520 Diasporas & Communautés(31)
Sépharade, ashkénaze, mizrahi… De quelle branche venez-vous ? Chaque communauté, reliée à ses lieux et à ses textes.
Une communauté, c'est un peuple en miniature : des familles rassemblées en un lieu, avec leurs institutions, leurs coutumes et leur destin propre. Les Grands Livres de communautés racontent ces ensembles à travers les diasporas — leur fondation, leur âge d'or, leurs épreuves et leur héritage. De Tolède à Salonique, de Bagdad à Livourne, chaque communauté a tissé un fil singulier de la mémoire collective.
Les Juifs de Béja (Tunisie) · Afrique du Nord
Béja, dans la région agricole du nord de la Tunisie, abritait une communauté juive active dans le commerce des céréales et le colportage desservant l'arrière-pays. De tradition séfarade locale, ses membres étaient organisés autour de leurs synagogues et institutions communautaires. Sous le Protectorat français, ils s'intégrèrent partiellement à la vie économique moderne et bénéficièrent d'un accès à l'enseignement. Après l'indépendance, la communauté se vida au milieu du XXe siècle, ses membres émigrant surtout vers la France et Israël.
Les Juifs de Béjaïa (Bougie) · Afrique du Nord
Communauté du port de Kabylie maritime, florissante au Moyen Âge sous les Hammadides puis les Hafsides.
Les Juifs de Belgrade · Balkans
Belgrade abrita sous domination ottomane une communauté séfarade établie après l'expulsion ibérique, parlant le judéo-espagnol et organisée autour de son quartier de la basse-ville (Dorćol). Au XIXe siècle, après l'autonomie puis l'indépendance serbe, des Ashkénazes venus d'Europe centrale s'y ajoutèrent, et les Juifs obtinrent progressivement l'égalité civique. La communauté, marchande et artisanale, comptait synagogues séfarade et ashkénaze ainsi que des institutions communautaires. Après l'occupation allemande d'avril 1941, les Juifs de Belgrade furent parmi les premiers d'Europe soumis à des massacres systématiques, perpétrés par la Wehrmacht et la SS avec le concours de collaborateurs locaux, et la quasi-totalité fut exterminée entre 1941 et 1942. Une petite communauté se reconstitua après la guerre.
Les Juifs de Beregszász (Berehove) · Europe centrale
Communauté de Ruthénie subcarpatique à forte présence hassidique, prospère avant la Shoah.
Les Juifs de Berlin · Europe centrale
Plus grande communauté juive d'Allemagne, foyer de la Haskala et de la Wissenschaft des Judentums, anéantie sous le nazisme.
Les Juifs de Beyrouth · Proche-Orient
Communauté concentrée dans le quartier de Wadi Abou Jamil, devenue le principal foyer juif du Liban au XXe siècle.
Les Juifs de Béziers · Europe occidentale
Communauté juive du Languedoc médiéval, active jusqu'aux expulsions du royaume de France au XIVe siècle.
Les Juifs de Białystok · Europe orientale
Białystok, centre industriel textile de la Pologne orientale, abritait une communauté juive nombreuse et dynamique qui constituait une large part de la population urbaine. Foyer important du mouvement ouvrier juif, notamment du Bund, elle développa aussi des courants sionistes, des écoles yiddish et hébraïques et une vie associative dense, ses membres travaillant dans le tissage, l'artisanat et le commerce. La ville fut le berceau du Dr Ludwik Zamenhof, créateur de l'espéranto. Sous l'occupation nazie, la communauté fut presque entièrement anéantie : le ghetto, lieu d'un soulèvement armé en août 1943, fut liquidé et ses habitants déportés vers Treblinka et d'autres camps.
Les Juifs de Biskra · Afrique du Nord
Communauté de l'oasis des Ziban, aux portes du Sahara algérien.
Les Juifs de Bistrița (Beszterce) · Europe centrale
Communauté de Transylvanie du Nord, active dans le commerce et la vie religieuse orthodoxe.
Les Juifs de Bizerte · Afrique du Nord
Communauté du port du nord tunisien, mêlant Twansa autochtones et Grana d'origine livournaise.
Les Juifs de Blida · Afrique du Nord
Installés à Blida, dans la plaine de la Mitidja, les Juifs formaient une communauté de marchands, d'artisans et de petits fabricants intégrée à la vie économique de cette ville d'Algérie. Le décret Crémieux de 1870 leur conféra la citoyenneté française, favorisant leur scolarisation et leur participation à la vie urbaine moderne. Sous Vichy, ils subirent l'abrogation temporaire de ce statut et des mesures antisémites. Comme l'ensemble du judaïsme algérien, la communauté de Blida quitta le pays lors de l'indépendance de 1962, principalement vers la France.
Les Juifs de Bogotá (Colombie) · Amérique du Sud
La communauté juive de Colombie, concentrée à Bogotá ainsi qu'à Barranquilla, Cali et Medellín, se forma aux XIXe et XXe siècles par l'immigration de Sépharades venus du Levant et d'Afrique du Nord et d'Ashkénazes d'Europe de l'Est et centrale, certains fuyant les persécutions des années 1930. Établis dans le commerce, l'import-export et l'industrie, ses membres s'intégrèrent à la vie économique du pays. La communauté s'organisa en congrégations distinctes reflétant ses origines et se dota d'institutions communautaires et scolaires actives. Restée de petite taille, elle demeure une communauté structurée, principalement urbaine.
Les Juifs de Bologne · Europe occidentale
Communauté des États pontificaux, prospère à la Renaissance puis expulsée en 1569 lors de la politique anti-juive de la papauté.
Les Juifs de Bombay—Bene Israël · Asie du Sud
Les Bene Israël, distincts de la communauté baghdadie installée à Bombay au XIXe siècle, constituent l'une des plus anciennes composantes du judaïsme indien et revendiquent une présence très ancienne sur la côte de Konkan, au sud de Bombay. Longtemps villageois et notamment pressureurs d'huile, ils conservèrent certaines observances juives tout en s'intégrant à l'environnement local, et se rapprochèrent du judaïsme normatif au contact des Juifs de Cochin puis des Baghdadis, adoptant des usages séfarades. À l'époque coloniale britannique, beaucoup migrèrent vers Bombay, où ils s'illustrèrent dans l'administration, l'armée et les professions, et bâtirent synagogues et institutions. Après 1948, la grande majorité émigra en Israël, ne laissant qu'une communauté résiduelle.
Les Juifs de Bone (Annaba) · Afrique du Nord
Bône (aujourd'hui Annaba), dans l'est de l'Algérie, abritait une communauté juive ancienne qui joua un rôle commercial notable sous la régence ottomane puis sous la domination française. Le décret Crémieux de 1870 accorda la citoyenneté française à la grande majorité des Juifs d'Algérie, accélérant leur francisation, leur scolarisation et leur entrée dans le commerce et les professions libérales. Sous le régime de Vichy, cette citoyenneté leur fut retirée et des mesures antisémites furent appliquées avant d'être abrogées. Comme l'ensemble des Juifs d'Algérie, ceux de Bône quittèrent massivement le pays au moment de l'indépendance, en 1962, s'installant surtout en France.
Les Juifs de Bonn · Europe occidentale
Communauté rhénane médiévale présente le long du Rhin moyen, dotée d'une synagogue de style mauresque au XIXe siècle.
Les Juifs de Bordeaux · Europe occidentale
Bordeaux fut l'une des premières communautés séfarades tolérées en France, formée à partir du XVIe siècle de "nouveaux-chrétiens" d'origine ibérique, marranes revenus progressivement et ouvertement au judaïsme. Marchands et négociants, ses membres jouèrent un rôle important dans le commerce atlantique et colonial, et la communauté obtint des lettres patentes reconnaissant son statut. Au moment de la Révolution française, les Juifs séfarades du Sud-Ouest furent parmi les premiers à se voir accorder la pleine citoyenneté, avant les Ashkénazes de l'Est. Bordeaux conserva par la suite une communauté établie, intégrée à la vie de la cité.
Les Juifs de Boston · Amérique du Nord
Communauté développée par l'immigration est-européenne autour du West End puis de Brookline et Newton.
Les Juifs de Bratislava (Pressbourg) · Europe centrale
Pressbourg (Bratislava), longtemps capitale du royaume de Hongrie sous les Habsbourg, fut l'un des grands centres de l'érudition talmudique ashkénaze, marqué par la yeshivah animée au début du XIXe siècle par Moïse Sofer, dit le Hatam Sofer, figure majeure de la défense de l'orthodoxie face aux réformes. La communauté, ancrée dans un quartier juif ancien, fut un foyer de l'orthodoxie d'Europe centrale et conserva un poids religieux considérable. Au XXe siècle, après la création de la Tchécoslovaquie, elle participa à la vie communautaire moderne. Sous l'État slovaque collaborationniste, à partir de 1942, les Juifs furent déportés vers les camps d'extermination nazis ; la communauté fut décimée, et seule une minorité survécut.
Les Juifs de Breslau (Wrocław) · Europe centrale
Grand centre de Silésie, siège du séminaire rabbinique réformateur de Frankel et de la Wissenschaft des Judentums.
Les Juifs de Breslov (Bratslav) · Europe orientale
Ville de Podolie qui donna son nom au hassidisme de Breslov fondé par Rabbi Nahman.
Les Juifs de Brest-Litovsk (Brisk) · Europe orientale
Brest (Brisk en yiddish), ville frontalière entre la Pologne, la Lituanie et la Biélorussie, fut l'un des plus anciens et prestigieux centres d'érudition talmudique d'Europe orientale. Elle est associée à la dynastie rabbinique des Soloveitchik et à la "méthode de Brisk", approche analytique du Talmud qui marqua durablement l'étude rabbinique ashkénaze. Ses Juifs, longtemps majoritaires dans la ville, étaient marchands, artisans et lettrés, et la communauté disposait de nombreuses synagogues et institutions d'étude. Sous l'occupation allemande, le ghetto fut établi puis liquidé, et la quasi-totalité de la population juive fut massacrée en 1941-1942.
Les Juifs de Brno (Brünn) · Europe centrale
Brno (Brünn), métropole de la Moravie, accueillit après la levée des restrictions de résidence au XIXe siècle une communauté ashkénaze largement germanophone, intégrée à la bourgeoisie industrielle et commerçante de cette grande ville textile. La communauté se dota d'institutions modernes, de synagogues et d'écoles, et participa à la vie économique et culturelle de l'Empire austro-hongrois puis de la Tchécoslovaquie. Sous l'occupation allemande, à partir de 1939, ses membres furent persécutés puis déportés, beaucoup transitant par le ghetto de Theresienstadt avant d'être assassinés dans les camps d'extermination. Après 1945, seule une communauté réduite se reconstitua.
Les Juifs de Brody · Europe orientale
Important centre commercial et religieux de Galicie, foyer de la Haskala et carrefour entre Empires.
