Écosystème & Positionnement
Bibliothèques, archives de la Shoah, bases généalogiques, musées : seize acteurs, ce qu'ils font, et la seule chose que Zakhor fait qu'aucun d'eux ne fait.
La mémoire juive en ligne n'est pas un désert où il faudrait tout bâtir : c'est un paysage déjà dense, où des institutions centenaires numérisent, conservent et publient à une échelle que nous n'atteindrons jamais. Situer Zakhor honnêtement suppose de commencer par là — par ce que ces seize acteurs font mieux que nous, et par ce que nous leur devons. Notre place ne se trouve qu'ensuite, et elle est étroite : personne ne relie.
Les acteurs de la mémoire juive en ligne
Seize acteurs, rangés par ce qu'ils font plutôt que par leur taille — un institut associatif et une bibliothèque nationale ne se comparent pas, mais ils se complètent.
Corpus & textes
Ceux qui numérisent et publient les textes eux-mêmes.
Sefaria
Les textes rabbiniques en accès libreBibliothèque numérique de textes juifs fondée en 2013 par Brett Lockspeiser et Joshua Foer, sous statut d'association à but non lucratif. Elle publie le corpus rabbinique — Tanakh, Mishna, Talmud, midrash, halakha, liturgie — avec ses traductions et son appareil de liens, sous licences libres ou dans le domaine public.
318 millions de mots et plus de 3 300 textes, dont 75 millions de mots en traduction ; le code comme les données sont ouverts et exposés par une API publique. Sefaria publie le texte, jamais ceux qui l'ont porté : ni les familles, ni les lieux, ni les communautés. C'est exactement l'inverse de notre partage.
NLI — Bibliothèque nationale d'Israël · Ktiv
Le manuscrit hébreu, rassemblé mondialementBibliothèque nationale d'Israël, fondée en 1892 et installée depuis 2023 dans un bâtiment de Herzog & de Meuron à Jérusalem. Son projet Ktiv vise l'accès numérique à l'ensemble des manuscrits hébreux existants, rassemblés depuis les collections de quelque 1 200 institutions dans le monde.
Près de 95 000 manuscrits et plus de 1,2 million d'images numérisées — soit l'essentiel des manuscrits hébreux connus — auxquels s'ajoutent plus de 5 millions de livres. C'est la source de notre propre fonds documentaire : les 26 051 notices que Zakhor publie viennent de Ktiv, et chacune garde le permalien de sa notice d'origine.
YIVO Institute for Jewish Research
Le monde yiddish d'Europe de l'EstInstitut fondé à Vilna en 1925 pour l'étude de la langue et de la culture yiddish, transféré à New York en 1940 après la destruction de son siège. Il conserve archives, bibliothèque et collections sur la vie juive d'Europe de l'Est.
Le Projet Vilna, achevé le 10 janvier 2022 avec trois institutions lituaniennes, a numérisé environ 4,1 millions de pages longtemps dispersées entre New York et Vilnius. C'est le pendant ashkénaze des fonds séfarades dont Zakhor est le plus proche — et le rappel que nos lignées ne s'arrêtent pas à la Méditerranée.
Sifriatenou.com
Bibliothèque de littérature juiveBibliothèque de littérature juive en libre accès : plus de 300 recensions, cours, traductions commentées et anthologies, pour aller à la rencontre des œuvres qui éclairent l'existence juive. Elle s'organise en cinq rayons — Torah, Galoute, À l'heure des nations, Shoah, Israël.
Projet intellectuel et littéraire, écrit par des universitaires. Le 19 octobre 2025, après cinq ans, ses animateurs ont annoncé son arrêt, faute de reconduction de son financement ; les derniers textes datent de mars 2026. Le site reste aujourd'hui entièrement en ligne et consultable, et ses animateurs annoncent sa conservation pérenne par la BNF au titre du dépôt légal du web.
Shoah & témoignage
Ceux qui documentent la persécution et recueillent la parole des survivants.
