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Zakhor
Rishonim1001-1100 apr. J.-C.

XIe siècle apr. J.-C.

Rashi et la Première Croisade

Résumé

Rashi (1040-1105) de Troyes compose les commentaires standards de la Bible et du Talmud. La Première Croisade (1096) massacre les communautés rhénanes. Yehuda HaLevi rédige Le Kuzari.

Événements marquants

  • 1040-1105Vie de Rashi (Rabbi Shlomo Yitzhaki) à Troyes ; commentaires de toute la Bible et du Talmud.
  • 1079Bahya ibn Paquda achève Hovot ha-Levavot (Devoirs des cœurs).
  • 1096Première Croisade ; massacres des communautés juives de Mayence, Worms, Spire.
  • c. 1140Yehuda HaLevi publie Le Kuzari ; il meurt en route pour la Terre sainte en 1141.
  • c. 1150Abraham ibn Ezra voyage d'Espagne en Italie, France, Angleterre ; commentaires bibliques rationalistes.
  • 1171Affaire de Blois : première accusation d'empoisonnement rituel en Europe ; 31 Juifs brûlés.

Le siècle en récit

Le XIᵉ siècle apr. J.-C. et le début du XIIᵉ donnent au judaïsme **le commentateur universel** — Rashi — et **le premier grand pogrome médiéval** — les massacres rhénans de 1096. Deux phénomènes inextricables, car c'est à la lumière du premier que le second a pu être surmonté.

**Rashi** (1040-1105), Rabbi Shlomo Yitzhaki, naît à Troyes en Champagne, fait ses études à Worms et à Mayence auprès des disciples de Rabbenou Gershom, et revient fonder à Troyes sa propre école. Il vit du travail de la vigne — l'un des rares éléments connus de sa vie privée. Mais son œuvre, immense, change le judaïsme. Il compose un commentaire complet de la Bible (Tanakh) et un commentaire presque complet du Talmud babylonien — œuvres à ce point décisives qu'elles sont, depuis mille ans, imprimées en marge de chaque exemplaire de ces deux corpus. Sans Rashi, on ne lit pas le Talmud. Sa méthode : le sens littéral (*pshat*) d'abord, l'analyse grammaticale ensuite, la clarification midrashique où utile. Son français vernaculaire — on y trouve près de deux mille gloses en ancien français — fait de ses commentaires un trésor pour l'histoire du français médiéval.

Rashi est juif, français et européen. Il vit une Europe qui se christianise, où les synagogues côtoient les cathédrales en construction, où les rabbins et les moines partagent parfois les mêmes étagères de bibliothèque. Mais ce monde va vaciller.

En 1095, le pape Urbain II appelle à la Première Croisade pour reprendre la Terre sainte. L'été 1096, des bandes de croisés incontrôlés, précédant les armées régulières, traversent la Rhénanie. Dans leur fanatisme, ils raisonnent : pourquoi aller massacrer des infidèles à Jérusalem alors que d'autres infidèles vivent parmi nous ? À Metz, Spire, Worms, Mayence, Cologne, Trèves, Regensburg, ils attaquent les quartiers juifs. Les Juifs cherchent refuge chez l'évêque, qui parfois les protège, parfois les livre. Face au choix baptême ou mort, beaucoup choisissent le *kiddouch ha-Shem* — la sanctification du Nom — en tuant leurs propres enfants et en se suicidant pour ne pas abjurer. À Mayence, 1 000 Juifs meurent en un jour ; à Worms, 800. Au total, plus de 5 000 Juifs rhénans sont tués en 1096. C'est le premier grand pogrome d'Europe médiévale. Les chroniques hébraïques (*Sefer Zekhirah*) en gardent mémoire. Les communautés se reconstituent, mais le traumatisme est fondateur : les Juifs d'Europe apprennent que leur statut peut s'effondrer du jour au lendemain.

En al-Andalus, la lumière brille encore. **Bahya ibn Paquda**, cadi rabbinique à Saragosse, écrit vers 1079 *Hovot ha-Levavot* (« Les Devoirs des cœurs »), premier grand traité d'éthique spirituelle juive — la vie juive n'est pas seulement observance extérieure mais transformation intérieure.

