BERAḤ DODI ()
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Trois piyyuṭim formant la [Ge'ullah](/articles/6644-ge-ullah) dans le service du matin des deux premiers jours de la Pâque, et du samedi entre le premier et le dernier jour de cette fête ( ). Chacun de ces piyyuṭim commence par la phrase initiale de Cant. viii. 14, tenant compte de l'association du Cantique des cantiques avec la Fête ([voir Megillot](/articles/10557-megillot-the-five)). Des poèmes de cette forme ont été écrits à diverses époques par Benjamin ben Samuel de Coutances, France, onzième siècle ; Shabbethai ben Moses de Rome, 1050 ; Moses ha-Sofer ben Benjamin de Rome, treizième siècle ; Menaḥem ben Abraham d'Imola, quatorzième siècle ; et Joab ben Nathan ben Daniel de Rome, quatorzième siècle.
La mélodie sur laquelle les versets sont récités dans quelques congrégations allemandes est celle d'« Al ha-Rishonim » ; mais dans l'usage « polonais » plus étendu, la mélodie chantée est l'une des plus efficaces de toutes les rhapsodies émanant des précenteurs errants de deux siècles passés. Bien que clairement d'une origine aussi comparativement récente et indubitablement issue d'un Juif d'Europe du nord, elle présente cette combinaison du mode mineur européen avec le deuxième mode ecclésiastique byzantin (souvent appelé le « chromatique oriental ») qu'on remarque fréquemment dans les plus belles chansons folkloriques du Levant, particulièrement dans celles qui portent l'empreinte d'une influence artistique (voir Bourgault-Ducoudray, « Trente Mélodies Populaires de Grèce et d'Orient », p. 84, note). La figuration, aussi, est la même que dans de nombreuses chansons levantines, ainsi que dans les chansons arabes et persanes (voir la musique p. 48).