et fortement organisée, dotée de synagogues, d'écoles, d'organisations sionistes et d'institutions de bienfaisance. Majoritairement orthodoxe dans son affiliation, la communauté de Johannesburg fut le cœur de la vie juive d'Afrique du Sud. Après la fin de l'apartheid en 1994, une part importante émigra, notamment vers Israël, l'Australie, le Royaume-Uni et l'Amérique du Nord, réduisant ses effectifs.
Grand centre de Volhynie, siège d'une imprimerie hébraïque réputée et d'un séminaire rabbinique d'État au XIXe siècle.
Kaboul abrita la principale communauté juive d'Afghanistan, héritière d'une présence juive ancienne dans la région et renforcée au XIXe siècle, notamment par des Juifs venus de Boukhara et de Perse fuyant les persécutions. Ses membres étaient surtout actifs dans le commerce, en particulier des tapis, des textiles, de la laine et des pierres précieuses, et vivaient regroupés autour de leurs synagogues. Soumise à des restrictions croissantes au XXe siècle, la communauté se vida par vagues d'émigration, principalement vers Israël, entre les années 1940 et 1970. Il n'en resta plus qu'une poignée d'individus jusqu'à la fin du XXe siècle.
Grand centre talmudique de l'Ifriqiya médiévale (Xe–XIe s.), siège d'académies en correspondance avec les gueonim de Babylonie.
Plus ancienne communauté juive documentée de Pologne, dont le Statut de Kalisz (1264) garantit les droits.
Kandahar, grande ville-carrefour du sud de l'Afghanistan, abrita une communauté juive marchande, intégrée aux réseaux d'échanges reliant l'Inde, l'Iran et l'Asie centrale. De tradition orientale, proche des Juifs de Boukhara et de Perse, elle vivait du commerce et de l'artisanat. Soumise aux mêmes contraintes que l'ensemble du judaïsme afghan, elle se vida au cours du XXe siècle. Ses membres émigrèrent presque entièrement, notamment vers Israël et l'Inde.
Sous l'administration britannique des Indes, Karachi vit s'établir au XIXe siècle une communauté juive composée surtout de Bene Israël venus de la côte ouest de l'Inde et de marchands baghdadis. Ses membres servirent dans l'administration, l'artisanat et le commerce, et la ville disposa d'une synagogue et d'une vie communautaire. La partition de 1947 et la création du Pakistan, pays à majorité musulmane, ainsi que les tensions liées au conflit israélo-arabe, entraînèrent l'émigration quasi totale de la communauté vers l'Inde et Israël. Il n'en subsiste plus aujourd'hui qu'une présence négligeable.
Kastoria, en Macédoine grecque, abrita une vieille communauté romaniote, dont la présence est attestée de longue date dans cette ville réputée pour son industrie de la fourrure. Les Juifs de Kastoria s'illustrèrent justement dans la confection et le commerce des fourrures, activité qui leur donna une identité économique distinctive. Des apports séfarades vinrent s'ajouter à la composante romaniote au fil du temps. Lors de l'occupation allemande, en 1944, la quasi-totalité de la communauté fut arrêtée puis déportée vers les camps d'extermination nazis, et il n'y eut presque aucun survivant.
Kaunas (Kovno), capitale provisoire de la Lituanie indépendante entre les deux guerres, abritait une communauté juive importante et structurée, dotée d'écoles, de journaux et de plusieurs grandes yeshivot, notamment dans le faubourg de Slobodka, haut lieu du mouvement éthique du Moussar. Les Juifs y étaient marchands, artisans et membres des professions libérales, et la ville fut un foyer de la vie culturelle et politique juive lituanienne. Lors de l'occupation allemande, dès 1941, eurent lieu des massacres de masse au Neuvième Fort, suivis de l'établissement d'un ghetto. Liquidé en 1944, ce ghetto vit périr la grande majorité de ses habitants.
Kavala, port de Macédoine orientale grecque, abritait une communauté séfarade active dans le commerce du tabac qui faisait la prospérité de la ville. De langue judéo-espagnole, ses membres étaient organisés autour de leurs synagogues et institutions. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la région passa sous occupation bulgare, et en 1943 la communauté fut déportée avec celles des autres territoires occupés par la Bulgarie, et presque entièrement exterminée dans les camps nazis.
Ancienne communauté lituanienne, l'une des plus tolérées du Grand-Duché, dotée de synagogues préservées.
Communauté juive de l'ouest de l'Iran, sur les routes commerciales vers la Mésopotamie.
Kharkiv, grand centre industriel et universitaire de l'est de l'Ukraine, attira une communauté juive nombreuse à partir du XIXe siècle, particulièrement après l'assouplissement des restrictions de résidence. Ses membres s'illustrèrent dans le commerce, l'industrie, la médecine, l'enseignement et les professions libérales, et la ville connut une vie culturelle juive notable, à la fois religieuse puis, à l'époque soviétique, sécularisée. La Shoah, avec les massacres perpétrés pendant l'occupation allemande, et la politique soviétique antireligieuse réduisirent considérablement la communauté. Une présence juive subsista néanmoins après guerre, renouvelée à la fin du XXe siècle.
Khénifra, au cœur du Moyen Atlas marocain, abritait une communauté juive dont les membres, souvent berbérophones, étaient artisans, notamment orfèvres, et commerçants en contact étroit avec les populations berbères de la région. Organisée autour de ses synagogues, la communauté conservait des traditions propres au judaïsme des régions montagneuses. Au milieu du XXe siècle, ses membres émigrèrent vers Casablanca puis Israël.
Ville de Nouvelle-Russie où s'établirent des colonies agricoles juives au début du XIXe siècle.
Communauté orthodoxe de Ruthénie subcarpatique, marquée par l'influence du rabbin Moshe Schick.
Kielce, en Pologne centrale, abritait une communauté juive ashkénaze qui se développa surtout au XIXe siècle, ses membres étant marchands, artisans et petits industriels. La ville disposait de synagogues, d'écoles et d'institutions communautaires, et connut une vie politique juive diversifiée avant la Seconde Guerre mondiale. Sous l'occupation nazie, la quasi-totalité de la communauté fut enfermée dans un ghetto puis déportée et exterminée, notamment à Treblinka. Kielce est tristement célèbre pour le pogrom de juillet 1946, perpétré contre des rescapés revenus dans la ville, qui fit plusieurs dizaines de victimes et précipita le départ de nombreux Juifs de Pologne.
Bien que la résidence juive y ait longtemps été restreinte sous l'Empire russe, Kiev finit par accueillir au XIXe siècle une communauté juive nombreuse, principalement ashkénaze, à mesure que la ville devenait un grand centre commercial et industriel. Ses Juifs étaient présents dans le négoce, le sucre, la banque, l'artisanat et les professions libérales, et la ville fut le théâtre de pogroms ainsi que du retentissant procès Beilis au début du XXe siècle. Sous le régime soviétique, la vie communautaire religieuse fut réprimée tandis que se développait une culture juive sécularisée. Lors de l'occupation allemande, le massacre de Babi Yar, en septembre 1941, extermina des dizaines de milliers de Juifs de la ville en quelques jours.
Petite communauté séfarade de Macédoine grecque, dans la région frontalière du nord.
Communauté largement composée de Séfarades rhodiotes installés au Congo belge.
Kirkouk, dans le nord de l'Irak, abritait une communauté juive ancienne inscrite dans la longue histoire du judaïsme mésopotamien. Ses membres, parlant l'arabe et, pour une part, des dialectes néo-araméens, étaient marchands et artisans organisés autour de leurs synagogues. La région connut au XXe siècle un fort développement lié à l'exploitation pétrolière. Après la création de l'État d'Israël et l'exode des Juifs d'Irak au début des années 1950, la communauté de Kirkouk émigra presque entièrement, vers Israël et la diaspora issue du judaïsme irakien.
Petite ville de Pologne associée à Rabbi Menachem Mendel de Kotsk, figure majeure du hassidisme.
Kolhapur, dans le sud du Maharashtra, abrita une petite communauté de Bene Israël, intégrée à la société locale comme artisans, employés et commerçants. Comme les autres foyers bene israël de la région, elle disposait d'une vie religieuse organisée et entretenait des liens avec les communautés voisines, notamment Bombay et Poona. La communauté demeura toujours de taille réduite. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, ses membres émigrèrent presque entièrement en Israël.
Communauté séfarade de Thrace occidentale grecque, déportée en 1943 sous l'occupation bulgare.
Communauté de Prusse-Orientale, foyer de la Haskala à la frontière orientale de l'Allemagne.
Communauté de Slovaquie orientale développée au XIXe siècle, l'une des plus importantes de la région avant la Shoah.
Ancienne communauté de Volhynie réputée pour son érudition rabbinique et ses institutions d'étude.
Communauté du nord-ouest marocain, à forte composante séfarade de langue haketia.
La présence juive à la Dominique se rattache aux réseaux marchands des Caraïbes, des négociants séfarades ayant pu fréquenter l'île dans le cadre du commerce colonial atlantique. Cette présence resta toutefois ténue et ne donna pas naissance à une communauté permanente et organisée. L'île ne compta jamais d'institutions juives durables. L'enracinement juif y demeura marginal.
Des familles séfarades, dont certaines venues du Brésil néerlandais après la reconquête portugaise, s'établirent en Guadeloupe au XVIIe siècle et participèrent à l'économie sucrière et au commerce colonial. La présence juive y fut toutefois fragilisée par les législations restrictives de la monarchie française, notamment le Code noir, qui ordonna l'expulsion des Juifs des colonies. La communauté déclina fortement et ne laissa qu'une présence intermittente. À l'époque contemporaine, une vie juive a pu réapparaître, alimentée notamment par des Juifs venus de métropole et d'Afrique du Nord.