Yad Vashem
Les noms des victimes de la ShoahInstitut mémoriel des martyrs et héros de la Shoah, à Jérusalem : l'institution nationale israélienne de documentation, de recherche et d'enseignement. Il publie en ligne la Base centrale des noms des victimes, des archives numérisées, les dossiers des Justes parmi les Nations et une photothèque.
Près de 5 millions de victimes assassinées y sont commémorées nominativement — une échelle sans équivalent, fruit de décennies de collecte. Yad Vashem documente une mort ; Zakhor raconte une descendance. Sur ce terrain nous n'avons aucune ambition : nous renvoyons à lui.
USC Shoah Foundation
Le témoignage filmé des survivantsInstitut de l'University of Southern California fondé en 1994 par Steven Spielberg après le tournage de « La Liste de Schindler ». Il enregistre et conserve des témoignages filmés de survivants de la Shoah et d'autres génocides, réunis dans le Visual History Archive.
Plus de 60 000 témoignages audio et vidéo intégraux. C'est la parole enregistrée du survivant, à une échelle que nul ne réplique. Zakhor n'enregistre pas : il relie ces vies à leur lignée, à leur ville et à leur communauté.
Arolsen Archives
Les documents nominatifs de la persécution nazieCentre international sur la persécution nazie, à Bad Arolsen, successeur de l'International Tracing Service rebaptisé en 2019. Son périmètre déborde les seules victimes juives : déportés, travailleurs forcés, personnes déplacées.
Plus de 40 millions de documents, interrogeables par nom dans une archive en ligne. Son programme d'indexation participative « #everynamecounts » fait travailler des milliers de bénévoles sur les documents originaux — un modèle contributif plus mûr que le nôtre, que nous citons comme référence et non comme concurrent.
Mémorial de la Shoah
La Shoah en FranceHéritier du Centre de documentation juive contemporaine — fondé clandestinement le 28 avril 1943 à Grenoble par Isaac Schneersohn, en pleine occupation —, le Mémorial de la Shoah est à Paris le principal lieu d'archives, de documentation et d'enseignement sur la Shoah en France.
Archives de plus de 30 millions de pièces, photothèque de 280 000 images, bibliothèque de 50 000 références ; un second musée doit ouvrir à Nice en 2027. C'est le pendant français de Yad Vashem, et le voisin naturel des mémoires nord-africaines que Zakhor documente.
Généalogie & communautés
Ceux qui reconstituent les filiations et cartographient les communautés.
JewishGen
Généalogie juive collaborativeFondé en 1987 et animé par plus d'un millier de bénévoles, JewishGen est aujourd'hui la division de recherche généalogique du Museum of Jewish Heritage de New York, et le plus grand portail mondial de généalogie juive. Il fédère des dizaines de bases : le Family Finder (plus de 500 000 entrées, 140 000 patronymes, 18 000 localités), la Communities Database (plus de 6 000 communautés), le registre mondial des sépultures JOWBR (4,2 millions de relevés, 7 300 cimetières, 128 pays) et une base Shoah de plus de 4 millions d'enregistrements.
Ressource de consultation pour relier un patronyme à ses localités d'origine, ses variantes attestées et la diaspora qui le porte. L'accès aux outils de recherche est gratuit ; les dons débloquent des services annexes (alertes, recherche booléenne). Les données sont contribuées par les chercheurs et restent sous licence — elles s'explorent sur le site, mais ne sont pas librement redistribuables.
Geni · MyHeritage
L'arbre mondial collaboratifGeni, fondée en 2007, construit un arbre généalogique mondial unique et partagé, tenu par des curateurs bénévoles ; ses projets consacrés aux dynasties rabbiniques en font une ressource courante en généalogie juive. La plateforme appartient depuis 2012 à MyHeritage, entreprise fondée en Israël en 2003 et détenue depuis 2021 par le fonds américain Francisco Partners.
211 millions de profils et plus de 85 000 projets chez Geni ; 7 milliards de profils et 61 millions d'arbres chez MyHeritage. L'échelle est hors d'atteinte, et ce n'est pas notre terrain : un arbre y donne un nœud dans un graphe, là où un Grand Livre donne un récit sourcé. Nous ne prétendons pas à leur exhaustivité.
