YAH SHIMEKA : Expression hébraïque signifiant littéralement « Dieu, son nom », utilisée dans les formules religieuses et liturgiques juives comme invocation divine. Cette expression apparaît notamment dans les textes rabbiniques et la prière traditionnelle, où elle sert à invoquer la présence et la bénédiction de Dieu. Le terme « Yah » est une forme abrégée du Tétragramme, tandis que « Shimeka » (« son nom ») renforce l'appel à la divinité par son essence nominale.
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YAH SHIMEKA
Hymne de cinq longues strophes qui forme l'introduction au Ḳaddish avant « Bareku » dans le service du matin du second jour du Nouvel An selon le rituel des Séphardim ; il est signé de l'acrostiche « Yehudah » et est attribué à Judah ha-Levi (Zunz, « Literaturgesch. » p. 413). Le refrain, « Yishtabbaḥ », etc., est cité du Ḳaddish mentionné et suggère par son rythme la forme de tout l'hymne selon l'une des figures rythmiques favorites de la musique arabe. Comme pour beaucoup d'autres mélodies de la tradition séphardique, et particulièrement pour celles de la saison pénitentielle, son ancienne mélodie orientale est aussi utilisée pour d'autres hymnes. Tels sont les versets « Shinannim » de Solomon ibn Gabirol, occupant une position similaire dans les services de l'Expiation, et l'autre hymne de Judah ha-Levi, « Yede rashim », qui prend sa place le premier jour du Nouvel An, ainsi que le Ḳaddish suivant lui-même et les hymnes plus familiers [En Kelohenu](/articles/5744-en-kelohenu) et [Adon 'Olam](/articles/851-adon-olam) à la clôture des dévotions en ces mêmes jours solennels. La mélodie devient ainsi dans le rituel espagnol et portugais un « thème représentatif » pour la fête du Nouvel An. La mélodie singulière présente plusieurs traits antiques et orientaux. L'un d'eux est la répétition de la phrase médiane autant de fois que la longueur variable des textes sur lesquels elle est chantée le rend nécessaire. La présence dans la même mélodie d'une note tantôt naturelle et tantôt bémol s'explique par le fait que la gamme est celle du « système immuable » des anciens (voir Gevaert, « Histoire et Théorie de la Musique de l'Antiquité », i. 105 _et seq._). Une particularité très similaire dans une mélodie parallèle d'Asie Mineure est exposée et discutée dans Bourgault-Ducoudray, « Trente Mélodies Populaires de Grèce et d'Oriente », No. 16.