אלכסנדר זייד
געגנט: Palestine mandataire
רעגיסטער געשיכטע · באַהיטער, נישט באַזיצער
פֿאַרעפֿנטלעכט דעם 19טן יוני 2026
politician (1886–1938)
Zeid Alexander
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Zaid Alexander1
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Kasem Tabbash, the killer of Alexander Zaid
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<a href="https://zakhor.ai/yi/grands-livres/figures/alexander-zaid">Alexander Zaïd — Zakhor</a>Citation
Alexander Zaïd — Zakhor, https://zakhor.ai/yi/grands-livres/figures/alexander-zaidAlexander Zaïd (1886–1938) occupe, dans l'histoire du sionisme travailliste et de la Deuxième Aliyah, une position singulière : à la fois homme d'action et figure presque mythique, il incarne le passage d'une jeunesse révolutionnaire forgée dans l'Empire russe à l'idéal du Juif nouveau enraciné dans la terre, armé pour la défendre et travaillant de ses mains. Comptant parmi les membres fondateurs des organisations de garde armée Bar-Giora (1907) puis Hashomer (« le Gardien », 1909), il appartient à cette génération restreinte de pionniers qui, au tournant des années 1900-1910, entreprirent de transformer la condition juive en Palestine ottomane [Encyclopaedia Judaica].
La figure de Zaïd échappe pourtant au seul registre documentaire. Sa mort violente en 1938, durant la Grande Révolte arabe, fit de lui un martyr du Yishouv (la communauté juive de Palestine), et l'érection de sa statue équestre sur les collines de Beit She'arim acheva de le hisser au rang d'icône nationale. Le présent ouvrage s'efforce de distinguer, autant que les sources le permettent, ce qui relève de l'archive et de la recherche historique d'une part, et de la mémoire collective et de la légende héroïque d'autre part. Cette tension entre histoire établie et mémoire transmise constitue le fil conducteur de notre étude.
Selon la tradition biographique largement reprise, Alexander Zaïd naquit en 1886 à Zima, en Sibérie orientale, le long du chemin de fer transsibérien, dans une famille au parcours peu ordinaire [Encyclopaedia Judaica ; Yad Ben-Zvi]. Son père aurait été un Juif exilé en Sibérie pour activités révolutionnaires, et sa mère serait issue des Subbotniki — ces paysans russes convertis au judaïsme observant le sabbat. Ce double héritage, mêlant la révolte politique russe et une judéité de conversion, est constamment invoqué pour expliquer la trempe morale et la singularité de l'homme [Yad Ben-Zvi].
Il convient ici de souligner que la plupart de ces éléments généalogiques nous parviennent par la voie du récit transmis, souvent réélaboré après sa mort dans une perspective hagiographique. Orphelin de mère assez tôt, le jeune Zaïd aurait connu une enfance marquée par le déracinement et la pauvreté, gagnant la Crimée puis Vilna, où il se familiarisa avec les milieux ouvriers juifs et le bouillonnement idéologique de l'époque — entre le Bund, le socialisme russe et le sionisme naissant [Encyclopaedia Judaica]. Cette formation intellectuelle et militante, faite d'autodidaxie et d'engagement, prépara son adhésion au courant sioniste-socialiste qui, à la différence des autres mouvances, plaçait l'émigration vers la Terre d'Israël au cœur de son programme. La part de mythe et la part de fait demeurent ici difficiles à démêler, et nous adoptons à dessein le registre de la mémoire transmise.
Zaïd émigra en Palestine ottomane en 1904, à l'âge de dix-huit ans, dans le sillage des premiers contingents de la Deuxième Aliyah (1904-1914), cette vague d'immigration portée par de jeunes idéalistes venus principalement de l'Empire russe après les pogroms et l'échec de la révolution de 1905 [Encyclopaedia Judaica]. Ces pionniers se distinguaient de la Première Aliyah par leur idéologie : ils prônaient la conquête du travail (kibboush ha-avoda) et l'autosuffisance juive, refusant le modèle de la colonie agricole employant une main-d'œuvre arabe.
