פלוס
Região: Allemagne
registo Interseção · depositário, não proprietário
Publicado em 19 de junho de 2026
commune allemande
FlossFlussStoernstein
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FlossEvKirche 09
Allexkoch · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Pork floss (20240122)
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Floss (dance)
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<a href="https://zakhor.ai/pt/grands-livres/lieux/flo">Floß — Zakhor</a>Citation
Floß — Zakhor, https://zakhor.ai/pt/grands-livres/lieux/floAu cœur du Haut-Palatinat (Oberpfalz), dans la région boisée du Oberpfälzer Wald proche de la frontière de la Bohême, le marché de Floß occupe une place singulière dans la géographie des judaïsmes ruraux d'Allemagne méridionale. La commune appartient aujourd'hui à l'arrondissement de Neustadt an der Waldnaab, en Bavière. Son nom est indissociable d'une éminence qui le domine : le Judenberg, la « montagne des Juifs », sur laquelle s'éleva pendant plus de deux siècles l'une des rares communautés juives d'Allemagne à avoir constitué une véritable entité politique autonome.
L'histoire juive de Floß s'inscrit dans la longue durée. Quatre familles juives furent autorisées à s'établir à Floß en 1684 : les frères Henoch et Hirsch Meier ainsi qu'Eisig et Nathan Feifas et leurs familles. De ce noyau initial allait naître une communauté dont la mémoire généalogique reste exceptionnellement documentée. Tous les Juifs venus de Floß par la suite descendaient de ces quatre familles d'origine, soit directement, soit par alliance.
Le présent ouvrage entend retracer cette trajectoire — de l'autorisation d'établissement à la destruction nazie — en croisant la recherche savante, au premier rang de laquelle figure l'étude de référence de Renate Höpfinger, et les sources documentaires accessibles. Il s'agit moins de célébrer que de comprendre comment une petite collectivité confessionnelle a su, sur un territoire exigu, bâtir des institutions, façonner un destin et laisser une trace que la pierre des cimetières et le bâtiment restauré de la synagogue conservent encore.
La fondation de la communauté juive de Floß relève d'un acte précisément daté, ce qui en fait un cas d'école pour l'histoire des établissements juifs ruraux. Les premiers Juifs arrivèrent en 1684 à Floß en provenance de Neustadt an der Waldnaab. Cette migration depuis la ville voisine — actuel chef-lieu d'arrondissement — n'est pas un détail anecdotique : elle traduit les politiques d'expulsion et de réadmission qui, dans le Saint-Empire, déplaçaient sans cesse les populations juives au gré des intérêts des seigneurs territoriaux.
Le travail savant le plus complet sur la question demeure celui de Renate Höpfinger, dont le titre même circonscrit le cadre chronologique et la nature de l'objet : Die Judengemeinde von Floß, 1684–1942 : die Geschichte einer jüdischen ... Cet ouvrage, fondé sur les archives, constitue la colonne vertébrale documentaire de toute approche sérieuse de la communauté.
Le régime juridique qui encadrait cette présence était celui, restrictif, des Schutzjuden (Juifs protégés). Les lois limitaient le nombre de Juifs autorisés à vivre à Floß ; tantôt ces lois étaient appliquées avec souplesse, tantôt des personnes étaient contraintes de quitter Floß parce que les effectifs dépassaient le seuil autorisé. Cette régulation démographique, caractéristique du droit des Juifs dans l'Empire, explique à la fois la cohérence généalogique de la communauté et la pression migratoire permanente qui pesait sur ses membres [Höpfinger, Die Judengemeinde von Floß].
Le trait le plus remarquable de Floß tient à l'organisation politique de sa communauté juive. Loin d'être une simple congrégation cultuelle tolérée à la marge, elle forma une collectivité administrative à part entière. La communauté juive du Judenberg constituait une commune municipale politique autonome dotée de ses propres institutions publiques.
