Famille Nadjar
Origine du nom, histoire et généalogie de la lignée Nadjar — un nom de famille juif et les traces qu’il a laissées.
Famille juive d'Afrique du Nord, attestée dans les communautés de Algérie, Constantinois. Maurice Eisenbeth recense 9 variantes orthographiques de ce patronyme dans son dictionnaire onomastique de 1936. La notice décrit les lieux d'implantation, les formes graphiques et, lorsque connues, les figures rabbiniques ou communautaires associées à la lignée. Sens du nom : de l'arabe : menuisier ou charpentier (Nord du…
Origine géographique : Algérie, Constantinois
registre Mémoire · dépositaire, non propriétaire
Carte de la lignée
Le Grand Livre — Nadjar
Introduction
À Constantine, sur son rocher calcaire qui domine les gorges du Rhummel, une famille juive s'établit au tournant du XVe siècle : les Najar — ou Nadjar, selon la graphie que les administrations successives fixeront. Ils arrivaient de l'autre rive de la Méditerranée, fuyant les persécutions qui avaient ravagé les communautés juives d'Espagne. Avec eux, ils apportaient un nom — celui du menuisier, najjâr en arabe —, une charge rabbinique, et la volonté de reconstruire.
C'est par cet ancrage constantinois et par ces premières figures documentées que ce livre s'ouvre. Non par l'étymologie — qui viendra en son lieu —, mais par ce que la famille a fait : gouverner, enseigner, correspondre avec les grands décisionnaires de l'époque, produire des livres, traverser les siècles sans jamais couper le fil du savoir. Car le destin de la lignée Nadjar est, avant tout, celui d'une famille de savants — des dayanim, des juges rabbiniques, des commentateurs du Talmud et de la loi — qui, de Constantine à Tunis, de Livourne à la France contemporaine, a maintenu vivant l'idéal du talmud Torah, l'étude comme obligation communautaire et comme résistance à l'oubli.
Les sources réunies ici permettent de reconstituer, pour la première fois de manière cohérente, plusieurs générations d'une lignée rabbinique majeure. Maimun Najar, dayyan à Constantine au début du XVe siècle, et son fils Nathan, correspondant de Solomon ben Simon Duran, fondent la branche algérienne. Son frère Mordecai, resté à Majorque dans des circonstances tragiques, illustre la dispersion et le déchirement de la famille dans la tourmente ibérique. Puis, à Tunis aux XVIIIe et XIXe siècles, Juda ben Jacob Najar — dayyan et auteur prolifique — porte l'héritage rabbinique de la lignée à son apogée intellectuelle, avec une œuvre de sept volumes publiés à Livourne et à Pise. David Najar, son contemporain tunisien, prolonge cet effort avec ses propres novellae. Maurice Eisenbeth, Grand Rabbin d'Alger, clôt ce parcours en documentant, en 1936, les neuf variantes orthographiques du patronyme dans les communautés d'Afrique du Nord — un geste de mémoire accompli à la veille du désastre.
Le présent ouvrage entend retracer cet itinéraire sans en effacer les silences ni en combler artificiellement les lacunes. Là où les archives parlent, nous suivrons l'archive ; là où seule la tradition subsiste, nous le dirons. Car l'histoire d'un nom est toujours, en creux, l'histoire d'un peuple en mouvement — et la lignée Nadjar en est l'une des illustrations les plus éloquentes.
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- v1 · courante · 8 août 2026
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Histoire
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Le Grand Livre — Nadjar — Zakhor, https://zakhor.ai/grands-livres/familles/nadjarVariantes du nom (16)
Un même nom, cent visages.
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En mémoire
La Base centrale des noms des victimes de la Shoah de Yad Vashem recense les femmes, les hommes et les enfants assassinés durant la Shoah. Vous pouvez y rechercher les personnes ayant porté le nom Nadjar.
Rechercher « Nadjar » sur Yad VashemLa recherche s'effectue directement dans les archives de Yad Vashem ; Zakhor ne copie ni ne conserve aucune donnée nominative. La présence ou l'absence d'un nom dans la base n'est pas exhaustive. En savoir plus
Œuvres & textes (5)
Documents publiés sur Zakhor rattachés à cette lignée par leurs mots-clés.
