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# AZHAROT (Exhortations) ## Les « 613 » Préceptes. Poèmes liturgiques traitant des préceptes de la Loi. Le Talmud de Babylone (Mak. 23_b_) contient une parole de R. Simlai au sens que « 613 commandements furent révélés à Moïse : 365, égal au nombre de jours de l'année, étaient…

Um livro ainda por escrever

Este Grande Livro ainda não foi escrito. A sua redação começa aqui mesmo: Claude compõe uma obra original a partir das peças de arquivo do corpus e de uma pesquisa na web, e depois enriquece-a com cada nova fonte contribuída.

Verbete da Jewish Encyclopedia (1901-1906)

Este texto é reproduzido tal como foi publicado há mais de um século. Os seus números, os seus juízos e o seu «hoje» pertencem à sua época, não à nossa.

AZHAROT (Exhortations)

Este verbete ainda não está traduzido: é apresentado em francês.

AZHAROT (Exhortations)

Les « 613 » Préceptes.

Poèmes liturgiques traitant des préceptes de la Loi. Le Talmud de Babylone (Mak. 23_b_) contient une parole de R. Simlai au sens que « 613 commandements furent révélés à Moïse : 365, égal au nombre de jours de l'année, étaient des préceptes négatifs ; et 248, correspondant au nombre des parties constituantes du corps humain, étaient des commandements affirmatifs. » R. Hamnuna trouve une allusion suggestive pour ce nombre dans la valeur alphabétique des lettres hébraïques composant le mot ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p368001.jpg) (« loi » ; Deut. xxxiii. 4), qui s'élève à 611, auquel il faut ajouter les deux premiers passages du Décalogue qui ont été énoncés non par Moïse, mais par Dieu Lui-même à Israël. Bien que cette énumération se reproduise à plusieurs reprises dans le Talmud et le Midrash, même au nom des maîtres antérieurs (comparer Bacher, « Ag. Pal. Amor. » i. 558, note 2), et que des sages postérieurs aient découvert de nouvelles allusions du nombre dans divers passages (voir Rashi sur Num. xv. 39 ; sources dans Buber, « Midrash Agada, » p. 113, note 24 ; matériaux supplémentaires dans Steinschneider, « Hebr. Uebers., » p. 926, note 152), elle n'a pas toujours demeuré incontestée ; Baḥya, par exemple (« Ḥobot ha-Lebabot, » Introduction), se fondant sur Ps. cxix. 96, exclut les « devoirs du cœur » de ceux-ci. Naḥmanides (« Sefer ha-Miẓwot, » début) soulève la question de savoir si ce nombre a autorité traditionnelle ou s'il est simplement une opinion personnelle de Simlai. D'Abraham ibn Ezra, qui fait remarquer (« Yesod Moreh, » porte 2) que si tous les préceptes fondamentaux et leurs dérivés, et ceux destinés pour tous les temps, étaient considérés, ce nombre serait intenable, jusqu'à Simon b. Ẓemah Duran (« Zohar ha-Rakia', » fin), qui pense que Simlai a compté les préceptes à sa manière et non d'une façon faisant autorité pour d'autres, et que le nombre 613 est conservé seulement pour être accidentellement correct, des objections similaires ont été répétées contre l'énumération.

Préceptes Prohibitifs et Obligatoires.