Cette autonomie se déclinait en obligations concrètes et lourdes. Elle devait financer ses propres veilleurs de nuit, ses pompiers, son assistance aux pauvres ; elle disposait de sa propre numérotation des maisons ; elle devait entretenir le pavage de ses rues ainsi qu'un tronçon de la route vicinale. La communauté répondait par ailleurs de sa gestion devant l'administration supérieure : jusqu'en 1817, elle dut soumettre chaque année ses comptes communaux au contrôle du Generalkommissariat de Bayreuth.
Cette singularité — une commune juive séparée de la commune chrétienne — perdura jusqu'à l'époque de l'émancipation. La communauté cultuelle juive, formée plus tard, demeura séparée de la commune politique jusqu'en 1869/1870 et englobait la colonie juive du Judenberg. La fusion des deux entités, vers 1870, accompagna le mouvement général d'intégration des Juifs bavarois dans la citoyenneté commune, mettant fin à un particularisme institutionnel rare en Allemagne.
Le bâtiment de culte raconte à lui seul l'histoire matérielle de la communauté. Avant la synagogue de pierre que l'on visite aujourd'hui, une structure de bois plus ancienne assurait les offices. Une synagogue en bois existait déjà en 1721 ; elle brûla en 1813.
C'est à la suite de cet incendie que fut entreprise la construction de l'édifice actuel. La synagogue fut érigée dans les années 1815 à 1817 sur le dit Judenberg et se trouve aujourd'hui sous protection des monuments historiques. La synagogue, de style classique, fut achevée d'après les plans de l'architecte Johann Daniel Tauber ; cette construction coûta à la communauté juive 12 000 florins et fut achevée en 1817. L'inauguration eut lieu cette même année — l'inauguration de la synagogue encore existante aujourd'hui eut lieu en 1817.
La synagogue n'était pas seulement le lieu de prière des habitants du Judenberg : elle rayonnait sur tout l'arrière-pays. Floß servait de centre religieux aux Juifs des villages voisins. Cette fonction de chef-lieu cultuel, attestée pour de nombreuses communautés rurales bavaroises, confère à Floß un statut de pôle régional du judaïsme du Haut-Palatinat. L'édifice de 1817, par sa facture classique soignée et son coût considérable, témoigne enfin de la prospérité et de l'ambition d'une communauté parvenue, à la veille de l'émancipation, à son apogée démographique et économique [Synagoge Floß, Oberpfälzer Wald].
Les chiffres de population dessinent une courbe éloquente : une montée jusqu'au milieu du XIXᵉ siècle, puis un déclin régulier lié à l'émigration et à l'exode rural. On comptait 200 Juifs vivant à Floß en 1799, 391 en 1840, 205 en 1871, et 19 en 1933.
Le sommet se situe autour de 1840. À Floß vivaient en 1840/1841 au total 394 Juifs répartis en 71 familles. À cette date, la communauté représentait une fraction substantielle de la population du marché — phénomène rare en Allemagne, où les Juifs demeuraient presque partout une infime minorité. La concordance des sources autour du chiffre de 391–394 personnes au tournant de la décennie 1840 confirme la solidité de cette estimation.
Le déclin postérieur n'a rien d'exceptionnel : il reflète l'émancipation elle-même, qui, en levant les restrictions de résidence et en ouvrant les villes, vida progressivement les communautés rurales de leur jeunesse au profit des centres urbains comme Munich, Nuremberg ou Ratisbonne, et de l'émigration vers l'Amérique. De près de quatre cents âmes en 1840, la communauté n'en comptait plus que dix-neuf en 1933 — chiffre qui, à la veille du régime nazi, signait déjà une extinction lente avant l'extinction brutale [Geni, Jewish Families from Floss].
Là où les vivants se sont dispersés, les morts demeurent. Le cimetière juif de Floß est l'un des témoins les plus durables et les plus émouvants de la présence pluriséculaire de la communauté. Le cimetière juif, déjà établi à la fin du XVIIᵉ siècle, compte encore aujourd'hui plus de 400 sépultures.
