יוסף שלמה כהנמן
געגנט: Lituanie
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פֿאַרעפֿנטלעכט דעם 19טן יוני 2026
rabbin israélien

Yosef Shlomo Kahaneman
Phto Birnfeld, Tel Aviv · Public domain · Wikimedia Commons

Joseph Shlomo Kahaneman
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הרב שולזינגר נואם בשמחת נישואיו לימינו הרב יוסף שלמה כהנמן והרב שך
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הרב מפוניבז'1
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<a href="https://zakhor.ai/yi/grands-livres/figures/yosef-shlomo-kahaneman">Yosef Shlomo Kahaneman — Zakhor</a>Citation
Yosef Shlomo Kahaneman — Zakhor, https://zakhor.ai/yi/grands-livres/figures/yosef-shlomo-kahanemanPeu de figures incarnent avec autant de force la continuité du monde de la Torah lituanienne — le monde dit « litvak » — par-delà la rupture de la Shoah, que le rabbin Yosef Shlomo Kahaneman, universellement connu sous le nom de « Rav de Ponievej » (Ponevezher Rav). Sa vie s'étend sur quatre-vingt-trois années qui chevauchent deux mondes : celui des grandes yeshivot de la Lituanie tsariste puis indépendante, et celui de leur résurrection sur la terre d'Israël. Yosef Shlomo Kahaneman (1886–1969) était un rabbin orthodoxe et rosh yeshiva de la yeshiva de Ponievej, érudit renommé de la Torah et du Talmud.
Son existence se laisse lire comme une parabole de l'histoire juive du XXᵉ siècle : un enfant d'une bourgade lituanienne de quelques centaines d'âmes devenu l'un des plus grands talmudistes de son temps, un rav de communauté élu au parlement de son pays, puis un survivant qui, ayant perdu son institution et la quasi-totalité de ses élèves, refusa le deuil paralysant pour bâtir, sur une colline de Bnei Brak, l'une des plus prestigieuses yeshivot du monde. Le présent ouvrage retrace ce parcours en distinguant, autant que les sources le permettent, ce qui relève de l'archive établie, de la tradition transmise au sein du monde des yeshivot, et de leur rencontre.
Les sources de référence situent la naissance de Kahaneman en 1886 — certaines indiquant le 13 mai — dans une petite localité lituanienne. Il naît le 13 mai 1886 à Kuliai, dans le gouvernement de Kovno, alors partie de l'Empire russe, et meurt le 3 septembre 1969 à Bnei Brak, en Israël. La biographie diffusée par JewAge précise le caractère modeste de son lieu d'origine : le rabbin Kahaneman était né à Kul, en Lituanie, une petite bourgade d'environ 300 habitants dont à peu près un tiers étaient juifs.
Sa formation suit l'itinéraire classique des élites talmudiques litvaks, passant par les institutions les plus prestigieuses de l'époque. À l'âge de quatorze ans, il partit étudier le Talmud à la yeshiva de Telz, où il étudia la Torah jusqu'à vingt ans. Les notices de référence complètent ce cursus : ses institutions de formation furent la yeshiva de Telshe, la yeshiva de Novardok et la yeshiva de Raduń.
L'influence reçue à Telz fut décisive et durable. L'Encyclopaedia Judaica, dans sa notice consacrée à « Kahaneman, Joseph », souligne le poids du maître de cette yeshiva sur la formation morale et intellectuelle du jeune homme. Jeune homme, Kahaneman étudia à la yeshiva de Telz ; le rosh ha-yeshiva, Eliezer Gordon, exerça sur lui une influence qui dura toute sa vie, au point que, par la suite, chaque fois que Kahaneman parlait de « der rov » (« le rav »), c'est au rabbin Gordon qu'il faisait référence. Le passage par Raduń le mit par ailleurs en contact avec l'univers spirituel du Chofetz Chaim, foyer du courant du moussar et de la rigueur halakhique qui marquera profondément le style éducatif que Kahaneman développera plus tard.
Ce premier chapitre dessine donc le profil d'un produit accompli du « monde des yeshivot » lituanien : une jeunesse vouée à l'étude exclusive, une circulation entre les grands centres, et l'imprégnation par des maîtres dont l'autorité morale resterait, sa vie durant, sa boussole.
Au lendemain de la Première Guerre mondiale et de la naissance de la Lituanie indépendante, Kahaneman accède à la charge rabbinique qui lui donnera son nom pour la postérité. Le rabbin Yosef-Shlomo Kahaneman devint le rabbin de Ponievej (Panevėžys) en 1919. La même année, il dote la ville d'une institution d'étude appelée à un destin exceptionnel : la yeshiva de Ponievej fut fondée à Ponievej, en Lituanie, en 1919, peu après la fin de la Première Guerre mondiale, par le rav de la ville, Hagaon Rav Yosef Shlomo Kahaneman.