Néanmoins, beaucoup de maîtres, acceptant le chiffre, se sont occupés de l'énumération détaillée. Le compilateur des « Halakot Gedolot » fut le premier à l'entreprendre dans l'introduction de son livre. Il divise tout son matériel en deux divisions principales, la première contenant les préceptes prohibitifs (négatifs), dont 71 sont punissables de mort, et 277 de coups, total 348 ; la seconde contenant les préceptes obligatoires (affirmatifs), au nombre de 200, auxquels il faut ajouter 65 lois et statuts incombant aux Juifs dans leur ensemble, ce qui donne 613 en tout (« Hal. Gedolot, » éd. Berlin, pp. 8 _et seq._ ; comparer Hildesheimer, « Die Vaticanische Handschrift der Hal. Gedolot, » pp. 13 _et seq._). Il est dit qu'il existe un ouvrage en arabe par Ḥefeẓ b. Yaẓliaḥ, sur le même sujet, mais rien de plus n'en est connu. Maïmonide ne s'accorde pas avec l'auteur des « Hal. Gedolot » ; dans la section 14 de son « Sefer ha-Miẓwot » (original arabe publié par M. Bloch sous le titre « Le Livre des Préceptes par Moïse ben Maimon, » Paris, 1888 ; pour les traductions hébraïques, voir Steinschneider, _l.c._ § 554, 2) il pose certains principes qui doivent servir de guide dans l'énumération des préceptes, et compte alors 248 commandements affirmatifs et 365 commandements négatifs, ce qui s'élève à 613. Cette division s'accorde seulement dans son total avec celle de R. Simlai dans le Talmud, et dans les temps postérieurs a été particulièrement utilisée par les cabalistes. Il semble, cependant, qu'elle soit restée inconnue de l'auteur des « Hal. Gedolot, » et est omise dans le passage parallèle du Tanḥuma. Maïmonide, en vérité, qui trouva nécessaire de réviser son propre ouvrage, ne fut pas toujours conséquent sur ce point ; et son fils Abraham fut appelé à défendre son illustre père contre l'attaque de R. Daniel ha-Babli (« Ma'ase Nissim, » éd. B. Goldberg, Paris, 1866). Maïmonide trouva aussi un adversaire redoutable en Naḥmanides, qui était, cependant, concerné moins par attaquer Maïmonide que par défendre l'auteur des « Hal. Gedolot, » dont les paroles étaient comptées « tradition sainte » (« Sefer ha-Miẓwot, » première édition à Constantinople, 1510). Mais Maïmonide ne fut pas dépourvu de champions. Beaucoup se rangèrent de son côté, parmi lesquels on peut mentionner Simon Duran (« Zohar ha-Rakia' ») et Isaac de Leon ibn Ẓur (« Megillat Esther ») : le premier écrit dans un ton conciliatoire ; le second ne peut se résoudre à admettre qu'une quelconque opinion de Maïmonide pourrait être erronée.

Il suffira pour les présents objectifs de mentionner seulement le « Sefer ha-Ḥinnuk, » qui suit sa propre méthode dans l'énumération des préceptes. Pour l'intelligence de ce qui suit, il doit aussi être établi que, en addition aux 613 préceptes bibliques, quelquefois sept préceptes non-bibliques s'y ajoutent, ce qui fait le total de 620, qui représente la valeur numérique des lettres dans le mot hébraïque ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p369001.jpg) (« couronne »).

Les Azharot.

C'est cette énumération des préceptes de la Torah qui fournit le thème de tous les poèmes connus sous le nom d'« Azharot », nom dérivé de la première composition de cette nature, qui commence par les mots ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p369002.jpg) (« Autrefois Tu as donné des exhortations à Ton peuple »). Les Azharot sont diversement désignées, tant dans les ouvrages imprimés que dans les manuscrits, comme « Exhortations des Rabbins », « Exhortations formulées dans l'Académie », « Exhortations des Saintes Académies des Rabbins à Pumbedita », également « Exhortations d'Élie de Bienheureuse Mémoire ! » Elles sont d'une grande antiquité, et il faut concéder la probabilité qu'elles émanèrent de l'académie de Joseph b. Abba Gaon de Pumbedita, au sujet duquel la « Lettre » de Sherira rapporte que son académie était parfois visitée par Élie le Prophète. Antérieures à l'origine des « Halakot Gedolot » (la dernière ligne, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p369003.jpg), se retrouve reproduite dans les « Hal. Gedolot », éd. Hildesh. p. 9, et tous les anciens Azharot la contiennent), ces compositions plus anciennes n'énumèrent pas les 613 préceptes individuels, et ne parlent que en termes généraux des 365 préceptes négatifs et des 248 préceptes affirmatifs, de leurs sources, contenus, et de la manière dont ils sont dérivés des paroles réelles du texte scripturaire, etc. Une telle énumération spécifique ne fut possible que après celle des « Hal. Gedolot », et on la trouve dans les Azharot commençant par ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p369004.jpg) (« Tu as accordé une loi à Ton peuple »). Cette composition, qui suit les « Hal. Gedolot » avec exactitude, se trouve parfois avec la surscription « Azharot des Rabbins de l'Académie », parfois « Azharot d'Élie (ou 'Élie le Tishbite') de Bienheureuse Mémoire ». Elle a été attribuée à tort par certains à Elijah ha-Zaḳen (voir ci-dessous) ; tandis que d'autres ont considéré Simeon ha-Gadol comme son auteur ; elle a indubitablement son origine à Pumbedita. Son exemple a été suivi par une multitude d'imitateurs. Saadia Gaon a écrit des Azharot (commençant par ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p369005.jpg), « Je suis un feu consumant »), et, en outre, a résumé les 613 préceptes dans un piyyuṭ commençant par « Tu craindras l'Éternel, ton Dieu » (tous deux imprimés dans I. Rosenberg, « Ḳobeẓ, » ii. 26-54 ; les 613 préceptes aussi par J. Müller dans l'édition de Paris des œuvres de Saadia, éd. Derenbourg, ix. 57). La suggestion que Saadia n'est pas l'auteur de ces compositions est entièrement gratuite, vu que son nom y apparaît de manière acrostiche. D'autres Azharot, par Isaac Gikatilla, étaient connus de Moses ibn Tibbon, et sont mentionnés par Isaac Petit b. Mordecai Kimḥi, mais n'ont pas été préservés. Peut-être sont-ils identiques aux Azharot commençant par ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370001.jpg) (« Je me ceindrai de force pour exalter le Créateur »), qui, selon Isaac b. Todros, étaient contenus dans le « siddur » d'Amram Gaon ; même la présente recension de ce siddur contient des pièces qui sont postérieures à l'époque d'Amram.