Les Juifs de Bruxelles · Europe occidentale
Bruxelles attira d'abord des marchands d'origine ibérique aux temps modernes, puis, surtout à partir de la fin du XIXe et au début du XXe siècle, des immigrants ashkénazes venus d'Europe orientale fuyant la pauvreté et les persécutions. La communauté, active dans le commerce, l'artisanat et les métiers, se dota de synagogues et d'institutions, et la Belgique reconnut le culte israélite parmi les religions officiellement organisées. Durant la Seconde Guerre mondiale, une part importante des Juifs de Belgique fut déportée depuis le camp de rassemblement de Malines, mais beaucoup furent aussi sauvés par des réseaux de résistance et de sauvetage. Après la guerre, la communauté se reconstitua, Bruxelles et Anvers en demeurant les deux grands pôles.
Les Juifs de Bucarest · Europe orientale
Bucarest, capitale de la Roumanie, abrita l'une des plus grandes communautés juives des Balkans, composée d'un noyau séfarade plus ancien et d'une importante population ashkénaze arrivée surtout au XIXe siècle. Très active dans le commerce, l'artisanat, la presse et la vie culturelle, elle disposait de nombreuses synagogues, écoles et institutions, et fut le théâtre de luttes pour l'émancipation, longtemps refusée. Durant la Seconde Guerre mondiale, sous le régime d'Antonescu, les Juifs subirent des persécutions, des spoliations et un pogrom à Bucarest, même si l'intérieur du pays ne fut pas livré à la déportation systématique. Sous le régime communiste, une grande partie de la communauté émigra vers Israël, parfois dans le cadre d'accords négociés entre l'État hébreu et le gouvernement roumain.
Les Juifs de Buenos Aires · Amérique du Sud
Plus grande communauté juive d'Amérique latine, formée d'Ashkénazes et de Séfarades autour du quartier du Once.
Les Juifs de Burgas · Balkans
Communauté séfarade du littoral bulgare de la mer Noire, formée au développement portuaire moderne.
Les Juifs de Bursa · Anatolie
Bursa, ancienne capitale ottomane, comptait une présence juive remontant à l'époque byzantine, renforcée à la fin du XVe siècle par l'arrivée de réfugiés séfarades expulsés de la péninsule Ibérique. Les Juifs y étaient actifs dans le commerce et l'artisanat, notamment dans la soie et les textiles dont la ville était un centre réputé. La communauté, organisée autour de ses synagogues, s'inscrivait dans le cadre tolérant offert par l'Empire ottoman aux Juifs. Au XXe siècle, elle déclina par émigration, ses membres rejoignant surtout Istanbul et Israël.
Les Juifs de Çanakkale (Dardanelles) · Proche-Orient
Communauté séfarade ottomane du détroit des Dardanelles, port de commerce sur la mer Égée.
Les Juifs de Caracas (Venezuela) · Amérique du Sud
La présence juive au Venezuela remonte à l'établissement de Séfarades venus de Curaçao à Coro, mais c'est Caracas qui devint au XXe siècle le principal foyer d'une communauté à la fois séfarade et ashkénaze, prospère et bien organisée. Active dans le commerce, l'industrie et les professions libérales, la communauté se dota de synagogues, d'écoles, de clubs et d'institutions sociales et sionistes, formant l'une des communautés les plus structurées d'Amérique du Sud. L'instabilité politique et économique du pays au début du XXIe siècle entraîna le départ d'une grande partie de ses membres vers les États-Unis, Israël, le Panama et d'autres pays, réduisant fortement ses effectifs.
Les Juifs de Carei (Nagykároly) · Europe centrale
Communauté hassidique de Transylvanie du Nord, liée au courant Satmar et au rabbinat local.
Les Juifs de Casablanca (Dar el-Beïda) · Afrique du Nord
Communauté du grand port atlantique marocain, devenue au XXe s. la plus nombreuse du pays par l'exode rural et urbain.
Les Juifs de Casale Monferrato · Europe occidentale
Communauté piémontaise du Montferrat connue pour sa synagogue baroque richement décorée.
Les Juifs de Cassel (Kassel) · Europe centrale
Communauté de Hesse, siège du consistoire israélite du royaume éphémère de Westphalie sous Jérôme Bonaparte.
Les Juifs de Chalcis (Khalkída) · Grèce
Chalcis (Khalkída), en Eubée, abrite l'une des plus anciennes communautés romaniotes de Grèce, sa présence juive remontant à l'Antiquité et étant évoquée dans des sources anciennes. La communauté, de tradition romaniote, conserva une vie religieuse propre et une synagogue, et demeura toujours de taille modeste. Lors de l'occupation allemande de la Grèce, durant la Seconde Guerre mondiale, ses membres furent visés par les déportations ; une partie parvint à se cacher avec l'aide de la population et de la Résistance grecques. Une présence juive s'y maintint après la guerre, et une synagogue ainsi qu'un cimetière attestent encore son ancienneté.
Les Juifs de Charleston (Caroline du Sud) · Amérique du Nord
Charleston, en Caroline du Sud, fut l'une des premières et des plus importantes communautés juives d'Amérique du Nord, fondée par des Séfarades à l'époque coloniale puis rejointe par des Ashkénazes. À la faveur d'une charte coloniale tolérante, les Juifs y jouirent d'une liberté religieuse précoce et s'intégrèrent au commerce et à la vie de la ville. Charleston fut un berceau du judaïsme réformé en Amérique, un mouvement réformateur y étant apparu dans la première moitié du XIXe siècle au sein de la congrégation Beth Elohim. Longtemps l'une des plus grandes communautés juives du pays, elle demeure un centre historique majeur du judaïsme américain.
Les Juifs de Chełm · Europe centrale
Vieille communauté de Pologne orientale, célèbre dans le folklore juif pour ses « sages de Chełm ».
Les Juifs de Chicago · Amérique du Nord
Communauté formée par des immigrants allemands puis est-européens, concentrée autour de Maxwell Street puis des quartiers nord.
Les Juifs de Chios · Méditerranée / Égée
L'île de Chios, dans la mer Égée, connut une présence juive ancienne, attestée à l'époque byzantine puis sous les dominations génoise et ottomane. La communauté, de tradition romaniote puis influencée par l'apport séfarade, vivait du commerce dans cette île réputée pour ses productions, notamment le mastic. Elle demeura toujours de petite taille. Au fil des siècles et des bouleversements politiques, elle fut progressivement dispersée ou assimilée, ne laissant qu'une présence résiduelle aux époques moderne et contemporaine.
Les Juifs de Chișinău (Kichinev) · Europe orientale
Capitale de la Bessarabie ; le pogrom de Pâque 1903 y suscita une émotion internationale et marqua l'histoire juive moderne.
Les Juifs de Cincinnati · Amérique du Nord
Cincinnati, grande ville de l'Ohio au bord du fleuve du même nom, devint au XIXe siècle un centre majeur du judaïsme américain, en particulier du mouvement réformé, porté par une importante immigration de Juifs germanophones. La ville accueillit en 1875 la fondation du Hebrew Union College, premier séminaire rabbinique durable des États-Unis et grand foyer de formation du judaïsme réformé, étroitement lié à l'action d'Isaac Mayer Wise. La communauté juive, prospère et intégrée, contribua fortement à la vie économique, culturelle et religieuse de la ville. Cincinnati joua ainsi un rôle structurant dans le façonnement du judaïsme américain moderne.
Les Juifs de Cleveland · Amérique du Nord
Cleveland, grand centre industriel de l'Ohio, attira d'abord des Juifs germanophones au milieu du XIXe siècle, puis de fortes vagues d'immigrants ashkénazes d'Europe de l'Est à partir de la fin du siècle. Établis dans le commerce, l'industrie et les professions, ses membres formèrent une communauté nombreuse et active. La communauté développa un dense réseau d'institutions religieuses, éducatives, sociales et philanthropiques, couvrant les différents courants du judaïsme. Comme dans d'autres villes industrielles du Nord-Est, sa population se déplaça au XXe siècle des quartiers d'immigration vers les banlieues. Cleveland demeure une communauté juive importante du Midwest.
Les Juifs de Cluj (Kolozsvár) · Europe orientale
Cluj, principale ville de Transylvanie, abrita à partir du XVIIIe siècle une communauté juive ashkénaze qui crût rapidement après l'émancipation accordée par la monarchie austro-hongroise. Très divisée entre courants orthodoxe, néologue (réformé) et status quo, elle développa synagogues, écoles et une presse juive en hongrois et en allemand, ses membres étant actifs dans le commerce, les professions libérales et l'industrie. Après le rattachement du nord de la Transylvanie à la Hongrie en 1940, ses Juifs furent enfermés dans un ghetto puis déportés à Auschwitz au printemps 1944, où la grande majorité périt. Les survivants se reconstituèrent brièvement après guerre avant que la plupart n'émigrent vers Israël et l'Occident sous le régime communiste roumain.
Les Juifs de Coblence (Koblenz) · Europe occidentale
Communauté rhénane médiévale au confluent du Rhin et de la Moselle, attestée dès le XIe siècle.
Les Juifs de Cobourg (Coburg) · Europe centrale
Communauté franconienne du Landjudentum bavarois, marquée par des expulsions médiévales puis un renouveau moderne.
Les Juifs de Cologne (Köln) · Europe occidentale
Plus ancienne communauté juive attestée au nord des Alpes, présence documentée dès 321 sous l'Empire romain.
Les Juifs de Copenhague · Europe du Nord
La communauté juive de Copenhague fut fondée au XVIIe siècle par des Séfarades, puis rejointe par des Ashkénazes, et bénéficia d'une tolérance croissante dans le Danemark des Lumières, jusqu'à l'émancipation pleine au début du XIXe siècle. Bien intégrés à la société danoise, ses membres étaient présents dans le commerce, la finance, les professions libérales et la vie culturelle, et la ville disposa d'une grande synagogue et d'institutions communautaires. En octobre 1943, face au projet de déportation par l'occupant allemand, la quasi-totalité des Juifs danois fut sauvée grâce à une évacuation maritime vers la Suède, organisée avec le concours de la population. Après la guerre, la communauté se reconstitua et demeure active.
Les Juifs de Cordoue · Europe occidentale
Communauté andalouse florissante sous le califat omeyyade, patrie de Maïmonide, déclinée après les persécutions almohades.
Les Juifs de Coro (Venezuela) · Amérique du Sud
Coro, ville du nord-ouest du Venezuela, accueillit au début du XIXe siècle des Juifs séfarades venus de Curaçao, qui y formèrent la première communauté juive officielle du pays. Marchands actifs dans le commerce caribéen, ils s'intégrèrent à la vie de la cité tout en subissant épisodiquement l'hostilité d'une partie de la population, ce qui provoqua un temps leur départ. La communauté laissa un héritage durable, notamment le cimetière juif de Coro, l'un des plus anciens encore conservés d'Amérique du Sud. La présence juive y déclina ensuite, à mesure que Caracas devenait le centre du judaïsme vénézuélien.
Les Juifs de Costa Rica · Amérique centrale
La communauté juive du Costa Rica se forma surtout dans la première moitié du XXe siècle, à partir d'immigrants ashkénazes d'Europe de l'Est, notamment de Pologne, fuyant la misère, les persécutions et la montée du nazisme. Concentrés à San José, ces immigrants débutèrent souvent comme colporteurs avant de se faire une place dans le commerce et l'industrie. La communauté se dota d'une vie institutionnelle structurée, comprenant synagogue, école et organisations communautaires, et se caractérisa par une forte cohésion interne. Restée de taille modeste, elle demeure aujourd'hui une communauté organisée et active.