À son arrivée, Zaïd travailla comme ouvrier agricole et carrier, partageant la condition rude des halutzim (pionniers) dans les exploitations de Judée et de Galilée. C'est dans ce contexte d'enracinement par le travail manuel que mûrit une autre préoccupation, décisive pour sa trajectoire : celle de la défense. Les implantations juives recouraient alors à des gardiens, souvent non juifs, pour protéger récoltes et troupeaux. L'idée que les Juifs devaient assurer eux-mêmes leur propre sécurité — composante essentielle de l'idéal d'autonomie nationale — gagnait du terrain parmi les jeunes militants. Zaïd fut l'un des promoteurs les plus déterminés de cette conviction, qui le conduisit à la fondation des premières organisations de garde [Encyclopaedia Judaica ; Yad Ben-Zvi].
En septembre 1907, Zaïd compta parmi le petit groupe de pionniers réunis à Jaffa, dans la chambre d'Yitzhak Ben-Zvi — futur deuxième président de l'État d'Israël —, qui fondèrent l'organisation secrète Bar-Giora, du nom de Shimon Bar-Giora, l'un des chefs de la révolte juive contre Rome. Cette société clandestine adopta pour devise une formule inspirée d'un poème de Yaakov Cohen, évoquant l'idée que par le sang et le feu la Judée était tombée, et que par le sang et le feu elle se relèverait [Encyclopaedia Judaica]. Le groupe comprenait notamment Israël Shochat, qui en fut la cheville ouvrière, ainsi que Manya Wilbushewitz-Shochat.
Bar-Giora servit de noyau à une organisation plus large et plus structurée, Hashomer (« le Gardien »), fondée à Mesha (Kfar Tavor) en avril 1909. Hashomer prit en charge la garde de plusieurs implantations de Galilée et de la vallée de Jezreel, formant une élite de cavaliers armés, mêlant savoir-faire militaire, connaissance du terrain et maîtrise de l'arabe et des codes locaux. Zaïd y joua un rôle de premier plan, reconnu pour son courage et son intransigeance. L'organisation, peu nombreuse mais d'un grand poids symbolique, posa les jalons d'une tradition d'autodéfense juive qui irriguerait plus tard la Haganah [Encyclopaedia Judaica ; Yad Ben-Zvi]. Ces faits, attestés par les mémoires des fondateurs et par l'historiographie du sionisme travailliste, relèvent du registre solidement établi.
L'histoire de Hashomer ne fut pas exempte de divisions internes, et Zaïd s'y trouva impliqué. Après la Première Guerre mondiale, des dissensions opposèrent les anciens membres sur l'avenir de l'organisation et sur ses rapports avec les institutions naissantes du mouvement ouvrier. Hashomer fut formellement dissous en 1920, ses fonctions étant absorbées par la Haganah, nouvelle organisation de défense placée sous l'autorité de la Histadrout et des instances sionistes [Encyclopaedia Judaica].
Une part des anciens membres, dont Zaïd, participa par ailleurs aux débats entourant la création d'un appareil clandestin et l'acquisition d'armes. La tradition rapporte que Zaïd, fidèle à un certain idéal d'indépendance des gardiens, ne s'aligna pas toujours sur les orientations majoritaires. Ces épisodes, où la mémoire des protagonistes et les reconstructions ultérieures se croisent et parfois divergent, demeurent objets de discussion historiographique : c'est pourquoi nous les inscrivons sous le signe de l'intersection entre tradition et archive, avec un statut probable. Ce qui est en revanche assuré, c'est que Zaïd ne renonça jamais à l'idéal d'enracinement et de garde qui avait structuré sa jeunesse [Yad Ben-Zvi].
Au tournant des années 1920-1930, Alexander Zaïd s'installa avec sa famille sur les collines surplombant la vallée de Jezreel, dans la région de Sheikh Abreik, au service du Fonds national juif (Keren Kayemet) pour garder les terres récemment acquises. C'est là que se joua l'un des épisodes les plus marquants, et historiquement avéré, de sa vie : la redécouverte du site antique de Beit She'arim [Encyclopaedia Judaica ; Israel Antiquities Authority].
