ADONAI MELEK (אדני מלך)
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Un refrain d'occurrence fréquente, particulièrement pendant les services des jours de pénitence, composé des phrases scripturaires suivantes : « L'Éternel règne » (Ps. x. 16, _Hébr_.); « L'Éternel règne » (Ps. xciii. 1); et « L'Éternel règnera à jamais et à tout jamais » (Ex. xv. 18). Introduit dans les services pénitentiels des liturgies ashkénazes et sépharades comme refrain, phrase par phrase, de poèmes en strophes de trois versets, les deux mélodies traditionnelles peuvent être citées en contraste, car elles sont caractéristiques des différences individuelles entre la musique traditionnelle des Juifs du nord et celle des Juifs du sud de l'Europe. Dans la liturgie sépharade (du moins selon la ligne de transmission hollandaise, qui est aussi la ligne britannique et coloniale; car les Italiens se sont peut-être davantage rapprochés des Ashkénazes à cet égard), les mélodies sont destinées plus au chant congregationnel qu'à l'élaboration du chantre. Ainsi elles présentent généralement une forme rythmique définie, avec le contour simple d'une chanson populaire, dont beaucoup ont d'ailleurs été d'abord adaptées; et leur tonalité n'est guère autre que le mode mineur ou majeur. Les Sépharades possèdent plus de mélodies traditionnelles appropriées au rendu en unisson congregationnel, et par suite ces mélodies ont varié que peu dans la tradition locale.
Dans la liturgie ashkénaze, cependant, le chantre était, depuis les temps anciens, moins le chef du chant congregationnel que le chanteur exercé qui interprétait musicalement le texte à la congrégation qui écoutait. Plus rarement, en conséquence, les mélodies étaient fondées sur, ou imitées de, la musique profane du pays et de l'époque; mais elles étaient développées à partir de bribes de mélodie d'origine antérieure ou de brèves citations de parties de la musique-service d'intention analogue. Ainsi les intonations septentrionales pour les passages parallèles sont, généralement, plus proches de la cantillation que de la mélodie, de forme irrégulière et non-rythmique, et les lignes originales sont bien recouvertes d'ornements mélismatiques, mal adaptés au rendu congregationnel, et fréquemment variables dans les détails non-essentiels, selon la ligne particulière de tradition.
ADONAI MELEK
De plus, les mélodies septentrionales transmises du Moyen Âge sont largement « modales »—construites, c'est-à-dire, dans des gammes telles que celles du chant plein catholique, où le « tonique » est une note autre que le _do_ ou _la_ des modes modernes, et les demi-tons en conséquence tombent dans une position différente dans l'octave de ceux qui caractérisent les gammes majeure et mineure.
Enfin, les anciennes intonations septentrionales diffèrent souvent dans la phrase avec laquelle elles se terminent, à la fois de la sépharade et des mélodies modernes, car la cadence s'élève rarement vers la tonique, mais tombe vers elle, ou souvent vers la dominante, comme dans la « cadence plagale », une forme fréquente de laquelle est donnée dans l'exemple ci-dessus. Bourgault-Ducoudray a attiré l'attention sur l'occurrence fréquente de cet intervalle dans les mélodies du Levant.