1900 – 1939
Exclusion des professions libérales
sept.-nov. 1938·Allemagne
Le bilan est reproduit tel que la source l’écrit — jamais arrondi, jamais additionné à un autre. Les bilans se recouvrent d’un événement à l’autre.
les médecins juifs perdent leur titre en septembre et les avocats leur inscription au barreau en novembre, ne pouvant plus soigner ni défendre que des Juifs
Les professions libérales furent les dernières à tomber, parce qu'elles étaient les plus difficiles à remplacer. En Allemagne, les médecins juifs perdirent leur titre à l'automne : ils ne furent pas radiés mais rétrogradés en « soignants », autorisés à traiter des patients juifs seulement, et tenus d'apposer sur leur porte une plaque le signalant. Les avocats subirent quelques semaines plus tard le même traitement, leur inscription au barreau étant annulée et un petit nombre d'entre eux étant maintenus comme « conseillers » des seuls Juifs. La mesure n'inventait rien : elle achevait un processus ouvert cinq ans plus tôt par la loi sur le rétablissement de la fonction publique, qui avait déjà écarté la majorité d'entre eux. Sa portée est ailleurs — elle retire à une population les métiers qui lui auraient permis, une fois à l'étranger, de recommencer, et elle le fait au moment précis où l'émigration devient une nécessité.
- Période :
- 1900 – 1939
- Nature :
- Persécution
- Région :
- Europe occidentale
- Pays :
- Allemagne
Raul Hilberg, *La Destruction des Juifs d'Europe* ; Saul Friedländer, *L'Allemagne nazie et les Juifs* ; Konrad H. Jarausch, *The Unfree Professions*.