En explorant les grottes et les cavités de la colline, Zaïd mit au jour des chambres funéraires et des inscriptions qui se révélèrent appartenir à la nécropole de Beit She'arim, important centre juif de l'Antiquité tardive, siège du Sanhédrin et lieu de sépulture associé à Rabbi Yehouda ha-Nassi, rédacteur de la Mishna. Ses signalements ouvrirent la voie aux campagnes de fouilles archéologiques conduites notamment par Benjamin Mazar à partir des années 1930, qui révélèrent un ensemble exceptionnel de catacombes et d'inscriptions [Israel Antiquities Authority]. Le site est aujourd'hui inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Le rôle de Zaïd dans cette redécouverte, dûment documenté, constitue un volet de son héritage distinct de sa renommée militaire et fonde un lien tangible entre le gardien moderne et la mémoire juive antique de la terre.
Le 10 juillet 1938, durant la Grande Révolte arabe de 1936-1939, Alexander Zaïd fut tué dans une embuscade près de son domicile des collines de Sheikh Abreik, alors qu'il patrouillait à cheval [Encyclopaedia Judaica]. Sa mort, à cinquante-deux ans, frappa profondément le Yishouv et fut interprétée comme le sacrifice exemplaire du gardien tombé sur la terre qu'il avait passé sa vie à défendre.
L'événement transforma aussitôt l'homme en symbole. La mémoire collective sioniste fit de Zaïd l'archétype du shomer (gardien), reliant son destin à la longue chaîne des défenseurs d'Israël, des combattants antiques aux pionniers modernes. Les circonstances précises de l'embuscade, les motifs et l'identité des assaillants ont été relatés selon des versions concordantes mais marquées par la charge émotionnelle et nationale de l'époque ; nous les rangeons donc sous le signe d'une mémoire transmise se nouant à des faits attestés. Le moshav Givat Zaid et plusieurs lieux portent désormais son nom, perpétuant son souvenir [Yad Ben-Zvi].
L'apothéose mémorielle de Zaïd prit forme matérielle en 1938, peu après sa mort, avec l'érection d'une statue équestre le représentant en cavalier scrutant l'horizon de la vallée de Jezreel, œuvre du sculpteur David Polus, dressée sur les hauteurs de Beit She'arim [Yad Ben-Zvi]. Ce monument, l'un des plus reconnaissables du paysage israélien, fixa durablement l'image du gardien solitaire et vigilant, fondu avec la terre et son histoire.
La figure de Zaïd s'est ainsi inscrite dans le panthéon des héros fondateurs du sionisme travailliste, célébrée dans les manuels, les chansons et les commémorations. Cette postérité relève pleinement du registre de la mémoire : elle dit moins l'homme historique que l'usage qu'une nation en construction fit de son exemple, érigeant en mythe l'idéal du pionnier-soldat enraciné. Distinguer le Zaïd de l'archive du Zaïd de la légende demeure la tâche de l'historien, sans pour autant nier la réalité de l'engagement et du sacrifice qui fondèrent cette mémoire.
Alexander Zaïd traverse l'histoire du sionisme comme une figure de seuil : né aux confins de la Sibérie d'un héritage révolutionnaire et d'une judéité de conversion, il vint mourir en sentinelle sur les collines de Galilée. Membre fondateur de Bar-Giora et de Hashomer, redécouvreur du site antique de Beit She'arim, martyr de 1938 promu icône par la statue équestre, il condense en une seule trajectoire les grands thèmes de la Deuxième Aliyah : le travail, la défense, l'enracinement et le sacrifice [Encyclopaedia Judaica ; Yad Ben-Zvi].
Notre étude aura tenté de tenir ensemble les deux versants de cette figure : l'homme attesté par les sources et les mémoires des fondateurs, et le héros façonné par la mémoire nationale. Là où l'archive parle — la fondation de Hashomer, la redécouverte de Beit She'arim, la date et le lieu de sa mort —, l'historien avance en terrain ferme ; là où la tradition prend le relais — ses origines, ses motivations intimes, la portée symbolique de sa fin —, il importe de nommer honnêtement le passage du fait au récit. C'est dans cet équilibre que réside la juste compréhension d'Alexander Zaïd.