בלשגיארמט
Регион: Hongrie
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Опубликовано 19 июня 2026 г.
commune hongroise

Cseperedő Tagóvoda, Balassagyarmat 2021 áprilisában10
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Synagogue in Balassagyarmat (postcard)
Unknown photographer · Public domain · Wikimedia Commons

Balassagyarmat 2021 áprilisában14
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Balassagyarmat 2021 áprilisában19
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<a href="https://zakhor.ai/ru/grands-livres/lieux/balassagyarmat">Balassagyarmat — Zakhor</a>Citation
Balassagyarmat — Zakhor, https://zakhor.ai/ru/grands-livres/lieux/balassagyarmatSur la rive hongroise de l'Ipoly (Ipeľ), au cœur du comitat de Nógrád et au pied des collines du Cserhát, Balassagyarmat fut longtemps l'une des plus anciennes et des plus prestigieuses places du judaïsme hongrois. La commune, qui demeura chef-lieu de comitat jusqu'en 1950 et qui s'enorgueillit du titre de Civitas Fortissima (« la ville la plus courageuse »), abrita pendant deux siècles une communauté israélite dont la densité démographique fut exceptionnelle : au XIXe siècle, 40 % de la population de Balassagyarmat était juive. Selon la tradition communautaire elle-même, la communauté juive de Balassagyarmat est l'une des plus anciennes diasporas de Hongrie, son passé remontant à quelque six cents ans.
Ce Grand Livre se propose de retracer, depuis ses origines documentées jusqu'à son anéantissement et à sa fragile survivance, l'histoire d'une communauté qui fut à la fois un foyer d'orthodoxie rabbinique de premier plan et un acteur de la vie civique du comitat. Il s'appuie sur les notices encyclopédiques de référence, sur les travaux de l'historiographie de la Shoah hongroise et sur la mémoire conservée par la communauté actuelle et par son musée. Là où l'archive et la tradition se rencontrent, nous l'indiquerons ; là où subsiste l'incertitude, nous la nommerons.
L'enracinement durable du judaïsme à Balassagyarmat est attesté dès la première moitié du XVIIIe siècle. La communauté juive fut organisée en 1730, et sa Chevra Kadisha — la confrérie funéraire — en 1742. Cette chronologie inscrit Balassagyarmat parmi les implantations juives institutionnellement structurées les plus anciennes de la Hongrie royale, à une époque où l'installation des juifs dans les villes du comitat de Nógrád se développait sous la protection des grandes familles nobiliaires, dont les Balassa qui ont donné leur nom au lieu.
Dès l'origine, la communauté se dote d'un rabbinat de qualité. Parmi les rabbins qui servirent la communauté figurent Judah Leb Engel (à partir de 1730) et Benjamin Zeev Wolf Boskowitz. La rapidité de la croissance démographique est l'un des traits marquants de cette première période : selon la communauté actuelle, son effectif commença à croître rapidement à partir du milieu du XVIIIe siècle. C'est également à partir du milieu du XVIIIe siècle qu'une célèbre yeshiva fonctionna à Balassagyarmat, faisant de la ville un centre d'étude talmudique rayonnant sur tout le nord de la Hongrie.
La physionomie sociale de cette communauté naissante était d'abord marchande. La communauté se composait au départ surtout de marchands, négociants et intermédiaires qui tiraient parti de la position de Balassagyarmat comme carrefour commercial et centre administratif du comitat.
Le trait le plus remarquable de l'organisation juive de Balassagyarmat fut son autonomie juridique et administrative. La communauté formait, selon ses propres archives, un « comté » ou corps autonome distinct de l'administration municipale. La communauté juive de Balassagyarmat constituait une « communauté autonome » indépendante de l'administration et de la justice municipales ; le « conseil juif » autonome, placé sous la direction du rabbinat, se composait de deux « procureurs », de deux « juges » (dayan) et de sept conseillers.
