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Zakhor
16-17 juillet 1942 · Paris

Quatre mille cent quinze enfants

Treize mille cent cinquante-deux personnes arrêtées en deux jours par la police française. Les Allemands n’avaient pas demandé les enfants.

EstabelecidoVél d'HivPolice françaiseEnfantsReconnaissance

Les 16 et 17 juillet 1942, la police française arrête à Paris et en banlieue treize mille cent cinquante-deux personnes.

Quatre mille cent quinze enfants, cinq mille neuf cent dix-neuf femmes, trois mille cent dix-huit hommes.

Les familles sont entassées au Vélodrome d’Hiver, rue Nélaton, pendant cinq jours sans eau ni sanitaires, avant Drancy, Pithiviers et Beaune-la-Rolande.

Qui l’a faite

L’opération est conduite par la police française — près de cinq mille policiers et gendarmes, avec les fichiers établis par la préfecture depuis 1940.

René Bousquet, secrétaire général à la police, avait négocié les conditions et promis trente mille arrestations en zone occupée et dix mille en zone libre.

Aucun soldat allemand n’a participé aux arrestations.

Les enfants

C’est le point qu’il faut établir avec précision, parce qu’il n’est pas connu.

Les Allemands avaient demandé les adultes. Les enfants de moins de seize ans, nés français pour la plupart, ne figuraient pas dans leur demande.

C’est le gouvernement de Vichy — Laval — qui a proposé de les inclure, pour ne pas avoir à gérer des orphelins et pour ne pas séparer les familles. Ils ont été déportés séparément de leurs parents, quelques semaines plus tard. Aucun n’est revenu.

Cinquante-trois ans

La doctrine officielle de la République, après 1945, était que Vichy était nul et non avenu, et que la France n’avait donc rien à reconnaître.

Le 16 juillet 1995, au cinquante-troisième anniversaire de la rafle, Jacques Chirac reconnaît le rôle de l’État français et de sa police dans la persécution des Juifs.

Il a fallu que la génération des acteurs soit morte pour que la phrase puisse être prononcée.

Ce qui reste à dire

Sur environ vingt-quatre mille Juifs visés par les listes, treize mille ont été pris. Les autres ont été prévenus, cachés, ou n’étaient pas chez eux.

Des policiers ont prévenu. Des concierges ont fait monter des familles sur les toits. Environ les trois quarts des Juifs de France ont survécu — proportion parmi les plus élevées d’Europe occupée.

Les deux faits sont vrais ensemble et ne s’annulent pas. Le second n’excuse rien du premier, et le premier n’efface pas le second.