Communauté néerlandaise séfarade et ashkénaze établie dans la ville de résidence des États généraux.
Comme en Guadeloupe, des réfugiés séfarades venus du Brésil néerlandais s'établirent à la Martinique au XVIIe siècle et prirent part à l'économie sucrière et au commerce colonial. La présence juive y fut entravée par les législations restrictives de la France, en particulier le Code noir, qui prévoyait l'expulsion des Juifs des colonies françaises. La communauté déclina alors fortement. À l'époque contemporaine, une vie juive a reparu dans l'île, notamment du fait de l'installation de Juifs originaires de métropole et d'Afrique du Nord.
Grand port commercial à l'embouchure du Mississippi, La Nouvelle-Orléans abrita à partir de l'époque coloniale et surtout au XIXe siècle une communauté juive d'abord composée de Séfarades puis d'Ashkénazes, étroitement liée au commerce, notamment celui du coton. Ses membres s'intégrèrent à la société créole et à la vie économique de la ville, et certains accédèrent à des fonctions publiques notables. La communauté se dota de congrégations et d'institutions et contribua à la vie civique de la cité. Elle constitua l'un des principaux foyers du judaïsme du Sud des États-Unis.
Communauté séfarade hispanophone du port atlantique du nord marocain, dans la zone d'influence ibérique.
Larissa, en Thessalie, fut l'un des plus anciens foyers du judaïsme romaniote de Grèce, avec une présence juive attestée de très longue date. La communauté, composée de familles romaniotes de vieille souche auxquelles s'ajoutèrent des Séfarades sous la domination ottomane, conserva une vie religieuse et culturelle vivace. Ses membres étaient actifs dans le commerce et l'artisanat. Lors de l'occupation allemande de la Grèce, durant la Seconde Guerre mondiale, la communauté fut visée par les déportations qui anéantirent le judaïsme grec, et une grande part de ses membres fut assassinée ; quelques survivants permirent toutefois la persistance d'une présence juive après guerre.
Leeds, dans le Yorkshire, vit naître une importante communauté ashkénaze à la suite de l'immigration juive d'Europe orientale à la fin du XIXe siècle. Ses membres se concentrèrent notamment dans l'industrie de la confection de vêtements (ready-made), qui fit la réputation de la ville, ainsi que dans le commerce et l'artisanat. La communauté se dota de synagogues, d'écoles et d'institutions communautaires denses. Elle donna naissance à plusieurs figures de la vie publique et culturelle britannique, avant de décliner démographiquement dans la seconde moitié du XXe siècle.
Communauté liée à la grande foire commerciale de Saxe, prospère au XIXe siècle avec une forte présence d'Ostjuden.
Il n'exista jamais de communauté juive établie à Lhassa : la présence juive au Tibet se limita à quelques marchands de passage, principalement des Baghdadis venus de Calcutta, qui s'y rendirent au XIXe et au début du XXe siècle pour le négoce de la laine et d'autres denrées dans le cadre du commerce himalayen. Il s'agissait d'une présence commerciale épisodique et individuelle, non d'une vie communautaire organisée. Aucune institution juive durable n'y fut fondée.
Communauté ancienne de Biélorussie occidentale, siège d'une yeshiva fondée par le rabbin Isaac Jacob Reines.
Port balte de Lettonie, communauté juive d'émigration vers l'Amérique et marquée par la Shoah.
Les premiers Juifs présents au Pérou furent des conversos arrivés à l'époque de la conquête espagnole ; sous la vice-royauté, le tribunal de l'Inquisition de Lima poursuivit ceux soupçonnés de judaïser. La communauté moderne se constitua surtout aux XIXe et XXe siècles, par l'arrivée d'Ashkénazes d'Europe de l'Est et centrale et de Sépharades venus notamment du Proche-Orient et d'Afrique du Nord. Établis pour beaucoup dans le commerce et l'industrie, ses membres organisèrent à Lima plusieurs congrégations distinctes selon leurs origines, dotées de synagogues, d'écoles et d'institutions communautaires. Restée de taille modeste, la communauté demeure bien structurée et concentrée dans la capitale.
Łódź devint au XIXe siècle, grâce à l'essor de l'industrie textile, l'une des plus grandes communautés juives de Pologne et d'Europe. Ses Juifs furent à la fois ouvriers, artisans, négociants et grands industriels du tissu, et la ville accueillit une vie politique, syndicale, yiddishophone et sioniste foisonnante, avec presse, théâtre et écoles. Sous l'occupation allemande, le ghetto de Łódź (Litzmannstadt), établi dès 1940 et administré par le Judenrat de Mordechai Chaim Rumkowski, fut l'un des plus grands et l'un des derniers à être liquidé en 1944. La très grande majorité de ses habitants fut déportée et assassinée à Chełmno et à Auschwitz, anéantissant cette communauté autrefois immense.
Communauté présente jusqu'à l'expulsion d'Angleterre de 1290, refondée après la « réadmission » autorisée par Cromwell en 1656.
Communauté établie dès le milieu du XIXe siècle, devenue l'un des plus grands foyers juifs des États-Unis autour de Fairfax.
Communauté ancienne de Volhynie, dotée d'une synagogue fortifiée du XVIIe siècle parmi les plus remarquables.
Lublin, en Pologne orientale, fut l'un des grands foyers de l'érudition talmudique ashkénaze dès la fin du Moyen Âge, surnommée la "Jérusalem du royaume de Pologne". Siège d'une yeshivah réputée et lieu de réunion du Conseil des Quatre Pays (Va'ad Arba Aratzot), la ville rassembla imprimeurs hébraïques, décisionnaires rabbiniques et, à l'époque moderne, d'importants centres hassidiques et le Hokhmei Lublin fondé au XXe siècle. Ses Juifs étaient marchands, artisans et érudits, et la communauté demeura l'une des plus vivantes de Pologne jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Sous l'occupation nazie, le ghetto fut liquidé et la quasi-totalité de la population exterminée, notamment dans le cadre de l'Aktion Reinhard et au camp voisin de Majdanek.
Centre intellectuel juif du Languedoc médiéval, foyer de la famille Tibbonide qui traduisit en hébreu les œuvres judéo-arabes.
Distincte de la grande communauté juive rabbinique de Lwów (Lemberg), une communauté karaïte s'établit dans la région et pratiquait un judaïsme fondé sur la seule Écriture, rejetant la tradition orale rabbinique. Les Karaïtes d'Europe orientale, présents en Galicie, Volhynie et Crimée, parlaient des langues turques (karaïme) et conservaient une liturgie et des coutumes propres. Au fil des siècles, ils furent souvent considérés sur le plan juridique comme un groupe séparé des Juifs rabbiniques, statut qui influa sur leur sort sous différents régimes. La petite communauté karaïte de la région de Lwów s'éteignit au cours du XXe siècle, sous l'effet de l'émigration, de l'assimilation et des bouleversements de la période.
Lyon connut une présence juive dès l'Antiquité romaine puis, après de longues interruptions médiévales, vit renaître une communauté à l'époque moderne et surtout au XIXe siècle, avec l'arrivée d'immigrants alsaciens puis d'Europe de l'Est. Ses membres furent actifs dans le commerce, la soierie, l'industrie et les professions libérales, et la ville se dota d'une grande synagogue et d'institutions consistoriales. Durant la Seconde Guerre mondiale, Lyon fut à la fois un foyer important de la Résistance, y compris juive, et le siège de la Gestapo dirigée par Klaus Barbie, responsable de persécutions et de déportations. Après guerre, la communauté se reconstitua et s'agrandit notablement avec l'arrivée des Juifs d'Afrique du Nord.
Madère, île portugaise de l'Atlantique, attira dès l'époque de sa colonisation des nouveaux-chrétiens, descendants de Juifs convertis, dans le cadre de l'essor de l'économie sucrière. Soumis à la surveillance inquisitoriale, certains maintinrent en secret des pratiques crypto-juives pendant plusieurs générations. La présence juive y demeura discrète et finit par s'estomper par assimilation. Au XIXe siècle, quelques Juifs, notamment d'origine nord-africaine et britannique, s'installèrent dans l'île, y laissant des traces telles qu'un cimetière.
Communauté de marchands séfarades et baghdadis sur la côte de Coromandel, dotée d'un ancien cimetière juif.
Communauté du port du Sahel tunisien, ancienne capitale fatimide, à présence juive attestée dès le Moyen Âge.
La communauté juive de Manchester se développa surtout à partir du XIXe siècle, avec l'arrivée massive d'immigrants ashkénazes venus d'Europe orientale, et compta parmi les plus importantes de Grande-Bretagne hors de Londres. Active dans l'industrie textile et le commerce, elle se dota d'un réseau dense de synagogues, d'écoles et d'institutions sociales, religieuses et caritatives. Manchester fut aussi un foyer important du mouvement sioniste britannique, associé notamment à Chaim Weizmann, qui y enseigna la chimie. La communauté demeure aujourd'hui l'une des plus vivantes du Royaume-Uni, avec une présence orthodoxe notable.
