XIIIᵉ – XIVᵉ siècles
Procès et autodafé du Talmud place de Grève, après la disputation de 1240
17 juin 1242·Paris
Le bilan est reproduit tel que la source l’écrit — jamais arrondi, jamais additionné à un autre. Les bilans se recouvrent d’un événement à l’autre.
une vingtaine de charretées, ~10 000 volumes brûlés
Deux ans plus tôt, un converti nommé Nicolas Donin avait porté au pape une liste d'articles accusant le Talmud de blasphème contre le Christ. Grégoire IX ordonna aux souverains d'Occident de saisir les exemplaires ; seul Louis IX obéit.
La disputation se tint à Paris devant la cour : Yehiel de Paris, Moïse de Coucy, Juda de Melun et Samuel ben Salomon durent répondre article par article. Le jugement rendu condamna les livres. L'autodafé eut lieu place de Grève : les chroniqueurs parlent de charretées de manuscrits, écrits à la main et souvent uniques.
Meir de Rothenburg, alors étudiant à Paris, en fit une élégie — *Sha'ali serufah ba-esh*, « Demande, toi qui fus brûlée par le feu » — qui entra dans la liturgie du 9 av. Les copies détruites manquèrent longtemps aux écoles de France ; l'événement marque le moment où la censure chrétienne cesse de viser les personnes pour viser les livres.
- Période :
- XIIIᵉ – XIVᵉ siècles
- Nature :
- Procès et exécutions
- Région :
- Europe occidentale
- Pays :
- France
Procès-verbal de la disputation de 1240 ; Meir de Rothenburg, élégie « Sha'ali serufah ba-esh » ; lettres de Grégoire IX et d'Innocent IV.