סיינה
Región: Italie (Toscane)
registro Intersección · depositario, no propietario
Publicado el 19 de junio de 2026
Cité toscane dotée d'un ghetto et d'une synagogue baroque préservés au cœur de la vieille ville.

Havre de Regnéville 1
Aroche · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Couvent Sainte-Catherine de Sienne - Blagnac
Didier Descouens · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Villedieu-les-poeles (France), Sienne river
Philippe Alès · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons
Villedieu-les-poeles (France), bridge over the Sienne river
Philippe Alès · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons
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<a href="https://zakhor.ai/es/grands-livres/lieux/sienne">Sienne — Zakhor</a>Cita
Sienne — Zakhor, https://zakhor.ai/es/grands-livres/lieux/sienneEn el corazón de la Toscana, allí donde las callejuelas de ladrillo trepan hacia la Piazza del Campo, vive una de las comunidades judías más antiguas de la región. La comunidad judía de Siena es una de las más antiguas de la Toscana, y los primeros documentos que atestiguan la presencia de judíos en Siena se remontan a 1229. Otras fuentes sitúan las primeras menciones documentales algo más temprano aún: la fuerte presencia judía en la ciudad queda atestiguada por documentos de principios del siglo XIII que mencionan una universitas iudaeorum.
Este Gran Libro se propone trazar siete siglos de una presencia a la vez continua y frágil, marcada por la época de los banqueros medievales, el cierre del gueto bajo los Médici, el esplendor barroco de una sinagoga oculta tras fachadas anónimas, la sangre derramada en 1799 y el desmoronamiento del siglo XX. Siena ofrece un caso ejemplar en el que la piedra, el archivo y la memoria transmitida se responden —a veces para confirmarse, a veces para contradecirse—. El estatus «probable» de esta introducción refleja el carácter sintético e interpretativo de un planteamiento que anticipa demostraciones desarrolladas más adelante.
La presencia judía en Siena precede en varios siglos al confinamiento en el gueto. El Gran Duque de Toscana Cosme I de Médici extendió en 1571 al Estado de Siena las medidas restrictivas ya vigentes en Florencia, cuando los judíos estaban presentes allí desde el siglo XII. La mención de una universitas iudaeorum —una comunidad organizada y reconocida— desde principios del siglo XIII indica un asentamiento estructurado y no un simple paso de comerciantes aislados.
La actividad económica de los judíos sieneses se arraiga en el préstamo y la banca, en una ciudad que fue ella misma una de las grandes plazas financieras de la Europa medieval. La vida intelectual no se quedaba atrás: se fundó una yeshiva en Siena, convirtiendo a la ciudad en el centro de los estudios religiosos judíos para la Italia central. Esta vocación estudiosa perdurará mucho tiempo después de la instauración del gueto.
El año 1348 marca una ruptura trágica común a toda Europa. En 1348, la floreciente ciudad bancaria fue víctima de la peste negra, que aniquiló cerca del 80 % de la población; la mentira según la cual los judíos eran el origen de ella se propagó como la peste misma, y en consecuencia fueron desterrados para vivir fuera del centro de la ciudad. Así comenzó una lógica de exclusión espacial, dos siglos antes del cierre formal del gueto.
El año 1571 constituye el eje de la historia judía sienesa. El gueto de Siena fue creado al mismo tiempo que el de Florencia, en 1571. Esta decisión no es un capricho local, sino un acto político calculado: en 1571, el duque Cosme de la familia Médici quería recibir el título de Gran Duque; obedeció pues los deseos de la Iglesia y estableció un gueto sienés donde todos los judíos de la ciudad debían vivir, cualesquiera que fuesen sus ingresos o su condición.
A las restricciones espaciales se añadían marcas distintivas y una fiscalidad de excepción. Debían llevar vestimentas distintivas —un gorro amarillo para los hombres y una bufanda para las mujeres— y estaban obligados a pagar un impuesto especial. La ubicación de este recinto ha permanecido legible en la topografía urbana: el barrio judío se encuentra en el corazón de la ciudad, cerca de la Piazza del Campo, entre la actual Via San Martino y la Via di Salicotto.