**Yehuda HaLevi** (c. 1075-1141), né à Tudela, médecin à Tolède puis à Cordoue, est le plus grand poète hébreu du Moyen Âge. Ses *Shirei Tsiyon* (« Chants de Sion ») expriment un amour brûlant pour la Terre d'Israël. Son traité philosophique, *Le Kuzari*, met en scène la conversion du roi khazar au judaïsme face à un philosophe, un chrétien, un musulman et un rabbin ; c'est la défense la plus brillante du particularisme juif. En 1140, il quitte l'Espagne pour Jérusalem. La tradition le fait mourir aux pieds de la Ville sainte, piétiné par un cavalier arabe, en récitant son *Ode à Sion*.

**Abraham ibn Ezra** (1089-1167), autre Andalou itinérant, sillonne l'Europe — Italie, France, Angleterre, Provence — écrivant des commentaires bibliques rationalistes qui influenceront Spinoza, et des traités d'astronomie, de médecine, de poésie, de philosophie. En lui, un dernier rayon d'al-Andalus passe aux rabbins ashkénazes et provençaux. Le XIIᵉ siècle s'annonce glorieux malgré tout.

Personnalités du siècle (150)

Abba Gorion de Sidon

Abiathar ben Elijah ha-Cohen

fin du XIe siècle

Gaon de Terre d'Israël, auteur de la Meguilat Evyatar.

Abiathar Ha-kohen du Caire

Abin Ou Abun

Abraham ben Isaac Ha-kohen

Abraham ben Meir Ha-kohen

Abraham ben Samuel

Abu Isḥaḳ Al-elviri

Abun ben Saul

Abun ben Sharada

Achis

Ahimaaz ben Paltiel

Alexander Ii., Pape

Alfonsi, Petrus

Amnon de Mayence

Amram ben Isaac ibn Shalbib

Amram de Jérusalem

Anaclet Ii.

Anan ben Marinus Ha-kohen

Badis

Bahya ben Joseph ibn Paḳuda

Bahya ibn Paquda

c. 1050-1120

Philosophe et moraliste de Saragosse, auteur des Devoirs du cœur (Hovot ha-Levavot), premier traité systématique d'éthique et de spiritualité juive. Son œuvre, qui explore la vie intérieure et la dévotion sincère, reste l'un des livres de piété les plus lus du judaïsme.

Baruch

Baruch Ben Isaac Albalia

1077–1127

Spanish judge and head of a yeshivah in Córdoba

Baruch ben Samuel

1100–1221

rabbin allemand

Baṭalyusi, Al-hafiz Abu Mohammed Abd Allah ibn Mohammed ibn Al-sid Al

Belle-assez Ou Rachel

Bellette

Benjamin B. Samuel of Coutances

Benjamin ben Zeraḥ

Benoît Viii

Bérenger de Narbonne

Bernard de Clairvaux

Chélub

Cid, Campeador Ruy Diaz de Vivar

Damiani, Pierre

Daniel ben Azariah

mort en 1062

Gaon de Terre d'Israël, descendant des exilarques babyloniens.

David Ha-levi

Dion Cassius

Dioscorides, Pedacius Ou Pedanius

Dosa ben Saadia

1012–1018

Gaon de Soura, fils de Saadia Gaon.

Elhanan ben Isaac of Dampierre

1100–1184

French Tosafist

Eliakim ben Meshullam

1030–1001

rabbin allemand

Élie ben Menahem Ha-zaḳen

Élie ben Mordécai

Éliezer ben Isaac le Grand

Eliezer ben Nathan de Mayence (Ra'avan)

c. 1090–c. 1170

Décisionnaire, chroniqueur des persécutions de 1096.

Eliezer ben Samuel

1100–1190

rabbin français

Elijah ha-Kohen ben Solomon

mort en 1084

Gaon de Terre d'Israël, dernier à siéger à Tyr.

Empédocle D'agrigente

Siècle corrigé à la relecture : 11e siècle — Grec du Ve siècle avant J.-C. mais sujet traité par philosophes juifs médiévaux

Ghazali, Abu Ḥamid Mohammed ibn Mohammed Al-

Ḥafz Al-ḳuṭi

Haï Gaon

939–1038

Dernier grand gaon de Poumbedita, autorité halakhique suprême de son temps, auteur de nombreux responsa et de traités juridiques. Sa mort marqua la fin de l'ère des gueonim.

Hananel ben Houchiel

vers 990–1053

Talmudiste de Kairouan, auteur de l'un des premiers commentaires continus du Talmud, transmettant les traditions des gueonim. Son œuvre influença Rashi et les décisionnaires séfarades.

