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Zakhor
IntersectionLieuXIXe–XXe siècle

Kežmarok

Région : Slovaquie (région de Prešov)

registre Intersection · dépositaire, non propriétaire

Publié le 14 juillet 2026

Ancienne ville saxonne du Spiš à communauté juive établie au XIXe siècle, déportée en 1942.

Introduction

Au pied des Hautes Tatras, dans la région historique du Spiš (en allemand Zips, en hongrois Szepesség), la ville de Kežmarok — Kesmark pour les Saxons, Késmárk pour les Hongrois, Käsmark dans certaines graphies anciennes — occupe une place singulière dans la cartographie des minorités d'Europe centrale. Fondée et façonnée par des colons allemands attirés au Moyen Âge par les rois de Hongrie, elle fut, des siècles durant, une cité marchande protestante, fière de ses privilèges de ville libre royale et de sa culture germanophone. La présence juive y fut tardive et longtemps entravée, à la différence de tant de bourgades de Galicie ou de Slovaquie orientale où les communautés israélites plongeaient leurs racines dans le premier âge moderne.

L'histoire des Juifs de Kežmarok est ainsi d'abord une histoire de seuils : seuil géographique, aux confins des mondes hongrois, polonais et ruthène ; seuil juridique, car les villes minières et marchandes du Spiš, jalouses de leurs franchises, tinrent longtemps les Juifs à distance de leurs murs ; seuil social enfin, puisque l'installation ne devint durable qu'au XIXe siècle, à la faveur de l'émancipation progressive accordée dans l'Empire d'Autriche puis dans le royaume de Hongrie. La communauté qui s'y forma alors fut modeste par le nombre mais représentative des mutations qui traversèrent le judaïsme d'Europe centrale : germanisation puis magyarisation, tension entre orthodoxie et réforme, insertion dans l'économie commerçante et artisanale.

Ce Grand Livre entend restituer cette trajectoire depuis les interdictions médiévales jusqu'à l'anéantissement de 1942, en distinguant à chaque étape ce que l'archive établit, ce que la tradition transmet, et ce que l'historien peut seulement conjecturer. La prudence s'impose d'autant plus que les sources locales sont dispersées entre les fonds slovaques, hongrois et autrichiens, et que la mémoire communautaire fut brutalement tranchée par la Shoah.

Versions (1)
  1. v1 · courante · 14 juil. 2026

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Sources & ressources

  • Mercedes Borrero Fernández, La communauté juive de Séville au XIIe siècle (1985)
  • Communauté juive de Fès, Archives du Mellah de Fès
  • Communauté juive de Sidi Bel Abbès, Archives rabbiniques de Sidi Bel Abbès
  • Jean Baumgarten, La naissance du hassidisme : Mystique, rituel et société (XVIIIe-XIXe siècle) (2006)
  • Sylvie Anne Goldberg, Penser l'histoire juive au début du XXe siècle (2000)

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