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Zakhor
Iᵉʳ siècle av. n. è. – aujourd’hui · Partout

Deux cents zouz

Un contrat de mariage qui n’engage que le mari, et une somme qu’il ne paiera qu’en la quittant. C’est ce qui devait rendre le divorce difficile.

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La ketouba est le contrat lu et signé sous le dais nuptial. Elle est rédigée en ARAMÉEN, la langue que tout le monde parlait quand elle s’est fixée.

Elle énumère les obligations du MARI envers son épouse — la nourrir, la vêtir, la respecter, vivre avec elle.

Elle n’énumère aucune obligation de l’épouse. Les siennes étaient supposées connues, et le document ne s’en occupe pas.

La somme

L’engagement principal est une somme : deux cents zouz pour une jeune fille, cent pour une veuve, une divorcée ou une convertie.

Ce n’est pas un cadeau versé le jour des noces. C’est une DETTE, exigible uniquement en cas de divorce ou de veuvage.

Tant que le mariage dure, l’argent n’existe que sur le papier.

Ce que Chimon ben Chetah a changé

Le principe d’une dot versée à la mariée est ancien. Ce qui est attribué à Chimon ben Chetah, vers 100 avant notre ère, sous le règne de Salomé Alexandra, c’est le mécanisme du différé.

Le Talmud en donne le motif explicitement : pour qu’il ne soit pas une chose légère, pour un homme, de répudier sa femme.

Le mari pouvait divorcer unilatéralement. On ne le lui a pas retiré ; on l’a rendu ruineux.

Ce que cela vaut, et ce que cela ne vaut pas

Pour son temps, le document est remarquable : une femme répudiée ne se retrouve pas sans rien, et le contrat est opposable devant un tribunal.

Il ne lui donne pas pour autant le droit de partir. Le divorce reste un acte du mari, qui doit remettre le guet — et une femme dont le mari refuse reste liée.

C’est le problème de la aguna, la femme enchaînée, et il n’est toujours pas résolu.

L’objet

La ketouba est le seul document juridique juif qu’on accroche au mur.

Les communautés d’Italie, du Maghreb, d’Iran et d’Inde en ont fait des objets peints, dorés, encadrés d’arcades, de fleurs et de versets — les plus belles rivalisent avec les manuscrits enluminés.

On décore un contrat de dette parce que ce n’est pas ce qu’on y lit. On y lit ce qu’un homme s’est engagé à faire devant témoins, et c’est cela qu’on accroche.