La communauté juive de Manille, aux Philippines, se forma à l'époque coloniale espagnole tardive puis surtout sous administration américaine, regroupant des marchands d'origines diverses, séfarades comme ashkénazes, ainsi que des résidents étrangers. Dans les années 1930-1940, les Philippines accueillirent un nombre notable de réfugiés juifs fuyant le Reich nazi, ce qui élargit temporairement la communauté. Manille disposa d'une synagogue et d'une vie communautaire organisée durant cette période. Après la guerre, la plupart de ces réfugiés et résidents partirent vers les États-Unis, Israël ou ailleurs, et la communauté se réduisit à une présence résiduelle, surtout composée d'expatriés.
Communauté séfarade ottomane d'Anatolie égéenne, dans l'arrière-pays de Smyrne.
Communauté lituanienne de la région de Souvalki, centre actif de vie juive jusqu'en 1941.
Port méditerranéen antique, Marseille connut une présence juive dès l'époque romaine puis médiévale, et devint au XXe siècle un point d'arrivée majeur pour les Juifs d'Afrique du Nord. Lieu de transit et d'émigration, la ville fut aussi durant la Seconde Guerre mondiale un foyer où s'organisèrent des réseaux de sauvetage et de départ, avant que la communauté ne subisse rafles et déportations sous l'occupation. Après les indépendances du Maghreb, l'afflux de Juifs de Tunisie, du Maroc et surtout d'Algérie transforma profondément la communauté, à dominante séfarade nord-africaine. Marseille abrite aujourd'hui l'une des plus grandes communautés juives de France.
Communauté de l'arrière-pays oranais, en Algérie, organisée autour de son quartier juif.
Une communauté juive modeste se forma à Mascate, sous le sultanat d'Oman, à partir de marchands d'origine irakienne et persane attirés par le commerce maritime de l'océan Indien aux XVIIIe et XIXe siècles. Ses membres participaient aux échanges entre le Golfe, la côte est-africaine et l'Inde, à une époque où Oman constituait une puissance commerciale régionale. Toujours réduite, la communauté ne se maintint pas durablement comme entité organisée et cessa d'exister sous cette forme au cours du XIXe siècle.
Installés à Mazagan (aujourd'hui El Jadida), ancienne place forte portugaise sur la côte atlantique marocaine, les Juifs y formaient une communauté de commerçants et d'intermédiaires entre l'intérieur du pays et le littoral. Organisés autour de leurs synagogues, ses membres bénéficièrent sous le Protectorat de l'enseignement de l'Alliance israélite universelle. La communauté participa à la vie économique d'une ville portuaire en développement. Au milieu du XXe siècle, elle se dispersa en grande partie vers Casablanca et Israël.
Médéa, sur les hauts plateaux algériens, abritait une petite communauté juive ancienne, intégrée au tissu commercial et artisanal local. Le décret Crémieux de 1870 accorda à ses membres la citoyenneté française, ce qui favorisa leur francisation et leur scolarisation. Sous le régime de Vichy, ils furent privés temporairement de ce statut et soumis à des mesures discriminatoires. Avec l'ensemble des Juifs d'Algérie, la communauté quitta le pays au moment de l'indépendance en 1962, s'installant surtout en France.
Berceau du hassidisme : le Baal Shem Tov, fondateur du mouvement, y vécut et y est enterré.
Melbourne abrite la plus grande communauté juive d'Australie, dont les origines remontent aux débuts de la colonisation britannique mais qui prit son essor avec l'immigration d'Ashkénazes d'Europe de l'Est puis, après la Seconde Guerre mondiale, l'accueil d'un grand nombre de survivants de la Shoah et de leurs familles. Cette histoire marqua profondément la communauté, qui se caractérise par de fortes institutions, une vie religieuse allant de l'orthodoxie au libéralisme, et un dense réseau d'écoles juives. Active dans le commerce, l'industrie et les professions, la communauté est aussi un foyer notable de mémoire de la Shoah et de la culture yiddish en Australie. Elle demeure aujourd'hui vivante et bien organisée.
Grande communauté ashkénaze de Lorraine, dotée d'une yeshiva réputée, l'une des communautés juives tolérées sous l'Ancien Régime.
Milan, grand centre économique de l'Italie du Nord, vit se développer une communauté juive surtout à partir du XIXe siècle, après l'émancipation, rejointe au XXe siècle par des réfugiés d'Europe centrale et orientale. Composée d'Italkim (Juifs italiens) et d'immigrants d'origines diverses, dont plus tard des Juifs du monde séfarade et oriental, elle devint l'une des principales communautés d'Italie. Sous le fascisme, les lois raciales de 1938 frappèrent ses membres, et l'occupation allemande conduisit à des déportations vers les camps d'extermination. Après guerre, la communauté se reconstitua et demeure l'une des plus importantes du pays.
Minsk abritait l'une des plus grandes communautés juives de Biélorussie, profondément ancrée dans la culture yiddish et très active dans le mouvement ouvrier ainsi que dans les partis politiques juifs, du Bund au sionisme. Sous le régime soviétique, la ville fut un centre de la culture juive en langue yiddish, avec écoles, théâtre et institutions. Lors de l'occupation allemande, le ghetto de Minsk, établi en 1941, fut l'un des plus importants du territoire soviétique et connut une résistance organisée. La grande majorité de ses habitants fut exterminée entre 1941 et 1943, et la communauté ne se reconstitua que faiblement après guerre.
Petite ville biélorusse célèbre pour la yeshiva de Mir, l'une des plus influentes du monde lituanien.
Grande communauté du nord-est de la Hongrie, importante place orthodoxe et commerciale avant la Shoah.
Communauté émilienne protégée par les ducs d'Este après leur retrait de Ferrare, dotée d'un ghetto en 1638.
Essaouira (Mogador) fut fondée au XVIIIe siècle par le sultan Mohammed III, qui y établit des négociants juifs, les Tujjar al-Sultan, comme agents commerciaux du royaume ouverts sur l'Atlantique. Ces marchands prospères entretenaient des liens commerciaux avec l'Europe, le Sahara et au-delà, et la ville devint un grand centre du judaïsme marocain, doté de nombreuses synagogues, d'écoles, dont celles de l'Alliance israélite universelle, et d'une vie rabbinique active. La communauté, longtemps l'une des plus importantes du pays en proportion, mêlait familles autochtones et descendants d'exilés ibériques. Au cours du XXe siècle, elle se vida progressivement vers Casablanca, la France et Israël.
Ancienne communauté du Dniepr, l'une des plus peuplées de Biélorussie orientale avant la Shoah.
Communauté du Sahel tunisien, proche de Sousse et de Mahdia.
Montevideo, capitale de l'Uruguay, accueillit aux XIXe et XXe siècles des vagues d'immigration juive, ashkénaze d'Europe de l'Est comme séfarade du pourtour méditerranéen et du Proche-Orient, attirées par la tradition laïque et libérale du pays. La communauté s'organisa en plusieurs sociétés et congrégations reflétant la diversité de ses origines, et développa des institutions éducatives, culturelles et sionistes actives. Active dans le commerce, l'artisanat et les professions, elle s'intégra dans une société réputée pour son ouverture. La seconde moitié du XXe siècle vit un certain déclin démographique par émigration, notamment vers Israël, mais la communauté demeure structurée.
Montréal abrita longtemps la plus grande communauté juive du Canada, formée surtout par l'immigration massive d'Ashkénazes d'Europe de l'Est à partir de la fin du XIXe siècle, auxquels s'ajoutèrent plus tard des survivants de la Shoah et, dans la seconde moitié du XXe siècle, des Juifs francophones d'Afrique du Nord. Concentrée notamment autour du boulevard Saint-Laurent, la communauté fut un grand foyer de la culture yiddish nord-américaine, avec sa presse, son théâtre, ses écoles et ses institutions, ainsi qu'un mouvement sioniste et ouvrier actif. Active dans la confection, le commerce et les professions, elle développa un dense réseau communautaire, éducatif et social. La double composante anglophone et francophone, cette dernière renforcée par l'immigration séfarade, en fait une communauté singulière au Canada.
Communauté marquée par l'expulsion de 1891 puis par un renouveau ; Synagogue chorale inaugurée en 1906.
Les Juifs de Mossoul, dans le nord de l'Irak, constituaient l'une des plus anciennes communautés de Mésopotamie, dont la présence s'inscrit dans la longue histoire juive de la région. Une partie d'entre eux parlait des dialectes néo-araméens (suret), tout en pratiquant aussi l'arabe, et la communauté conservait des traditions liturgiques propres au judaïsme irakien. Marchands, artisans et lettrés, ses membres étaient organisés autour de leurs synagogues et institutions. Après la création de l'État d'Israël en 1948 et les départs massifs des Juifs d'Irak au début des années 1950, la communauté de Mossoul émigra presque entièrement, surtout vers Israël.
Communauté du littoral oranais, en Algérie occidentale, d'ancrage ancien renforcé sous la période française.
Communauté séfarade d'Herzégovine, foyer juif secondaire de la Bosnie ottomane puis austro-hongroise.
Communauté de la capitale bavaroise, importante au XIXe siècle, détruite sous le national-socialisme.
Grand centre hassidique de Ruthénie subcarpatique, siège de la dynastie Munkács et bastion de l'orthodoxie.
Port de la mer Noire, centre d'activité hassidique Habad et lieu de naissance du Rabbi de Loubavitch.
Nabeul, cité du Cap Bon réputée pour sa poterie, accueillait une communauté juive de marchands et d'artisans intégrée à l'économie locale. De tradition séfarade tunisienne, ses membres disposaient de leurs synagogues et institutions communautaires et bénéficièrent sous le Protectorat français d'un accès à l'enseignement moderne. Comme l'ensemble du judaïsme tunisien, la communauté connut les épreuves de la Seconde Guerre mondiale. Après l'indépendance de 1956, elle se dispersa, ses membres émigrant essentiellement vers la France et Israël.
