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Zakhor
Gaonim & al-Andalus901-1000 apr. J.-C.

Xe siècle apr. J.-C.

L'âge d'or andalou

Résumé

Samuel HaNagid, vizir et général de Grenade, poète hébreu. Ibn Gabirol compose Keter Malkhut. L'école de Kairouan rayonne avec Hanaël et Nissim. Le Maghreb produit grammairiens et halakhistes.

Événements marquants

  • c. 1013Prise de Cordoue par les Berbères ; dispersion des lettrés juifs en al-Andalus.
  • 1027-1056Samuel HaNagid, vizir de Grenade, est à la fois général, poète et talmudiste.
  • 1028Rabbenou Gershom « Meor ha-Golah » meurt à Mayence après avoir interdit la polygamie ashkénaze.
  • c. 1040Ibn Gabirol (« Avicebron ») écrit Keter Malkhut et le Fons Vitae.
  • 1038Mort de Hai Gaon ; fin effective du gaonat babylonien.
  • 1066Massacre antijuif de Grenade ; mort de Joseph HaNagid, fils de Samuel.

Le siècle en récit

Le Xᵉ siècle apr. J.-C. et les décennies qui le prolongent constituent l'âge d'or juif d'al-Andalus. Jamais depuis la chute du Second Temple, les Juifs n'avaient atteint un tel épanouissement culturel et social. Cordoue, Grenade, Tolède, Lucena deviennent des métropoles où poètes, philosophes, médecins, astronomes et vizirs juifs travaillent coude à coude avec les grands esprits musulmans. Pour un siècle, l'histoire juive ressemble à une conversation ininterrompue entre l'hébreu et l'arabe.

La génération qui hérite de Hasdai ibn Shaprut est celle des **grammairiens**. Menahem ibn Saruq et Dunash ben Labrat s'opposent sur les racines bilitères ou trilitères de l'hébreu, inaugurant une philologie hébraïque scientifique. Yehuda Hayyuj fixe définitivement la théorie des trois lettres radicales et ouvre la voie à Jonah ibn Janah (XIᵉ siècle), plus grand grammairien hébreu de tous les temps. Leur méthode, inspirée des grammairiens arabes, donnera à la Bible une lecture nouvelle.

L'âge d'or passe aussi par la **poésie hébraïque** andalouse, qui renaît après mille ans de sommeil. Samuel HaLévi ibn Nagrela (993-1056) — **Samuel HaNagid**, le « prince » — est son premier grand poète. Vizir militaire du royaume ziride de Grenade, il mène lui-même les armées en campagne, rentre la nuit pour écrire des poèmes hébreux sur le vin, l'amour, la guerre, la mort. Son *Diwan* compte 1 700 pièces. Ses lettres sur la halakha — l'introduction au Talmud qu'on imprime encore aujourd'hui — font de lui aussi un halakhiste majeur. Il meurt en pleine gloire en 1056. Son fils Joseph lui succède comme vizir, mais son arrogance déclenche un massacre antijuif à Grenade en 1066 — plus de 1 500 morts, fin violente de l'âge d'or à Grenade.

**Salomon ibn Gabirol** (c. 1021-1058), né à Malaga, vivant à Saragosse, est le grand philosophe-poète du siècle. Son *Keter Malkhut* (« Couronne royale »), grande hymne cosmologique, sera intégré au rituel de Yom Kippour des séfarades. Son *Fons Vitae* (Meqor Hayyim), traité néoplatonicien en arabe, traduit en latin au XIIᵉ siècle, influencera la scolastique chrétienne sous le nom d'*Avicebron* (on croira longtemps qu'il s'agissait d'un philosophe arabe chrétien).

En dehors d'al-Andalus, l'époque voit aussi l'essor du **judaïsme ashkénaze**. Rabbenou Gershom ben Yehuda de Mayence (c. 960-1028), surnommé *Meor ha-Golah* (« Lumière de l'exil »), fixe la jurisprudence rhénane. Il promulgue des *taqanot* (décrets) qui structurent pour mille ans le judaïsme ashkénaze : interdiction de la polygamie, interdiction du divorce contre le consentement de l'épouse, interdiction de lire le courrier d'autrui, protection des excommunications des tribunaux rabbiniques. Son école à Mayence forme les maîtres qui enseigneront Rashi au siècle suivant.

En Afrique du Nord, **Kairouan** devient le troisième grand centre. Hananel ben Houshiel (c. 990-1053) compile un commentaire du Talmud que Rashi citera abondamment. Son compatriote Nissim ben Yaakov rédige *Maftéah Manoul* et le recueil de récits *Hibbur Yafeh mé-ha-Yeshouah* — première anthologie narrative juive médiévale.

**En Babylonie, le déclin.** Hai Gaon (939-1038), dernier grand Gaon, continue l'œuvre des Gaonim. À sa mort, ses successeurs ne portent plus le même rayonnement. Le gaonat s'éteint. Le centre du judaïsme mondial, définitivement, est passé à l'ouest — à Fès, Cordoue, Kairouan, Mayence. Le millénaire suivant sera celui des Rishonim.