Loin de se limiter à la yeshiva supérieure, Kahaneman conçut un véritable réseau éducatif articulé, allant de l'enfance à l'étude talmudique avancée. Il établit un Talmud Torah fréquenté par 400 enfants et une yeshiva préparatoire destinée à alimenter l'institution principale. Cette structuration pyramidale — école élémentaire, institution préparatoire, yeshiva supérieure — annonce déjà la pensée institutionnelle qu'il déploiera plus tard en Terre sainte.
Le rav de Ponievej ne fut pas seulement un homme d'étude : il s'engagea dans la vie publique de la Lituanie nouvellement souveraine. Il fut un dirigeant de l'Agudat Israel et un membre élu du parlement lituanien. Les archives de la communauté de Ponievej confirment cette dimension politique en le rattachant aux institutions fondatrices de l'État lituanien : parmi les délégués au Seimas constituant figurait le rabbin Yosef-Shlomo Kahaneman, qui devint le rabbin de Ponievej en 1919. Cette double appartenance — autorité spirituelle et représentant politique — illustre la place qu'occupaient encore les rabbins de stature dans la vie des minorités juives d'Europe centrale et orientale de l'entre-deux-guerres.
Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale surprit Kahaneman hors de Lituanie, circonstance qui lui sauva la vie. Kahaneman se trouvait en mission à l'étranger lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata. Cet éloignement fortuit allait faire de lui le survivant et le reconstructeur d'un monde voué à l'anéantissement.
Le sort de l'institution qu'il avait fondée fut celui de l'ensemble du judaïsme lituanien sous l'occupation nazie. Les notices biographiques résument la catastrophe sans détour : après l'entrée des nazis à Ponievej, la yeshiva fut détruite et ses élèves assassinés. La presse de l'époque, rendant compte de l'œuvre de reconstruction, qualifiait la destruction de Ponievej de tragédie au cœur même de l'entreprise du rav. « La reconstruction de la yeshiva, impitoyablement détruite durant l'Holocauste hitlérien, est une histoire qui force l'admiration », écrivait un document officiel américain cité en 1968.
Devant l'ampleur du désastre, Kahaneman tenta d'abord d'agir pour sauver des vies, avant de réorienter toute son énergie vers la reconstruction. Après des tentatives infructueuses de sauver les Juifs d'Europe, Kahaneman se consacra au développement de communautés en Palestine : il y construisit la Kiryat Ha-Yeshiva à Bnei Brak ainsi que les orphelinats Batei Avot, et voyagea dans la diaspora pour assurer le soutien financier de la yeshiva, qu'il améliora et agrandit sans cesse. Ce chapitre marque le pivot de sa vie : le passage du rabbin d'une communauté florissante au survivant qui choisit la création contre l'effacement.
C'est en Terre d'Israël, sous le Mandat britannique, que Kahaneman entreprit la résurrection de son œuvre. Le rabbin Kahaneman émigra vers la Palestine sous mandat britannique en 1940. Quatre ans plus tard, il refonda l'institution disparue sur une colline de Bnei Brak, mobilisant à la fois sa mémoire et un verset prophétique comme programme. Des centaines d'élèves et de membres du personnel de la yeshiva périrent durant la Seconde Guerre mondiale, mais Rav Kahaneman, homme de rêve et de vision, rassembla les survivants, fit son alyah et refonda la yeshiva à Bnei Brak en 1944.
Le projet de Bnei Brak dépassait la seule reconstitution d'une salle d'étude : Kahaneman entendait reconstruire une « ville de la Torah » et prendre soin de la génération brisée par la guerre. Il bâtit la Kiryat Ha-Yeshiva (« la cité de la yeshiva ») à Bnei Brak ainsi que les orphelinats Batei Avot. La vocation de ces foyers est précisée par les sources consacrées à la yeshiva de Ponievej : Batei Avot — un hébergement protégé établi par le rabbin Yosef Shlomo Kahaneman pour les enfants rescapés de la Shoah, les orphelins et les enfants de foyers brisés.
Pour financer cette entreprise considérable, le rav devint un voyageur infatigable des communautés de la diaspora. Le rabbin Kahaneman voyagea largement dans la diaspora pour assurer le soutien financier de sa yeshiva, qu'il améliorait et agrandissait constamment. La presse juive américaine témoigne de ces tournées de collecte jusque dans ses dernières années : octogénaire, « jadis rabbin de Ponievej, en Lituanie, deuxième ville après Kovno, reconnu comme l'un des plus grands talmudistes de son temps », il venait aux États-Unis au profit de sa ville-yeshiva bien-aimée en Israël. Le contraste est saisissant : l'érudit reclus de la Lituanie d'antan devenu, par nécessité et par génie organisateur, l'ambassadeur mondial d'une cause éducative.