Les Juifs de Daugavpils (Dvinsk) · Europe orientale
Grande communauté de Lettonie orientale, siège du rabbin Meir Simcha et de la yeshiva de Dvinsk.
Les Juifs de Debdou · Afrique du Nord
Située dans le Maroc oriental, au pied d'une montagne creusée de grottes-refuges — dont la « grotte de l'Éléphant » —, Debdou fut d'abord un habitat troglodyte avant que l'agglomération ne se développe dans la vallée, le long de la rivière Bourwad. La tradition, rapportée notamment par Rabbi David HaCohen Skali et par Rabbi Yehuda ben Attar, fait de ses fondateurs juifs des exilés de Séville (les « Sevillianos »), chassés d'Espagne à la suite des massacres de 1391 et d'abord absorbés à Tlemcen ; le souverain mérinide Mohammed III (v. 1485-1513), qui fortifia le quartier d'Alqasba, les aurait invités à s'établir à Debdou à la fin du XVe siècle. Ces familles gardèrent longtemps la mémoire de l'exil : les clés d'une maison d'Espagne et des pommes de rouleaux de Torah rapportées d'Espagne se transmettaient chez les Ben Sousan et les Marciano jusqu'au XIXe siècle. Vers 1600 « Debdou était pleine de Juifs » ; pour une raison restée obscure, la communauté se replia ensuite sur Dar Ben Mash'al et ne revint qu'en 1690, sur ordre du roi de Fès. Surnommée « Petite Jérusalem », Debdou doit sa singularité à son identité de « ville des Cohanim » : la très grande majorité de ses familles sont des Cohen qui, par mémoire généalogique, se rattachent à Aaron. Elles s'ordonnent en deux grands clans — les Cohen-Skali, que la tradition fait remonter à Tsadok le Grand Prêtre, et les Cohen-Tsabban (Oulad Aharon) — d'où dérivent de nombreuses sous-branches : Ben Dawd, Aryaych, Azaguri, Ben Zohor, Bousta, Lemoukhalt, Rubin (les « Rubanim »), Bermlil, entre autres. À leurs côtés vivaient de plus rares familles israélites, rattachées elles aussi par tradition à des tribus précises : les Marciano, venus de Murcie et se disant de la tribu de Juda ; les Ben Sousan, originaires de Tolède et faisant remonter leur nom à Suse (tribu de Benjamin) ; ainsi que les Ben Naïm, Ben Hamou, Ben Guigui et Tsoltan. La communauté se percevait ainsi comme l'héritière de trois tribus — Lévi, Juda et Benjamin. Debdou fut renommée dans le monde juif pour ses sages et surtout ses scribes (soferim STaM) : ses rouleaux de Torah, tracés dans l'écriture soignée dite « debdoubi » — parfois sur parchemin de biche —, étaient très recherchés. Elle donna quantité de rabbins, dayanim et poètes, parmi lesquels Rabbi David HaCohen Skali (Kiryat Chana David, Keren le-David), Rabbi Shlomo HaCohen Tsabban (Maalot li-Shlomo, auteur du Kuntres Yiḥes Debdou), Rabbi Shmuel Marciano (Vayaan Shmuel), Rabbi Shlomo HaCohen Azaguri (Vayaketz Shlomo), Rabbi Yossef Ben Naïm (Malkhei Rabbanan) et Rabbi Eliahou Ben Guigui. La tradition rattache aussi à la ville la jeunesse d'étude du tsadik Rabbi Yaakov Abou'hatséra. La vie communautaire s'organisait autour de synagogues — la centrale « Dougam », la synagogue des Cohanim, plusieurs sanctuaires familiaux — et de confréries (h'evra kadicha, Chevrat Rashbi, cercles d'étude du Zohar). On y observait des coutumes propres : endogamie destinée à préserver la pureté du lignage (yiḥus), montants de ketouba fixés par famille, ou encore prénom du père défunt donné à l'enfant posthume. L'économie paraît avoir été correcte, comme le suggère le don notable remis en 1708 à un émissaire de Hébron. Les rapports avec le pouvoir furent variables : la région connut jadis un « royaume de Debdou » autonome, tandis que la révolte de 1903 vit l'emprisonnement de notables juifs. Famines (1779, 1807) et troubles liés à la conquête française de l'Algérie (1830-1910) amorcèrent le déclin. Les familles, très nombreuses, essaimèrent vers Oujda, Fès, Melilla, Nador, Oran et l'Algérie, puis, au XXe siècle, vers Israël et la France. Plusieurs Debdoubis furent tués lors du pogrom de Jerada en 1948 ; la dernière famille juive, celle de Meir Marciano, quitta la ville pour la Terre d'Israël à l'été 1995.
Les Juifs de Debrecen · Europe centrale
Importante communauté du nord-est de la Hongrie, marquée par le courant néologue et un essor au XIXe siècle.
Les Juifs de Dej (Dés) · Europe centrale
Communauté hassidique de Transylvanie, siège d'une dynastie et important centre régional.
Les Juifs de Delhi · Asie du Sud
La présence juive à Delhi est tardive et resta toujours réduite, formée principalement de Bene Israël et de Baghdadis venus de Bombay et de Calcutta, auxquels s'ajoutèrent des expatriés et des diplomates au XXe siècle. À la différence des foyers anciens de la côte ouest ou de Cochin, Delhi n'a jamais abrité une communauté juive nombreuse et historiquement enracinée. La vie communautaire y est restée modeste et largement informelle. La présence juive dans la capitale indienne demeure aujourd'hui marginale.
Les Juifs de Demnate · Afrique du Nord
Nichée à environ 1000 mètres d'altitude au pied du Haut Atlas, à quelque 120 kilomètres à l'est de Marrakech en pays chleuh, Demnat — que la littérature rabbinique du XVIIe siècle mentionne sous le nom de « Ksour Moussa » — a abrité l'une des plus anciennes communautés juives du Maroc. La tradition locale fait remonter l'arrivée des juifs vers l'an 1100, une quarantaine d'années après la fondation de la ville, et les habitants aimaient à rappeler avec fierté que leur cité aurait précédé Marrakech de cent cinquante ans. Avant le XVIe siècle, la communauté conservait un caractère judéo-berbère marqué ; en 1782, Demnat figurait sur la liste dressée à Meknès des vingt-six localités du Maroc pourvues d'une communauté juive. Au XIXe siècle, les juifs formaient environ la moitié d'une population estimée à 4000 âmes. La communauté vivait de l'artisanat et du commerce au service des tribus berbères des villages alentour : tanneurs, orfèvres, forgerons, maçons, menuisiers, cordonniers et tailleurs, auxquels s'ajoutaient prêteurs sur gages, tandis que les femmes tissaient des tapis. Les juifs de Demnat produisaient une mahia (eau-de-vie de raisins secs) et un vin doux réputés parmi les meilleurs du Maroc, selon Nahum Slouschz. On y parlait un mélange de berbère et d'arabe teinté d'hébreu et d'espagnol, la langue d'écriture étant le judéo-arabe. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la communauté était placée sous la protection de Yehoshua Corcos, chef des juifs de Marrakech, qui lui obtint l'exemption de la jizya. Le mellah, ceint d'une muraille séparant le quartier juif de la médina musulmane, comptait sept synagogues selon Slouschz (1913), dont « Al-Jamaa al-Moriscos », fondée par les expulsés d'Espagne et fidèle au rite de prière espagnol. Après les émeutes de 1887, le sultan Hassan Ier fit édifier aux frais du trésor un mellah neuf, achevé en 1893 avec cinq synagogues et un mur de protection — que l'ethnographe Flamand, premier à étudier scientifiquement un mellah, décrivit peuplé de 1600 âmes réparties en 95 maisons. À la mort du sultan en 1894, ces synagogues furent incendiées et le mellah pillé, un sort qui se répéta lors des troubles de 1908. La coexistence judéo-musulmane, réelle, se lisait dans la vénération partagée de saints — ainsi au sanctuaire de Sidi Mhasser, à Imin'Ifri, où juives et musulmanes venaient implorer la fertilité — mais elle fut aussi entachée de violences, dont une tuerie que les historiens situent en 1854 et des conflits récurrents autour de l'eau. La tradition compte onze tsaddikim enterrés à Demnat, parmi les familles Nahmias, Cohen, Danino, Bohbot ou Elmaleh. La vie savante rayonna à travers Rabbi Mordekhaï Attia, auteur du Mar Deror (Izmir, 1730), Rabbi Levi Abitbol, la lignée des Nahmias, et, au XXe siècle, Rabbi Chimon ben Eliyahou Dayan, auteur du Zahav Cheva. La monographie d'Eliezer Bashan a mis en lumière l'« affaire de Demnat » (1864-1911) : après le dahir accordé par Mohammed IV à Moïse Montefiore le 5 février 1864, la communauté subit les cruautés du caïd Haj Jilali — impôts arbitraires, travail forcé, pillages, viols, meurtres et flagellation à mort du grand rabbin nonagénaire Yossef Elmaleh — provoquant la fuite de dizaines de familles et une vaste mobilisation internationale (Alliance israélite, Anglo-Jewish Association, consul américain Matthews, ambassadeurs Drummond Hay et Scovasso), qui aboutit en 1885 à la nomination de David Amar comme représentant protégé. L'Alliance israélite universelle ouvrit une école en 1932, l'une des deux seules de l'Atlas. Frappée par la famine de la Seconde Guerre mondiale puis par les violences de 1954-1955, la communauté émigra massivement vers Israël dès 1949-1950 ; dans les années 1960 il n'en subsistait presque plus rien, et un reportage de 2012 ne recensait plus qu'une seule personne juive à Demnat.
Les Juifs de Didymotique (Dimotika) · Balkans
Communauté romaniote puis séfarade de Thrace grecque, dotée d'une synagogue en bois remarquable.
Les Juifs de Diyarbakir · Proche-Orient / Anatolie
Diyarbakır, dans le sud-est de l'Anatolie, abritait une communauté juive ancienne, en partie de langue judéo-araméenne, voisine des populations kurdes, arméniennes et syriaques de la région. Ses membres étaient marchands et artisans, organisés autour de leurs synagogues et de leurs traditions religieuses. Au cours du XXe siècle, dans un contexte de bouleversements régionaux et d'émigration, la communauté déclina fortement. Ses membres rejoignirent en grande partie Istanbul puis Israël.
Les Juifs de Dnipro (Iekaterinoslav) · Europe orientale
Grand centre industriel ; le père du Rabbi de Loubavitch y exerça comme rabbin avant la Révolution.