La communauté juive de Nairobi se forma à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, dans le contexte de la colonisation britannique et de la construction du chemin de fer reliant la côte à l'Ouganda, attirant marchands et colons d'origines diverses. Restée modeste, elle s'organisa autour d'une synagogue et d'institutions communautaires desservant les Juifs du Kenya. Le territoire fut un temps évoqué, au début du XXe siècle, dans le cadre d'un projet d'établissement juif débattu par le mouvement sioniste, qui ne fut pas réalisé. La communauté se maintint durant la période coloniale puis déclina dans la seconde moitié du XXe siècle, tout en subsistant à une échelle réduite.
Communauté juive de Lorraine établie au XVIIIe siècle, siège d'un consistoire après l'émancipation révolutionnaire.
Ancienne communauté du Languedoc réputée pour son académie talmudique et la lignée des Kalonymides selon la tradition médiévale.
Théâtre d'un massacre majeur en 1648 commémoré dans la liturgie ; foyer hassidique aux siècles suivants.
La petite île de Nevis, dans les Caraïbes orientales sous domination britannique, accueillit au XVIIe siècle une communauté séfarade liée à l'économie sucrière et aux réseaux commerciaux atlantiques. Les marchands juifs y jouèrent un rôle dans le négoce colonial. Les vestiges d'une ancienne synagogue et d'un cimetière juif attestent encore cette présence. La communauté déclina ensuite et disparut, à mesure que l'importance économique de l'île diminuait.
Première communauté juive d'Amérique du Nord (1654, Nieuw Amsterdam), devenue le plus grand foyer juif du monde après l'immigration d'Europe de l'Est.
Newport, dans la colonie de Rhode Island réputée pour sa tolérance religieuse, fut l'un des premiers centres de vie juive organisée en Amérique du Nord, accueillant des Séfarades dès l'époque coloniale. Les marchands juifs y participèrent au commerce maritime atlantique. La synagogue Touro, consacrée en 1763, est la plus ancienne synagogue subsistant aux États-Unis, et la communauté est aussi associée à la fameuse lettre de George Washington affirmant la liberté religieuse à l'égard des Juifs. La communauté déclina ensuite avec le recul économique de la ville après la guerre d'Indépendance, avant que la vie juive n'y reparaisse plus tard.
Communauté du comté de Nice, longtemps rattachée à la Maison de Savoie avant l'annexion française de 1860.
Communauté juive de l'île de Chypre, attestée depuis l'Antiquité et liée aux migrations sionistes modernes.
Capitale historique des Juifs de Moravie et siège du grand-rabbinat morave pendant plusieurs siècles.
Communauté séfarade du sud de la Serbie, déportée et exterminée durant l'occupation allemande.
Ancienne communauté de Slovaquie occidentale, célèbre pour sa yeshiva dirigée par les rabbins Ungar et Weissmandl.
Communauté ashkénaze et séfarade de Voïvodine, frappée par le raid hongrois de janvier 1942.
Communauté médiévale franconienne, frappée par le pogrom de 1349 lié à la peste noire.
La communauté juive d'Oslo (anciennement Christiania) se constitua après la levée, au XIXe siècle, des restrictions qui interdisaient longtemps l'établissement des Juifs en Norvège. Restée petite, elle réunissait surtout des immigrants ashkénazes venus d'Europe centrale et orientale, présents dans le commerce et l'artisanat, et se dota d'une synagogue et d'institutions communautaires. Lors de l'occupation allemande, une partie importante des Juifs norvégiens fut arrêtée et déportée à Auschwitz, tandis qu'une autre parvint à fuir vers la Suède neutre. Après la guerre, la communauté se reconstitua, demeurant de taille modeste.
Communauté vénète dont l'université accueillait des étudiants juifs en médecine, foyer de savants comme Moïse Hayyim Luzzatto.
Carrefour commercial de l'isthme reliant les deux océans, Panama attira dès l'époque coloniale puis surtout aux XIXe et XXe siècles des Juifs séfarades venus de Curaçao et des Caraïbes, ainsi que des Sépharades du pourtour méditerranéen et des Ashkénazes. La construction du canal et l'essor du commerce d'import-export favorisèrent l'installation et la prospérité de plusieurs familles. La communauté s'organisa en congrégations distinctes selon les origines, dotées de synagogues, d'écoles et d'institutions communautaires. Demeurée active et bien structurée, la communauté juive panaméenne compte parmi les plus solidement implantées d'Amérique centrale, et certains Juifs y occupèrent des fonctions publiques de premier plan.
Communauté lituanienne dont la yeshiva de Ponevezh fut refondée à Bnei Brak après la Shoah.
Communauté de Transdanubie hongroise, foyer d'études talmudiques et d'imprimerie hébraïque.
Communauté de la capitale française, présente depuis l'époque romaine, expulsée en 1394 puis renaissante après l'émancipation de 1791.
Patras, port du Péloponnèse, abrita une présence juive ancienne, attestée dès l'Antiquité, qui se perpétua à travers une petite communauté romaniote au Moyen Âge. Sous la domination ottomane, des Séfarades vinrent s'y ajouter, enrichissant la vie religieuse et marchande de la communauté. Active dans le commerce, celle-ci demeura toujours de taille modeste. Lors de la Seconde Guerre mondiale et de l'occupation de la Grèce, la communauté de Patras subit les persécutions et les déportations qui décimèrent le judaïsme grec ; quelques descendants subsistent en Grèce.
Distincte de l'ancienne communauté juive de Kaifeng, une présence juive moderne se forma à Pékin à partir de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, composée surtout d'expatriés, de diplomates et de marchands étrangers. Cette présence resta limitée et dépendante de la conjoncture politique. Après la victoire communiste de 1949, la communauté étrangère se dispersa et cessa pratiquement d'exister comme entité organisée. Une présence juive expatriée a reparu à Pékin à la faveur de l'ouverture économique des dernières décennies.
Communauté de l'Australie-Occidentale, fondée au XIXe siècle et renforcée par l'immigration du XXe siècle.
Budapest, née de la réunion de Buda, Óbuda et Pest, devint au XIXe siècle l'un des plus grands centres de la vie juive d'Europe centrale, porté par une émancipation accordée dans le cadre de la monarchie austro-hongroise. La communauté connut un développement intense des courants néologue (réformé hongrois) et orthodoxe, et fut un foyer de la presse, de la littérature et de la science juives. La grande synagogue de la rue Dohány, achevée au milieu du XIXe siècle, est l'une des plus vastes du monde. À partir de mai 1944, après l'occupation allemande de la Hongrie, les Juifs de province furent déportés en masse à Auschwitz, et ceux de Budapest furent enfermés dans un ghetto et soumis aux violences des Croix fléchées ; une part importante survécut néanmoins, en partie grâce à l'action de diplomates de pays neutres. Budapest demeure aujourd'hui l'une des principales communautés juives d'Europe.
Communauté coloniale précoce, siège de la congrégation Mikveh Israel et foyer majeur du judaïsme américain naissant.
Plovdiv (Philippopolis), en Bulgarie, abritait l'une des plus importantes communautés juives du pays, dont la présence remonte à l'Antiquité et qui fut renforcée par l'arrivée de Séfarades après l'expulsion ibérique de 1492. De langue judéo-espagnole, ses membres étaient marchands et artisans, organisés autour de leurs synagogues et de leurs institutions. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la déportation des Juifs des anciennes frontières bulgares fut empêchée grâce à des protestations de l'opinion, de parlementaires et de l'Église, de sorte que la communauté survécut. Après 1948, la grande majorité émigra en Israël.
Pinsk, ville de Polésie aujourd'hui en Biélorussie, fut un important foyer de la vie juive yiddishophone, où les Juifs formèrent longtemps une part majeure de la population. Centre de commerce du bois et des produits agricoles transitant par les voies fluviales, la communauté abritait synagogues, maisons d'étude, mouvements hassidiques et, à l'époque moderne, une vie sioniste et socialiste active. Plusieurs figures du sionisme et de la vie publique israélienne en sont issues. Sous l'occupation allemande, la communauté fut enfermée dans un ghetto et massacrée par les Einsatzgruppen en 1941-1942.
Communauté toscane bénéficiant, avec Livourne, des « Livornine » médicéennes qui attirèrent marchands séfarades et marranes.
Petite communauté toscane surnommée la « Petite Jérusalem », tolérée par les comtes Orsini puis les Médicis.
Communauté séfarade du nord de la Bulgarie, dont la synagogue accueillit le jeune peintre Jules Pascin.
L'une des plus anciennes communautés juives de Mazovie, attestée dès le Moyen Âge sur la Vistule.
Communauté d'Ukraine orientale, foyer du sionisme et de l'activité hassidique Habad avant la Révolution.
La présence juive sur l'île d'Hispaniola remonte à la période coloniale, des familles séfarades étant liées aux réseaux commerciaux des Caraïbes. Une communauté plus visible se forma à Port-au-Prince au XXe siècle, alimentée notamment par des immigrants venus du Levant et d'Europe, et dans les années 1930-1940 par des réfugiés fuyant le nazisme, Haïti ayant délivré des documents à certains d'entre eux. Toujours très réduite, cette communauté de marchands resta peu structurée institutionnellement. L'instabilité politique et économique du pays au XXe siècle entraîna son érosion, et il n'en subsiste aujourd'hui qu'une présence symbolique.
Grande communauté de Grande-Pologne, centre rabbinique influent et lieu d'études talmudiques réputé.