Solomon ibn Gabirol fut le suivant à traiter des préceptes dans les Azharot commençant par ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370002.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370003.jpg) (« Ton Dieu est un feu consumant »), édité par Sachs-Halberstamm, « Ḳobeẓ 'al-Yad, » 1893 ; plus tard il a écrit des Azharot complets auxquels il sera fait référence dans ce qui suit. Isaac b. Reuben Albargeloni est l'auteur des Azharot ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370004.jpg) (« Où est la demeure de l'intelligence ? »). Elijah ha-Zaḳen b. Menahem de Mans a écrit les Azharot ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370005.jpg) (« La vérité inspirera ma bouche »), publiés d'abord par Luzzatto dans « Literaturblatt des Orients, » 1850, part 16, et plus tard réimprimés par Rosenberg, _l.c._ pp. 55 _et seq._ Il peut être fait mention ici du piyyuṭ d'Eliezer b. Nathan, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370006.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370007.jpg), destiné au service du soir du second jour de la Pentecôte, qui traite aussi des 613 préceptes. Les Azharot commençant par ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370008.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370009.jpg) (« Moi, l'Intelligence, j'habite en haut ») ont été écrits par Isaac Petit b. Mordecai Kimḥi. Krespia ha-Naḳdan a écrit des Azharot commençant par les mots ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370010.jpg) (« Je T'exalterai, Ô Éternel, mon Roi »). Une espèce d'Azharot a été composée par Joseph b. Solomon Yaḥya, mais rien de certain n'est connu à son sujet sinon qu'il a été perdu dans un incendie. Elijah ha-Kohen Tchelebi (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370011.jpg)) a écrit ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370012.jpg) (« Je bénirai le Dieu Terrible »). Les Azharot « Répands ta miséricorde » ont été écrits par Menahem Tamar. Menahem Egozi (Noyer) intitule ses Azharot, qui commencent par ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370013.jpg), avec un jeu sur son propre nom ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370014.jpg) (« Une fleur du jardin des noyers »). De même, ceux d'Elijah Adeni (d'Aden), qui commencent par les mots ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370015.jpg) (éd. Amsterdam, 1688), ont été intitulés par lui ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370016.jpg). Enfin, il faut faire mention des Azharot de Joshua Benveniste, qui ne sont connus que par le « Shem ha-Gedolim » d'Azulai (_s.v._ ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370017.jpg)).

La matière et ses divisions.