Les Juifs de Drama (Macédoine) · Balkans
Drama, en Macédoine orientale grecque, abritait une petite communauté séfarade de langue judéo-espagnole, dont les membres travaillaient surtout dans le commerce du tabac et du coton qui faisait la richesse de la région. Organisée autour de sa synagogue, elle s'inscrivait dans le réseau des communautés séfarades du nord de la Grèce. Sous l'occupation bulgare durant la Seconde Guerre mondiale, la communauté fut déportée en 1943 et exterminée dans les camps nazis, ne laissant pratiquement aucun survivant.
Les Juifs de Dresde · Europe centrale
Communauté de la capitale saxonne, dotée d'une synagogue conçue par Gottfried Semper, détruite sous le nazisme.
Les Juifs de Dublin · Europe occidentale
La communauté juive de Dublin, longtemps modeste, se développa surtout à la fin du XIXe siècle avec l'arrivée d'immigrants ashkénazes venus d'Europe orientale, qui s'établirent notamment autour du quartier de Portobello, parfois surnommé "Little Jerusalem". Ses membres étaient commerçants, colporteurs et artisans, et se dotèrent de synagogues et d'institutions communautaires. James Joyce immortalisa cette présence à travers le personnage de Leopold Bloom dans son roman Ulysse. La communauté, toujours de petite taille, a diminué dans la seconde moitié du XXe siècle, tout en conservant des institutions actives.
Les Juifs de Dubrovnik (Raguse) · Balkans
La République maritime de Raguse (Dubrovnik) tolérait les Juifs comme intermédiaires dans le commerce entre la chrétienté et l'Empire ottoman, tout en les soumettant à des restrictions et en les regroupant dans un ghetto institué au XVIe siècle. La communauté, de tradition séfarade, comptait des marchands et des médecins, et certains de ses membres jouèrent un rôle dans les échanges commerciaux et la diplomatie de la cité. La synagogue de Dubrovnik, aménagée dès le XVIe siècle dans la rue du ghetto, est l'une des plus anciennes conservées d'Europe et témoigne de cette présence séculaire. La communauté demeura toujours réduite et déclina aux époques moderne et contemporaine.
Les Juifs de Düsseldorf · Europe occidentale
Communauté rhénane médiévale, devenue importante au XIXe siècle dans le bassin industriel rhénan.
Les Juifs de Féodosia (Kaffa) · Crimée
Kaffa (Féodosia), ancien comptoir génois sur la côte de Crimée, abrita l'une des plus anciennes présences juives de la péninsule, attestée de longue date et composée de plusieurs groupes : des Romaniotes hellénophones, des Krymchaks de langue turque et de rite rabbinique, et des Karaïtes. Carrefour commercial de la mer Noire sous domination génoise puis ottomane, la ville offrait aux Juifs un rôle dans les échanges. La communauté connut ensuite l'intégration à l'Empire russe. Lors de l'occupation allemande de la Crimée, en 1941-1942, les Juifs de la ville, en particulier les Krymchaks, furent massacrés par les Einsatzgruppen, et la communauté fut presque entièrement anéantie.
Les Juifs de Figuig · Afrique du Nord
Figuig, grande oasis à la frontière entre le Maroc et l'Algérie, abritait une communauté juive ancienne dont les membres, souvent berbérophones, étaient commerçants et artisans implantés dans cet important relais caravanier. Organisés autour de leurs synagogues, ils participaient aux échanges entre le Sahara et les villes du nord. Au cours du XXe siècle, et particulièrement à partir du milieu du siècle, la communauté se vida par émigration vers les grandes villes marocaines puis Israël.
Les Juifs de Florence · Europe occidentale
Communauté toscane protégée par les Médicis, dotée d'un ghetto en 1571 puis d'une grande synagogue après l'émancipation.
Les Juifs de Florina · Grèce
Petite communauté séfarade de Macédoine grecque occidentale, anéantie durant la Shoah.
Les Juifs de Fürth · Europe centrale
Centre majeur d'études talmudiques en Franconie, surnommé « la Jérusalem franconienne » pour ses yeshivot.
Les Juifs de Gabès · Afrique du Nord
Établis dans l'oasis côtière de Gabès, dans le sud de la Tunisie, les Juifs y formaient une communauté ancienne de petits commerçants et artisans, voisine des populations berbères et arabes. De rite séfarade local, ils étaient organisés autour de leurs synagogues et de leurs institutions religieuses et conservaient des traditions distinctes propres au judaïsme du Sud tunisien. Sous le Protectorat français, ils s'ouvrirent en partie à l'enseignement moderne. Après l'indépendance de la Tunisie, la communauté se vida progressivement, ses membres émigrant principalement vers la France et Israël.
Les Juifs de Gafsa · Afrique du Nord
Gafsa, ville du centre-ouest tunisien à la fois carrefour caravanier et centre minier, abritait une communauté juive ancienne de marchands et d'artisans. De rite séfarade local, ses membres parlaient l'arabe judéo-tunisien et étaient organisés autour de leurs synagogues. Sous le Protectorat français, ils s'ouvrirent partiellement à l'enseignement et à la langue française. Au cours du XXe siècle, et surtout après l'indépendance, la communauté émigra en grande partie vers la France et Israël.
Les Juifs de Galanta · Europe centrale
Bourgade hassidique de Slovaquie méridionale, siège d'une dynastie et d'une yeshiva renommées.
Les Juifs de Gallipoli (Gelibolu) · Anatolie / Thrace
Gallipoli (Gelibolu), port des Dardanelles, accueillit après l'expulsion ibérique une communauté séfarade reliée aux circuits commerciaux de la mer Égée et de la région des Détroits. Ses membres parlaient le judéo-espagnol et étaient organisés autour de leurs synagogues, participant aux échanges maritimes de l'Empire ottoman. Communauté de taille modeste, elle fut peu à peu absorbée par l'attraction des grands centres juifs ottomans, comme Istanbul et Salonique, vers lesquels ses membres migrèrent.
Les Juifs de Gaziantep (Aïntab) · Proche-Orient
Communauté juive du sud-est anatolien, de tradition mizrahi proche du monde syrien d'Alep.
Les Juifs de Gênes · Europe occidentale
La présence juive à Gênes, attestée dès le haut Moyen Âge, fut intermittente, la République ligure alternant entre tolérance commerciale et mesures d'expulsion. Au tournant du XVe au XVIe siècle, la ville servit notamment de port de transit aux Juifs chassés d'Espagne après 1492, dont beaucoup furent maintenus dans des conditions précaires avant de poursuivre leur route. Des marchands séfarades et des Juifs italiens (Italkim) y furent autorisés à résider par périodes, surtout à partir du XVIe siècle, lorsque la République chercha à attirer le négoce levantin. La communauté demeura toujours modeste, soumise à des restrictions de séjour, avant d'obtenir une existence plus stable après l'émancipation du XIXe siècle. Sous l'occupation allemande de 1943-1945, une partie des Juifs génois fut déportée.
Les Juifs de Gérone · Europe occidentale
Communauté catalane médiévale, foyer de la kabbale espagnole autour de Nahmanide, anéantie par les violences de 1391.
Les Juifs de Glasgow · Europe occidentale
Glasgow abrita la principale communauté juive d'Écosse, formée surtout d'immigrants ashkénazes venus d'Europe orientale à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Ses membres étaient actifs dans le commerce, l'artisanat, le colportage puis les professions libérales, et se concentrèrent un temps dans le quartier des Gorbals avant de gagner d'autres secteurs de la ville. La communauté se dota de synagogues, d'écoles et d'institutions sociales et religieuses. Elle constitua l'une des plus importantes concentrations juives du Royaume-Uni avant de décliner démographiquement dans la seconde moitié du XXe siècle.
Les Juifs de Góra Kalwaria (Ger) · Europe centrale
Bourgade près de Varsovie, siège de la grande dynastie hassidique de Ger (Gur), parmi les plus nombreuses.
Les Juifs de Goulimine · Afrique du Nord
Goulimine (Guelmim), aux portes du Sahara dans le sud du Maroc, abritait une communauté juive de commerçants et de caravaniers participant aux échanges transsahariens. Souvent berbérophones, ses membres servaient d'intermédiaires dans le négoce des produits du désert et des oasis. Organisée autour de sa synagogue et de ses traditions, la communauté entretenait des liens avec les autres foyers juifs du Sud marocain. Au cours du XXe siècle, ses membres émigrèrent vers Agadir, Casablanca et Israël.
Les Juifs de Grodno (Hrodna) · Europe orientale
Grodno (Hrodna), dans la région frontalière polono-biélorusse, fut un ancien carrefour commercial et intellectuel juif, où la communauté bénéficia de privilèges dès l'époque du grand-duché de Lituanie. Marchands, artisans et lettrés y entretenaient synagogues et maisons d'étude, et la ville s'inscrivait dans la tradition d'érudition lituanienne (litvak). À l'époque moderne, elle connut une vie politique juive diversifiée, des mouvements ouvriers aux courants sionistes. Sous l'occupation allemande, la communauté fut enfermée dans des ghettos puis liquidée en 1942-1943, ses membres étant déportés vers Treblinka et Auschwitz.
Les Juifs de Guatemala · Amérique centrale
La communauté juive du Guatemala se constitua aux XIXe et XXe siècles à partir d'immigrants d'origines diverses, parmi lesquels des marchands venus d'Europe centrale et d'Europe de l'Est, ainsi que des Sépharades. Établis principalement à Guatemala City, ses membres se concentrèrent dans le commerce, l'import-export, l'industrie et les professions libérales. La communauté se dota d'institutions religieuses et communautaires correspondant à ses différentes composantes. Restée de petite taille, elle constitue néanmoins une communauté organisée et durablement implantée en Amérique centrale.
Les Juifs de Hadiatch · Europe orientale
Lieu de la tombe de Rabbi Schneur Zalman de Liadi, fondateur du hassidisme Habad.
Les Juifs de Halberstadt · Europe centrale
Important centre d'orthodoxie et d'études rabbiniques en Saxe-Anhalt, doté d'une grande synagogue baroque.
Les Juifs de Hanovre (Hannover) · Europe centrale
Communauté de Basse-Saxe dotée d'une grande synagogue conçue par l'architecte Edwin Oppler.
Les Juifs de Harare (Salisbury) · Afrique subsaharienne
Communauté formée par des immigrants ashkénazes et séfarades dans la capitale de l'ancienne Rhodésie du Sud, devenue le Zimbabwe.
Les Juifs de Helsinki · Europe du Nord
La communauté juive de Helsinki trouve en partie son origine dans d'anciens soldats juifs de l'armée impériale russe (les cantonistes) autorisés à demeurer en Finlande, alors grand-duché sous domination russe. Restée l'une des plus petites communautés juives d'Europe, elle s'organisa autour d'une synagogue et d'institutions communautaires, ses membres étant souvent commerçants puis présents dans les professions libérales. Pendant la Seconde Guerre mondiale, malgré la cobelligérance de la Finlande avec l'Allemagne contre l'Union soviétique, le pays refusa de livrer ses citoyens juifs, et la communauté survécut. Elle demeure active à Helsinki.
Les Juifs de Homiel (Gomel) · Europe orientale
Importante communauté biélorusse, marquée par le pogrom de 1903 et l'autodéfense juive qui s'y organisa.