Communauté de Slovaquie orientale, centre régional du judaïsme orthodoxe et néologue.
Préveza, port du golfe d'Ambracie en Épire, abrita une petite communauté juive, comprenant une composante séfarade, active dans le commerce maritime et local. Sous les dominations vénitienne puis ottomane, la ville fut un point d'échanges où les Juifs jouaient un rôle commercial. La communauté demeura toujours de taille réduite. Lors de l'occupation de la Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fut frappée par les persécutions et les déportations qui anéantirent le judaïsme grec, et elle fut presque entièrement détruite.
Communauté séfarade du Kosovo ottoman, rattachée à l'aire judéo-espagnole des Balkans centraux.
Communauté ancienne de Galicie, important carrefour de vie juive entre tradition séfarade et ashkénaze.
Poona (Pune), dans le Maharashtra, abrita l'une des principales concentrations de Bene Israël en dehors de Bombay. La présence de garnisons et d'institutions à l'époque coloniale britannique y attira de nombreux Bene Israël, qui servirent notamment dans l'armée et l'administration et s'établirent dans diverses professions. La communauté disposait de synagogues et d'une vie religieuse organisée selon les usages adoptés par les Bene Israël. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, la majorité de ses membres émigra en Israël, réduisant fortement la communauté locale.
Rabat, capitale administrative du Maroc, abrita une communauté juive mêlant Toshavim (autochtones) et Megorashim (descendants des expulsés d'Espagne), qui marqua durablement la vie religieuse et culturelle de la ville et de sa voisine Salé. Marchands, artisans et lettrés, certains Juifs y servirent d'intermédiaires commerciaux et diplomatiques au service du Makhzen et des négociants étrangers. La communauté disposait de synagogues, de yeshivot et d'institutions de bienfaisance, et le mellah de Rabat constituait un cœur de vie juive. Sous le Protectorat, beaucoup s'installèrent dans la nouvelle ville et accédèrent à l'enseignement moderne, notamment par les écoles de l'Alliance israélite universelle. Après l'indépendance de 1956, la communauté se vida par vagues vers Casablanca, la France et Israël.
L'une des plus anciennes communautés de l'Empire, attestée dès le Xe siècle, expulsée en 1519.
Riga, capitale de la Lettonie, abrita une communauté juive influente, mêlant Juifs germanisés tournés vers la culture allemande et Litvaks issus de la tradition lituanienne. Ses membres étaient actifs dans le commerce, l'industrie, les professions libérales et la vie intellectuelle, et la ville comptait synagogues, écoles et une vie politique juive diversifiée, du sionisme au mouvement ouvrier. Lors de l'occupation allemande, la communauté fut enfermée dans un ghetto, et une grande partie de ses membres fut massacrée en 1941 dans la forêt de Rumbula. Les rares survivants émigrèrent après la guerre, notamment vers Israël.
Communauté formée par l'immigration européenne et nord-africaine, longtemps installée dans le quartier de Praça Onze.
Communauté portuaire néerlandaise réunissant séfarades portugais et ashkénazes à partir du XVIIe siècle.
Communauté séfarade du Danube bulgare, carrefour commercial où naquit l'écrivain Elias Canetti.
Rzeszów (Reisha en yiddish), en Galicie, abrita une communauté juive active dès l'époque moderne, présente dans le commerce, l'artisanat et le colportage de l'arrière-pays. La ville fut aussi un centre de la vie religieuse ashkénaze, avec synagogues, maisons d'étude et présence hassidique. Émancipés sous l'administration austro-hongroise, ses Juifs participèrent à la vie économique et culturelle de la région. Sous l'occupation allemande, la communauté fut enfermée dans un ghetto puis presque entièrement exterminée entre 1942 et 1944, notamment à Bełżec.
Communauté du port atlantique marocain, active à l'époque portugaise puis sous les Saadiens et les Alaouites.
Sous la colonisation française en Indochine, Saigon abrita une petite communauté juive composée d'expatriés européens, de fonctionnaires et de marchands, parmi lesquels des Juifs venus d'Afrique du Nord et du Proche-Orient ainsi que des Baghdadis. La communauté disposa d'une vie organisée durant la période coloniale et continua d'exister sous la République du Sud-Vietnam, avec une synagogue. La chute du régime sud-vietnamien en 1975 entraîna le départ de ses membres, qui se dispersèrent vers la France, Israël, les États-Unis et d'autres pays. La présence juive y disparut alors comme communauté organisée.
La petite île néerlandaise de Saint-Eustache (Statia) fut aux XVIIe et XVIIIe siècles un carrefour commercial florissant des Caraïbes, surnommé la « Golden Rock », qui attira des négociants séfarades. Ceux-ci y fondèrent une congrégation et y édifièrent une synagogue, dont les ruines (Honen Dalim) témoignent encore de cette présence. La prospérité de l'île reposait sur le commerce de réexportation, auquel les marchands juifs participaient activement. Avec le déclin commercial de Saint-Eustache, à la suite notamment des bouleversements de la fin du XVIIIe siècle, la communauté périclita puis disparut au XIXe siècle.
Capitale impériale où une élite juive autorisée bâtit une communauté et la Grande Synagogue chorale.
Saint-Thomas, port franc danois des Antilles, abrita l'une des communautés séfarades les plus actives des Caraïbes aux XVIIIe et XIXe siècles, au cœur des réseaux du commerce transatlantique. Les marchands juifs y prospérèrent dans le négoce et participèrent à la vie de la ville de Charlotte Amalie. La synagogue de Charlotte Amalie, encore en activité, compte parmi les plus anciennes des Amériques et témoigne de cette présence. Saint-Thomas donna aussi naissance ou refuge à des figures du judaïsme caribéen. La communauté déclina à mesure que reculait l'importance commerciale de l'île, tout en laissant un héritage encore visible.
Salé, port atlantique voisin de Rabat sur l'autre rive du Bou Regreg, abrita une communauté juive ancienne, composée d'artisans, de marchands et d'intermédiaires commerciaux. Réputée pour son histoire corsaire à l'époque moderne, la ville offrait aux Juifs un rôle d'agents dans les échanges et le rachat de captifs. La communauté vivait selon le rite marocain et entretenait des liens étroits avec les centres rabbiniques voisins. Au XXe siècle, comme l'ensemble du judaïsme marocain, elle se vida progressivement par l'émigration vers Casablanca, la France et Israël, surtout après l'indépendance de 1956.
La ruée vers l'or de Californie attira à San Francisco, dès le milieu du XIXe siècle, de nombreux marchands juifs, surtout d'origine germanophone, qui en firent rapidement l'une des principales communautés juives de la côte ouest des États-Unis. Plutôt que de chercher l'or, beaucoup s'établirent comme négociants, fournisseurs et fondateurs de maisons de commerce, et plusieurs familles juives jouèrent un rôle marquant dans le développement économique de la ville. La communauté se distingua par une vie juive ouverte et une forte implantation du judaïsme réformé, avec de grandes congrégations. Active dans la philanthropie, la culture et les affaires publiques, elle demeure aujourd'hui une communauté importante et libérale de la baie de San Francisco.
Communauté chilienne issue de l'immigration ashkénaze et séfarade du début du XXe siècle.
Grande communauté brésilienne d'immigration est-européenne et levantine, concentrée historiquement dans le quartier de Bom Retiro.
Peu après la fondation de la colonie de Géorgie, en 1733, un groupe de Juifs, en majorité séfarades arrivés de Londres, débarqua à Savannah, faisant de cette ville l'un des plus anciens foyers du judaïsme américain. La communauté se constitua autour de la congrégation Mickve Israel, l'une des premières congrégations juives organisées d'Amérique du Nord. Ses membres prirent part au commerce et à la vie de la colonie puis de l'État. Au fil du temps, des Ashkénazes s'ajoutèrent aux Séfarades, et la congrégation évolua vers le judaïsme réformé. Savannah demeure un centre historique notable du judaïsme du Sud.
Sébastopol, ville portuaire et base navale de Crimée fondée à la fin du XVIIIe siècle, vit s'établir une communauté juive, surtout ashkénaze, après l'ouverture de la ville à la résidence civile au cours du XIXe siècle. Ses membres, marchands et artisans, participèrent à la vie d'un grand port militaire de l'Empire russe. La communauté disposait d'une vie religieuse et d'institutions. Lors de l'occupation allemande de la Crimée, en 1941-1942, les Juifs de Sébastopol furent massacrés par les forces nazies, et la communauté fut presque entièrement détruite.
Serrès (Serres), en Macédoine grecque, abritait une communauté séfarade issue des exilés ibériques accueillis dans l'Empire ottoman. Ses membres, de langue judéo-espagnole, étaient actifs dans le commerce, notamment du tabac et des produits agricoles de la région. La communauté disposait de synagogues et d'institutions communautaires. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la région passa sous occupation bulgare, et en 1943 la communauté fut déportée et presque entièrement exterminée dans les camps nazis.
Communauté des hauts plateaux constantinois, en Algérie orientale, formée à l'époque coloniale.
Settat, dans la région de la Chaouia au Maroc, abritait une petite communauté juive composée surtout de commerçants et de colporteurs desservant l'arrière-pays agricole. Organisés autour de leur synagogue et de leurs institutions, ses membres entretenaient des liens avec les grandes communautés voisines. Au cours du XXe siècle, la communauté se vida progressivement vers Casablanca, la France et Israël.
