XVIIIᵉ siècle
Occupation d'Ali Burghul, persécutions (« Pourim Burghul »)
1793-1795·Tripoli
Le bilan est reproduit tel que la source l’écrit — jamais arrondi, jamais additionné à un autre. Les bilans se recouvrent d’un événement à l’autre.
Ali Burghul, aventurier au service de la Porte, s'empara de Tripoli à la faveur des querelles de la dynastie karamanlie et y régna près de deux ans. Son administration reposa sur la contribution forcée : la communauté juive, la plus aisée et la plus dépourvue de protection, fut taxée sans limite, ses notables emprisonnés et plusieurs exécutés, ses maisons fouillées.
Le récit qu'en ont laissé les chroniqueurs de la communauté insiste sur l'arbitraire plus que sur le nombre : on ne savait pas, d'un jour à l'autre, qui serait convoqué ni ce qu'on exigerait.
La chute de l'usurpateur et le retour des Karamanli furent célébrés par les Juifs de Tripoli comme une délivrance : ils instituèrent un second Pourim, le *Pourim Burghul*, avec sa lecture et son jeûne de veille, observé en Libye jusqu'au départ de la communauté au XXᵉ siècle. C'est l'un des nombreux « Pourim locaux » que l'on trouve du Maghreb à l'Italie.
- Période :
- XVIIIᵉ siècle
- Nature :
- Répression militaire
- Région :
- Égypte et Maghreb
- Pays :
- Libye
Renzo De Felice, *Jews in an Arab Land: Libya* ; Harvey E. Goldberg, *Jewish Life in Muslim Libya*.