À Bnei Brak, Kahaneman occupa une place de premier plan au sein du judaïsme orthodoxe non-hassidique, dit « litvak », dont il devint l'une des figures dirigeantes. Les sources généalogiques et biographiques le décrivent comme un rabbin israélien de la tradition harédie litvak, qui réinstalla la yeshiva de Ponievej à Bnei Brak, rosh yeshiva de cette institution. Au-delà de l'érudition, on lui prête une personnalité marquée : un membre distingué du Conseil des sages de la Torah de l'Agoudat Israël, homme d'une piété profonde et d'un esprit vif.
L'institution qu'il fit renaître ne tarda pas à devenir une matrice productrice d'autres yeshivot et de divisions spécialisées. Les sources consacrées à Ponievej décrivent un ensemble articulé, comprenant notamment une division pour 200 lycéens, la Yeshivat Ponevezh Le'zeirim, ainsi qu'une yeshiva supplémentaire, Grodno Yeshiva – Beer Yaakov, située à Beer Yaakov. Cette ramification prolonge, à l'échelle d'Israël, la logique pyramidale que Kahaneman avait déjà mise en œuvre dans la Lituanie d'avant-guerre.
L'engagement public hérité de ses années lituaniennes se mua, en Israël, en une participation aux instances dirigeantes du judaïsme harédi. Il fut une figure dirigeante de l'organisation Agoudat Israël. Son fils, Avraham Kahaneman, prolongea son œuvre à la tête de l'institution : parmi ses enfants figure Avraham Kahaneman. Ainsi se constitua, autour de la « cité de la yeshiva » de Bnei Brak, un pôle d'autorité et de transmission qui devait peser durablement sur le paysage spirituel d'Israël.
Kahaneman s'éteignit à Bnei Brak, au terme d'une vie consacrée presque entièrement à la reconstruction. Le rabbin Yosef Shlomo Kahaneman mourut le 20 Eloul 5729, soit en 1969 ; il s'éteignit le 3 septembre 1969, à l'âge de quatre-vingt-trois ans, à Bnei Brak. Les notices hébraïques résument son rôle historique en une formule dense : rosh yeshiva de Ponievej en Lituanie avant la Shoah, fondateur de la yeshiva en Terre d'Israël après la Shoah, son premier dirigeant, et membre du Conseil des sages de la Torah de l'Agoudat Israël.
Autour de sa figure s'est tissée une riche mémoire au sein du monde des yeshivot, où circulent des récits relatifs à sa volonté inflexible de reconstruire et à son optimisme face à la catastrophe. La tradition orale rapporte notamment qu'au plus noir de la guerre, il aurait affirmé sa certitude de bâtir une grande yeshiva en Terre d'Israël — propos que les récits liés à la refondation associent au verset cité par lui-même : « Veb'har tzion tihiyeh pleita v'yihiyeh kodesh » (« Mais sur le mont Sion il y aura des rescapés, et ce sera saint »). Ces récits, transmis par les milieux harédis, relèvent davantage de la mémoire édifiante que de l'archive vérifiable ; ils n'en éclairent pas moins l'esprit dans lequel l'œuvre fut accomplie, en parfaite cohérence avec les faits documentés de la reconstruction de 1944.
La postérité institutionnelle, quant à elle, est solidement établie : la yeshiva de Ponievej de Bnei Brak demeure l'un des fleurons du monde litvak, et le nom de son fondateur reste indissociablement lié à l'idée même de continuité de la Torah après la destruction.
La trajectoire de Yosef Shlomo Kahaneman condense les déchirures et les renaissances du judaïsme européen au XXᵉ siècle. Formé dans les grandes yeshivot lituaniennes auprès de maîtres dont il garda toute sa vie l'empreinte, devenu rav et homme public d'une cité juive florissante, il vit son monde anéanti par la Shoah alors qu'il se trouvait, par un hasard salvateur, hors de Lituanie. Le trait qui le distingue dans l'histoire est moins l'érudition, pourtant reconnue, que le refus du deuil stérile : du désastre, il fit le point de départ d'une reconstruction.
L'œuvre de Bnei Brak — yeshiva, institutions préparatoires, orphelinats, ramifications dans tout Israël — constitue un héritage tangible, documenté par les archives et les notices de référence. Autour de cet héritage s'est développée une mémoire vivante, faite de récits et de mots d'esprit transmis de génération en génération. C'est à l'intersection de cette archive et de cette mémoire que se tient véritablement la figure du Rav de Ponievej : un homme qui, ayant tout perdu, choisit de tout rebâtir, et dont l'institution demeure aujourd'hui le témoin le plus éloquent.