Limmude Adonai
Juda ben Jacob Najar
Livre (règles herméneutiques + oraisons funèbres) de Juda ben Jacob Najar. (Livourne, 1787)
Shevut Yehudah
Juda ben Jacob Najar
Commentaire (sur la Mekhilta) de Juda ben Jacob Najar. (1801)
Ohole Yehudah
Juda ben Jacob Najar
Commentaire (sur le Sifre) de Juda ben Jacob Najar. (Livourne, 1823)
Ẓemaḥ Dawid
David Najar
Livre (novellae talmudiques et sur le Yad de Maïmonide) de David Najar. (Livourne, 1828)
Les juifs d'Afrique du Nord
Maurice Eisenbeth
Les juifs de l'Afrique du Nord : démographie et onomastique est un ouvrage publié à Alger en 1936 par Maurice Eisenbeth (1886-1957), alors Grand Rabbin d'Alger. Il s'agit de la première étude systématique des populations juives d'Afrique du Nord — Maroc, Algérie, Tunisie et Libye — fondée à la fois sur les recensements coloniaux, les registres communautaires et un dépouillement méthodique des patronymes. L'ouvrage se divise en deux grandes parties. La première partie, démographique, établit les effectifs, la répartition géographique et la structure par communautés des juifs nord-africains au tournant des années 1930, à partir des données statistiques françaises, espagnoles et italiennes disponibles à l'époque, croisées avec les archives rabbiniques locales. Eisenbeth y décrit, commune par commune, les grandes communautés (Alger, Constantine, Oran, Tunis, Fès, Casablanca, Tripoli…) mais aussi des dizaines de communautés plus modestes des oasis, de l'Atlas et du Sud tunisien. La seconde partie, onomastique, constitue le cœur durable de l'ouvrage et explique sa postérité. Eisenbeth y dresse un catalogue raisonné de plusieurs centaines de patronymes portés par les juifs d'Afrique du Nord, en indiquant pour chacun : son étymologie probable (hébraïque, araméenne, arabe, berbère, judéo-espagnole, italienne ou toponymique), ses variantes orthographiques, son aire de diffusion géographique et les lignées rabbiniques ou marchandes notables qui l'ont porté. Il s'appuie sur une documentation de première main — registres de ketoubot, actes de tribunal rabbinique, listes d'offrandes synagogales, épitaphes de cimetières — et entreprend le premier classement typologique des noms de famille judéo-maghrébins : noms bibliques, noms sacerdotaux (Cohen, Levi), toponymes ibériques hérités de l'expulsion de 1492 (Toledano, Narboni, Corcos), toponymes maghrébins (Tetouani, Mrejen, Fezzani), arabismes descriptifs (Abitbol, Dahan, Chriqui), surnoms professionnels (Sayag, Neggar), et patronymes spécifiquement rabbiniques. Par sa méthode comme par son ampleur, cet ouvrage demeure, près d'un siècle plus tard, une référence incontournable de la généalogie juive nord-africaine et de la recherche sur les identités juives maghrébines. Il a nourri toutes les études ultérieures — Paul Sebag, Robert Attal, Joseph Tolédano, Michaël Laskier — et constitue pour des dizaines de milliers de familles issues d'Afrique du Nord la porte d'entrée vers l'histoire de leur nom.
Grandes figures de la lignée
Lieux du parcours
Communautés traversées
Les jours de ce livre
Ce livre ne porte encore aucun jour de mémoire. Les sources qui documentent Nadjar donnent des années et des siècles, jamais un jour ; nous n'en fabriquons pas.
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Bibliographie
- Maurice Eisenbeth, Les Juifs de l'Afrique du Nord : démographie et onomastique (1936)
- Joseph Toledano, Les Noms de famille des Juifs d'Afrique du Nord (2003)
- Joseph Toledano, Une histoire de familles : les noms de famille juifs d'Afrique du Nord, des origines à nos jours (1999)
- Abraham I. Laredo, Les Noms des Juifs du Maroc : essai d'onomastique judéo-marocaine (1978)
- Joseph Chetrit, Judeo-Arabic Literature in Tunisia, Algeria, and Morocco (2007)
- André Goldenberg, La Saga des Juifs d'Afrique du Nord (2014)
- Paul Sebag, Les noms des Juifs de Tunisie. Origines et significations (2002)
- André Chouraqui, Histoire des Juifs en Afrique du Nord (1985)
- Michel Abitbol, Les Juifs d'Afrique du Nord sous Vichy (1983)
- Maurice Eisenbeth, Les Juifs de l'Afrique du Nord — Démographie & Onomastique, Imprimerie du Lycée, Alger (1936)
- Abraham I. Laredo, Les Noms des Juifs du Maroc, CSIC, Madrid (1978)