Famille Sudaka
Origine du nom, histoire et généalogie de la lignée Sudaka — un nom de famille juif et les traces qu’il a laissées.
Famille juive d'Afrique du Nord, attestée dans les communautés de Algérie. Maurice Eisenbeth recense 4 variantes orthographiques de ce patronyme dans son dictionnaire onomastique de 1936. La notice décrit les lieux d'implantation, les formes graphiques et, lorsque connues, les figures rabbiniques ou communautaires associées à la lignée.
Origine géographique : Algérie
registre Mémoire · dépositaire, non propriétaire
Carte de la lignée
Le Grand Livre — Sudaka
Introduction
Le 15 novembre 1940, dans la ville normande de Vire, naissait une fillette dont le patronyme portait, à son insu, la mémoire d'un monde méditerranéen en sursis : Jacqueline Sudaka. Ce détail biographique — une naissance en Calvados pour une lignée algérienne — dit quelque chose d'essentiel sur les Sudaka : une famille dont les routes ont traversé les âges et les continents, transportant un nom enraciné dans le sol algérien et l'onomastique judéo-maghrébine. Que la plus documentée de ses figures soit née en France en pleine période de Vichy, alors même que le statut des Juifs d'Algérie venait d'être révoqué, n'est pas un hasard biographique sans signification : c'est une fenêtre ouverte sur l'ensemble de la trajectoire familiale.
Le patronyme Sudaka appartient à la grande constellation des noms de famille juifs d'Afrique du Nord, ces marqueurs identitaires qui, par-delà les ruptures coloniales et les exils, conservent la trace d'itinéraires séculaires. Inscrit dans le tissu des communautés israélites d'Algérie, il figure parmi les patronymes recensés par l'œuvre fondatrice de l'onomastique nord-africaine : le dictionnaire que Maurice Eisenbeth fit paraître à Alger en 1936, sous le titre Les Juifs de l'Afrique du Nord : démographie et onomastique. Eisenbeth, alors Grand Rabbin d'Alger, avait entrepris cette étude comme un devoir de mémoire scientifique : « sauver de l'oubli tout ce qui peut intéresser le groupe ethnique que constituent les israélites en Algérie, Tunisie et Maroc », écrivait-il dans son avant-propos.
Étudier une lignée comme celle des Sudaka, c'est se confronter à une double matière : d'une part l'archive — actes notariés, registres rabbiniques, listes électorales coloniales, recensements démographiques — et d'autre part la mémoire — la transmission orale, le souvenir d'un quartier, d'une synagogue, d'un métier, d'une langue perdue. L'historien du judaïsme maghrébin sait que ces deux ordres ne coïncident pas toujours, qu'ils se complètent parfois et se contredisent à l'occasion. Le présent ouvrage s'efforce d'honorer cette complexité, en distinguant scrupuleusement ce qui relève de l'établi, du probable, du transmis et du conjecturé.
Les bases généalogiques contemporaines confirment l'implantation algérienne : le portail Geneanet recense des centaines d'occurrences du patronyme, et l'on relève des occurrences anciennes localisées dans l'agglomération algéroise, notamment à Saint-Eugène (l'actuel Bologhine), faubourg littoral du nord-est d'Alger. Cet ancrage urbain, mêlé à des ramifications oranaises et de l'ouest algérien, dessine le territoire dont nous suivrons les fils tout au long de ce livre. Du foyer maghrébin originel jusqu'à la figure contemporaine de l'essayiste et historienne de l'art Jacqueline Sudaka-Bénazéraf (15 novembre 1940 – 15 septembre 2022), c'est tout un destin diasporique qui se laisse reconstituer — avec ses zones d'ombre honnêtement assumées et ses lumières pleinement célébrées.
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- v1 · courante · 17 août 2026
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En mémoire
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Œuvres & textes (3)
Documents publiés sur Zakhor rattachés à cette lignée par leurs mots-clés.
