Résumé
De l’histoire d’une personne à la Grande Histoire du Peuple juif — ce que fait Zakhor.ai, en quelques paragraphes.
Le projet a plusieurs facettes qui vont de l’histoire des personnes individuelles jusqu’à la Grande Histoire du Peuple juif, en passant par l’histoire des lignées, de leurs grandes figures, de leurs grandes œuvres, de leurs communautés et de leurs lieux.
Tout, chez nous, prend la forme d’un Grand Livre : un ouvrage écrit sur dossier, sourcé, relu, illustré quand une image peut être ancrée — et jamais clos.
Relevé en base à l’affichage de cette page — aucun de ces nombres n’est écrit à la main.
Les huit piliers
La matière est rangée sous huit piliers : les lignées, les grandes figures, les grandes œuvres, les lieux, les communautés, les institutions, les thématiques et les objets.
Les personnes, elles, traversent ces huit piliers plutôt qu’elles n’en forment un neuvième : une même personne peut être une grande figure publiée, une sépulture relevée dans un cimetière, un proche dont on a témoigné, un nom de l’arbre du peuple. Une recherche unique interroge tous ces registres à la fois — sans jamais rendre une adresse, un téléphone, ni le nom de qui a déposé un dossier.
Les agents
Pour cela, nous utilisons intensivement les derniers modèles « frontier » d’Anthropic.
À date, 18 agents tournent en permanence, et se partagent le travail en trois actes : ceux qui cherchent — l’actualité du monde juif, l’enquête sur une fiche, l’ouvrage qui la documente, le jour auquel elle revient ; ceux qui versent — le trieur, l’aiguilleur, le rédacteur, l’enrichisseur, le relecteur, le traducteur, l’illustrateur, le mesureur ; et ceux qui portent ce qui a été trouvé aux membres que cela concerne. Cela fait 375 passages par jour, jour et nuit.
Rien de tout cela n’est caché : l’atelier de la mémoire montre chaque agent, son heure de passage, sa file d’attente et son dernier travail daté ; et les découvertes disent, trouvaille par trouvaille, dans quel livre elle a été versée.
Les Grands Livres
Pour chaque fiche, l’IA produit un Grand Livre qui peut être enrichi à tout instant. Il n’est jamais écrit sur le seul nom du sujet : le modèle reçoit d’abord le dossier — figures liées, lieux traversés, pièces d’archives ancrées, livres voisins déjà publiés — et le plan naît des faits.
Tout livre porte une bibliographie et une partie « Les grandes figures » ; chaque version publiée est relue par un juge adversarial dont le travail est de refuser — date douteuse, figure non documentée, hagiographie, affirmation non sourcée — et dont le verdict remet le livre en correction. Les livres sont traduits dans les 13 langues du site.
Si un membre a marqué de l’intérêt pour un Grand Livre, il est prévenu dès que celui-ci est enrichi. Il peut aussi l’enrichir lui-même : une photo, une kitouba, une lettre, une carte postale, un récit de famille — la pièce est relue, publiée, puis versée au livre, qui est réécrit avec elle.
Les proches, les tombes, les voix
À côté des livres, le site tient ce qui touche aux familles. Un catalogue de cimetières juifs — 11 249 enclos recensés, 1 168 831 sépultures relevées et hébergées, chacune avec ses deux dates quand la pierre les porte. Un témoignage se dépose sur un proche et entre au corpus public.
Deux dispositifs font parler, et ils ne se confondent pas. Interrogez une grande figure répond dans la voix d’une figure publiée, appuyée sur ses œuvres, et l’échange est public. Faites revivre un parent réunit les pièces d’un proche disparu dans un dossier qui n’appartient qu’à son déposant, et ne fait parler ce proche qu’à partir de ces pièces — de rien d’autre, jamais d’une parole d’outre-tombe.
Ce qui est public, ce qui reste privé
Dans le cas d’une personne, le membre peut choisir de privatiser l’information qu’il apporte : elle n’est alors accessible qu’au groupe familial qu’il a défini.
Tous les Grands Livres et leurs contenus sont publics, sauf l’information qu’un membre a apportée et a choisi de privatiser. Le dossier d’un proche disparu ne sort du privé que par un geste explicite de son déposant, et après relecture.
Ce que nous ne faisons pas
Aucune date n’est déduite d’une fourchette ; aucun jour de mémoire n’est calculé, il est déclaré et prouvé par une citation. Aucune image n’est fabriquée : à défaut d’ancrage vérifiable, le livre reste sans illustration. Une trouvaille dont on ne sait pas à quel livre elle appartient reste au journal plutôt que d’abîmer un livre. Et une fiche qui n’a rien à dire le dit : l’absence est affichée, jamais comblée.
Ce qui n’existe pas encore
Concernant la fonctionnalité « récupérer, à partir d’une photo comme celle de son père, de son nom et de sa date de naissance, toutes les informations le concernant » : elle n’est pas encore complètement développée, mais elle fait partie de notre feuille de route.
Zakhor — Souviens-toi