Les Juifs de Hong Kong · Asie orientale
Sous la colonie britannique, Hong Kong attira dès le milieu du XIXe siècle des marchands juifs, notamment des Baghdadis venus de Bombay et de la diaspora marchande de l'océan Indien, dont certaines familles éminentes jouèrent un rôle de premier plan dans le commerce et la finance de la région. La communauté se dota d'une synagogue et d'institutions, et plusieurs de ses membres marquèrent la vie économique et civique de la colonie. Au fil du temps, sa composition s'élargit à des Ashkénazes et à des expatriés d'origines diverses. Hong Kong conserve aujourd'hui une communauté organisée, mêlant résidents permanents et expatriés.
Les Juifs de Iași (Jassy) · Europe orientale
Iași (Jassy), ancienne capitale de la Moldavie, fut l'un des grands centres de la vie juive en Roumanie, riche en synagogues, en maisons d'étude et en institutions culturelles. La ville est associée aux débuts du théâtre yiddish professionnel, fondé par Abraham Goldfaden au XIXe siècle, et abritait une intense vie religieuse et politique juive. En 1941, Iași fut le théâtre d'un pogrom d'une extrême violence, l'un des plus meurtriers de la Shoah en Roumanie, qui fit de très nombreuses victimes. Après la Seconde Guerre mondiale, la communauté, profondément frappée, quitta presque entièrement la ville, surtout vers Israël.
Les Juifs de Jakarta (Batavia) · Asie du Sud-Est
Sous la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, quelques marchands juifs, dont des Séfarades, furent présents à Batavia (Jakarta) dès l'époque coloniale, dans le cadre des réseaux commerciaux des Indes néerlandaises. La communauté juive de l'archipel demeura toujours très réduite et dispersée, comptant aussi des Baghdadis et des immigrants d'autres origines installés dans les villes portuaires. Jamais nombreuse ni fortement institutionnalisée, elle déclina après l'indépendance de l'Indonésie. La présence juive à Jakarta est aujourd'hui presque inexistante.
Les Juifs de Johannesburg · Afrique australe
La découverte de l'or dans le Witwatersrand à la fin du XIXe siècle fit naître Johannesburg et y attira un grand nombre d'immigrants juifs, en majorité des Litvaks venus de Lituanie, qui marquèrent durablement le caractère de la communauté juive sud-africaine. Établis dans le commerce, l'industrie minière, la finance et les professions, ils bâtirent une communauté prospère et fortement organisée, dotée de synagogues, d'écoles, d'organisations sionistes et d'institutions de bienfaisance. Majoritairement orthodoxe dans son affiliation, la communauté de Johannesburg fut le cœur de la vie juive d'Afrique du Sud. Après la fin de l'apartheid en 1994, une part importante émigra, notamment vers Israël, l'Australie, le Royaume-Uni et l'Amérique du Nord, réduisant ses effectifs.
Les Juifs de Jytomyr · Europe orientale
Grand centre de Volhynie, siège d'une imprimerie hébraïque réputée et d'un séminaire rabbinique d'État au XIXe siècle.
Les Juifs de Kaboul (Afghanistan) · Asie centrale
Kaboul abrita la principale communauté juive d'Afghanistan, héritière d'une présence juive ancienne dans la région et renforcée au XIXe siècle, notamment par des Juifs venus de Boukhara et de Perse fuyant les persécutions. Ses membres étaient surtout actifs dans le commerce, en particulier des tapis, des textiles, de la laine et des pierres précieuses, et vivaient regroupés autour de leurs synagogues. Soumise à des restrictions croissantes au XXe siècle, la communauté se vida par vagues d'émigration, principalement vers Israël, entre les années 1940 et 1970. Il n'en resta plus qu'une poignée d'individus jusqu'à la fin du XXe siècle.
Les Juifs de Kairouan · Afrique du Nord
Grand centre talmudique de l'Ifriqiya médiévale (Xe–XIe s.), siège d'académies en correspondance avec les gueonim de Babylonie.
Les Juifs de Kalisz · Europe centrale
Plus ancienne communauté juive documentée de Pologne, dont le Statut de Kalisz (1264) garantit les droits.
Les Juifs de Kandahar · Asie centrale
Kandahar, grande ville-carrefour du sud de l'Afghanistan, abrita une communauté juive marchande, intégrée aux réseaux d'échanges reliant l'Inde, l'Iran et l'Asie centrale. De tradition orientale, proche des Juifs de Boukhara et de Perse, elle vivait du commerce et de l'artisanat. Soumise aux mêmes contraintes que l'ensemble du judaïsme afghan, elle se vida au cours du XXe siècle. Ses membres émigrèrent presque entièrement, notamment vers Israël et l'Inde.
Les Juifs de Karachi · Asie du Sud
Sous l'administration britannique des Indes, Karachi vit s'établir au XIXe siècle une communauté juive composée surtout de Bene Israël venus de la côte ouest de l'Inde et de marchands baghdadis. Ses membres servirent dans l'administration, l'artisanat et le commerce, et la ville disposa d'une synagogue et d'une vie communautaire. La partition de 1947 et la création du Pakistan, pays à majorité musulmane, ainsi que les tensions liées au conflit israélo-arabe, entraînèrent l'émigration quasi totale de la communauté vers l'Inde et Israël. Il n'en subsiste plus aujourd'hui qu'une présence négligeable.
Les Juifs de Kastoria · Grèce / Macédoine
Kastoria, en Macédoine grecque, abrita une vieille communauté romaniote, dont la présence est attestée de longue date dans cette ville réputée pour son industrie de la fourrure. Les Juifs de Kastoria s'illustrèrent justement dans la confection et le commerce des fourrures, activité qui leur donna une identité économique distinctive. Des apports séfarades vinrent s'ajouter à la composante romaniote au fil du temps. Lors de l'occupation allemande, en 1944, la quasi-totalité de la communauté fut arrêtée puis déportée vers les camps d'extermination nazis, et il n'y eut presque aucun survivant.
Les Juifs de Kaunas (Kovno) · Europe orientale
Kaunas (Kovno), capitale provisoire de la Lituanie indépendante entre les deux guerres, abritait une communauté juive importante et structurée, dotée d'écoles, de journaux et de plusieurs grandes yeshivot, notamment dans le faubourg de Slobodka, haut lieu du mouvement éthique du Moussar. Les Juifs y étaient marchands, artisans et membres des professions libérales, et la ville fut un foyer de la vie culturelle et politique juive lituanienne. Lors de l'occupation allemande, dès 1941, eurent lieu des massacres de masse au Neuvième Fort, suivis de l'établissement d'un ghetto. Liquidé en 1944, ce ghetto vit périr la grande majorité de ses habitants.
Les Juifs de Kavala · Balkans
Kavala, port de Macédoine orientale grecque, abritait une communauté séfarade active dans le commerce du tabac qui faisait la prospérité de la ville. De langue judéo-espagnole, ses membres étaient organisés autour de leurs synagogues et institutions. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la région passa sous occupation bulgare, et en 1943 la communauté fut déportée avec celles des autres territoires occupés par la Bulgarie, et presque entièrement exterminée dans les camps nazis.
Les Juifs de Kėdainiai (Keidan) · Europe orientale
Ancienne communauté lituanienne, l'une des plus tolérées du Grand-Duché, dotée de synagogues préservées.
Les Juifs de Kermanshah · Proche-Orient
Communauté juive de l'ouest de l'Iran, sur les routes commerciales vers la Mésopotamie.
Les Juifs de Kharkiv · Europe orientale
Kharkiv, grand centre industriel et universitaire de l'est de l'Ukraine, attira une communauté juive nombreuse à partir du XIXe siècle, particulièrement après l'assouplissement des restrictions de résidence. Ses membres s'illustrèrent dans le commerce, l'industrie, la médecine, l'enseignement et les professions libérales, et la ville connut une vie culturelle juive notable, à la fois religieuse puis, à l'époque soviétique, sécularisée. La Shoah, avec les massacres perpétrés pendant l'occupation allemande, et la politique soviétique antireligieuse réduisirent considérablement la communauté. Une présence juive subsista néanmoins après guerre, renouvelée à la fin du XXe siècle.
Les Juifs de Khénifra · Afrique du Nord
Khénifra, au cœur du Moyen Atlas marocain, abritait une communauté juive dont les membres, souvent berbérophones, étaient artisans, notamment orfèvres, et commerçants en contact étroit avec les populations berbères de la région. Organisée autour de ses synagogues, la communauté conservait des traditions propres au judaïsme des régions montagneuses. Au milieu du XXe siècle, ses membres émigrèrent vers Casablanca puis Israël.
Les Juifs de Kherson · Europe orientale
Ville de Nouvelle-Russie où s'établirent des colonies agricoles juives au début du XIXe siècle.
Les Juifs de Khust (Huszt) · Europe centrale
Communauté orthodoxe de Ruthénie subcarpatique, marquée par l'influence du rabbin Moshe Schick.
Les Juifs de Kielce · Europe orientale
Kielce, en Pologne centrale, abritait une communauté juive ashkénaze qui se développa surtout au XIXe siècle, ses membres étant marchands, artisans et petits industriels. La ville disposait de synagogues, d'écoles et d'institutions communautaires, et connut une vie politique juive diversifiée avant la Seconde Guerre mondiale. Sous l'occupation nazie, la quasi-totalité de la communauté fut enfermée dans un ghetto puis déportée et exterminée, notamment à Treblinka. Kielce est tristement célèbre pour le pogrom de juillet 1946, perpétré contre des rescapés revenus dans la ville, qui fit plusieurs dizaines de victimes et précipita le départ de nombreux Juifs de Pologne.
Les Juifs de Kiev · Europe orientale
Bien que la résidence juive y ait longtemps été restreinte sous l'Empire russe, Kiev finit par accueillir au XIXe siècle une communauté juive nombreuse, principalement ashkénaze, à mesure que la ville devenait un grand centre commercial et industriel. Ses Juifs étaient présents dans le négoce, le sucre, la banque, l'artisanat et les professions libérales, et la ville fut le théâtre de pogroms ainsi que du retentissant procès Beilis au début du XXe siècle. Sous le régime soviétique, la vie communautaire religieuse fut réprimée tandis que se développait une culture juive sécularisée. Lors de l'occupation allemande, le massacre de Babi Yar, en septembre 1941, extermina des dizaines de milliers de Juifs de la ville en quelques jours.
Les Juifs de Kilkis (Kukush) · Grèce
Petite communauté séfarade de Macédoine grecque, dans la région frontalière du nord.
Les Juifs de Kinshasa (Léopoldville) · Afrique subsaharienne
Communauté largement composée de Séfarades rhodiotes installés au Congo belge.
Les Juifs de Kirkouk · Proche-Orient
Kirkouk, dans le nord de l'Irak, abritait une communauté juive ancienne inscrite dans la longue histoire du judaïsme mésopotamien. Ses membres, parlant l'arabe et, pour une part, des dialectes néo-araméens, étaient marchands et artisans organisés autour de leurs synagogues. La région connut au XXe siècle un fort développement lié à l'exploitation pétrolière. Après la création de l'État d'Israël et l'exode des Juifs d'Irak au début des années 1950, la communauté de Kirkouk émigra presque entièrement, vers Israël et la diaspora issue du judaïsme irakien.