A pesar del encierro, la comunidad no decayó. En 1571, Cosme I de Médici estableció el gueto, que permaneció en uso hasta 1859, formando una ciudad dentro de la ciudad donde la vida cotidiana judía transcurrió durante centenares de años.
Le ghetto fut un lieu de contrainte, mais aussi un espace de vie dense où s'inventa une culture confinée. Malgré les limitations et les lourdes restrictions imposées, la communauté juive de Sienne s'accrut, comptant jusqu'à plus de 400 membres, et ses activités contribuèrent de façon significative à la croissance économique et culturelle de la ville.
La vitalité fut particulièrement marquée dans le domaine religieux et caritatif. La présence d'anciennes confréries charitables et d'écoles rabbiniques, actives jusqu'au XIXe siècle, assura que la communauté juive de Sienne fût particulièrement vivante sur le plan culturel et pût apporter une contribution significative à la croissance économique et culturelle de la ville. On mesure ici le paradoxe du ghetto : le resserrement physique nourrit une concentration des institutions communautaires.
L'étau juridique se desserra progressivement. Une législation antijuive supplémentaire fut adoptée, interdisant finalement aux Juifs d'exercer la banque, d'employer des travailleurs chrétiens, et ne permettant aux marchands de vendre que des marchandises d'occasion ; au XVIIIe siècle, ces restrictions s'étaient assouplies. Le statut « probable » de ce chapitre tient à ce que le détail de la vie quotidienne — relations de voisinage, sociabilités, économie domestique — repose autant sur la déduction à partir d'indices que sur une documentation directe.
L'édifice qui demeure aujourd'hui est l'expression architecturale de cette communauté confinée mais prospère. La synagogue de Sienne, située à quelques pas de la Piazza del Campo, s'élève au cœur de l'ancien ghetto juif, où les Juifs siennois restèrent confinés jusqu'en 1859. Elle fut élevée sur un lieu de culte plus ancien : la synagogue actuelle fut érigée en 1786 sur le site de l'ancienne synagogue.
Son apparence répond à une logique d'effacement extérieur typique de l'époque. La façade extérieure relativement simple et, par contraste, l'intérieur élégant et richement décoré sont caractéristiques des synagogues construites à l'âge des ghettos, avant l'Émancipation des Juifs italiens, survenue à la suite de l'Unification de l'Italie en 1861. Cette discrétion est confirmée par la documentation touristique officielle : la typologie est celle des synagogues de ghetto, dépourvue de signes extérieurs distinctifs, mais richement décorée à l'intérieur.
L'intérieur déploie un programme décoratif raffiné. Le sanctuaire, de forme à peu près rectangulaire, est bordé de rangées de bancs sur les côtés, tandis qu'au centre se dresse le podium — la tevah des Séfarades ou bimah des Ashkénazes — orné de neuf candélabres du XVIIIe siècle à neuf branches chacun ; le centre du plafond est orné des Tables de la Loi peintes en bleu et cerclées de stuc blanc. L'art baroque y dialogue avec le néoclassicisme : la synagogue de Sienne, magnifique exemple d'architecture à la fois rococo et néoclassique, fut inaugurée en 1786.
La paternité du projet est attribuée à un architecte florentin. La belle synagogue néoclassique fut bâtie d'après le dessin de l'architecte florentin Giuseppe Del Rosso, et la construction dura trente ans. Le décor mêle textes sacrés et ornementation : les fenêtres sont entourées de moulures en forme de colonnes ioniques, et parmi les stucs baroques, les murs portent quatorze versets de la Bible, tandis que le bel aron du XVIIIe siècle est entouré de colonnes corinthiennes en marbre.
Devant la synagogue subsiste un élément emblématique de la vie du ghetto, autour duquel s'est tissée une histoire révélatrice des tensions internes au judaïsme. Face à la synagogue, dans la Via degli Archi, se dresse l'ancienne fontaine du ghetto, qui arborait jadis une statue de Moïse.
Le sort de cette statue illustre la confrontation entre l'esthétique chrétienne environnante et la loi juive. La statue fut retirée au XXe siècle sous la pression de Juifs orthodoxes indignés, qui voyaient dans la statue une transgression de la loi interdisant la représentation de la figure humaine ; elle se trouve désormais au musée local. Ce chapitre relève de l'intersection entre tradition et archive — un épisode dont le contour factuel est établi mais dont les motivations relèvent du récit transmis — d'où le statut « transmis ».
