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Zakhor
1622 – 1623 · Mantoue → Venise

Mantoue, 1622 — la musique permise

Un musicien de cour publie des psaumes à huit voix, et un rabbin de Venise écrit la permission qui les autorise.

EstabelecidoMantoueSalomone RossiLéon de ModèneLiturgie

Salomone Rossi fut violoniste et compositeur à la cour des Gonzague, à Mantoue, au temps où Monteverdi y travaillait. On sait peu de choses de sa vie ; parmi les rares documents qui la touchent figurent les lettres de deux ducs successifs le dispensant de porter le signe jaune que sa condition lui imposait dans la rue.

En 1622-1623 paraît à Venise son recueil Ha-Shirim asher li-Shlomo, « Les cantiques de Salomon » : trente-trois pièces hébraïques à trois, quatre, six et huit voix — des psaumes, le Qaddish, Adon Olam — écrites dans la polyphonie savante de ses contemporains chrétiens.

Le volume s'ouvre sur la préface du rabbin Léon de Modène et sur sa décision juridique autorisant cette musique à la synagogue. L'objection était sérieuse : le chant à parties imite les nations, et l'on ne fait pas de belle musique dans le deuil du Temple. Modène répond par les sources, et tranche pour la permission.

Ce qui a été transmis n'est donc pas seulement une musique : c'est une autorisation. Le moment est rare et se laisse dater — celui où une communauté a décidé que la beauté du siècle n'était pas une chose étrangère.