Sa création, contemporaine ou presque de l'établissement de 1684, illustre une nécessité immédiate de toute communauté juive : disposer d'un lieu de sépulture conforme à la halakha. Que le cimetière conserve quelque quatre cents tombes alors que la communauté ne dépassa jamais quatre cents personnes vivantes simultanément donne la mesure du temps long inscrit dans ce champ funéraire : plus de deux siècles et demi de générations successives y reposent. Les stèles, par leurs inscriptions hébraïques et leurs symboles, constituent une archive épigraphique de premier ordre pour la généalogie et l'onomastique des familles issues des quatre lignées fondatrices.
Aux côtés de la synagogue restaurée, le cimetière forme aujourd'hui l'ossature de la mémoire juive de Floß. Sa préservation, comme celle de l'édifice cultuel, relève désormais d'un travail patrimonial mené avec le concours d'institutions de coopération judéo-chrétienne et de la communauté juive de la région [Onetz, Die Geschichte des jüdischen Friedhofs in Floß].
La nuit du 9 au 10 novembre 1938 marqua la rupture irréversible. Lors de la Nuit de Cristal (novembre 1938), la synagogue, consacrée en 1817, fut incendiée. Les sources locales précisent l'ampleur du saccage : la synagogue, construite de 1815 à 1817 et inaugurée en 1817, fut détruite lors de la nuit de pogrom du 9 novembre 1938. D'autres sources nuancent en parlant d'une destruction partielle et d'un pillage, mais le sens de l'événement est sans ambiguïté : la fin de la vie cultuelle organisée à Floß.
La présence juive, déjà réduite à dix-neuf personnes en 1933, fut anéantie au cours des années suivantes par l'émigration forcée et la déportation, conformément au sort réservé aux Juifs de toute la Bavière. La date butoir retenue par l'historiographie — 1942 — figure jusque dans le titre de l'ouvrage de référence de Höpfinger, qui clôt l'histoire de la communauté sur cette année des grandes déportations vers l'Est [Höpfinger, Die Judengemeinde von Floß, 1684–1942].
Pourtant, la pierre a survécu aux hommes. La synagogue fut sauvée de la ruine et restaurée. La synagogue fut assainie de 1972 à 1980 et de nouveau inaugurée le 9 novembre 1980 — date symbolique, anniversaire du pogrom. Une dernière restauration intervint entre 2000 et 2005. Aujourd'hui, la synagogue a été restaurée et est utilisée une fois par an par une communauté juive voisine ; un espace muséal y a également été aménagé. La gestion de l'édifice est désormais assurée par la communauté juive de Weiden in der Oberpfalz, perpétuant ainsi, à l'échelle régionale, le lien interrompu en 1938.
L'histoire juive de Floß condense, sur un territoire minuscule, plusieurs des grandes tensions du judaïsme allemand moderne. Née d'un acte d'autorisation daté de 1684 et d'un noyau de quatre familles, la communauté du Judenberg développa une institution presque unique en son genre : une commune juive politiquement autonome, dotée de ses propres charges publiques, distincte de la commune chrétienne jusqu'à l'émancipation de 1869–1870. Elle atteignit son apogée vers 1840 avec près de quatre cents membres, érigea en 1817 une synagogue de pierre coûteuse et soignée, et rayonna comme centre religieux sur les villages alentour.
Le déclin du second XIXᵉ siècle, puis la catastrophe nazie, refermèrent cette histoire. De la communauté il ne reste plus, après 1942, que des traces : un cimetière de plus de quatre cents tombes, une synagogue ressuscitée par la restauration, et une mémoire savante portée par des travaux d'archives. Que cet édifice soit aujourd'hui rouvert au culte une fois l'an et abrite un musée n'efface rien de la destruction ; mais cela atteste qu'à Floß la pierre conserve obstinément ce que la barbarie avait voulu effacer. Le « Grand Livre » de Floß est ainsi celui d'une présence longue et d'une absence définitive — et de l'effort persévérant pour que la seconde n'efface pas la première.