Personnalités du siècle (107)

Aaron ben Meïr

Xe siècle

Gaon de Terre d'Israël, opposé à Saadia dans la controverse du calendrier de 922.

Aaron ben Moses ben Asher

Aaron de Jérusalem

1000–1100

grammairien et Sage karaïte

Aaron ibn Sargado

943–960

Gaon de Poumbedita, adversaire de Saadia Gaon.

Abda

Abitur, Joseph ben Isaac ben Stans ibn

Abraham ben Judah

Datation incertaine : entre le IXe siècle et le XIe siècle (hypothèse) — d'après Isaac Israeli mort vers 950 ; Abraham Ben Judah utilise/extrait ce travail médical hébreu.

Aharon ben Moshe ben Asher

1000–960

scribe juif

al-Baṣri al-Lawi

Alphonse

Amittai ben Shephatiah

Amram de Mayence

Datation incertaine : entre le IXe siècle et le XIe siècle (hypothèse) — d'après Rabbi et saint à Mayence et Cologne ; légende médiévale, école rhénane du Xe-XIe siècle.

Antonia

Asad

Avicenne

Ben Kafron Ou ibn Capron

Ben Meïr

David Al-ḳumisi

David ben Abraham

David ben Boaz

David ibn Merwan al-Mukkamas

950–937

Medieval Judeo-Arabic philosopher and controversialist

Donash ben Labrat

c. 920-990

Poète et grammairien de Fès puis de Cordoue, il introduisit la métrique arabe dans la poésie hébraïque, révolutionnant la prosodie juive. Sa controverse avec Menahem ben Saruq sur la grammaire hébraïque fonda la philologie hébraïque scientifique.

Dunash ben Labraṭ

Dunash ben Tamim

vers 890–960

Savant, médecin et astronome de Kairouan, disciple d'Isaac Israeli, auteur d'un commentaire sur le Sefer Yetsira. Il contribua à la grammaire hébraïque comparée.

Eleazar ben Ziṭa Abu Al-sari

Elhanan ben Shemariah

Datation incertaine : entre le Xe siècle et le XIe siècle (hypothèse) — d'après Talmudiste égyptien, florissait Xe-XIe siècles, correspondant de Hai Gaon.

Eliahou ben Menahem

980–1060

11th-century French Tosafist

Éliezer ben Faruḥ

Enoch ben Moses

Gershom ben Judah

Gueber

Hai ben Sherira

Hananeel ben Ḥushiel

Harselani, Abraham Al-

Ḥasan ben Mashiaḥ

Hasdaï ibn Shaprut

c. 915-970

Médecin et diplomate au service du calife de Cordoue, il fut le premier grand mécène de la culture juive en Espagne (Sefarad). Sa correspondance avec le roi khazar Joseph est un document unique sur le royaume juif des Khazars.

Ḥefeẓ B. Yaẓliaḥ

Hushiel ben Elhanan

Xe–XIe siècle

Venu d'Italie, dirigea la yeshiva de Kairouan, y introduisit le Talmud de Jérusalem.

Ibn Ḥusain Daud

Ibn Jau, Jacob

Ibn Killis, Ya'ḳub ben Yusuf

Ibn Shu'aib, Bishr ben Phinehas

Ibrahim ibn Ya'ḳub, L'israélite

Isaac ibn Jasos ibn Saḳṭar

Isaac ibn Yashush

982–1058

Isaac Israeli l'Ancien

vers 832–932

Médecin et philosophe néoplatonicien juif de Kairouan, l'un des premiers auteurs philosophiques juifs médiévaux. Ses traités médicaux furent traduits en latin et étudiés en Europe.

Jabali, Abu Al-ṭayyib Al-

Jacob bar Naṭronai

Jacob ben Ephraim

Jacob ben Nissim ibn Shahin

950–1006

philosophe et rabbin juif ifriqiyien

Jehudi B. Sheshet

Jonah ibn Janah

v. 990–1055

Grammairien à Saragosse, auteur du Kitab al-Tanqih, première grammaire hébraïque complète.

Joseph ben Abraham

950–1040

Philosopher and rabbi

Joseph ben Berechiah

Joseph ben Jacob

Joseph ben Jacob bar Satya

c. 930

Gaon de Soura, rival puis prédécesseur de Saadia.

Joseph ibn Abitur

950–1025

rabbi

Joseph Tov Elem

980–1050

rabbin français

Juda ben David Hayyuj

945–1000

rabbin, exégète et philologue marocain

Juda ibn Balaam

1000–1070

rabbin andalou

Judah ben Eli, Ou 'ali , le Tibérien

Ḳirḳisani, Abu Yusuf Ya'ḳub Al-

Kohen Tzedek ben Joseph

917–922

Gaon de Poumbedita, en conflit avec l'exilarque David ben Zakkaï.

