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Zakhor
IntersecciónLiterarioÉpoca Medieval

Poéme d’Ephraim Al-Naqua en l’honneur de Moshé ben Maimon

Autor: Ephraïm Aln'kaoua
Fecha: XVe siècle

Confiado por Bernard Bensaid · depositado el 15 de abril de 2026 · registro IntersecciónAlexander Marx, "Texts by and about Maimonides", The Jewish Quarterly Review, New Series, vol. 25, n° 4, avril 1935, poème n° 19. · depositario, no propietario

Linaje vinculado

Descripción

**Poema de Ephraïm Al-Naqua en honor de Moshé ben Maïmon** Composición poética hebrea en 51 versículos, este piyyut erudito editado por Alexander Marx en 1935 (poema n.° 19 de su serie *Texts by and about Maimonides*) constituye una de las más elocuentes apologías versificadas del *Moreh Nevukhim* (Guía de los Perplejos) surgidas del ámbito sefardí posterior a las controversias maimonidianas. La traducción francesa, obra de David Encaoua con la colaboración de André Benzenou, restituye a la vez el rigor argumentativo y la densidad alusiva del original. **Estructura y progresión argumentativa.** El poema se despliega según una arquitectura en cinco movimientos. Los versículos 1 a 14 elogian el método de la Guía: enfoque progresivo, tabla «bien dispuesta» de los capítulos (v. 3), argumentos «sin falsificación ni engaño encubierto» (v. 4), elucidación del Targoum, las Séfirot y los nombres de los querubines (vv. 6-13). Los versículos 15 a 18, polémicos, apuntan al «gran rab hijo de Naḥman» —Naḥmanide (Ramban)—, acusado de oponer a la Guía «palabras profundas pero poco convincentes» y «luces que oscurecen más de lo que iluminan». Los versículos 19 a 33 trazan el catálogo de las cuestiones resueltas por Maïmonide: profecía y apariciones angélicas (vv. 21-22), sentido de los sacrificios (v. 23), pruebas racionales de la existencia de Dios apoyadas en Aristóteles (vv. 25-27), teodicea y secreto de Job (vv. 28-30), oración del justo y del pecador (vv. 31-33). Los versículos 34 a 42 abordan los *secretos de la creación* (*ma'aseh bereshit*) y el *carro de Ezequiel* (*ma'aseh merkavah*), así como la historia de los orígenes —Adán, Eva, la serpiente, Caín, Abel, Set— como matriz de la transmisión de las lenguas y los saberes. Los versículos 43 a 51 retoman la polémica: descalificación de los detractores «que emplean palabras oscuras», bendición sobre Maïmonide prometido al jardín del Edén, y coronación final de la *Guía* «por su labor de desmitificación». **Cuestiones doctrinales.** El poema toma partido, sin ambigüedad, por la legitimidad de la teología filosófica frente a la lectura exclusivamente cabalística del judaísmo. Tres tesis son defendidas en él: (1) la *razón aristotélica* es un instrumento válido para la *Torah*, siempre que se subordine a la revelación (vv. 25-27); (2) los relatos esotéricos de la Biblia —*bereshit*, *merkavah*, sacrificios, profecía— son susceptibles de una exégesis racional que no anula su sacralidad sino que la ilumina (vv. 23, 34-36); (3) la oscuridad doctrinal no es una virtud: oponer a la Guía «palabras vanas» equivale a traicionar la inteligencia (vv. 16-17, 43). En esto el poema se inscribe en la larga posteridad de las controversias maimonidianas (1232, 1305) y testimonia su prolongación en la diáspora sefardí de los siglos XIV-XV, donde la defensa del *Moreh* se convirtió en un marcador identitario frente a las corrientes anti-racionalistas provenzales y catalanas. **Autor y contexto.** Ephraïm Al-Naqua (Anqawa, Encaoua), nacido en Castilla hacia 1359 y muerto en Tlemcen en 1442, es el fundador de la comunidad judía de Tlemcen tras las persecuciones de 1391 en España. Médico, talmudista, cabalista él mismo —autor del *Sha'ar Kevod Hashem*—, encarna esta paradoja sefardí tardía de un sabio que domina las disciplinas esotéricas al tiempo que defiende la legitimidad del racionalismo maimonidiano. La tumba del *Rab*, en Tlemcen, fue hasta el siglo XX un importante lugar de peregrinación del judaísmo norteafricano. **Fuente y establecimiento del texto.** El poema fue editado por Alexander Marx en *The Jewish Quarterly Review*, Nueva Serie, vol. 25, n.° 4 (abril de 1935), dentro de un dossier de piezas de archivo hebreas relativas a Maïmonide. La presente traducción francesa, primera de la que tenemos conocimiento, fue establecida por David Encaoua con la colaboración previa de André Benzenou.