ANU — Museum of the Jewish People
Musée du Peuple Juif (Tel-Aviv)Anciennement Beit Hatfutsot, l'ANU – Museum of the Jewish People, à Tel-Aviv, retrace l'histoire et la culture du peuple juif à travers le monde. Il abrite le Centre de généalogie juive Douglas E. Goldman et une base de données des noms de famille juifs détaillant l'origine et la signification de milliers de patronymes.
Le Centre de généalogie Douglas E. Goldman réunit plus de 5 millions d'individus dans des dizaines de milliers d'arbres déposés par les familles elles-mêmes. La base Memi De-Shalit des noms de famille juifs — près de 20 000 entrées — donne étymologie, variantes et migrations de chaque patronyme, et ne retient aucune explication sans au moins deux sources indépendantes. S'y ajoutent fiches de communautés, musique, films et photographies. L'ensemble est gratuit. Le musée précise lui-même ne pas tenir de liste des victimes de la Shoah, et renvoie à Yad Vashem.
Diarna
Les lieux juifs disparus du Maghreb et du Moyen-OrientProjet de géo-archives né à la fin des années 2000, Diarna — « nos maisons », en judéo-arabe — cartographie les sites juifs du Maghreb et du Moyen-Orient : synagogues, cimetières, quartiers, écoles, le plus souvent inaccessibles, en ruine ou déjà rasés.
Plus de 2 800 sites documentés — 517 au Maroc, 357 en Irak, 322 au Yémen, 314 en Algérie, 233 en Tunisie — par photographies, relevés satellite et témoignages. L'association reste active, même si son site public est peu tenu. C'est l'acteur le plus proche de notre axe nord-africain, et il fait ce que nous ne faisons pas : géolocaliser le lieu disparu.
Mémoires francophones & nord-africaines
Ceux qui portent l'héritage dont Zakhor est le plus proche.
AIU — Alliance Israélite Universelle
Éducation, culture et patrimoine juif mondialFondée en 1860, l'Alliance Israélite Universelle est l'une des plus anciennes institutions juives internationales. Elle œuvre pour l'éducation, la culture et la défense des droits humains. Son site propose un accès à sa bibliothèque, ses archives historiques, sa médiathèque et son réseau d'écoles à travers le monde.
L'AIU conserve l'une des plus importantes bibliothèques judaïques au monde : plus de 150 000 volumes, 1,5 million de documents d'archives et près de 4 000 fragments de la Guenizah du Caire. Sa bibliothèque numérique est en accès libre et gratuit (20 168 documents, 433 418 images, pour les ouvrages parus avant 1947) ; le fonds patrimonial se consulte sur place, sur rendez-vous et sur abonnement annuel. Le réseau Génération Alliance relie les anciens élèves de ses écoles.
MAHJ — Musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Le musée du judaïsme françaisOuvert en 1998 dans l'hôtel de Saint-Aignan, au cœur du Marais, le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme retrace la vie juive en France et en Europe par ses collections d'art, d'objets rituels, de manuscrits et d'archives.
Environ 12 000 œuvres et plus de 10 000 documents d'archives sont consultables en ligne. C'est aussi le futur dépositaire de la base de Morial : la preuve qu'un fonds associatif peut trouver, chez une institution publique, la conservation pérenne qu'il ne peut s'offrir seul. C'est une question que tout projet de mémoire — le nôtre compris — doit se poser.
Morial.fr
Mémoire des Juifs d'AlgérieMORIAL — MORechet Iehudei ALgeria, « l'héritage des Juifs d'Algérie » — est une association loi 1901 fondée en France en 1995, doublée d'une association sœur en Israël. Elle sauvegarde et transmet la mémoire des Juifs d'Algérie, une histoire qui commence avec les Phéniciens et s'achève en 1962 avec le départ vers la métropole.