La remarque de R. Simlai citée plus haut parle de la division des préceptes du Pentateuque en commandements affirmatifs et négatifs (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370018.jpg) et ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370019.jpg)). Les « Hal. Gedolot » observent cette division ; et, de plus, ils groupent les préceptes individuels autant que possible selon leur matière. Les Azharot ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370020.jpg) n'observent pas cette méthode : les préceptes affirmatifs et négatifs se succèdent dans une confusion extrême sans égard à la matière, entraînant un grand sacrifice de clarté. Saadia, dans ses « 613 préceptes », place, en deux divisions, d'abord 97 devoirs de la personne (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370021.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370022.jpg)), puis 58 et 45 préceptes affirmatifs relatifs aux sacrifices, aux prêtres et à la purification ; en tout, 200 commandements affirmatifs. Suivent ensuite, en quatre divisions, 277 préceptes négatifs (l'énumération spécifique n'est pas correctement donnée dans les textes imprimés actuels, ni même par Zunz) : 71 punissables de mort, et 65 sections appartenant à la communauté dans son ensemble, s'élevant en tout à 630. Ceci montre clairement combien étroitement Saadia adhère aux « Hal. Gedolot » ; tout aussi étroitement aussi Isaac Albargeloni suit la même autorité ; et, en vérité, c'est la règle, comme le remarque Maïmonide, chez tous les Azharot composés jusqu'à son époque. Gabirol ne s'écarte de cette pratique que dans la mesure où il observe l'énumération talmudique de 248 commandements affirmatifs et 365 commandements négatifs. Krespia ha-Naḳdan suit Maïmonide dans l'énumération, tout comme Menahem Tamar et Joshua Benveniste. Dans ses Azharot proprement dits, Saadia ignore la démarcation stricte entre préceptes affirmatifs et négatifs. Il déduit les préceptes selon leur dérivation du Décalogue, une idée souvent imitée ; par Saadia lui-même à nouveau dans son Commentaire du Yeẓirah, et ensuite, non seulement par les poètes ultérieurs, mais par les auteurs de jurisprudence. Parmi les exemples on peut citer ici le « Ma'amar ha-Sekel » d'un auteur inconnu, et le cabbaliste Ezra-Azriel dans son commentaire du Cantique des cantiques. La tentative d'établir une telle dérivation était rendue d'autant plus séduisante par la découverte du fait que les lettres individuelles contenues dans le Décalogue sont au nombre de 620, correspondant ainsi aux 613 préceptes et aux sept commandements supplémentaires mentionnés plus haut. Pour d'autres références, voir Zunz, « Literaturgeschichte », p. 95, et Steinschneider, « Hebr. Bibl. » vi. 125.

Forme poétique.

Quant à la forme poétique des Azharot, il y a peu à dire. Les plus anciennes pièces ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370023.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370024.jpg) et ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370025.jpg) sont extrêmement simples dans leur composition ; les versets, qui contiennent l'alphabet en acrostiche, sont à deux membres et dépourvus de tout ornement poétique, tel que la rime, la métrique, etc. La rime apparaît plus tard, et une division en strophes devient générale ; l'alphabet, tant dans son ordre habituel qu'inversé (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p370026.jpg)), étant donné en acrostiche, tout comme le nom de l'auteur. La composition de Saadia est plus artificielle, en ce qu'il n'utilise pas seulement les paroles d'ouverture de chaque article du Décalogue, mais y entrelace des phrases du Cantique des cantiques et des huit versets du Psaume lxviii., qui sont associés par les Talmudistes au festival de la Pentecôte. La construction de ces compositions est entièrement traitée par Zunz, Sachs et Landshuth. Les « 613 préceptes » de Saadia sont moins artificiels dans la construction, mais possèdent la rime, les strophes et un refrain.

Gabirol utilise des strophes à quatre membres, dont les trois premiers ont chacun leurs propres rimes changeantes ; le quatrième possède une rime qui court à travers le poème. Les Azharot de Tchelebi sont aussi métriques, bien que défaillants en de nombreux endroits ; Tamar, dont les Azharot sont métriques et ressemblent dans leur construction à ceux de Gabirol, s'efforce de trouver une excuse à la métrique défaillante de ses prédécesseurs (Steinschneider, « Cat. Leyden », p. 396). Isaac b. Reuben termine ses strophes de la manière la plus ingénieuse avec un verset de la Bible, ce qui suscite l'admiration d'Al-Ḥarizi, qui était lui-même expert dans l'application ingénieuse de passages bibliques. Il en va de même pour les Azharot d'Elijah ha-Zaḳen, dont les Azharot consistent en 176 strophes à quatre membres avec des alphabets (en arrière comme en avant) et un entrelacement fréquent de noms en acrostiches.

Que de tels poèmes ne puissent posséder une valeur poétique est naturel : le style est trop rigide ; dans la forme il doit être didactique ; et toute déviation ou envolée imaginative est interdite. Leur énumération sèche des préceptes de fait forcerait la caractérisation qu'ils reçoivent de Jair Ḥayyim Bacharach (Responsa, No 51, appliqué à des Azharot spéciaux, voir ci-dessous) ; à savoir, qu'ils se lisent comme un chapitre de la Mishnah, sauf que leur forme et un certain choix d'expression dans les premières tentatives rappellent qu'ils doivent être considérés comme des compositions poétiques. Des passages fins se trouvent néanmoins dans les poèmes d'ouverture ou d'introduction (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371001.jpg)) et dans les versets finaux. Ces efforts poétiques ont généralement été fournis par les auteurs des Azharot eux-mêmes ; mais dans certains cas ils ont été ajoutés par d'autres ; comme, par exemple, l'introduction aux Azharot de Gabirol, écrite par David b. Eleazar Paḳudah, et les poèmes introduisant respectivement les préceptes affirmatifs et négatifs dans les Azharot de Ḳimḥi, écrits par Levi b. Gershon.