En la tradición

Memoria viva

Tradición

Apologétique poétique séfarade du Moreh Nevukhim

פיוט בשבח מורה נבוכים

Relato tradicional

Le poème s'inscrit dans la mémoire vive de la communauté séfarade qui, après les controverses maïmonidiennes des XIIIᵉ-XIVᵉ siècles et les persécutions de 1391, fait du Moreh Nevukhim un étendard identitaire. Ephraïm Al-Naqua, fondateur de la communauté de Tlemcen, joint sa voix poétique à la longue chaîne des défenseurs nord-africains et provençaux du rationalisme philosophique. La figure du Rab d'Al-Naqua, vénérée à Tlemcen jusqu'au XXᵉ siècle comme lieu de pèlerinage, prolonge cette mémoire vivante d'un judaïsme conjuguant raison et tradition.

écrite

Función conmemorativa

Défense versifiée de la légitimité du rationalisme maïmonidien contre les critiques kabbalistes ; transmission liturgico-savante au sein des académies séfarades du Maghreb.

Minhaggim (costumbres)

Tlemcen (Algérie)Pèlerinage au tombeau du Rab Ephraïm Al-Naqua (Hilloula), perpétué jusqu'au milieu du XXᵉ siècle, où sa figure de défenseur de Maïmonide était évoquée parmi ses titres de gloire.

En la historia

Investigación crítica

Datación

Probable

13911442

philologiecontexte historique

Alexander Marx, JQR 25/4 (1935), poème n° 19 ; biographie d'Ephraïm Al-Naqua (Castille c. 1359 — Tlemcen 1442), composition probablement postérieure à son installation à Tlemcen après 1391.

Procedencia

Lugar de origen:
Tlemcen (royaume zayyanide, actuelle Algérie)
Contexto:
Édité par Alexander Marx dans le cadre d'un dossier de textes hébreux relatifs à Maïmonide, à partir de manuscrits conservés au Jewish Theological Seminary de New York.

Cadena de conservación:

Manuscrit séfarade tardifCollections du JTSÉdition Marx (1935)Traduction Encaoua/Benzenou (XXIᵉ siècle)

Análisis material

Soporte:
manuscrit (édition imprimée moderne d'après témoin manuscrit)
Escritura:
hébreu carré séfarade

Le poème compte 51 versets, sans rime contrainte selon le schéma classique du qaṣīda hébraïque andalou, mais avec une forte cohésion thématique et un vocabulaire savant mêlant terminologie philosophique tibbonide et lexique kabbalistique (Sefirot, chérubins, char d'Ézéchiel).

Debates académicos abiertos

La critique adressée à Naḥmanide aux versets 15-18 est-elle équitable ?

Bernard Septimus : Naḥmanide a tenu une position médiane dans la controverse maïmonidienne (Iggeret ha-Hitnatzlut, 1232), défendant Maïmonide tout en critiquant l'usage radical de la philosophie. Le poème d'Al-Naqua simplifie cette position au profit d'une polarisation polémique.Hispano-Jewish Culture in Transition, Harvard UP, 1982.
Moshe Idel : Les milieux kabbalistes catalans, dont Naḥmanide est la figure de proue, ont effectivement développé une critique de fond de l'allégorèse philosophique du Guide, justifiant la perception polémique d'Al-Naqua.Studies in Ecstatic Kabbalah, SUNY Press, 1988.

Quel est le statut épistémologique d'Aristote selon le poème (vv. 25-27) ?

Shlomo Pines : L'aristotélisme est instrumentalisé comme propédeutique rationnelle à la révélation, conformément à la stratégie du Moreh I, 71-76 et II, 1-31.Translator's Introduction to The Guide of the Perplexed, University of Chicago Press, 1963.