Ses « collecteurs de mémoire » rassemblent témoignages vidéo, enregistrements, photographies et récits, et le site tient une section généalogique. L'intégralité de la base sera déposée au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris pour une conservation pérenne — un dépôt annoncé, pas encore effectué. C'est un travail de mémoire orale et écrite, centré sur le vécu d'une communauté.
INSSEF — Institut Européen du Monde Séfarade
Institut Européen du Monde SéfaradeAssociation loi 1901 déclarée sous le sigle IEMS (statuts de novembre 2021), l'Institut Européen du Monde Séfarade porte son regard sur les apports croisés des migrations séfarades, à travers les siècles et les continents, et sur les communautés héritières de ces cultures. À ne pas confondre avec l'Institut Sépharade Européen de Bruxelles, éditeur de la revue « Los Muestros ».
L'INSSEF collecte, sauvegarde et transmet ce qui touche à l'histoire, à la culture et aux parcours des Juifs séfarades. Il vit par ses conférences, colloques et expositions, et par une lettre d'information régulière — cycles sur les séries télévisées israéliennes, colloque « Minorités en terres islamisées », collecte de témoignages vidéo « Sefardim ».
Ce que nous leur devons
Zakhor ne part pas de rien, et surtout pas de lui-même. Une part de ce que nous publions n'existe que parce que ces institutions l'ont d'abord sauvé, numérisé et mis en ligne. Le dire n'affaiblit pas notre place : c'est elle.
Notre fonds documentaire vient de Jérusalem
Les 26 051 notices documentaires de Zakhor ont été moissonnées dans Ktiv, le catalogue de manuscrits hébreux de la Bibliothèque nationale d'Israël. Chacune conserve le permalien de sa notice d'origine : le lecteur peut toujours remonter à la source et nous prendre en défaut.
Nos illustrations sont ancrées, ou absentes
Les images des Grands Livres viennent de Wikimedia Commons, et ne sont retenues que si elles sont ancrées sur une entité vérifiable — une ville identifiée, une figure sans homonyme. Faute d'ancrage sûr, le livre reste sans image : mieux vaut rien qu'une illustration trompeuse.
Nos récits citent leurs travaux
4 690 références bibliographiques alimentent la génération des Grands Livres et s'affichent au pied de chacun. Un livre sans bibliographie est une affirmation ; avec elle, c'est une prise de risque vérifiable.
Ce que Zakhor fait, que personne d'autre ne fait
Nous n'avons ni le plus grand fonds, ni la plus grande base, ni l'IA la plus avancée — ces titres sont pris, et par plus forts que nous. Ce qui reste est étroit, mais nous y sommes seuls :
Le récit, pas la fiche
Ailleurs, une lignée est une notice, un nœud dans un arbre, une ligne de base. Ici, chaque sujet — lignée, lieu, communauté, figure, texte, objet, institution, thématique — devient un Grand Livre : un récit continu, chapitré et sourcé. 1 531 livres publiés, 13 606 chapitres.
Le maillage
Les autres rangent ; Zakhor relie. Une lignée tient à ses villes, ses figures, ses communautés, ses textes, et chaque rattachement est explicite et traversable. 7 391 lignées, 13 781 figures, 2 480 lieux et 787 communautés forment un seul graphe. C'est la seule chose, dans tout ce panorama, que personne d'autre ne fait.
Tout le corpus, en treize langues
D'autres traduisent leur interface, ou leurs textes phares. Zakhor traduit tout ce qu'il publie — français, anglais, hébreu, espagnol, allemand, russe, portugais, hongrois, yiddish, néerlandais, chinois, hindi, arabe. Un descendant qui ne lit ni le français ni l'hébreu accède au même livre que les autres.
Le regard inter-religieux
La section « Apports & Comparaisons » — ce que le judaïsme a transmis au christianisme et à l'islam, et ce qui les sépare — n'a d'équivalent nulle part ailleurs dans ce panorama. Les autres documentent un peuple ; nous documentons aussi ce qu'il a laissé aux autres.