Protestation contre les Azharot.

Comme il fallait s'y attendre, ces incarnations poétiques des 613 préceptes rencontrèrent à différentes reprises les mêmes vives remontrances qui avaient accueilli le calcul du nombre 613 pour les préceptes. Abraham ibn Ezra (« Yesod Moreh », porte 2, fin) remarque que les auteurs d'Azharot en général ressemblent à un homme qui énumère les diverses herbes médicinales énumérées dans les ouvrages médicaux sans rien savoir de leurs vertus. Maïmonide aussi exprime son désapprobation (Introduction au « Sefer ha-Miẓwot ») ; mais il excuse les auteurs en les qualifiant de « poètes et non de rabbins ». Dukes cite d'un commentaire de Maḥzor que les sages de Mayence s'expriment contre les Azharot ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371002.jpg) parce que diverses commandements bibliques y sont omis (« Literaturblatt des Orients », 1843, col. 714). Moses Bödingen (Maḥzor, éd. Metz, 1817) donne une liste des préceptes omis dans ces Azharot, et suppose que l'auteur doit avoir écrit dix sections, dont deux ont été perdues. Dès les Tosafot (Yoma 8_a_ ; B. B. 145_b_ ; Nid. 30_a_) l'attention a été attirée sur le fait qu'Elijah ha-Zaḳen n'avait pas été suffisamment prudent en harmonisant ses déclarations avec la Halakah.

Dans la Liturgie.

On pourrait citer de nombreuses protestations similaires ; mais elles ne purent empêcher l'incorporation des Azharot dans les rituels de tous les pays, où effectivement elles ont maintenu leur position jusqu'à ce jour. C'est pour la Fête des Semaines (Pentecôte) particulièrement, commémorant la Révélation du Sinaï, que les Azharot étaient spécialement destinées ; et elles étaient récitées dans la Prière Musaf (Supplémentaire) de ce jour. Dans certaines localités—probablement à une époque postérieure, et afin de ne pas prolonger indûment le service du matin—les Azharot furent reléguées à une place soit avant soit après le service de Minḥah (après-midi). Quand le Sabbat précédant ce festival en vint à recevoir plus de considération, comme le soi-disant « Grand Sabbat » immédiatement avant la Pâque, des Azharot furent lues sur lui aussi. À l'origine, le ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371003.jpg) était lu le premier jour du festival en Italie (Rome), Grèce (Romania), Allemagne, Pologne, Lorraine, et probablement aussi en France. Plus tard ceux-ci ont été généralement déplacés par les Azharot ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371004.jpg), mais ont conservé leurs places à Rome et en Grèce, bien que non dans la première édition du Maḥzor Romania. Dans le rituel allemand et polonais les Azharot ont été reportés jusqu'au deuxième jour ; tandis qu'en France elles ont été complètement déplacées par les Azharot d'Elijah ha-Zaḳen. Le ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371005.jpg) est la forme conservée dans le rituel allemand et polonais pour le premier jour du festival et dans la première édition du Maḥzor Romania ; à Rome seul le premier « Alphabet » est utilisé le deuxième jour. La totalité en était lue là autrefois le Sabbat précédant le festival, mais plus tard a été déplacée par les Azharot de Gabirol. Les compositions de Saadia sont contenues dans son « Siddur » et aussi dans le siddur de Solomon Sigelmessi. Les Azharot de Gabirol ont été ordinairement lues en Espagne, Provence, Avignon, Palestine, Fez, Yémen, et dans une certaine mesure en Algérie, et se trouvent dans la liturgie du deuxième jour du festival dans la première édition du Maḥzor Romania. Les Azharot d'Albargeloni sont contenues dans les rituels de Constantine, Tlemcen, Tunis, Maroc (pour le service de l'après-midi), Algérie, et Oran ; celles d'Elijah ha-Zaḳen en France et, antérieurement, en Allemagne. Les Azharot d'Isaac Kimḥi sont inscrites dans le Maḥzor Carpentras (Amsterdam, 1759) pour le service de l'après-midi, comme elles l'étaient aussi à Avignon. Les Azharot de Tchelebi et celles de Tamar et Egozi sont imprimées dans le Maḥzor Romania, et celles d'Elijah Adeni, étrangement, dans le Maḥzor Cochin (Chine) pour le Huitième Jour de l'Assemblée Solennelle (« Shemini 'Aẓeret »).