Les Juifs de Kock (Kotsk) · Europe centrale
Petite ville de Pologne associée à Rabbi Menachem Mendel de Kotsk, figure majeure du hassidisme.
Les Juifs de Kolhapur · Asie du Sud
Kolhapur, dans le sud du Maharashtra, abrita une petite communauté de Bene Israël, intégrée à la société locale comme artisans, employés et commerçants. Comme les autres foyers bene israël de la région, elle disposait d'une vie religieuse organisée et entretenait des liens avec les communautés voisines, notamment Bombay et Poona. La communauté demeura toujours de taille réduite. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, ses membres émigrèrent presque entièrement en Israël.
Les Juifs de Komotini (Gümülcine) · Balkans
Communauté séfarade de Thrace occidentale grecque, déportée en 1943 sous l'occupation bulgare.
Les Juifs de Königsberg · Europe centrale
Communauté de Prusse-Orientale, foyer de la Haskala à la frontière orientale de l'Allemagne.
Les Juifs de Košice (Kassa) · Europe centrale
Communauté de Slovaquie orientale développée au XIXe siècle, l'une des plus importantes de la région avant la Shoah.
Les Juifs de Kremenetz · Europe orientale
Ancienne communauté de Volhynie réputée pour son érudition rabbinique et ses institutions d'étude.
Les Juifs de Ksar el-Kébir (Alcazarquivir) · Afrique du Nord
Communauté du nord-ouest marocain, à forte composante séfarade de langue haketia.
Les Juifs de la Dominique · Caraïbes
La présence juive à la Dominique se rattache aux réseaux marchands des Caraïbes, des négociants séfarades ayant pu fréquenter l'île dans le cadre du commerce colonial atlantique. Cette présence resta toutefois ténue et ne donna pas naissance à une communauté permanente et organisée. L'île ne compta jamais d'institutions juives durables. L'enracinement juif y demeura marginal.
Les Juifs de la Guadeloupe · Caraïbes
Des familles séfarades, dont certaines venues du Brésil néerlandais après la reconquête portugaise, s'établirent en Guadeloupe au XVIIe siècle et participèrent à l'économie sucrière et au commerce colonial. La présence juive y fut toutefois fragilisée par les législations restrictives de la monarchie française, notamment le Code noir, qui ordonna l'expulsion des Juifs des colonies. La communauté déclina fortement et ne laissa qu'une présence intermittente. À l'époque contemporaine, une vie juive a pu réapparaître, alimentée notamment par des Juifs venus de métropole et d'Afrique du Nord.
Les Juifs de La Haye · Europe occidentale
Communauté néerlandaise séfarade et ashkénaze établie dans la ville de résidence des États généraux.
Les Juifs de la Martinique · Caraïbes
Comme en Guadeloupe, des réfugiés séfarades venus du Brésil néerlandais s'établirent à la Martinique au XVIIe siècle et prirent part à l'économie sucrière et au commerce colonial. La présence juive y fut entravée par les législations restrictives de la France, en particulier le Code noir, qui prévoyait l'expulsion des Juifs des colonies françaises. La communauté déclina alors fortement. À l'époque contemporaine, une vie juive a reparu dans l'île, notamment du fait de l'installation de Juifs originaires de métropole et d'Afrique du Nord.
Les Juifs de La Nouvelle-Orléans · Amérique du Nord
Grand port commercial à l'embouchure du Mississippi, La Nouvelle-Orléans abrita à partir de l'époque coloniale et surtout au XIXe siècle une communauté juive d'abord composée de Séfarades puis d'Ashkénazes, étroitement liée au commerce, notamment celui du coton. Ses membres s'intégrèrent à la société créole et à la vie économique de la ville, et certains accédèrent à des fonctions publiques notables. La communauté se dota de congrégations et d'institutions et contribua à la vie civique de la cité. Elle constitua l'un des principaux foyers du judaïsme du Sud des États-Unis.
Les Juifs de Larache (El-Araich) · Afrique du Nord
Communauté séfarade hispanophone du port atlantique du nord marocain, dans la zone d'influence ibérique.
Les Juifs de Larissa (Thessalie) · Grèce
Larissa, en Thessalie, fut l'un des plus anciens foyers du judaïsme romaniote de Grèce, avec une présence juive attestée de très longue date. La communauté, composée de familles romaniotes de vieille souche auxquelles s'ajoutèrent des Séfarades sous la domination ottomane, conserva une vie religieuse et culturelle vivace. Ses membres étaient actifs dans le commerce et l'artisanat. Lors de l'occupation allemande de la Grèce, durant la Seconde Guerre mondiale, la communauté fut visée par les déportations qui anéantirent le judaïsme grec, et une grande part de ses membres fut assassinée ; quelques survivants permirent toutefois la persistance d'une présence juive après guerre.
Les Juifs de Leeds · Europe occidentale
Leeds, dans le Yorkshire, vit naître une importante communauté ashkénaze à la suite de l'immigration juive d'Europe orientale à la fin du XIXe siècle. Ses membres se concentrèrent notamment dans l'industrie de la confection de vêtements (ready-made), qui fit la réputation de la ville, ainsi que dans le commerce et l'artisanat. La communauté se dota de synagogues, d'écoles et d'institutions communautaires denses. Elle donna naissance à plusieurs figures de la vie publique et culturelle britannique, avant de décliner démographiquement dans la seconde moitié du XXe siècle.
Les Juifs de Leipzig · Europe centrale
Communauté liée à la grande foire commerciale de Saxe, prospère au XIXe siècle avec une forte présence d'Ostjuden.
Les Juifs de Lhassa (Tibet) · Asie orientale
Il n'exista jamais de communauté juive établie à Lhassa : la présence juive au Tibet se limita à quelques marchands de passage, principalement des Baghdadis venus de Calcutta, qui s'y rendirent au XIXe et au début du XXe siècle pour le négoce de la laine et d'autres denrées dans le cadre du commerce himalayen. Il s'agissait d'une présence commerciale épisodique et individuelle, non d'une vie communautaire organisée. Aucune institution juive durable n'y fut fondée.
Les Juifs de Lida · Europe orientale
Communauté ancienne de Biélorussie occidentale, siège d'une yeshiva fondée par le rabbin Isaac Jacob Reines.
Les Juifs de Liepāja (Libau) · Europe du Nord
Port balte de Lettonie, communauté juive d'émigration vers l'Amérique et marquée par la Shoah.
Les Juifs de Lima (Pérou) · Amérique du Sud
Les premiers Juifs présents au Pérou furent des conversos arrivés à l'époque de la conquête espagnole ; sous la vice-royauté, le tribunal de l'Inquisition de Lima poursuivit ceux soupçonnés de judaïser. La communauté moderne se constitua surtout aux XIXe et XXe siècles, par l'arrivée d'Ashkénazes d'Europe de l'Est et centrale et de Sépharades venus notamment du Proche-Orient et d'Afrique du Nord. Établis pour beaucoup dans le commerce et l'industrie, ses membres organisèrent à Lima plusieurs congrégations distinctes selon leurs origines, dotées de synagogues, d'écoles et d'institutions communautaires. Restée de taille modeste, la communauté demeure bien structurée et concentrée dans la capitale.
Les Juifs de Lodz · Europe orientale
Łódź devint au XIXe siècle, grâce à l'essor de l'industrie textile, l'une des plus grandes communautés juives de Pologne et d'Europe. Ses Juifs furent à la fois ouvriers, artisans, négociants et grands industriels du tissu, et la ville accueillit une vie politique, syndicale, yiddishophone et sioniste foisonnante, avec presse, théâtre et écoles. Sous l'occupation allemande, le ghetto de Łódź (Litzmannstadt), établi dès 1940 et administré par le Judenrat de Mordechai Chaim Rumkowski, fut l'un des plus grands et l'un des derniers à être liquidé en 1944. La très grande majorité de ses habitants fut déportée et assassinée à Chełmno et à Auschwitz, anéantissant cette communauté autrefois immense.
Les Juifs de Londres · Europe occidentale
Communauté présente jusqu'à l'expulsion d'Angleterre de 1290, refondée après la « réadmission » autorisée par Cromwell en 1656.
Les Juifs de Los Angeles · Amérique du Nord
Communauté établie dès le milieu du XIXe siècle, devenue l'un des plus grands foyers juifs des États-Unis autour de Fairfax.
Les Juifs de Loutsk · Europe orientale
Communauté ancienne de Volhynie, dotée d'une synagogue fortifiée du XVIIe siècle parmi les plus remarquables.
Les Juifs de Lublin · Europe orientale
Lublin, en Pologne orientale, fut l'un des grands foyers de l'érudition talmudique ashkénaze dès la fin du Moyen Âge, surnommée la "Jérusalem du royaume de Pologne". Siège d'une yeshivah réputée et lieu de réunion du Conseil des Quatre Pays (Va'ad Arba Aratzot), la ville rassembla imprimeurs hébraïques, décisionnaires rabbiniques et, à l'époque moderne, d'importants centres hassidiques et le Hokhmei Lublin fondé au XXe siècle. Ses Juifs étaient marchands, artisans et érudits, et la communauté demeura l'une des plus vivantes de Pologne jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Sous l'occupation nazie, le ghetto fut liquidé et la quasi-totalité de la population exterminée, notamment dans le cadre de l'Aktion Reinhard et au camp voisin de Majdanek.
Les Juifs de Lunel · Europe occidentale
Centre intellectuel juif du Languedoc médiéval, foyer de la famille Tibbonide qui traduisit en hébreu les œuvres judéo-arabes.
Les Juifs de Lviv-Lwów (Lemberg) — communauté karaïte · Europe orientale
Distincte de la grande communauté juive rabbinique de Lwów (Lemberg), une communauté karaïte s'établit dans la région et pratiquait un judaïsme fondé sur la seule Écriture, rejetant la tradition orale rabbinique. Les Karaïtes d'Europe orientale, présents en Galicie, Volhynie et Crimée, parlaient des langues turques (karaïme) et conservaient une liturgie et des coutumes propres. Au fil des siècles, ils furent souvent considérés sur le plan juridique comme un groupe séparé des Juifs rabbiniques, statut qui influa sur leur sort sous différents régimes. La petite communauté karaïte de la région de Lwów s'éteignit au cours du XXe siècle, sous l'effet de l'émigration, de l'assimilation et des bouleversements de la période.
Les Juifs de Lyon · Europe occidentale
Lyon connut une présence juive dès l'Antiquité romaine puis, après de longues interruptions médiévales, vit renaître une communauté à l'époque moderne et surtout au XIXe siècle, avec l'arrivée d'immigrants alsaciens puis d'Europe de l'Est. Ses membres furent actifs dans le commerce, la soierie, l'industrie et les professions libérales, et la ville se dota d'une grande synagogue et d'institutions consistoriales. Durant la Seconde Guerre mondiale, Lyon fut à la fois un foyer important de la Résistance, y compris juive, et le siège de la Gestapo dirigée par Klaus Barbie, responsable de persécutions et de déportations. Après guerre, la communauté se reconstitua et s'agrandit notablement avec l'arrivée des Juifs d'Afrique du Nord.
