BRAY-SUR-SEINE
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Petite ville située entre Provins et Montereau, dans le département de Seine-et-Marne ; appartenait autrefois à la Champagne. Au douzième siècle elle possédait une importante communauté juive, comprenant des rabbins tels que Jacob le Tosafiste et R. Isaac. Plusieurs commentateurs y sont nés : R. Matathia, Phineas et Menahem (il est possible que ces deux derniers soient identiques) ; et il y avait aussi des Juifs très riches dans la ville.
Un Israélite ayant été assassiné en 1191 par un sujet du roi de France, ses coreligionnaires obtinrent permission de la comtesse Blanche de Champagne de pendre le meurtrier, et en commémoration de la pendaison d'Haman ils choisirent le jour de Pourim. D'après les rapports chrétiens, ils lièrent les mains du meurtrier derrière le dos, et après lui avoir placé une couronne d'épines sur la tête, le menèrent à travers la ville en le frappant avec un bâton. Philippe Auguste, roi de France, profitant peut-être du fait que le chrétien était son sujet, envahit le domaine de la comtesse de Champagne, plaça des gardes aux portes du château de Bray, et saisit les Juifs et en brûla plus de quatre-vingts au bûcher, parmi lesquels se trouvaient les rabbis Jacob et Isaac susmentionnés. D'après un contemporain, R. Ephraim de Bonn, on avait d'abord tenté de les convertir au christianisme. Seuls les enfants de moins de treize ans échappèrent à la persécution.
Ce massacre ne mit pas fin à la communauté, cependant, car les documents montrent qu'il y avait encore des Juifs dans la ville au douzième siècle. Parmi les plus connus on peut mentionner Matathia ou Eliab, fils de R. Isaac, qui mourut en 1191 ; Deodatus ou (Dieudonné) et Hély, banquiers, qui se trouvaient au Petit Châtelet à Paris en 1204-6, et en 1221 à Provins. En cette année Thibaut IV., comte de Champagne, leur était débiteur. Toute trace de cette communauté a été perdue depuis le quatorzième siècle. Aucun Juif n'y habite aujourd'hui.