Les sources concordent sur l'étendue de ces prérogatives. Les juifs de la ville disposaient d'une communauté propre et indépendante, qui ne faisait pas partie du système juridictionnel et administratif de la ville ; ils avaient leur propre conseil, dirigé par le rabbin et composé de deux procureurs, de deux juges (dayan) et de sept conseillers, exerçant leur autorité sur les litiges et les affaires internes des citoyens juifs. Cette juridiction interne pouvait même déborder le strict cadre communautaire : le conseil aidait les autorités locales dans les affaires où toutes les parties n'étaient pas juives, mais où l'une au moins l'était.
Cette organisation, héritée du droit corporatif de l'Ancien Régime, fit de la communauté de Balassagyarmat une véritable institution dans l'institution, gérant sa vie religieuse, scolaire et judiciaire avec une indépendance que peu de diasporas hongroises connurent à ce degré.
L'histoire spirituelle de Balassagyarmat est inséparable de la grande tradition orthodoxe issue de l'école du Hatam Sofer de Presbourg (Bratislava). Au tournant du milieu du XIXe siècle, alors que la construction d'une nouvelle synagogue était paralysée par les dissensions internes, une figure rabbinique décisive prit la tête de la communauté. C'est à cette époque qu'Aron David Deutsch devint grand-rabbin de la communauté, lui qui avait été le disciple le plus cher du Hatam Sofer, le rabbin de Presbourg.
Son autorité permit de surmonter les querelles qui minaient la communauté. Rabbin à la poigne ferme, Aron David Deutsch rétablit l'ordre dans une communauté épuisée par les tensions et les antagonismes internes, et présida à la consolidation de la vie religieuse au moment même où la Hongrie s'apprêtait à diviser son judaïsme entre courants orthodoxe et néologue après le congrès de 1868-1869. Balassagyarmat se rangea résolument dans le camp orthodoxe, fidèle à l'héritage de la yeshiva fondée un siècle plus tôt.
La continuité dynastique de ce rabbinat est attestée jusqu'à la veille de la catastrophe : à l'époque de l'occupation allemande, la congrégation orthodoxe comptait 1 516 membres, dirigée par le président Mihály Lázár et le rabbin David Deutsch — héritier du nom et de la fonction de l'illustre disciple du Hatam Sofer.
La loi d'émancipation de 1867-1868 ouvrit pour la communauté une ère d'intégration et de prospérité. La structure marchande des origines fit place à une présence dans tous les secteurs de la vie urbaine. Après la promulgation de la « loi d'émancipation » en 1868, les juifs commencèrent peu à peu à apparaître dans tous les aspects de la vie de la ville — dans la sphère sociale, culturelle et économique — Balassagyarmat étant alors le chef-lieu du comitat.
C'est dans ce contexte que fut achevée la grande synagogue, monument emblématique de l'âge d'or communautaire. La première synagogue de la communauté avait été détruite par un incendie en 1776 ; sur son emplacement, une nouvelle synagogue fut bâtie en 1868. Cet édifice atteignit une renommée régionale considérable. C'était un chef-d'œuvre, l'une des plus importantes synagogues juives orthodoxes d'Europe orientale, construite dans un style arabesque et dotée de doubles galeries supérieures. La mémoire communautaire en fait l'une des plus vastes du continent : jadis se dressait là la deuxième plus grande synagogue orthodoxe d'Europe centrale, pouvant accueillir 4 000 personnes.
La proximité avec le pouvoir s'illustre par un épisode conservé dans la mémoire locale et matérialisé par une plaque de marbre exposée aujourd'hui au musée. Cette pièce particulière, à l'origine placée à l'entrée de la synagogue, porte en hébreu et en hongrois les paroles adressées par François-Joseph aux délégués de la communauté juive du comitat lors d'une audience tenue en 1894, dans lesquelles le souverain affirmait accueillir avec reconnaissance l'hommage et l'assurance de fidélité de la communauté israélite du comitat de Nógrád, et que la différence de religion ne dressait aucune cloison dans son cœur.
L'occupation allemande de la Hongrie, le 19 mars 1944, scella le sort de la communauté. La machine de déportation s'abattit sur la province hongroise au printemps et à l'été 1944 : du 15 mai au 9 juillet 1944, les fonctionnaires de la gendarmerie hongroise, sous la conduite des SS allemands, déportèrent environ 440 000 juifs de Hongrie, pour la plupart vers Auschwitz-Birkenau, où, à l'arrivée et après sélection, la majorité fut tuée dans les chambres à gaz.
