LIBYE
Région du nord de l'Afrique. Le nom « Libye » était souvent utilisé par les anciens, tantôt pour désigner la totalité de l'Afrique du Nord (à l'exception de l'Égypte), tantôt pour désigner une seule province à l'ouest de l'Égypte. Selon Josephus (« Ant. » i. 6, § 2), la Libye a été fondée par Phut (comp. Gen. x. 6), et le héros éponyme Libys était un fils de Mesraios, _c.-à-d._, d'Égypte. Une autre ancienne tradition rapporte qu'Eofres (_c.-à-d._, Épher ; Gen. xxv. 4) conquit la Libye et que le pays fut appelé « Afrique » d'après lui (Josephus, _l.c._ i. 15 ; comp. Eusèbe, « Præparatio Evangelica », ix. 20, § 2 ; « Chronicon Paschale », i. 66 ; Suidas, _s.v._ Ἄφροι ; « Yuḥasin », éd. Londres, p. 233).
Les données bibliques sont plus historiques. Shishak (Shoshank), dont le nom est prétendument libyen, avait des Libyens dans son armée (A. V. « Lubims », II Chron. xii. 3) ; le roi Asa vainquit toute une armée de Cushites et de Libyens (_ib._ xvi. 8 ; comp. xiv. 11) ; et la célèbre Thèbes égyptienne avait aussi des Libyens à sa solde (Nahum iii. 9). Dans tous ces passages, la Septante a Λίβυες. En Dan. xi. 43, les Égyptiens, les Libyens et les Cushites apparaissent ensemble.
À l'époque gréco-romaine, la Libye coïncidait approximativement avec Cyrène et le territoire qui lui appartenait. Des Juifs y habitaient (« Ant. » xvi. 6, § 1) ; et Auguste leur accorda certains privilèges par l'intermédiaire de Flavius, le gouverneur de la province (_ib._ § 5). Les apôtres chrétiens aussi se préparaient à étendre leur mission en Libye (Acts ii. 10). La grande guerre des Juifs de l'année 70 eut ses suites en Libye ; et le rebelle Jonathan fut dénoncé au gouverneur de la Pentapolis libyenne (Josephus, « B. J. » vii. 11, § 1). Les Juifs de Libye participèrent aussi à la rébellion sous Trajan et Hadrien ([voir Cyrène](/articles/4826-cyrene)).
L'investigation moderne est encline à rapprocher Lehabim (Gen. x. 13 ; I Chron. i. 11) des Libyens, comme l'avait fait le Targum de Jérusalem en le rendant par le grec Λιβυκοί. Beaucoup de prosélytes vinrent de Libye (Yer. Shab. 7b ; Yer. Kil. 31c) ; aussi le judaïsme dut-il y poursuivre sa propagande. Les Rabbis mentionnent des fèves (Löw, « Aramäische Pflanzennamen », p. 234) et des ânes de Libye (Bek. 5b ; Shab. 51b).
L'ancienne province florissante correspond à la Barka actuelle, qui, sous la domination islamique, est devenue un désert.