La fin du XVIIIe siècle apporta d'abord l'espoir de la liberté. En mars 1799, les Juifs reçurent la pleine émancipation, lorsque les troupes de Napoléon occupèrent la ville. Mais cette libération fut immédiatement suivie d'un massacre. Leur joie fut de courte durée : en juin de la même année, des émeutiers venus d'Arezzo pillèrent et incendièrent le ghetto, tuant dix-neuf Juifs ; à ce jour, les Juifs de Sienne commémorent cet événement effroyable par un jeûne annuel.
La violence de 1799 amorça une lente érosion démographique. À la suite de l'émeute, de nombreux Juifs quittèrent Sienne ; la communauté juive passa de 500 membres au XVIIIe siècle à 300 au XIXe siècle. Le mouvement se poursuivit au siècle suivant : la communauté déclina encore davantage au début du XXe siècle, jusqu'à 200 membres, et en 1968 il ne restait que 100 Juifs dans la ville. Le ghetto lui-même cessa d'exister au milieu du XIXe siècle, puis fut partiellement effacé du tissu urbain. Le ghetto exista jusqu'en 1859 et, en 1935, il fut partiellement détruit, certaines plaques de rues subsistant.
El siglo XX infligió a la comunidad debilitada el golpe más brutal. En 1943, las tropas alemanas, con la autorización de la República Social Italiana, asaltaron Siena y arrestaron a cerca de un cuarto de la población judía restante, deportándola a Auschwitz. La sinagoga conserva la huella de ese duelo: en el exterior de la sinagoga, una placa en el lado izquierdo conmemora a los deportados de la Segunda Guerra Mundial, y otra placa en el lado derecho recuerda a quienes murieron durante la Primera Guerra Mundial.
El tejido urbano del gueto, profundamente remodelado, conserva no obstante islotes de memoria. Gran parte de la zona fue reestructurada en 1935, pero algunas secciones —el Templo, la fuente del gueto y el cementerio judío— se preservaron y siguen siendo reconocibles hoy. Las callejuelas conservaron en parte su fisonomía: las pequeñas calles estrechas y las altas casas fueron parcialmente destruidas durante los proyectos de renovación urbana de 1935, pero algunas conservaron su aspecto original, como los edificios de la Via delle Scotte cerca de la sinagoga y los nombres de calles como el Vicolo della Fortuna y el Vicolo della Manna.
El cementerio, lugar de memoria secular, permanece activo. Los judíos fueron enterrados en este cementerio, situado fuera de la puerta de San Viene, durante muchos años; documentos que datan de 1661 revelan que allí fueron inhumados largo tiempo, y este gran cementerio sigue en uso.
Hoy, el monumento mismo está amenazado. En abril de 2024, el edificio fue clasificado entre los siete sitios patrimoniales más amenazados de Europa, y en agosto de 2024 la sinagoga fue cerrada por obras de restauración. Esta fragilidad desencadenó una movilización: en 2024, la comunidad judía de Florencia organizó una campaña de financiación para salvar la sinagoga, que había sido gravemente dañada por el terremoto de febrero de 2023.
L'histoire juive de Sienne se déploie comme un long fil tendu entre présence et effacement. Née au XIIIe siècle d'une communauté de banquiers et de lettrés, structurée en universitas, elle traversa la catastrophe de 1348, l'enfermement médicéen de 1571, la floraison paradoxale d'une culture de ghetto qui donna naissance à la splendide synagogue de 1786, puis subit le massacre de 1799 et l'anéantissement nazi de 1943-1944. De ce parcours millénaire subsistent quelques signes obstinés : un temple caché derrière des façades muettes, une fontaine privée de son Moïse, un cimetière encore vivant, des noms de ruelles.
La synagogue baroque, classée parmi les patrimoines les plus menacés d'Europe et fermée pour restauration, condense toute cette tension : elle est à la fois le chef-d'œuvre d'une communauté contrainte et le réceptacle fragile de sa mémoire. Le statut « probable » de cette conclusion reconnaît que toute synthèse historique demeure une lecture — fondée sur l'archive, mais ouverte à la révision.