Kohen Tzedek Kahana ben Joseph

gaon 917–935

Gaon de Pumbedita de 917 à 935. Il obtint le partage égal des revenus entre Sura et Pumbedita et affronta l'exilarque David ben Zakkaï puis Mebasser ben Qimoï, gaon rival, dans un schisme apaisé vers 922. Lors du conflit entre l'exilarque et Saadia Gaon (affaire d'héritage), il se rangea du côté de David ben Zakkaï.

Kohen Ẓedeḳ Ii. Kahana ben Joseph

Levi ben Yaphet

1000–1000

Karaite Jewish scholar

Machir ben Judah

Datation incertaine : entre le Xe siècle et le XIe siècle (hypothèse) — d'après Savant français à Metz, 10e-11e siècles ; frère de Gershom Me'or ha-Golah.

Mashiaḥ, Ḥasun ben

Mebasser Kahana ben Kimoi

905–917

Gaon de Poumbedita, rival de Kohen Tzedek pour le gaonat.

Menahem B. Michael B. Joseph Ha-ḳara'i

Menahem ben Saruḳ

Menahem ben Saruq

vers 920–970

Lexicographe et grammairien hébreu de Cordoue, auteur du Mahberet, premier dictionnaire de l'hébreu biblique. Il fut secrétaire de Hasdaï ibn Chaprout.

Meshoullam ben Kalonymos

1000–1100

Moïse ben Enoch

Moïse ben Hanoch

mort v. 965

Fondateur de l'étude talmudique à Cordoue, l'un des « quatre captifs ».

Moïse D'arles

Nathan ben Isaac Ha-kohen Hababli

Nehemiah ben Kohen Tzedek

960–968

Gaon de Poumbedita, prédécesseur de Sherira.

Néhémie ben Kohen Ẓedeḳ

Netira (l'Ancien)

mort en 916

Fondateur d'une importante maison de banque juive à Bagdad, très influent à la cour des califes abbassides. Sous al-Muʿtaḍid, il aurait déjoué le projet d'un vizir de faire mettre à mort de nombreux Juifs. Avec son beau-père Joseph b. Phinehas, il soutint le gaon dans le conflit qui opposa vers 909–916 l'académie de Poumbedita à l'exilarque Ukba.

Nissim ben Jacob

c. 990–1062

Gaon de Kairouan, auteur du commentaire talmudique ha-Mafteah et du Hibbur Yafe.

Paltiel

Rabbenou Guershom

c. 960-1040

Surnommé « Lumière de l'Exil » (Meor ha-Golah), il imposa des décrets (taqqanot) révolutionnaires au judaïsme ashkénaze : interdiction de la polygamie, interdiction de lire le courrier d'autrui, protection de la femme dans le divorce. Fondateur de l'école talmudique rhénane.

Romi, Daniel B. Jehiel

Sahl ben Matsliah

910–990

sage karaïte

Sahl ben Maẓliaḥ Ha-kohen Al-mu'allim Abu Al-sari

Sahl et Isaac ben Netira

première moitié du Xe s.

Fils de Netira, ils occupèrent d'importantes positions dans la société juive de Babylonie et furent des bailleurs de fonds du califat. Lors du conflit de 930 entre l'exilarque David ben Zakkai et Saadia Gaon, ils prirent le parti de Saadia, dont Sahl fut également l'élève.

Salomon ben Jéroham

Salomon ben Judah Ha-babli

Samuel Ha-nagid

Samuel ha-Naguid

993-1056

Vizir du royaume de Grenade, poète, talmudiste et chef militaire — le plus puissant Juif de l'Espagne musulmane. Unique dans l'histoire juive médiévale, il commanda les armées d'un État musulman tout en composant une poésie hébraïque brillante et en soutenant les académies talmudiques.

Samuel ibn Ḥayyim

Datation incertaine : entre le IXe siècle et le XIIe siècle (hypothèse) — d'après Poète liturgique médiéval; lieux et dates naissance inconnus, style poétique.

Seth

Shabbethai Donnolo

913–c. 982

Médecin et astronome né à Oria, auteur du Sefer Hakhmoni sur le Sefer Yetsira.

Shemariah ben Elhanan

Shemarya ben Elhanan

930–1011

Head of the yeshivah of Cairo, Egypt

Siméon B. Isaac B. Abun

Datation incertaine : entre le Xe siècle et le XIe siècle (hypothèse) — d'après Maïence, Xe-XIe siècles ; contemporain Gershom et disciples datés.

Simeon bar Isaac

950–1015

Rabbi, kabbalist, poet

Simeon Kara

1000–1070

rabbin français

Uḳba, Mar

Wiga, Judah

Yaakov ben Yakar

990–1064

rabbin allemand

Yaphet ben Ali

950–1010

rabbin irakien

Yehuda ben Meir

1000–1100

German Talmudic Rabbi

Yir'am of Magdiel

Yitzchak HaLevi

1000–1080

French Talmudist, liturgical poet and Tosafist

Ẓemaḥ ben Kafnai