Hanoch ben Moïse

mort 1014

Rabbin de Cordoue, figure de l'autonomie talmudique de l'Espagne.

Ḥasdai , Abu Al-faḍl ben Joseph ibn

Ḥasdai, Abu Omar Joseph ibn

Ḥazzan, Eleazar Ha-

Hezekiah Gaon

1038–1040

Gaon de Poumbedita et exilarque, dont la mort marque la fin de la période gaonique.

Hillel ben Eliakim

1001–1101

rabbin grec

Hiyya al-Daudi

1080–1154

rabbin espagnol

Ibn Alfange

Ibn Bal'am, Abu Zakarya Yaḥya

Ibn Ezra, Moïse ben Jacob Ha-sallaḥ

IBN GABIROL, SOLOMON BEN JUDAH , connu aussi sous le nom d'Avicebron

Ibn Ghayyat, Isaac ben Judah

Ibn Migas, Joseph

Ibn Migas, Joseph ben Meïr Ha-levi

Ibn Migas, Meïr

Isaac Albalia

1035–1094

Andalusian Jewish Talmudist and astronomer (1035–1094)

Isaac Alfasi (le Rif)

1013–1103

Talmudiste né en Algérie et actif à Fès puis en Espagne, il composa le Sefer ha-Halakhot, abrégé halakhique du Talmud. Son œuvre fut une source majeure pour le Choulhan Aroukh.

Isaac B. Menahem le Grand

Isaac bar Bahlul

Datation incertaine : entre le XIe siècle et le XIIe siècle (hypothèse) — d'après Isaac bar Bahlul, érudit caraïte, fin XIe ou début XIIe siècle

Isaac ben Levi ben Saul de Lucène

Isaac ben Melchizedek

1090–1160

12th century commentator on the Mishnah

Isaac ben Reuben Albargeloni

1043–1200

poet

Isaac ibn Barun

1001–1128

grammairien hébraïque andalou

Isaac ibn Ghayyat

v. 1038–1089

Halakhiste et payetan à Lucena, auteur du Meah Shearim, maître d'Isaac Alfasi.

Isaac ibn Ḥalfon, Abu Ibrahim

Isḥaḳ. ibn 'ali ibn Isḥaḳ

Israël ha-Kohen ben Samuel ben Hofni

1018–1033

Dernier gaon de Soura, fils de Samuel ben Hofni.

Jacob B. Yaḳar

Jacob ben Jekuthiel

Jacob ben Moses ben Abun

Jeshua ben Judah

Joseph ben Solomon de Carcassonne

Joseph Cara

1065–1135

exégète juif du Nord de la France

Joseph ibn Naghrillah

v. 1035–1066

Fils de Samuel haNagid, vizir de Grenade, tué lors du massacre de 1066.

Joseph ibn Tzaddik

v. 1075–1149

Rabbin, poète et philosophe à Cordoue, auteur du Microcosme (Olam Katan).

Juda ben Barzilaï

1070–1140

rabbin et talmudiste andalou (XIe - XIIe siècle)

Judah B. Abun

Judah ben Moses D'arles

Judah ben Nathan

1050–1140

12th century bible commentator, son-in-law of Rashi

Judah ben Nathan (Rivan)

fin XIe–XIIe siècle

Gendre et disciple de Rachi, glossateur du Talmud.

Judah Ha-darshan ben Moses

Judah Ha-levi

Kalonymus ben Meshullam

1050–1096

German Jewish martyr

Kalonymus ben Shabbethai

Kamnial , Abraham B. Meïr ibn

Lévi ben Japheth Abu Sa'id

Levi ibn al-Tabban

1100–1200

12th-century Jewish grammarian and poet

Masliah ben Solomon ha-Kohen

v. 1075 – 1139

Dernier grand chef de la yeshiva palestinienne (gaonat) transférée à Fustat, il portait le titre de Ra'is al-Yahud (chef des Juifs) au moins de 1127 jusqu'à sa mort. Fils du Gaon Solomon ben Elijah ha-Kohen, il appartenait à la famille sacerdotale qui dirigeait le gaonat depuis le milieu du XIe siècle. Il aurait été assassiné en 1139 lors des persécutions du vizir Ridwan ibn Walakhshi ; après sa mort, le gaonat se scinda entre Damas et Fustat.