Sfax, grand port du sud tunisien, abritait une communauté juive de tradition séfarade locale, active dans le commerce, l'artisanat et les échanges autour de l'huile d'olive, des amandes et des produits agricoles de la région. Sous le Protectorat français, ses membres bénéficièrent de l'enseignement de l'Alliance israélite universelle et s'ouvrirent à la culture française. Durant la Seconde Guerre mondiale, la ville connut, comme le reste de la Tunisie, l'occupation allemande et l'imposition de mesures de travail forcé aux Juifs. Après l'indépendance, la communauté se dispersa principalement vers la France et Israël au milieu du XXe siècle.
Šiauliai (Shavl), en Lituanie, abrita une communauté juive dynamique étroitement liée aux industries du cuir et du textile, dont plusieurs entreprises furent fondées et dirigées par des Juifs. Marchands, artisans, tanneurs et ouvriers y animaient une vie communautaire ashkénaze active, avec synagogues, écoles et associations. Lors de l'occupation allemande, en 1941, une grande partie de la communauté fut massacrée, et les survivants furent enfermés dans un ghetto. Celui-ci fut liquidé en 1944 et ses habitants déportés, ne laissant que peu de survivants.
Communauté de l'Oranie, en Algérie, constituée à l'époque coloniale autour de la ville de garnison.
Communauté juive ancienne du port libanais, dotée d'une synagogue dans le vieux quartier juif.
Communauté hassidique du Maramureș, siège de la dynastie Sighet et ville natale d'Elie Wiesel.
Skopje (Üsküb sous les Ottomans) abrita une communauté séfarade installée après 1492, héritière des grands foyers judéo-espagnols des Balkans et parlant le ladino. Marchands, artisans et colporteurs, ses membres vivaient regroupés dans un quartier juif et conservaient une vie religieuse et culturelle de tradition sépharade. La communauté connut au début du XXe siècle les bouleversements des guerres balkaniques et l'intégration au royaume yougoslave. En mars 1943, sous l'occupation de la Macédoine par la Bulgarie alliée de l'Allemagne, la quasi-totalité des Juifs de Skopje fut rassemblée puis déportée au camp d'extermination de Treblinka, où ils furent assassinés ; il n'y eut presque aucun survivant.
Berceau de la dynastie hassidique de Slonim, communauté biélorusse au riche héritage rabbinique.
Communauté biélorusse au héritage misnagdim, siège d'une yeshiva et d'éminents rabbins lituaniens.
Sofia, capitale de la Bulgarie, abritait la plus grande communauté juive du pays, majoritairement séfarade de langue judéo-espagnole, héritière des exilés ibériques accueillis dans l'Empire ottoman. Marchands, artisans et membres des professions urbaines, ses membres disposaient de synagogues, dont la grande synagogue de Sofia, et d'institutions communautaires. Durant la Seconde Guerre mondiale, malgré la législation antijuive et les déportations menées depuis les territoires occupés, la déportation des Juifs des anciennes frontières bulgares fut empêchée, et la communauté survécut. Après 1948, la quasi-totalité des Juifs bulgares émigra en Israël.
Communauté du Constantinois oriental, en Algérie, près de la frontière tunisienne.
Présents de longue date à Sousse, ville côtière correspondant à l'antique Hadrumète, les Juifs y formaient une communauté de marchands et d'artisans intégrée à la vie économique régionale. De tradition séfarade locale, ils disposaient de synagogues et d'institutions communautaires, et bénéficièrent sous le Protectorat français de l'enseignement de l'Alliance israélite universelle. Comme l'ensemble des Juifs de Tunisie, ils connurent l'occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Après l'indépendance de 1956, la communauté quitta progressivement la ville, ses membres émigrant surtout vers la France et Israël.
Split (Spalato), sous domination vénitienne, accueillit une communauté séfarade dont les marchands animèrent le commerce adriatique, en particulier après l'aménagement d'une échelle commerciale reliant la ville à l'arrière-pays ottoman. Les Juifs y furent regroupés dans un ghetto mais participèrent activement à l'essor portuaire de la cité dalmate. La communauté passa ensuite sous administration autrichienne, qui apporta progressivement l'émancipation. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Dalmatie occupée par l'Italie offrit un répit relatif aux Juifs, mais après la capitulation italienne de 1943 et l'arrivée des forces allemandes, une partie de la communauté fut déportée tandis que d'autres rejoignirent les partisans ou des zones plus sûres. Une présence juive subsista après guerre.
Stanisławów (aujourd'hui Ivano-Frankivsk), en Galicie orientale, abrita une importante communauté juive intégrée dans la vie commerciale et artisanale d'une cité aux populations mêlées, polonaise, ukrainienne et juive. Les Juifs y disposaient de synagogues, d'écoles et d'institutions, et la communauté englobait divers courants du judaïsme ashkénaze, du hassidisme au sionisme. Sous l'occupation allemande, à partir de 1941, elle fut frappée par des massacres de masse, dont une grande tuerie au cimetière, puis enfermée dans un ghetto. Celui-ci fut liquidé en 1943, et la quasi-totalité de la population juive fut exterminée.
Autorisés à s'établir en Suède à partir de la fin du XVIIIe siècle, les Juifs de Stockholm formèrent une communauté ashkénaze bourgeoise progressivement émancipée et bien intégrée à la société suédoise. Ses membres furent actifs dans le commerce, la finance, l'industrie, les arts et les sciences, et la ville se dota d'une grande synagogue et d'institutions communautaires. La Suède étant restée neutre durant la Seconde Guerre mondiale, la communauté échappa à la Shoah et accueillit des réfugiés juifs, dont la quasi-totalité des Juifs danois sauvés en 1943. Elle demeure aujourd'hui l'une des principales communautés juives de Scandinavie.
Strasbourg, capitale de l'Alsace, fut longtemps un cœur de la vie juive ashkénaze de la région, marquée par une riche tradition rabbinique et un judaïsme rural environnant. Alternativement française et allemande au gré des conflits, la communauté joua un rôle important dans la modernisation du judaïsme français, notamment dans le cadre de l'organisation consistoriale instaurée sous Napoléon. Ses membres étaient présents dans le commerce, l'artisanat, l'enseignement et les professions libérales. Durant la Seconde Guerre mondiale, la communauté fut évacuée et frappée par la persécution, avant de se reconstituer après guerre et de demeurer l'une des plus importantes de France.
Communauté majoritairement néologue de Voïvodine, dotée d'une grande synagogue Art nouveau.
Communauté juive kurdophone du Kurdistan irakien, émigrée en quasi-totalité vers Israël après 1950.
Communauté de marchands baghdadis et ashkénazes du principal port de l'est de Java.
La communauté juive de Sydney est l'une des plus anciennes d'Australie, ses origines remontant aux premiers convois de la colonie pénitentiaire britannique, parmi lesquels figuraient des Juifs, ainsi qu'aux immigrants libres venus ensuite. Au cours du XIXe siècle, elle se dota d'institutions et de synagogues et participa à la vie économique et civique de la colonie de Nouvelle-Galles du Sud. Renforcée plus tard par l'immigration d'Europe de l'Est, par des survivants de la Shoah et par des Juifs venus d'Afrique du Sud et d'autres pays, elle présente une composition diverse. Active et bien implantée, elle constitue avec Melbourne l'un des deux grands pôles du judaïsme australien.
Communauté néologue du sud de la Hongrie, dotée d'une grande synagogue Art nouveau dessinée par Lipót Baumhorn.
Communauté juive ancienne de l'Azerbaïdjan iranien, parlant un dialecte judéo-persan local.
Tachkent, grand centre administratif et industriel de l'Asie centrale russe puis soviétique, abrita une communauté juive composée de Juifs de Boukhara (Boukhariotes), de langue judéo-tadjik et de tradition orientale ancienne, et d'Ashkénazes venus avec l'administration russe. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville accueillit un grand nombre de réfugiés juifs évacués des régions occidentales menacées par l'avancée allemande. La communauté disposa d'une vie religieuse et culturelle, malgré les contraintes du régime soviétique sur la pratique. Après la chute de l'URSS et l'indépendance de l'Ouzbékistan, la grande majorité émigra, notamment en Israël et aux États-Unis.
Tallinn (Reval), en Estonie, abritait une petite communauté juive ashkénaze, constituée surtout au XIXe siècle et bien intégrée à la vie bourgeoise et culturelle de la ville. L'Estonie indépendante accorda à sa minorité juive une autonomie culturelle remarquable dans l'entre-deux-guerres. Lors de l'occupation allemande, en 1941, la communauté fut presque entièrement exterminée, et l'Estonie fut, lors de la conférence de Wannsee, présentée comme "libre de Juifs". La présence juive ne se reconstitua que faiblement après la guerre.
Communauté du détroit, à forte composante séfarade hispanophone (haketia), cosmopolite à l'époque du statut international de la ville.
Tarnów, en Galicie, fut le siège d'une grande communauté juive où les Juifs constituaient une part importante de la population et étaient actifs dans le commerce, l'artisanat et l'industrie. Carrefour des courants du judaïsme ashkénaze, la ville rassemblait à la fois milieux hassidiques et mitnagdim, ainsi que, à l'époque moderne, des partisans des Lumières juives, du sionisme et du mouvement ouvrier. Synagogues, écoles et institutions communautaires y témoignaient d'une vie juive intense. Sous l'occupation allemande, la communauté fut enfermée dans un ghetto puis quasi totalement exterminée entre 1942 et 1944, à Bełżec, Auschwitz et lors d'exécutions sur place.
Communauté du couloir entre Fès et l'Oriental marocain, organisée autour de son mellah.