À Balassagyarmat, le déroulement de la persécution est précisément documenté. Les juifs furent rassemblés au début du mois de mai 1944 sous la direction du maire Béla Vannay. La ville servit de centre régional de concentration : Balassagyarmat fut un important centre de concentration et d'embarquement pour les 5 820 juifs raflés dans le comitat de Nógrád. La population fut répartie en deux secteurs : les quelque 2 000 juifs locaux furent concentrés dans le « grand ghetto », dans et autour des rues Kossuth Lajos, Thököly et Hunyadi, tandis que les juifs amenés des villes et villages voisins du comitat de Nógrád furent rassemblés dans le « petit ghetto », situé sur la place Óváros. Parmi les localités dont les juifs furent ainsi déportés figuraient Alsópetény, Apátújfalu, Becske, Bercel, Cserháthaláp, Diósjenő, Érsekvadkert, Galgaguta, Hugyag, Losonc, Nógrádmarcal, Őrhalom, Szécsény, Szügy et plusieurs autres lieux.
L'ultime étape précéda de peu l'extermination. Juste avant leur déportation, les juifs furent relogés dans les séchoirs à tabac de Nyírjespuszta, à environ cinq kilomètres de la ville. Puis vint la déportation : les juifs furent déportés à Auschwitz en deux transports qui quittèrent Nyírjespuszta les 12 et 14 juin. Le monument même de l'âge d'or fut profané puis anéanti : les Allemands utilisèrent la synagogue comme dépôt de munitions et la détruisirent avant leur départ. La mémoire locale précise la date de cette destruction : les nazis l'utilisèrent comme entrepôt durant la Seconde Guerre mondiale et la firent sauter en quittant la ville, le 9 décembre 1944.
De la communauté florissante d'avant-guerre, il ne subsista qu'un infime reliquat. Après la Shoah, seules 136 personnes revinrent dans la ville. Les premiers à reparaître furent ceux qui avaient échappé aux convois : parmi les premiers survivants à rentrer figuraient les hommes des bataillons de travail forcé.
Ces rescapés tentèrent de relever la communauté. Avec les survivants des camps de concentration revenus en 1945-1946, ils réorganisèrent la communauté sous la direction du rabbin Pinkász Kálmán. Mais la reconstruction fut éphémère, contrariée par le contexte politique de la Hongrie communiste et par l'émigration. Les juifs commencèrent à quitter la ville après 1948, et surtout après la Révolution hongroise de 1956 ; en 1970, il ne restait plus qu'une poignée de juifs à Balassagyarmat.
Aujourd'hui, c'est essentiellement la mémoire qui perpétue la présence juive. Un petit musée, consacré à l'histoire et aux traditions juives locales, fut créé en 2000 et installé dans l'ancienne Chevra Kadisha, un petit bâtiment au toit en pointe à la façade rouge et blanc. La synagogue, quant à elle, demeure dans la mémoire de la ville : un édifice historique frappant survit comme l'un des rappels les plus tangibles du patrimoine juif de la ville.
L'histoire juive de Balassagyarmat condense en deux siècles le destin du judaïsme hongrois de province : une implantation précoce et structurée dès 1730, une autonomie corporative remarquable, un rabbinat orthodoxe de premier rang issu de l'école du Hatam Sofer, une intégration civique après l'émancipation de 1868, puis l'anéantissement de 1944 et l'extinction lente de l'après-guerre. La force de cette communauté tint à sa densité — près de 40 % de la population au XIXe siècle — et à son rayonnement religieux, symbolisé par l'une des plus grandes synagogues orthodoxes d'Europe centrale, devenue cendres en décembre 1944.
Ce qui demeure tient désormais de la mémoire et du patrimoine : un musée logé dans l'ancienne confrérie funéraire, un édifice synagogal subsistant, des plaques et des noms. Le Grand Livre de Balassagyarmat est ainsi celui d'une grandeur révolue, dont l'archive et la tradition s'accordent à dire qu'elle fut, parmi les diasporas hongroises, l'une des plus anciennes et des plus fidèles à elle-même.