Mattithiah de Paris

Maẓliaḥ ben Elijah ibn Albaẓaḳ

Meïr ben Isaac D'orléans

Meir ben Samuel

1060–1130

French rabbi

Meïr ben Samuel de Ramerupt

c. 1060–c. 1135

Gendre de Rachi, père de Rabbeinu Tam et du Rashbam.

Ménachem ben Machir

Menahem ben Helbo

XIe siècle

Exégète français précurseur, antérieur à l'école tossafiste.

Merwân Ha-lévi

Minna of Worms

1050–1096

Jewish martyr and businesswoman

Moïse de Pavie

Moïse de Worms

Moïse Ha-darshan

Moïse Ibn al-Taqana

Poète hébraïque satirique juif du XIe siècle, issu d'une noble famille juive de Saragosse ; seul membre documenté du patronyme Ibn al-Taqana.

Moïse Kalfo

Moše Bar-Šemû'ēl Ibn-Ǧîqaṭîlā

1020–1080

rabbin et grammairien hébraïque andalou

Nagdela , Abu Husain Joseph ibn

Natan'el al-Fayyumi

1090–1165

Jewish writer

Nathan ben Jehiel

Nathan ben Machir Ou Ha-makiri

Nathan ben Yehiel de Rome

v. 1035–1106

Lexicographe juif italien, auteur de l'Aroukh, premier grand dictionnaire talmudique. Son œuvre reste un outil essentiel pour la compréhension du Talmud.

Nissim ben Jacob ben Nissim ibn Shahin

Ovadia le Prosélyte

1073–1150

musicien italo-normand

Pecherski, Feodosi

Pierre Alphonse

1062–1140

écrivain juif d'origine andalouse

Rabbi Shlomo Yitzhaki (Rachi / Rashi)

1040–1105

Né à Troyes vers 1040, il étudia dans les yeshivot de Mayence et Worms puis revint à Troyes où il fonda une école et vécut du commerce (vin). Il est considéré comme le plus grand commentateur de la Bible hébraïque et du Talmud de Babylone. Son commentaire du Talmud figure dans toutes les éditions depuis la première impression de Bomberg (années 1520) et l'étude de la Bible et du Talmud commence encore aujourd'hui par ses gloses.

Rivam

1090–1130

rabbin français

Saadia ben Naḥmani

Salomon ben Abraham ben Jéhiel

Salomon ben Samson

Salomon de Tours

Salomon ibn Gabirol

c. 1021-1058

Poète et philosophe de Malaga, auteur de la Source de vie (Meqor Hayyim), traité néoplatonicien si universel que les scolastiques chrétiens le crurent musulman (sous le nom d'Avicebron). Son poème Keter Malkhout (Couronne royale) est récité à Kippour dans le rite séfarade.

Samuel B. Meïr

Samuel bar Asher

Samuel ben Hofni

mort en 1013

Gaon de Soura, halakhiste et exégète, beau-père de Haï Gaon, auteur de commentaires rationalistes sur la Torah. Il fut l'un des derniers grands gueonim de Babylonie.

Samuel ben Jacob ibn Jam

1100–1200

Samuel ben Jehiel

Samuel ben Natronai

1100–1175

12th-century German Tosafist

Samuel ibn Abun B. Yaḥya

Samuel of Speyer

1100

Rabbi from Hasidei Ashkenaz

Shabbethai ben Moses

Simha ben Samuel de Vitry

1100–1105

rabbin français

Simḥah B. Isaac B. Kalonymus Ha-kohen

Solomon ben Judah

première moitié du XIe siècle

Gaon de Jérusalem, abondamment documenté par la Gueniza du Caire.

Tobiah ben Eliezer

Tobie ben Éliézer

vers 1050–1108

Exégète et payetan byzantin, auteur du Lekah Tov (Pessikta Zoutarta), commentaire midrachique de la Torah. Il fut une figure du judaïsme grec médiéval.

Yaḳḳar ben Samuel Ha-levi I

Yehuda Halevi (Juda Halévi)

v. 1075 – v. 1141

Rabbi Yehuda ben Shmuel ha-Levi, né à Tudèle vers 1075, l'une des figures majeures de l'âge d'or séfarade, surnommé le « Chantre de Sion ». Médecin à Tolède et Cordoue, il est l'auteur du Kuzari (défense de la foi juive rédigée en arabe vers 1140) et de quelque huit cents poèmes, dont les célèbres Odes à Sion (Sionides).

Zacharie ibn Sa'id Al-yamani