Ce que Zakhor ne fait pas
Une page de positionnement qui ne s'avoue aucune limite est une publicité. Voici les nôtres, et à qui il faut s'adresser.
Nous ne conservons rien
Aucune collection, aucun original, aucun atelier. Ce que nous publions est conservé ailleurs — à la Bibliothèque nationale d'Israël, à l'AIU, au MAHJ, au Mémorial de la Shoah — et nous le disons pièce par pièce.
Nous ne numérisons pas
La numérisation primaire est un métier d'institution, avec ses ateliers, ses budgets et ses décennies : Ktiv a numérisé près de 95 000 manuscrits. Nous partons de ce qu'elles ont mis en ligne.
Nous ne tenons pas la liste des victimes
Yad Vashem commémore près de 5 millions de noms, Arolsen conserve plus de 40 millions de documents nominatifs, la USC Shoah Foundation plus de 60 000 témoignages filmés. Sur la Shoah, nous renvoyons ; nous ne prétendons pas.
Nous ne republions pas le canon
Le Tanakh, la Mishna, le Talmud, la halakha sont chez Sefaria, en licence libre et interrogeables par API. Nous citons ; nous ne dupliquons pas.
Nos récits sont écrits par une IA, puis relus
Ce n'est ni un travail d'archiviste, ni une publication savante à comité de lecture. C'est pourquoi chaque Grand Livre affiche sa bibliographie et ses sources : pour que le lecteur puisse nous contredire.
Tableau comparatif
Seize colonnes ne tiendraient sur aucun écran : la comparaison porte donc sur les quatre familles. Une famille est marquée ✓ dès lors qu'au moins un de ses acteurs le fait pleinement.
| Critère | Corpus | Shoah | Généalogie | Francoph. | Zakhor |
|---|---|---|---|---|---|
| Numérisation primaire de fonds | ✓ | ✓ | — | ✓ | — |
| Conservation d'originaux | ✓ | ✓ | — | ✓ | — |
| Corpus rabbinique canonique | ✓ | — | — | — | — |
| Noms des victimes de la Shoah | — | ✓ | ○ | ○ | — |
| Témoignage enregistré | — | ✓ | ○ | ✓ | ○ |
| Arbre généalogique participatif | — | — | ✓ | ○ | ✓ |
| Récit continu et chapitré par sujet | ○ | ○ | — | ○ | ✓ |
| Maillage lignées ↔ lieux ↔ figures ↔ textes | — | — | ○ | — | ✓ |
| Corpus intégralement publié en 13 langues | ○ | ○ | — | — | ✓ |
| Comparaison inter-religieuse | — | — | — | — | ✓ |
| Accès libre et gratuit | ✓ | ✓ | ○ | ✓ | ✓ |
| Réutilisation libre des données | ○ | — | — | — | ✓ |
✓ = fait pleinement · ○ = partiellement · — = absent. Une famille vaut ✓ dès qu'un de ses acteurs le fait.
Complémentarité, pas concurrence
Rien de ce qui précède n'est une concurrence, et la comparaison serait d'ailleurs perdue d'avance : la Bibliothèque nationale d'Israël numérise l'essentiel des manuscrits hébreux du monde, Yad Vashem commémore près de cinq millions de noms, Sefaria met le Talmud en licence libre, Geni compte ses profils par centaines de millions. Chacun tient son poste — l'AIU et le MAHJ pour le patrimoine français, Morial et l'INSSEF pour les mémoires nord-africaines et séfarades, YIVO pour le monde yiddish, Diarna pour les lieux qu'on a rasés, Arolsen et le Mémorial pour les archives de la persécution.
Ce qu'aucun d'eux ne fait, c'est relier : rattacher une lignée à ses villes, ses figures, ses communautés et ses textes, puis en tirer un récit sourcé, lisible en treize langues. C'est là, et seulement là, que Zakhor ajoute quelque chose — un maillage par-dessus des fonds que d'autres ont sauvés, et vers lesquels chacun de nos livres renvoie.
Jugez sur pièces plutôt que sur parole.