Texto fuente

1. Comprendre l'enchantement de מורה נבוכים (Moré Névoukhim, Guide des perplexes) revient à percer le secret de la connaissance et de la Loi au nom de laquelle nous avançons ; 2. Afin d'atteindre une pensée exempte de mensonge et de faux semblant, au prix d'un cœur courageux et d'une main vaillante ; 3. Pas à pas, il égrène ses chapitres qui deviennent pour le lecteur comme une table bien dressée ; 4. À l'aide de pensées et d'arguments sensés, sans falsification, ni tromperie camouflée ; 5. De sorte que tu approches d'un savoir qui devient ta véritable demeure où s'assemblent des souffles de vie ornés d'une luxuriante végétation ; 6. Observe l'intelligence éclairante des secrets du Targoum, auxquels se greffent des ajouts glorieux et précieux ; 7. En lui, des noms et des lieux pour sanctifier Dieu, en des hauteurs imposantes ; 8. Qu'il explore seul, car aucun autre homme n'est parvenu à trouver des réponses aussi claires, dans une langue aussi juste, quoique inhabituelle ; 9. Aucune faute ne peut être imputée à ce grand rab, à la fois rassembleur et duquel s'originent tous les liens ; 10. Tel le génie de Jacob qui a su lui faire trouver sur chaque colline un chemin juste au sein des eaux les plus troubles ; 11. Il a résolu toutes les obscurités et secrets de la Tora, en évitant les impasses et chausse-trappes ; 12. En s'appuyant sur les indices, nombreux mais complexes, qu'on trouve dans le Targoum ; 13. Afin d'obtenir la compréhension des Sefirot et de décrypter les mystères des noms des chérubins ; 14. Avec patience, lucidité et enthousiasme, il parvient à délivrer son enseignement aux humains les plus sages ; 15. Et son contradicteur, le grand rab fils de Naḥman, expert en connaissances cabalistiques et autres mystères ; 16. Usa de paroles profondes mais néanmoins peu convaincantes, en jetant des lumières qui obscurcissent plutôt qu'elles n'éclairent ; 17. Recourant à des paroles vaines et donnant des réponses insensées à ceux qui argumentent de bout en bout ; 18. Son honneur ne sera pas privé de génie, ni son regard ne sera détourné d'un cil, fut-il celui d'un roi ; 19. Aux yeux des humains instruits dans les choses de l'esprit et des secrets de la foi ; 20. Qu'ils soient experts en religion ou en sagesse, ou qu'ils soient attirés par la connaissance des secrets fondamentaux ; 21. Qu'ils étudient la prophétie, qu'ils fassent merveille dans l'interprétation des rêves, ou qu'ils soient simplement attirés par le droit chemin ; 22. Et comment un ange apparaît-il aux yeux d'un prophète embarrassé, inversant ce qu'il croit percevoir ; 23. Les sacrifices, qui sont un secret pour tout savant et tout expert des textes sacrés, trouvent leur interprétation véritable ; 24. Et les lois et commandements des textes sacrés trouvent leur juste interprétation comme des trésors cachés perçant à travers un ciel brumeux ; 25. Et toutes les preuves de l'existence de Dieu sont apportées à l'aide de démonstrations irréfutables ; 26. Et comment elles furent facilitées par les avancées spectaculaires d'Aristote ; 27. Leur lumière détruit tout argument contre lui, mais accentue au contraire le côté fragmentaire des opposants ; 28. Et le secret de Job qui aurait été marqué du sort de Satan jeté contre lui ; 29. Et le secret du pourquoi il est possible que le mécréant bénéficie d'un sort favorable et le juste d'un sort défavorable ; 30. Ces positions, déduites d'une observation et d'un savoir profonds, débouchent sur une espérance qui ne se laisse pas enfermer dans un corset ; 31. Comment se présenter devant l'Éternel, que l'on soit riche ou pauvre, juste ou corrompu ; 32. Et comment les humbles et les cœurs purs compatissent et tombent en grâce devant Lui ; 33. Avec des yeux ouverts sur Lui, scrutateurs et non fuyants ; 34. Les secrets de la création sont dévoilés, telle la voûte céleste illuminée d'étoiles ; 35. Le char d'Ézéchiel et les différents mots et lettres qui le désignent, dont la valeur numérique est signifiante ; 36. Et les secrets du visage, des roues appropriées et des ailes repliées sont circonscrits ; 37. Le secret d'Adam et Ève dans le jardin d'Éden après les pièges du serpent ; 38. Et comment Caïn est resté enfermé en lui-même, conduisant au meurtre d'Abel et au sang répandu ; 39. Et comment Seth, le troisième fils d'Adam et Ève, né après le meurtre d'Abel, fut à l'origine d'une nouvelle ère ; 40. Et comment, à partir de là, les questions, les transmissions et les langues n'ont cessé de s'étendre ; 41. Pour conduire à des hommes droits et des combattants qui évitent les touffes de la confusion ; 42. En explicitant les secrets des histoires et les commandements de la Tora, évitant les opinions approximatives ; 43. Qui est-il, celui qui émet un signe opposé, en usant de mots obscurs ; 44. Pour que tout homme sage, dénué d'iniquité, parvienne à s'approprier les paroles de Dieu ; 45. Pour que tout enseignant et maître soit comme une flèche, pointant à partir de son cœur ; 46. Et comment trouver une main bienveillante face à Lui, et des conseils avisés pour secourir des cœurs écrasés ; 47. Les chercheurs sont confrontés aujourd'hui à des directions fausses et des pistes mensongères à l'égard de leurs prochains ; 48. Et les savants sont comme des geôliers ombrageux face à des hommes anéantis ; 49. Dieu le récompensera en le maintenant dans le jardin d'Éden, et ses jours seront prolongés ; 50. Pour avoir passé au peigne fin ses arguments, afin de se débarrasser des fadaises et vieilleries ; 51. Et que soit couronné le Guide des Perplexes pour son travail de démystification.