Commentaires.

En raison de leur style condensé et de leur forme didactique, il n'est pas surprenant que les Azharot aient requiert des commentaires ; en effet, certains des auteurs postérieurs eux-mêmes reconnaissaient ce besoin et les fournirent ; comme, par exemple, Tamar et Joshua Benveniste. Des explications des Azharot se trouvent donc dans de tels Maḥzors qui visent à donner un commentaire, et aussi séparément dans de nombreuses variétés, dont quelques-unes peuvent être mentionnées ici. Les Azharot ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371006.jpg) ont été commentées par Eleazar b. Nathan et Samuel b. Kalonymus. Les Azharot d'Albargeloni ont été similairement traités par Moses Muesi (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371007.jpg)) et Saul ibn Musa ha-Kohen (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371008.jpg)). Les Azharot de Gabirol, cependant, ont toujours été des sujets favoris de commentaire ; ainsi, Moses ibn Tibbon, Isaac Kimḥi, Isaac b. Todros, Simon b. Ẓemach Duran (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371009.jpg)), Joseph ha-Lo'ez (Barbaro), Moses Pesante ou Pisanti (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371010.jpg)), Jacob (Israel) Ḥagis (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371011.jpg)), Saul ibn Musa ha-Kohen (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371012.jpg)), Elia Benamozeg, et nombreux autres. Les traductions, cependant, sont plutôt rares. (Sur une traduction persane, voir « Jewish Quarterly Rev. » x. 593, et M. Seligsohn, dans « Revue Études Juives », xliii. 101 ; concernant une traduction judéo-espagnole des Azharot de Gabirol et du ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371013.jpg) de Shabbethai Wita, comparer M. Greenbaum, « Jüd.Span. Chrestomathie », pp. 37, 109.) De nombreux commentaires sur les Azharot d'Elia ha-Zaḳen existent sous forme de manuscrit.

Élaborations Postérieures.

Outre les Azharot mentionnés ci-dessus, il existe un certain nombre d'élaborations poétiques du même matériel qui, cependant, ne sont pas appelées Azharot, ni ne sont incorporées dans un quelconque rituel. Certains d'entre eux sont plus anciens que de nombreux Azharot proprement dits plus tardifs. Les suivants peuvent être énumérés par ordre alphabétique : ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p371014.jpg) par Jekuthiel Süsskind ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p372001.jpg), par Mannes Ḥayyot ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p372002.jpg), par Abraham Gabbai Isidro ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p372003.jpg), par Samson b. Samuel Yerushalmi ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p372004.jpg), par David b. Solomon Wital ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p372005.jpg), par M. J. Stern ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p372006.jpg), par Noah Ḥayyim Ẓebi Berlin ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p372007.jpg), par Uri Phœbus b. Aryeh Löb (Breslau ?) ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p372008.jpg), par Jonathan Eybeschütz ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p372009.jpg), par Moses b. Mordecai Meisels ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p372010.jpg), par Jacob b. Sheshet ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p372011.jpg), par Moses b. Abraham Mat ; de plus un poème du jeune Gershom Ḥefeẓ, dans lequel il récita les préceptes selon l'énumération de Maïmonide (dans la première édition du ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p372012.jpg)).

Azharot spéciaux.

En addition aux Azharot qui traitent de tous les préceptes, il s'est développé au Moyen Âge une espèce d'Azharot qui se confinaient à un seul précepte dans tous ses détails, ou à une chaîne de préceptes se rapportant à un seul sujet. Ils étaient destinés à être récités le grand Sabbat avant la Pâque, ou le Sabbat immédiatement avant l'une des autres fêtes, et en occasions similaires. Ils se consacrent en conséquence à la considération des règlements pour la Pâque, des préceptes concernant le shofar, le tabernacle, l'étrog et la branche de palmier, les franges, les tefillin, et matières similaires, ainsi qu'aux règlements pour Ḥanukkah et Pourim. Ce n'est pas la place pour considérer les Azharot spéciaux : ils appartiennent au piyyuṭ halakique ([Voir Piyyuṭ](/articles/12195-piyyut)).

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