Outre les Juifs géorgiens de vieille souche et la communauté ashkénaze plus récente, des marchands juifs persans s'établirent à Tbilissi, jouant un rôle d'intermédiaires dans les échanges entre l'Iran, le Caucase et la Russie. Issus du judaïsme iranien, ils se distinguaient par leurs origines et leurs usages des autres composantes juives de la ville. Au fil du temps, cette petite communauté se rapprocha et se fondit en partie dans l'ensemble juif géorgien plus large. Comme les autres Juifs de Géorgie, ses descendants émigrèrent en grande partie au XXe siècle, notamment vers Israël.
Distincte de l'ancienne communauté des Juifs géorgiens (Gruzinim), une communauté ashkénaze s'établit à Tbilissi sous l'Empire russe au XIXe siècle, composée de fonctionnaires, de militaires, de commerçants et de membres des professions libérales venus des provinces russes. Russophone et de tradition ashkénaze, elle se distinguait par sa langue et ses usages des Juifs géorgiens de vieille souche. Sous le régime soviétique, elle partagea la vie de la ville tout en subissant les contraintes pesant sur la pratique religieuse. Après la chute de l'URSS et l'indépendance de la Géorgie, la majorité de ses membres émigra, surtout vers Israël et la Russie.
Centre juif d'Ukraine centrale, siège d'une dynastie hassidique issue de la lignée de Tchernobyl.
Bourgade ukrainienne berceau d'une importante dynastie hassidique fondée par Rabbi Menahem Nahum.
Tébessa, dans l'extrême est de l'Algérie, abritait une communauté juive proche, par sa culture et ses liens, des communautés tunisiennes voisines. Ses membres étaient colporteurs, commerçants et artisans desservant la ville et son arrière-pays. Le décret Crémieux de 1870 leur accorda en principe la citoyenneté française, accélérant leur intégration, suspendue toutefois sous le régime de Vichy. Lors de leur départ au cours du XXe siècle, ses membres rejoignirent la France ou la Tunisie voisine.
Principale communauté juive d'Iran à l'époque moderne, devenue le centre de la vie juive persane au XXe siècle.
Communauté séfarade ottomane du littoral thrace de la mer de Marmara, port commerçant actif.
Ville lituanienne réputée pour la yeshiva de Telz, grand centre d'étude talmudique misnagdim.
Communauté de réfugiés russes et ashkénazes installée dans le port de traité du nord de la Chine.
Timișoara, ville multiculturelle du Banat, accueillit une communauté juive développée sous la domination des Habsbourg, mêlant Séfarades plus anciens et Ashkénazes germanophones et hongrois. Émancipés au XIXe siècle, ses membres s'illustrèrent dans le commerce, l'industrie, la médecine et la vie culturelle d'une cité où coexistaient Allemands, Hongrois, Roumains et Serbes. Comme une grande partie de la Roumanie de l'intérieur ne fut pas livrée à la déportation systématique, la communauté survécut en partie à la Shoah, malgré les persécutions, le travail forcé et la législation antisémite du régime d'Antonescu. Après guerre, la majorité émigra vers Israël et l'Occident, ne laissant qu'une communauté résiduelle.
Tirana, capitale de l'Albanie, accueillit une petite communauté juive ainsi que, dans les années précédant et pendant la Seconde Guerre mondiale, des réfugiés juifs fuyant la persécution nazie dans d'autres pays d'Europe. Conformément à l'attitude générale du pays, et au nom notamment du code d'honneur traditionnel de la Besa, la population locale offrit refuge et protection aux Juifs durant l'occupation. Cette solidarité contribua à la survie de la quasi-totalité des Juifs présents en Albanie. Après la guerre et sous le régime communiste, la vie juive demeura discrète, et la plupart des Juifs émigrèrent par la suite, surtout vers Israël.
Communauté séfarade ottomane de l'arrière-pays de Smyrne, en Anatolie égéenne.
Tiznit, dans la région du Sous au sud du Maroc, abritait une communauté juive réputée pour ses artisans orfèvres et bijoutiers, qui produisaient les célèbres bijoux d'argent de tradition amazighe. Souvent berbérophones, ses membres étaient intégrés aux échanges économiques avec les populations berbères environnantes et organisés autour de leurs synagogues. À partir de 1948, et plus encore dans les années 1950 et 1960, la quasi-totalité de la communauté émigra, principalement vers Israël.
La présence juive à Tokyo, et plus largement au Japon, débuta avec l'ouverture du pays à l'époque Meiji et l'installation de marchands et de résidents étrangers. Une communauté plus visible se forma au XXe siècle, alimentée notamment par des réfugiés fuyant les pogroms, la révolution russe puis le nazisme, certains transitant par le Japon. Tokyo se dota d'une vie communautaire organisée, avec synagogue et institutions desservant une population surtout composée d'expatriés. La communauté demeure de taille modeste mais durablement implantée, avec une vie religieuse et culturelle active.
Communauté castillane majeure de l'Espagne médiévale, dotée de synagogues fameuses, dispersée par les pogroms de 1391 et l'expulsion de 1492.
La communauté juive de Toronto se développa fortement à partir de la fin du XIXe siècle avec l'arrivée d'immigrants ashkénazes d'Europe de l'Est, d'abord établis dans des quartiers d'immigration et l'industrie de la confection. Au fil du XXe siècle, elle connut une croissance et une mobilité sociale considérables, et finit par dépasser Montréal pour devenir la plus grande communauté juive du Canada. Elle se dota d'un riche réseau de synagogues, d'écoles, d'institutions sociales et culturelles couvrant l'ensemble des courants du judaïsme. Renforcée par des vagues d'immigration variées, dont des survivants de la Shoah et des Juifs venus de nombreux pays, elle constitue aujourd'hui une communauté nombreuse et très diverse.
Communauté juive médiévale du Languedoc, soumise au rituel du « soufflet » épiscopal, puis reconstituée à l'époque contemporaine.
Ancienne communauté rhénane, l'une des plus anciennes d'Allemagne, ville natale de Karl Marx.
La communauté de Trieste se développa après l'érection de la ville en port franc par les Habsbourg au début du XVIIIe siècle, qui attira marchands séfarades, ashkénazes et levantins. Les patentes de tolérance de Joseph II, à la fin du XVIIIe siècle, favorisèrent une émancipation précoce et une intégration poussée dans la bourgeoisie commerçante et financière de l'Adriatique, notamment dans les assurances et l'armement maritime. La communauté, prospère et cultivée, fut un foyer notable de la vie intellectuelle et littéraire de la ville austro-hongroise. Une grande synagogue monumentale y fut édifiée au début du XXe siècle. Sous l'occupation allemande, après 1943, Trieste fut le siège de l'unique camp d'extermination nazi en sol italien (la Risiera di San Sabba) et une partie de la communauté fut déportée.
Trikala, en Thessalie, fut un ancien foyer du judaïsme romaniote de Grèce, avec une présence juive attestée de longue date. La communauté, composée de familles romaniotes auxquelles s'ajoutèrent des Séfarades sous la domination ottomane, vivait du commerce et de l'artisanat et conservait sa synagogue et ses traditions. Lors de l'occupation allemande de la Grèce, durant la Seconde Guerre mondiale, ses membres furent visés par les déportations vers les camps d'extermination ; une partie parvint néanmoins à se cacher avec l'aide de la population et de la Résistance, de sorte qu'une présence juive subsista à Trikala après la guerre.
La présence juive à Trinidad remonte aux réseaux marchands séfarades des Caraïbes à l'époque coloniale, mais c'est surtout aux XIXe et XXe siècles que se constitua une communauté plus visible, renforcée par des immigrants d'Europe et, dans les années 1930-1940, par des réfugiés fuyant le nazisme. Établis pour beaucoup dans le commerce, ses membres formèrent une communauté de petite taille. Une vie communautaire, avec lieu de culte, s'organisa notamment à Port of Spain. La communauté est demeurée réduite tout au long de son histoire.
Ancienne communauté médiévale de Slovaquie occidentale, expulsée puis reconstituée à l'époque moderne.
Communauté champenoise du XIe siècle, patrie de Rachi, foyer majeur de l'exégèse biblique et talmudique ashkénaze.
Communauté de Podolie anéantie lors des massacres de Khmelnytsky en 1648, lieu emblématique des chroniques juives.
Installés à Tunis depuis l'Antiquité, les Juifs de la capitale tunisienne formaient une communauté urbaine ancienne et stratifiée, distinguant les Twansa (Toshavim, autochtones de rite tunisien) des Grana (Livournais d'origine, venus d'Italie). Concentrés longtemps dans la hara, ils étaient artisans, marchands, orfèvres et, sous le Protectorat français, de plus en plus présents dans le commerce moderne et les professions libérales, beaucoup adoptant la langue et la culture françaises. La communauté disposait de synagogues, d'écoles, dont celles de l'Alliance israélite universelle, et d'institutions rabbiniques actives. Après l'indépendance de la Tunisie en 1956, et plus encore après les tensions des années 1960, la grande majorité émigra vers la France, Israël et l'Amérique du Nord.
Turin, capitale du Piémont, abritait une ancienne communauté juive italienne (Italkim), longtemps confinée au ghetto sous l'Ancien Régime. Les Juifs du royaume de Sardaigne furent émancipés en 1848 par le Statut albertin, et ceux de Turin participèrent activement au Risorgimento et à la construction de l'Italie unifiée, certains accédant à des fonctions importantes dans l'armée, l'administration et la vie publique. La ville se dota d'une grande synagogue, la Mole témoignant de son ambition initiale. Sous le fascisme, les lois raciales puis l'occupation allemande frappèrent la communauté, qui se reconstitua après guerre et reste active.