Les juifs d'Afrique du Nord
Maurice Eisenbeth
Les juifs de l'Afrique du Nord : démographie et onomastique est un ouvrage publié à Alger en 1936 par Maurice Eisenbeth (1886-1957), alors Grand Rabbin d'Alger. Il s'agit de la première étude systématique des populations juives d'Afrique du Nord — Maroc, Algérie, Tunisie et Libye — fondée à la fois sur les recensements coloniaux, les registres communautaires et un dépouillement méthodique des patronymes. L'ouvrage se divise en deux grandes parties. La première partie, démographique, établit les effectifs, la répartition géographique et la structure par communautés des juifs nord-africains au tournant des années 1930, à partir des données statistiques françaises, espagnoles et italiennes disponibles à l'époque, croisées avec les archives rabbiniques locales. Eisenbeth y décrit, commune par commune, les grandes communautés (Alger, Constantine, Oran, Tunis, Fès, Casablanca, Tripoli…) mais aussi des dizaines de communautés plus modestes des oasis, de l'Atlas et du Sud tunisien. La seconde partie, onomastique, constitue le cœur durable de l'ouvrage et explique sa postérité. Eisenbeth y dresse un catalogue raisonné de plusieurs centaines de patronymes portés par les juifs d'Afrique du Nord, en indiquant pour chacun : son étymologie probable (hébraïque, araméenne, arabe, berbère, judéo-espagnole, italienne ou toponymique), ses variantes orthographiques, son aire de diffusion géographique et les lignées rabbiniques ou marchandes notables qui l'ont porté. Il s'appuie sur une documentation de première main — registres de ketoubot, actes de tribunal rabbinique, listes d'offrandes synagogales, épitaphes de cimetières — et entreprend le premier classement typologique des noms de famille judéo-maghrébins : noms bibliques, noms sacerdotaux (Cohen, Levi), toponymes ibériques hérités de l'expulsion de 1492 (Toledano, Narboni, Corcos), toponymes maghrébins (Tetouani, Mrejen, Fezzani), arabismes descriptifs (Abitbol, Dahan, Chriqui), surnoms professionnels (Sayag, Neggar), et patronymes spécifiquement rabbiniques. Par sa méthode comme par son ampleur, cet ouvrage demeure, près d'un siècle plus tard, une référence incontournable de la généalogie juive nord-africaine et de la recherche sur les identités juives maghrébines. Il a nourri toutes les études ultérieures — Paul Sebag, Robert Attal, Joseph Tolédano, Michaël Laskier — et constitue pour des dizaines de milliers de familles issues d'Afrique du Nord la porte d'entrée vers l'histoire de leur nom.
Franz Kafka, écrivain-dessinateur : pratiques visuelles, aspects d'une poétique du regard
Jacqueline Sudaka-Bénazéraf
Livre de Jacqueline Sudaka-Bénazéraf. (thèse 1998)
D'un temps révolu – Voix juives d'Algérie
Jacqueline Sudaka-Bénazéraf (dir.)
Livre de Jacqueline Sudaka-Bénazéraf (dir.).
Grandes figures de la lignée
Lieux du parcours
Communautés traversées
Les jours de ce livre
Ce livre ne porte encore aucun jour de mémoire. Les sources qui documentent Sudaka donnent des années et des siècles, jamais un jour ; nous n'en fabriquons pas.
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Bibliographie
- Maurice Eisenbeth, Les Juifs de l'Afrique du Nord : démographie et onomastique (1936)
- Joseph Toledano, Les Noms de famille des Juifs d'Afrique du Nord (2003)
- Joseph Toledano, Une histoire de familles : les noms de famille juifs d'Afrique du Nord, des origines à nos jours (1999)
- Communauté juive de Sidi Bel Abbès, Archives rabbiniques de Sidi Bel Abbès
- Geneviève Dermenjian, La Crise anti-juive oranaise (1895-1905) : l'antisémitisme dans l'Algérie coloniale (1986)
- David Encaoua, Des passeurs de pensée juive : la lignée Encaoua (2018)
- André Goldenberg, La Saga des Juifs d'Afrique du Nord (2014)
- Maurice-Ruben Hayoun, Moïse Mendelssohn (1997)
- Benjamin Stora, Décret Crémieux et identité juive en Algérie (1997)
- Maurice-Ruben Hayoun, Maïmonide ou l'autre Moïse (1994)
- Robert Attal, Les Juifs d'Afrique du Nord : bibliographie (1993)
- Maurice Eisenbeth, Les Juifs de l'Afrique du Nord — Démographie & Onomastique, Imprimerie du Lycée, Alger (1936)
- Abraham I. Laredo, Les Noms des Juifs du Maroc, CSIC, Madrid (1978)