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Zakhor
Proto-história3700-3601 av. J.-C.

XXXVIIº século a.C.

Eridu, Suse et la naissance des proto-villes

Resumo

Eridu devient un centre cultuel pan-mésopotamien. Tell Brak et Suse atteignent des dimensions urbaines. Les bullae à calculi préfigurent l'écriture comptable. En Égypte, la transition Naqada I → Naqada II s'amorce.

Acontecimentos marcantes

  • c. 3700 av.Eridu atteint dix hectares ; centre cultuel pan-mésopotamien dédié à Enki.
  • c. 3650 av.Suse I : grandes nécropoles ; coupes peintes au bouquetin stylisé conservées au Louvre.
  • c. 3650 av.Tell Brak (Haute-Mésopotamie) : agglomération de 130 hectares ; tumuli de combat révélant une violence urbaine précoce.
  • c. 3650 av.Apparition des bullae d'argile creuses contenant des calculi (jetons-marchandises), précurseurs de l'écriture.
  • c. 3600 av.Égypte : transition Naqada I → Naqada II ; intensification des échanges avec le Levant.

O século em narrativa

Le XXXVIIᵉ siècle avant notre ère — environ 3700-3601 — voit la **transition** entre le monde des villages d'Obeid et la grande civilisation urbaine d'Uruk qui dominera le millénaire suivant. C'est un siècle charnière, mal documenté par les chroniques mais riche en transformations matérielles décisives.

À **Eridu**, le sanctuaire d'Enki s'agrandit pour atteindre dix hectares ; il devient un centre cultuel pan-mésopotamien vers lequel convergent offrandes et pèlerins de toute la basse vallée. La tradition sumérienne le considérera toujours comme le modèle archétypal de la cité, et son fondateur mythique **Adapa** — homme parfait, presque immortel, conseiller des dieux et bénéficiaire de la sagesse d'Enki — restera dans la littérature comme la figure prééminente du sage primordial. Préfigurant peut-être, par filiation lointaine, l'imaginaire qui nourrira plus tard les chapitres de la Genèse sur Adam et le Paradis perdu.

Plus au nord, à **Tell Brak** dans la Djézireh syrienne, une agglomération atteint des dimensions métropolitaines avant même l'éclosion d'Uruk. Les fouilles récentes de Joan et David Oates (2000-2010) y ont révélé des « tumuli de combat » avec ossements humains et armes, témoignant d'une violence organisée précoce — peut-être le plus ancien indice de guerre urbaine du monde. La civilisation, dès qu'elle apparaît, semble apporter avec elle ses ombres : c'est précisément ce constat que la Genèse réinvestira plus tard avec le récit de Caïn bâtisseur de la première ville (Gn 4).

À **Suse**, en Élam, naissent les premières grandes nécropoles. Les coupes peintes au bouquetin stylisé de **Suse I**, conservées au Louvre, sont parmi les chefs-d'œuvre de la céramique préhistorique mondiale. Leur géométrie abstraite — courbes du dos de l'animal réduites à un trait, longues cornes presque verticales — annonce l'art moderne avec quatre mille ans d'avance.

L'invention la plus discrète, mais la plus lourde de conséquences, est probablement celle des **bullae** : enveloppes d'argile creuses contenant des **calculi** (jetons en argile aux formes variées : sphères, cônes, disques, tétraèdres) qui représentent des unités de marchandise. Pour vérifier le contenu sans casser la bulle, on imprime les jetons sur sa surface extérieure. De cette opération naîtra, deux siècles plus tard, l'idée d'écrire directement les signes sur des tablettes — naissance de l'écriture cunéiforme. Tout le destin du Peuple du Livre dépendra, à très long terme, de cette innovation comptable apparemment anodine.

En Égypte, la transition Naqada I → Naqada II s'amorce. Les premiers chefs locaux de Hiérakonpolis et Naqada accumulent richesses funéraires. Le décor pré-pharaonique se met en place pierre après pierre, sans qu'aucune chronique n'en garde trace.

Personalidades do século (3)

Adam

An 1 du calendrier hébraïque (c. 3760 av. J.-C., légendaire)

Primeiro homem segundo o Gênesis (Bereshit 1-5), criado no sexto dia à imagem de Deus e colocado no jardim do Éden. A tradição judaica fixa sua criação no ano 1 do calendário hebraico, ou seja, aproximadamente 3760 a.C. — data que, por uma coincidência notável, coincide aproximadamente com o surgimento das proto-cidades mesopotâmicas (Eridu, Uruk, Susa) e com a invenção das bullae a calculi. Primeiro nomeador (dá nomes aos animais), primeiro transgressor, primeiro enlutado (pelo assassinato de Abel por Caim). Viveu 930 anos segundo Gênesis 5,5. Figura absolutamente fundadora: sua memória abre toda genealogia bíblica e toda narrativa do Povo do Livro.

Adapa

c. 3700 av. J.-C. (légendaire)

Primeiro dos sete sábios mitológicos (apkallū) de Eridu na tradição suméria. Pescador e sacerdote do templo de Enki/Ea, teria ofendido o vento do sul e foi convocado ao céu pelo deus Anu. Recusando-se a aceitar o pão e a água da vida que Anu lhe oferecia — pelos conselhos enganosos de Enki —, quase alcançou a imortalidade. Frequentemente aproximado da figura de Adam do Gênesis: herói antediluviano, simultaneamente glorioso e culpável, que falha em alcançar a imortalidade por excesso de obediência. Helenizado em « Oannès » por Bérose no século III a.C., torna-se o mítico mestre das artes e da escrita.

Ziusudra (Atrahasis)

c. 3700 av. J.-C. (légendaire, dernier roi avant le Déluge)

Rei lendário de Shuruppak, filho de Ubar-Tutu, último soberano « antes do Dilúvio » segundo a Lista Régia Suméria. Advertido por Enki, constrói um grande navio, embarca sua família, casais de animais e artesãos, sobrevive ao Dilúvio e recebe a imortalidade na terra de Dilmun. Sob o nome de Atrahasis (« o muito sábio ») no poema acádio homônimo, e de Utnapishtim na Epopeia de Gilgamesh, transmite a Gilgamesh o relato do Dilúvio — passagem que se tornou, com Gênesis 6-9, um dos paralelos mais notáveis entre a Bíblia e a literatura mesopotâmica. O Noé bíblico é seu herdeiro direto.