Varna, port bulgare de la mer Noire, abritait une communauté juive en grande partie séfarade, active dans le commerce maritime et les échanges de la région. De langue judéo-espagnole, ses membres étaient organisés autour de leurs synagogues et de leurs institutions. Comme l'ensemble des Juifs des anciennes frontières bulgares, la communauté échappa à la déportation durant la Seconde Guerre mondiale. Après l'indépendance de l'État d'Israël, la grande majorité de ses membres émigra, principalement vers Israël.
Plus grande communauté juive d'Europe avant 1939, centre culturel et religieux majeur, anéantie dans le ghetto de Varsovie.
Communauté romaniote puis séfarade de Macédoine grecque, dont la synagogue subsiste dans le quartier de Barbouta.
Communauté vénète dotée d'un ghetto en 1599, l'une des plus anciennes d'Italie du Nord.
Centre juif important de Podolie, durement frappé par la Shoah lors des massacres de 1941-1942.
Vitebsk, en Biélorussie, fut un foyer d'une riche communauté yiddishophone où les Juifs constituaient une part importante de la population urbaine. Marchands, artisans et ouvriers, ils animaient synagogues, maisons d'étude et institutions communautaires, et la ville devint au début du XXe siècle un centre artistique notable, patrie du peintre Marc Chagall et siège d'une école d'art d'avant-garde. Sous le régime soviétique, la vie religieuse fut réprimée tandis que persistait une culture juive sécularisée. Lors de l'occupation allemande, la communauté fut enfermée dans un ghetto et presque entièrement exterminée en 1941.
Volos, port de Thessalie, abrita une communauté juive comptant une composante romaniote ancienne ainsi que des Séfarades, active dans le commerce, notamment maritime. La communauté disposait de synagogues et d'institutions et participait à la vie de la ville. Lors de l'occupation de la Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale, une partie des Juifs de Volos échappa à la déportation grâce à des avertissements et à l'aide de la population et de la Résistance grecques, ainsi qu'à des autorités locales et religieuses, beaucoup parvenant à se cacher dans les villages environnants. Malgré des pertes, une part notable de la communauté survécut, et une présence juive s'y maintint après guerre.
Siège de la célèbre yeshiva de Volozhin, fondée en 1803, modèle des académies talmudiques lituaniennes.
Communauté de la capitale néo-zélandaise, fondée au milieu du XIXe siècle.
Xanthi, en Thrace occidentale grecque, abritait une communauté séfarade dont les membres travaillaient principalement dans le négoce du tabac, activité majeure de la région. De langue judéo-espagnole, ils étaient organisés autour de leur synagogue et de leurs institutions communautaires. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la région passa sous occupation bulgare, et la communauté fut déportée en 1943 et anéantie dans les camps nazis.
Zagreb (Agram en allemand) abrita la principale communauté juive de Croatie, formée surtout d'Ashkénazes germanophones et hongrois installés à partir du début du XIXe siècle, à mesure que les restrictions de résidence étaient levées. Très intégrée à la bourgeoisie urbaine, la communauté fut active dans le commerce, l'industrie, la médecine et les professions libérales, et se dota d'institutions modernes ainsi que d'une grande synagogue. La vie communautaire mêlait courants néologue (réformé) et orthodoxe, à l'image de l'aire austro-hongroise. Après l'instauration en 1941 de l'État indépendant de Croatie dirigé par le mouvement oustachi, allié de l'Allemagne nazie, la communauté fut soumise à des lois persécutrices puis à la déportation, et la grande majorité de ses membres fut assassinée dans les camps oustachis et nazis. Une communauté réduite se reconstitua après 1945.
Zante (Zakynthos), île ionienne longtemps sous domination vénitienne puis britannique, abrita une communauté juive comprenant des Romaniotes et des Italkim (Juifs italiens), reflet de ses liens avec le monde vénitien. Ses membres étaient actifs dans le commerce et l'artisanat. L'histoire de cette communauté est restée célèbre pour son sort durant la Seconde Guerre mondiale : selon la tradition rapportée, l'évêque orthodoxe et le maire de l'île refusèrent de livrer la liste des Juifs aux occupants et organisèrent leur protection, de sorte que l'ensemble de la communauté survécut à la Shoah. Après la guerre, la plupart des Juifs quittèrent l'île, notamment pour Israël et Athènes.
Aux Açores, archipel portugais de l'Atlantique, s'établirent dès l'époque moderne des nouveaux-chrétiens (cristãos-novos), descendants de Juifs convertis de force au Portugal. Soumis à la surveillance de l'Inquisition, certains conservèrent discrètement des pratiques crypto-juives sur plusieurs îles. Au XIXe siècle, après l'abolition de l'Inquisition, des Juifs venus notamment d'Afrique du Nord s'installèrent dans les îles, fondant des communautés et des cimetières, en particulier à Ponta Delgada et à Angra. Ces communautés demeurèrent réduites et finirent par s'éteindre par émigration et assimilation, laissant des vestiges patrimoniaux.
La présence juive aux îles Caïmans se rattache aux réseaux marchands séfarades des Caraïbes, des familles d'origine jamaïcaine et curaçaolaise ayant pu fréquenter l'archipel dans le cadre du commerce régional à l'époque coloniale. Cette présence demeura marginale et ne donna pas lieu à une communauté organisée et durablement implantée. Une vie juive a pu réapparaître à l'époque contemporaine avec l'essor du territoire comme place financière. L'enracinement historique y resta toutefois ténu.
Communauté rabbanite de Fostat puis du Caire, connue par la guéniza de la synagogue Ben Ezra, distincte des Karaïtes locaux.
Le Cap (Cape Town) abrita la plus ancienne communauté juive d'Afrique du Sud, la présence juive y étant attestée dès les débuts de l'établissement européen au Cap de Bonne-Espérance, et une congrégation organisée s'y forma dans la première moitié du XIXe siècle. La communauté fut ensuite considérablement renforcée par l'immigration de Litvaks à partir de la fin du XIXe siècle. Active dans le commerce et les professions, elle se dota de synagogues, d'écoles et d'institutions communautaires et joua un rôle marquant dans la vie de la ville. Comme l'ensemble du judaïsme sud-africain, elle connut une émigration importante après 1994, tout en demeurant une communauté implantée et structurée.
Communauté de la ville du nord-ouest tunisien, mêlant Twansa et apports d'origine algérienne.
La communauté juive du Paraguay, concentrée à Asunción, se forma au XXe siècle à partir d'immigrants venus d'Europe de l'Est ainsi que de Sépharades, dans un pays à l'immigration juive plus modeste que ses voisins. Le Paraguay servit aussi, dans les années 1930-1940, de pays de transit ou de refuge à des Juifs fuyant les persécutions en Europe. Les immigrants s'établirent surtout dans le commerce et développèrent une vie communautaire dotée de synagogues et d'organisations. Toujours réduite, la communauté connut un déclin par émigration vers l'Argentine, Israël et d'autres pays dans la seconde moitié du XXe siècle.
Le Tafilalet, vaste région oasienne du sud-est marocain, fut l'un des plus anciens foyers de présence juive du Maghreb, situé sur les routes du commerce caravanier transsaharien. Ses Juifs, arabophones et berbérophones, y jouaient un rôle d'intermédiaires commerciaux et de prêteurs, et la région était réputée pour ses traditions religieuses et ses saints vénérés. Les communautés, dispersées entre villages et bourgades comme Rissani et Erfoud, conservaient des coutumes et des liturgies propres. Après 1948, et au fil des décennies suivantes, la population juive du Tafilalet émigra en grande partie vers Israël.
Ashkénazes du Grand-Duché de Lituanie, rationalistes et talmudistes (Gaon de Vilna), opposés au hassidisme.
Communauté maghrébine de Jérusalem fondée en 1860 par David ben Shimon.
Sous-groupe « noir » des juifs de Cochin, le plus ancien, majoritairement parti en Israël.
Juifs convertis de force au christianisme pratiquant le judaïsme en secret.
Moyen-Orient (Irak, Iran, Syrie, Kurdistan). Héritiers des communautés babyloniennes, traditions talmudiques et gaoniques.
Juifs convertis au catholicisme, au statut social distinct sous l'Inquisition.
Juifs « blancs » de Cochin, descendants de séfarades, synagogue de 1568.
Juifs grécophones de l'Empire byzantin, présents avant même la dispersion séfarade post-1492. Minhag Romania.
Communauté israélite du mont Garizim, ~800 membres à Kiryat Luza et Holon.
Issus de la péninsule Ibérique avant et après les expulsions de 1492–1497. Dispersés vers l'Empire ottoman, les Pays-Bas, l'Italie, les Amériques. Langue : ladino / judéo-espagnol.
Exilés d'Ibérie de langue ladino-judezmo, monde culturel distinct dans l'Empire ottoman.
Paysans russes « observant le sabbat » ayant adopté des pratiques judaïques dès le XVIIIe siècle, dont une partie se convertit pleinement. Beaucoup furent déportés au Caucase puis émigrèrent en Israël.
Au Maghreb, la dualité entre juifs autochtones (toshavim) et expulsés d'Espagne (megorashim) structure des siècles de vie communautaire.
Juifs d'origine allemande au minhag ouest-européen ; émigrés au Yichouv dès 1933.
Communauté du Yémen, isolée et préservée pendant plus de deux millénaires. Liturgie et prononciation proches de l'hébreu biblique.