Les Juifs de Madère · Europe / Atlantique
Madère, île portugaise de l'Atlantique, attira dès l'époque de sa colonisation des nouveaux-chrétiens, descendants de Juifs convertis, dans le cadre de l'essor de l'économie sucrière. Soumis à la surveillance inquisitoriale, certains maintinrent en secret des pratiques crypto-juives pendant plusieurs générations. La présence juive y demeura discrète et finit par s'estomper par assimilation. Au XIXe siècle, quelques Juifs, notamment d'origine nord-africaine et britannique, s'installèrent dans l'île, y laissant des traces telles qu'un cimetière.
Les Juifs de Madras (Chennai) · Asie du Sud
Communauté de marchands séfarades et baghdadis sur la côte de Coromandel, dotée d'un ancien cimetière juif.
Les Juifs de Mahdia · Afrique du Nord
Communauté du port du Sahel tunisien, ancienne capitale fatimide, à présence juive attestée dès le Moyen Âge.
Les Juifs de Manchester · Europe occidentale
La communauté juive de Manchester se développa surtout à partir du XIXe siècle, avec l'arrivée massive d'immigrants ashkénazes venus d'Europe orientale, et compta parmi les plus importantes de Grande-Bretagne hors de Londres. Active dans l'industrie textile et le commerce, elle se dota d'un réseau dense de synagogues, d'écoles et d'institutions sociales, religieuses et caritatives. Manchester fut aussi un foyer important du mouvement sioniste britannique, associé notamment à Chaim Weizmann, qui y enseigna la chimie. La communauté demeure aujourd'hui l'une des plus vivantes du Royaume-Uni, avec une présence orthodoxe notable.
Les Juifs de Manille (Philippines) · Asie du Sud-Est
La communauté juive de Manille, aux Philippines, se forma à l'époque coloniale espagnole tardive puis surtout sous administration américaine, regroupant des marchands d'origines diverses, séfarades comme ashkénazes, ainsi que des résidents étrangers. Dans les années 1930-1940, les Philippines accueillirent un nombre notable de réfugiés juifs fuyant le Reich nazi, ce qui élargit temporairement la communauté. Manille disposa d'une synagogue et d'une vie communautaire organisée durant cette période. Après la guerre, la plupart de ces réfugiés et résidents partirent vers les États-Unis, Israël ou ailleurs, et la communauté se réduisit à une présence résiduelle, surtout composée d'expatriés.
Les Juifs de Manisa (Magnésie) · Proche-Orient
Communauté séfarade ottomane d'Anatolie égéenne, dans l'arrière-pays de Smyrne.
Les Juifs de Marijampolė · Europe orientale
Communauté lituanienne de la région de Souvalki, centre actif de vie juive jusqu'en 1941.
Les Juifs de Marseille · Europe occidentale
Port méditerranéen antique, Marseille connut une présence juive dès l'époque romaine puis médiévale, et devint au XXe siècle un point d'arrivée majeur pour les Juifs d'Afrique du Nord. Lieu de transit et d'émigration, la ville fut aussi durant la Seconde Guerre mondiale un foyer où s'organisèrent des réseaux de sauvetage et de départ, avant que la communauté ne subisse rafles et déportations sous l'occupation. Après les indépendances du Maghreb, l'afflux de Juifs de Tunisie, du Maroc et surtout d'Algérie transforma profondément la communauté, à dominante séfarade nord-africaine. Marseille abrite aujourd'hui l'une des plus grandes communautés juives de France.
Les Juifs de Mascara · Afrique du Nord
Communauté de l'arrière-pays oranais, en Algérie, organisée autour de son quartier juif.
Les Juifs de Mascate et d'Oman · Péninsule arabique
Une communauté juive modeste se forma à Mascate, sous le sultanat d'Oman, à partir de marchands d'origine irakienne et persane attirés par le commerce maritime de l'océan Indien aux XVIIIe et XIXe siècles. Ses membres participaient aux échanges entre le Golfe, la côte est-africaine et l'Inde, à une époque où Oman constituait une puissance commerciale régionale. Toujours réduite, la communauté ne se maintint pas durablement comme entité organisée et cessa d'exister sous cette forme au cours du XIXe siècle.
Les Juifs de Mazagan (El Jadida) · Afrique du Nord
Installés à Mazagan (aujourd'hui El Jadida), ancienne place forte portugaise sur la côte atlantique marocaine, les Juifs y formaient une communauté de commerçants et d'intermédiaires entre l'intérieur du pays et le littoral. Organisés autour de leurs synagogues, ses membres bénéficièrent sous le Protectorat de l'enseignement de l'Alliance israélite universelle. La communauté participa à la vie économique d'une ville portuaire en développement. Au milieu du XXe siècle, elle se dispersa en grande partie vers Casablanca et Israël.
Les Juifs de Médéa · Afrique du Nord
Médéa, sur les hauts plateaux algériens, abritait une petite communauté juive ancienne, intégrée au tissu commercial et artisanal local. Le décret Crémieux de 1870 accorda à ses membres la citoyenneté française, ce qui favorisa leur francisation et leur scolarisation. Sous le régime de Vichy, ils furent privés temporairement de ce statut et soumis à des mesures discriminatoires. Avec l'ensemble des Juifs d'Algérie, la communauté quitta le pays au moment de l'indépendance en 1962, s'installant surtout en France.
Les Juifs de Medzhybizh · Europe orientale
Berceau du hassidisme : le Baal Shem Tov, fondateur du mouvement, y vécut et y est enterré.
Les Juifs de Melbourne · Océanie
Melbourne abrite la plus grande communauté juive d'Australie, dont les origines remontent aux débuts de la colonisation britannique mais qui prit son essor avec l'immigration d'Ashkénazes d'Europe de l'Est puis, après la Seconde Guerre mondiale, l'accueil d'un grand nombre de survivants de la Shoah et de leurs familles. Cette histoire marqua profondément la communauté, qui se caractérise par de fortes institutions, une vie religieuse allant de l'orthodoxie au libéralisme, et un dense réseau d'écoles juives. Active dans le commerce, l'industrie et les professions, la communauté est aussi un foyer notable de mémoire de la Shoah et de la culture yiddish en Australie. Elle demeure aujourd'hui vivante et bien organisée.
Les Juifs de Metz · Europe occidentale
Grande communauté ashkénaze de Lorraine, dotée d'une yeshiva réputée, l'une des communautés juives tolérées sous l'Ancien Régime.
Les Juifs de Milan · Europe occidentale
Milan, grand centre économique de l'Italie du Nord, vit se développer une communauté juive surtout à partir du XIXe siècle, après l'émancipation, rejointe au XXe siècle par des réfugiés d'Europe centrale et orientale. Composée d'Italkim (Juifs italiens) et d'immigrants d'origines diverses, dont plus tard des Juifs du monde séfarade et oriental, elle devint l'une des principales communautés d'Italie. Sous le fascisme, les lois raciales de 1938 frappèrent ses membres, et l'occupation allemande conduisit à des déportations vers les camps d'extermination. Après guerre, la communauté se reconstitua et demeure l'une des plus importantes du pays.
Les Juifs de Minsk · Europe orientale
Minsk abritait l'une des plus grandes communautés juives de Biélorussie, profondément ancrée dans la culture yiddish et très active dans le mouvement ouvrier ainsi que dans les partis politiques juifs, du Bund au sionisme. Sous le régime soviétique, la ville fut un centre de la culture juive en langue yiddish, avec écoles, théâtre et institutions. Lors de l'occupation allemande, le ghetto de Minsk, établi en 1941, fut l'un des plus importants du territoire soviétique et connut une résistance organisée. La grande majorité de ses habitants fut exterminée entre 1941 et 1943, et la communauté ne se reconstitua que faiblement après guerre.
Les Juifs de Mir · Europe orientale
Petite ville biélorusse célèbre pour la yeshiva de Mir, l'une des plus influentes du monde lituanien.
Les Juifs de Miskolc · Europe centrale
Grande communauté du nord-est de la Hongrie, importante place orthodoxe et commerciale avant la Shoah.
Les Juifs de Modène · Europe occidentale
Communauté émilienne protégée par les ducs d'Este après leur retrait de Ferrare, dotée d'un ghetto en 1638.
Les Juifs de Mogador (Essaouira) · Afrique du Nord
Essaouira (Mogador) fut fondée au XVIIIe siècle par le sultan Mohammed III, qui y établit des négociants juifs, les Tujjar al-Sultan, comme agents commerciaux du royaume ouverts sur l'Atlantique. Ces marchands prospères entretenaient des liens commerciaux avec l'Europe, le Sahara et au-delà, et la ville devint un grand centre du judaïsme marocain, doté de nombreuses synagogues, d'écoles, dont celles de l'Alliance israélite universelle, et d'une vie rabbinique active. La communauté, longtemps l'une des plus importantes du pays en proportion, mêlait familles autochtones et descendants d'exilés ibériques. Au cours du XXe siècle, elle se vida progressivement vers Casablanca, la France et Israël.
Les Juifs de Moguilev · Europe orientale
Ancienne communauté du Dniepr, l'une des plus peuplées de Biélorussie orientale avant la Shoah.
Les Juifs de Monastir (Tunisie) · Afrique du Nord
Communauté du Sahel tunisien, proche de Sousse et de Mahdia.
Les Juifs de Montevideo · Amérique du Sud
Montevideo, capitale de l'Uruguay, accueillit aux XIXe et XXe siècles des vagues d'immigration juive, ashkénaze d'Europe de l'Est comme séfarade du pourtour méditerranéen et du Proche-Orient, attirées par la tradition laïque et libérale du pays. La communauté s'organisa en plusieurs sociétés et congrégations reflétant la diversité de ses origines, et développa des institutions éducatives, culturelles et sionistes actives. Active dans le commerce, l'artisanat et les professions, elle s'intégra dans une société réputée pour son ouverture. La seconde moitié du XXe siècle vit un certain déclin démographique par émigration, notamment vers Israël, mais la communauté demeure structurée.
Les Juifs de Montréal · Amérique du Nord
Montréal abrita longtemps la plus grande communauté juive du Canada, formée surtout par l'immigration massive d'Ashkénazes d'Europe de l'Est à partir de la fin du XIXe siècle, auxquels s'ajoutèrent plus tard des survivants de la Shoah et, dans la seconde moitié du XXe siècle, des Juifs francophones d'Afrique du Nord. Concentrée notamment autour du boulevard Saint-Laurent, la communauté fut un grand foyer de la culture yiddish nord-américaine, avec sa presse, son théâtre, ses écoles et ses institutions, ainsi qu'un mouvement sioniste et ouvrier actif. Active dans la confection, le commerce et les professions, elle développa un dense réseau communautaire, éducatif et social. La double composante anglophone et francophone, cette dernière renforcée par l'immigration séfarade, en fait une communauté singulière au Canada.
Les Juifs de Moscou · Europe orientale
Communauté marquée par l'expulsion de 1891 puis par un renouveau ; Synagogue chorale inaugurée en 1906.
