פראג
Región: Monde ashkénaze
registro Intersección · depositario, no propietario
Publicado el 17 de junio de 2026
Grande communauté de Bohême, cité du Maharal et de la légende du Golem.

Prague skyline at dawn
Petar Milošević · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Prague Panorama - Oct 2010
Diliff · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Vltava river in Prague
Dmitry A. Mottl · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

PragueCathedral03
MathKnight and Zachi Evenor · CC BY 2.5 · Wikimedia Commons
Copia cualquiera de estos formatos para citar esta página o enlazarla.
Enlace
https://zakhor.ai/es/grands-livres/lieux/pragueHTML
<a href="https://zakhor.ai/es/grands-livres/lieux/prague">Prague — Zakhor</a>Cita
Prague — Zakhor, https://zakhor.ai/es/grands-livres/lieux/pragueCapitale de la Bohême et grande métropole d'Europe centrale, Prague abrite l'une des plus anciennes et des plus illustres communautés juives du continent. Installée autour du quartier de Josefov, sur la rive droite de la Vltava, cette présence millénaire — attestée dès le Xe siècle — a légué un patrimoine sans équivalent : la Vieille-Nouvelle Synagogue (Altneuschul, vers 1270), la plus ancienne d'Europe encore en activité ; le vieux cimetière juif aux quelque douze mille pierres tombales enchevêtrées, superposées faute de place sur près de douze couches ; et tout un ensemble de synagogues, de la Maisel à la Pinkas, de l'Espagnole à la Klausen. Plus qu'une simple juiverie médiévale, Prague fut un foyer intellectuel de premier plan, où se côtoyèrent érudition talmudique, kabbale, sciences et imprimerie hébraïque. Ce premier chapitre situe la ville comme carrefour des routes commerciales et culturelles de l'Europe, et annonce les grandes étapes que parcourra ce Grand Livre : les origines médiévales et leurs épreuves, l'âge d'or de la Renaissance rodolphienne, l'alternance de privilèges et d'expulsions, l'émancipation et la floraison germano-juive, enfin la Shoah et le travail de mémoire — l'ensemble placé sous le double registre de l'histoire et de la mémoire qui fonde Zakhor.
La présence juive à Prague est attestée dès 965-966 par le marchand et voyageur Ibrahim ibn Yaqub, qui décrit des commerçants juifs au pied du château. Carrefour des routes reliant l'Occident à l'Orient, la ville attire marchands et prêteurs, d'abord établis près du Hradčany puis dans la future Josefov. La communauté connaît très tôt la violence : les croisés massacrent une partie des Juifs en 1096, et le pogrom de Pâques 1389 — l'un des plus meurtriers du Moyen Âge — fait jusqu'à trois mille victimes, déploré dans une élégie d'Avigdor Kara, lui-même survivant. Malgré tout, la communauté se reconstitue et se dote d'institutions durables : la Vieille-Nouvelle Synagogue de style gothique (vers 1270) et le vieux cimetière juif, dont la plus ancienne stèle conservée, celle d'Avigdor Kara, date de 1439.
Bajo el reinado del emperador Rodolfo II, que hace de Praga su capital, la comunidad conoce una verdadera edad de oro. El financiero Mordechai Maisel, alcalde de la ciudad judía y mecenas, financia sinagogas, empedrados e instituciones caritativas, entre ellas la sinagoga que lleva su nombre (1592). Es la época del Maharal, el rabino Judah Loew ben Bezalel, teólogo y pedagogo de gran relevancia, a quien la tradición posterior atribuye la creación del Golem, estatua de arcilla animada para defender a los judíos — leyenda emblemática del registro transmitido. El astrónomo y cronista David Gans, en relación con Tycho Brahe y Kepler, ilustra la apertura de la comunidad a las ciencias. Praga se convierte también en un gran centro de la imprenta hebrea: ya en 1512, el taller de Gershom Kohen publica allí los primeros libros hebreos impresos al norte de los Alpes.
Durant la guerre de Trente Ans, les Juifs de Prague participent à la défense de la ville contre les Suédois en 1648 ; en reconnaissance, l'empereur confirme leurs privilèges et leur accorde une bannière ornée de l'étoile de David et d'un chapeau « suédois », toujours visible à l'Altneuschul. Au XVIIIe siècle, Prague abrite l'une des plus grandes communautés ashkénazes d'Europe. Mais la précarité demeure : en 1744-1745, l'impératrice Marie-Thérèse, soupçonnant les Juifs de connivence avec la Prusse, ordonne leur expulsion de Prague et de Bohême ; le retour n'est autorisé qu'en 1748, au prix de lourdes taxes. Les lois dites des Familiants limitent par ailleurs le nombre de mariages juifs autorisés. La vie intellectuelle reste intense, dominée par le grand rabbin Ezekiel Landau, le « Noda BiYehuda », autorité halakhique de premier plan.
L'Édit de tolérance de Joseph II (1782) amorce un long processus d'émancipation, parachevé par l'égalité civique de 1867. En hommage à l'empereur réformateur, le quartier juif est rebaptisé Josefov en 1850. L'assainissement urbain de la fin du siècle (1893-1913) entraîne la démolition de l'ancien ghetto insalubre, mais préserve ses synagogues historiques et son cimetière. Prague devient alors un foyer exceptionnel de culture germano-juive : Franz Kafka, Max Brod, Franz Werfel et le « Cercle de Prague » y écrivent une œuvre marquée par la condition minoritaire, à la croisée des mondes allemand, tchèque et juif. La ville voit aussi naître un sionisme intellectuel vigoureux, autour de l'association Bar Kochba et de figures comme Hugo Bergmann.
La ocupación nazi de 1939 destroza la comunidad. La mayoría de los judíos de Bohemia-Moravia es deportada a través del gueto-campo de Terezín (Theresienstadt), cercano a Praga, y luego hacia los centros de exterminio: alrededor de 80 000 de ellos son asesinados. Paradoja trágica, las autoridades nazis reúnen en Praga un inmenso fondo de objetos de culto confiscados en las comunidades liquidadas, origen de las colecciones excepcionales del Museo Judío de Praga, presentadas durante mucho tiempo bajo el relato, controvertido, de un «museo de una raza desaparecida». Tras la guerra, la pequeña comunidad sobrevive con dificultad bajo el régimen comunista. La sinagoga Pinkas se convierte en un memorial conmovedor, cuyos muros llevan los nombres de las 77 297 víctimas judías de las tierras checas. Desde 1989, la comunidad renace y el Museo Judío perpetúa esta memoria.
De la mention d'Ibrahim ibn Yaqub à la renaissance contemporaine, Prague condense mille ans d'histoire juive ashkénaze : l'érudition, le mécénat, les légendes — au premier rang desquelles le Golem —, mais aussi la litanie des expulsions et l'abîme de la Shoah. Plus qu'aucune autre, la ville donne à voir l'entrelacement de l'histoire et de la mémoire : ses pierres, ses synagogues et son cimetière font de Josefov un livre ouvert, où la communauté disparue et la communauté vivante se répondent.