דלגו לתוכן
Zakhor
1972 · Jérusalem

Ceux qui reviennent

Après 1967, des jeunes gens sans aucune formation juive frappent aux portes des yeshivot. On en ouvre une pour eux, où l’on enseigne en anglais.

מבוססBaalei teshuvaJérusalemTransmissionAmérique

Après la guerre des Six Jours, un mouvement se produit qu’aucune institution n’avait prévu : des jeunes Juifs américains, pour beaucoup issus de familles sans pratique, viennent en Israël et cherchent à étudier.

Le problème est technique avant d’être spirituel. Une yeshiva enseigne le Talmud en araméen à des élèves qui y sont entrés à quatorze ans. Un étudiant de vingt-deux ans qui ne lit pas l’hébreu n’a aucune place où s’asseoir.

1972

Cette année-là, Nota Schiller, Noah Weinberg, Mendel Weinbach et Yaakov Rosenberg fondent à Jérusalem une yeshiva conçue pour ces étudiants : Ohr Somayach.

On y enseigne en anglais, on part de zéro, on explique ce qui va de soi ailleurs.

C’est la première institution de ce type. Noah Weinberg s’en séparera pour fonder Aish HaTorah en 1974, avec une orientation plus tournée vers la diaspora.

Le mot

On appelle ces étudiants baalei techouva — littéralement « maîtres du retour ».

Le terme est ancien et désignait dans la tradition celui qui revient après une faute. Il est ici employé pour désigner quelqu’un qui arrive pour la première fois : on ne revient pas d’où l’on n’est jamais allé.

Le choix du mot dit une conception : ce n’est pas une conversion, c’est une restitution. Il a été discuté, et il s’est imposé.

Ce que le mouvement a produit

Des dizaines de milliers de personnes sont passées par ces institutions, en Israël, aux États-Unis, en Afrique du Sud, en Angleterre, en France.

Le mouvement a modifié le monde orthodoxe lui-même, en y faisant entrer des gens venus de l’université, avec d’autres questions et d’autres références.

Il a aussi produit ses difficultés : ruptures familiales, écarts entre parents et enfants, et une littérature critique nourrie, y compris de la part d’anciens élèves.

Ce que ce cas montre

Une tradition qui se transmettait depuis toujours de parents à enfants a dû, en 1972, inventer un dispositif pour des adultes qui n’avaient rien reçu.

Elle l’a fait en changeant la langue d’enseignement, le rythme, le point de départ — sans changer ce qu’elle enseignait.

Nota Schiller est mort en mars 2025. La yeshiva qu’il avait fondée pour des étudiants qui ne savaient pas lire fonctionne toujours.