Les Juifs de Mossoul (Arel) · Proche-Orient
Les Juifs de Mossoul, dans le nord de l'Irak, constituaient l'une des plus anciennes communautés de Mésopotamie, dont la présence s'inscrit dans la longue histoire juive de la région. Une partie d'entre eux parlait des dialectes néo-araméens (suret), tout en pratiquant aussi l'arabe, et la communauté conservait des traditions liturgiques propres au judaïsme irakien. Marchands, artisans et lettrés, ses membres étaient organisés autour de leurs synagogues et institutions. Après la création de l'État d'Israël en 1948 et les départs massifs des Juifs d'Irak au début des années 1950, la communauté de Mossoul émigra presque entièrement, surtout vers Israël.
Les Juifs de Mostaganem · Afrique du Nord
Communauté du littoral oranais, en Algérie occidentale, d'ancrage ancien renforcé sous la période française.
Les Juifs de Mostar · Balkans
Communauté séfarade d'Herzégovine, foyer juif secondaire de la Bosnie ottomane puis austro-hongroise.
Les Juifs de Munich (München) · Europe centrale
Communauté de la capitale bavaroise, importante au XIXe siècle, détruite sous le national-socialisme.
Les Juifs de Munkács (Mukačevo) · Europe centrale
Grand centre hassidique de Ruthénie subcarpatique, siège de la dynastie Munkács et bastion de l'orthodoxie.
Les Juifs de Mykolaïv (Nikolaïev) · Europe orientale
Port de la mer Noire, centre d'activité hassidique Habad et lieu de naissance du Rabbi de Loubavitch.
Les Juifs de Nabeul · Afrique du Nord
Nabeul, cité du Cap Bon réputée pour sa poterie, accueillait une communauté juive de marchands et d'artisans intégrée à l'économie locale. De tradition séfarade tunisienne, ses membres disposaient de leurs synagogues et institutions communautaires et bénéficièrent sous le Protectorat français d'un accès à l'enseignement moderne. Comme l'ensemble du judaïsme tunisien, la communauté connut les épreuves de la Seconde Guerre mondiale. Après l'indépendance de 1956, elle se dispersa, ses membres émigrant essentiellement vers la France et Israël.
Les Juifs de Nairobi (Kenya) · Afrique orientale
La communauté juive de Nairobi se forma à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, dans le contexte de la colonisation britannique et de la construction du chemin de fer reliant la côte à l'Ouganda, attirant marchands et colons d'origines diverses. Restée modeste, elle s'organisa autour d'une synagogue et d'institutions communautaires desservant les Juifs du Kenya. Le territoire fut un temps évoqué, au début du XXe siècle, dans le cadre d'un projet d'établissement juif débattu par le mouvement sioniste, qui ne fut pas réalisé. La communauté se maintint durant la période coloniale puis déclina dans la seconde moitié du XXe siècle, tout en subsistant à une échelle réduite.
Les Juifs de Nancy · Europe occidentale
Communauté juive de Lorraine établie au XVIIIe siècle, siège d'un consistoire après l'émancipation révolutionnaire.
Les Juifs de Narbonne · Europe occidentale
Ancienne communauté du Languedoc réputée pour son académie talmudique et la lignée des Kalonymides selon la tradition médiévale.
Les Juifs de Nemyriv · Europe orientale
Théâtre d'un massacre majeur en 1648 commémoré dans la liturgie ; foyer hassidique aux siècles suivants.
Les Juifs de Nevis · Caraïbes
La petite île de Nevis, dans les Caraïbes orientales sous domination britannique, accueillit au XVIIe siècle une communauté séfarade liée à l'économie sucrière et aux réseaux commerciaux atlantiques. Les marchands juifs y jouèrent un rôle dans le négoce colonial. Les vestiges d'une ancienne synagogue et d'un cimetière juif attestent encore cette présence. La communauté déclina ensuite et disparut, à mesure que l'importance économique de l'île diminuait.
Les Juifs de New York · Amérique du Nord
Première communauté juive d'Amérique du Nord (1654, Nieuw Amsterdam), devenue le plus grand foyer juif du monde après l'immigration d'Europe de l'Est.
Les Juifs de Newport (Rhode Island) · Amérique du Nord
Newport, dans la colonie de Rhode Island réputée pour sa tolérance religieuse, fut l'un des premiers centres de vie juive organisée en Amérique du Nord, accueillant des Séfarades dès l'époque coloniale. Les marchands juifs y participèrent au commerce maritime atlantique. La synagogue Touro, consacrée en 1763, est la plus ancienne synagogue subsistant aux États-Unis, et la communauté est aussi associée à la fameuse lettre de George Washington affirmant la liberté religieuse à l'égard des Juifs. La communauté déclina ensuite avec le recul économique de la ville après la guerre d'Indépendance, avant que la vie juive n'y reparaisse plus tard.
Les Juifs de Nice · Europe occidentale
Communauté du comté de Nice, longtemps rattachée à la Maison de Savoie avant l'annexion française de 1860.
Les Juifs de Nicosie (Chypre) · Proche-Orient
Communauté juive de l'île de Chypre, attestée depuis l'Antiquité et liée aux migrations sionistes modernes.
Les Juifs de Nikolsburg (Mikulov) · Europe centrale
Capitale historique des Juifs de Moravie et siège du grand-rabbinat morave pendant plusieurs siècles.
Les Juifs de Niš · Balkans
Communauté séfarade du sud de la Serbie, déportée et exterminée durant l'occupation allemande.
Les Juifs de Nitra (Nyitra) · Europe centrale
Ancienne communauté de Slovaquie occidentale, célèbre pour sa yeshiva dirigée par les rabbins Ungar et Weissmandl.
Les Juifs de Novi Sad · Balkans
Communauté ashkénaze et séfarade de Voïvodine, frappée par le raid hongrois de janvier 1942.
Les Juifs de Nuremberg (Nürnberg) · Europe centrale
Communauté médiévale franconienne, frappée par le pogrom de 1349 lié à la peste noire.
Les Juifs de Oslo (Christiania) · Europe du Nord
La communauté juive d'Oslo (anciennement Christiania) se constitua après la levée, au XIXe siècle, des restrictions qui interdisaient longtemps l'établissement des Juifs en Norvège. Restée petite, elle réunissait surtout des immigrants ashkénazes venus d'Europe centrale et orientale, présents dans le commerce et l'artisanat, et se dota d'une synagogue et d'institutions communautaires. Lors de l'occupation allemande, une partie importante des Juifs norvégiens fut arrêtée et déportée à Auschwitz, tandis qu'une autre parvint à fuir vers la Suède neutre. Après la guerre, la communauté se reconstitua, demeurant de taille modeste.
Les Juifs de Padoue · Europe occidentale
Communauté vénète dont l'université accueillait des étudiants juifs en médecine, foyer de savants comme Moïse Hayyim Luzzatto.
Les Juifs de Panama · Amérique centrale
Carrefour commercial de l'isthme reliant les deux océans, Panama attira dès l'époque coloniale puis surtout aux XIXe et XXe siècles des Juifs séfarades venus de Curaçao et des Caraïbes, ainsi que des Sépharades du pourtour méditerranéen et des Ashkénazes. La construction du canal et l'essor du commerce d'import-export favorisèrent l'installation et la prospérité de plusieurs familles. La communauté s'organisa en congrégations distinctes selon les origines, dotées de synagogues, d'écoles et d'institutions communautaires. Demeurée active et bien structurée, la communauté juive panaméenne compte parmi les plus solidement implantées d'Amérique centrale, et certains Juifs y occupèrent des fonctions publiques de premier plan.
Les Juifs de Panevėžys (Ponevezh) · Europe orientale
Communauté lituanienne dont la yeshiva de Ponevezh fut refondée à Bnei Brak après la Shoah.
Les Juifs de Pápa · Europe centrale
Communauté de Transdanubie hongroise, foyer d'études talmudiques et d'imprimerie hébraïque.
Les Juifs de Paris · Europe occidentale
Communauté de la capitale française, présente depuis l'époque romaine, expulsée en 1394 puis renaissante après l'émancipation de 1791.
Les Juifs de Patras · Grèce
Patras, port du Péloponnèse, abrita une présence juive ancienne, attestée dès l'Antiquité, qui se perpétua à travers une petite communauté romaniote au Moyen Âge. Sous la domination ottomane, des Séfarades vinrent s'y ajouter, enrichissant la vie religieuse et marchande de la communauté. Active dans le commerce, celle-ci demeura toujours de taille modeste. Lors de la Seconde Guerre mondiale et de l'occupation de la Grèce, la communauté de Patras subit les persécutions et les déportations qui décimèrent le judaïsme grec ; quelques descendants subsistent en Grèce.
Les Juifs de Pékin · Asie orientale
Distincte de l'ancienne communauté juive de Kaifeng, une présence juive moderne se forma à Pékin à partir de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, composée surtout d'expatriés, de diplomates et de marchands étrangers. Cette présence resta limitée et dépendante de la conjoncture politique. Après la victoire communiste de 1949, la communauté étrangère se dispersa et cessa pratiquement d'exister comme entité organisée. Une présence juive expatriée a reparu à Pékin à la faveur de l'ouverture économique des dernières décennies.
Les Juifs de Perth · Océanie
Communauté de l'Australie-Occidentale, fondée au XIXe siècle et renforcée par l'immigration du XXe siècle.
Les Juifs de Pest-Budapest · Europe centrale
Budapest, née de la réunion de Buda, Óbuda et Pest, devint au XIXe siècle l'un des plus grands centres de la vie juive d'Europe centrale, porté par une émancipation accordée dans le cadre de la monarchie austro-hongroise. La communauté connut un développement intense des courants néologue (réformé hongrois) et orthodoxe, et fut un foyer de la presse, de la littérature et de la science juives. La grande synagogue de la rue Dohány, achevée au milieu du XIXe siècle, est l'une des plus vastes du monde. À partir de mai 1944, après l'occupation allemande de la Hongrie, les Juifs de province furent déportés en masse à Auschwitz, et ceux de Budapest furent enfermés dans un ghetto et soumis aux violences des Croix fléchées ; une part importante survécut néanmoins, en partie grâce à l'action de diplomates de pays neutres. Budapest demeure aujourd'hui l'une des principales communautés juives d'Europe.
Les Juifs de Philadelphie · Amérique du Nord
Communauté coloniale précoce, siège de la congrégation Mikveh Israel et foyer majeur du judaïsme américain naissant.
Les Juifs de Philippopolis (Plovdiv) · Balkans
Plovdiv (Philippopolis), en Bulgarie, abritait l'une des plus importantes communautés juives du pays, dont la présence remonte à l'Antiquité et qui fut renforcée par l'arrivée de Séfarades après l'expulsion ibérique de 1492. De langue judéo-espagnole, ses membres étaient marchands et artisans, organisés autour de leurs synagogues et de leurs institutions. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la déportation des Juifs des anciennes frontières bulgares fut empêchée grâce à des protestations de l'opinion, de parlementaires et de l'Église, de sorte que la communauté survécut. Après 1948, la grande majorité émigra en Israël.