跳至内容
Zakhor
Antiquité – aujourd’hui · Partout

Une corne, et non une trompette

L’instrument le plus solennel du judaïsme est une corne brute, sans embouchure ni clé — et l’on ne sait plus avec certitude quel son il doit rendre.

已确立ShofarSonDouteRoch Hachana

Le shofar est une corne d’animal cachère, évidée et redressée. Rien d’autre : pas d’embouchure, pas de pavillon, pas de clé.

On en sonne à Roch Hachana — que la Torah appelle yom terouah, le jour de la sonnerie — et à la fin de Kippour.

Le Temple, lui, avait aussi des trompettes d’argent, les hatsotserot, décrites au livre des Nombres. Elles ont disparu avec lui.

Pourquoi pas une trompette

Le Talmud note que ce qu’on appelait trompette est devenu shofar et inversement : les fonctions des deux instruments se sont échangées après la destruction.

L’instrument fabriqué, coûteux, réservé aux prêtres, a disparu avec l’institution qui l’employait. La corne, qu’on trouve partout et que n’importe qui peut préparer, a survécu.

Une corne de vache est en revanche exclue : elle rappellerait le veau d’or, et l’on ne vient pas demander pardon avec l’instrument de la faute.

Le son qu’on a perdu

La Torah nomme deux sonneries : la tekia, un son long, et la terouah, plus brève.

Les rabbins ne savaient plus exactement ce qu’était la terouah. Deux possibilités subsistaient : une plainte en trois brisures — le chevarim — ou une salve de neuf notes hachées.

Ils n’ont pas tranché : on sonne LES DEUX, et toutes leurs combinaisons, pour être sûr d’avoir accompli le commandement dans tous les cas.

Ce que cette incertitude enseigne

L’obligation la plus caractéristique de la fête la plus solennelle repose sur un détail que la tradition avoue ne plus connaître.

Et la réponse n’est pas de choisir la version la plus probable : c’est de tout jouer.

C’est, à toute petite échelle, la méthode entière — quand les sources divergent, on le dit et l’on garde les deux, plutôt que de fabriquer une certitude.

À quoi cela sert

Maïmonide en donne la lecture la plus reprise : le son dit réveille-toi de ton sommeil, sors de ta torpeur, examine ta conduite, souviens-toi de celui qui t’a créé.

Aucune parole n’accompagne la sonnerie. C’est le seul commandement du calendrier qui s’accomplit uniquement en écoutant — celui qui sonne agit, celui qui entend s’acquitte.

Il faut donc une corne, quelqu’un qui souffle, et quelqu’un qui écoute. Trois choses qu’aucune destruction n’a jamais réussi à rendre indisponibles ensemble.