RIESSER, GABRIEL
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Avocat allemand pour l'émancipation des Juifs ; né à Hambourg le 2 avril 1806 ; mort là le 22 avril 1863 ; fils cadet de Lazarus Jacob [Riesser](/articles/12751-riesser-gabriel). Pendant quelques années, la famille de Riesser vécut à Lübeck, mais elle retourna à Hambourg en 1816. Éduqué au Johanneum de sa ville natale et aux universités de Kiel et Heidelberg, où il étudia le droit, Riesser chercha à devenir privat-docent à cette dernière université, mais, étant Juif, le gouvernement lui refusa la « venia legendi ». Il vécut alors à Francfort-sur-le-Main, Heidelberg, et dans d'autres villes de l'Allemagne du Sud, et retourna à Hambourg en 1830. Là, il se vit refuser, en tant que Juif, l'accès au barreau.
Riesser devint alors le principal avocat de l'émancipation des Juifs en Allemagne. En 1830 parut à Altona son « Ueber die Stellung der Bekenner des Mosaischen Glaubens in Deutschland » (2e éd., 1831). Bien que le même sujet eût été minutieusement traité peu auparavant par Twesten et par Börne, l'essai de Riesser fut bien accueilli. Il ne parla pas seulement de l'oppression des Juifs, mais la compara à l'oppression des bourgeois par la noblesse, des nègres par les blancs, etc., et demanda l'émancipation complète. Dans son introduction au livre, il la déclare être « un effort pour induire des hommes importants—des chefs sociaux et spirituels—à porter plus d'attention à cette entreprise, à réveiller les forces latentes pour elle, à stimuler ceux qui devraient y être intéressés, à exciter les philanthropes de toutes confessions et croyances, et finalement à démontrer la nécessité que la bonne volonté et la puissance des individus isolés soient unies pour un objectif commun. » Le théologien protestant Paulus à Heidelberg lui répondit dans son « Die Jüdische Nationalabsonderung nach Ursprung, Folgen oder Besserungsmitteln » (Heidelberg, 1830), et proposa que les Juifs, pour devenir de bons citoyens allemands, se fissent baptiser. Riesser défendit sa position dans sa « Vertheidigung der Bürgerlichen Gleichstellung der Juden Gegen die Einwürfe des Herrn Dr. Paulus, » Altona, 1831. La brochure fut l'ouvrage de quelques jours, écrit sous l'influence directe de l'essai de Paulus, et donne en appendice les réponses les plus importantes que Napoléon avait reçues concernant les questions posées au Sanhédrin convoqué en 1806. Dans son « Börne und die Juden » (Altenburg, 1832) Riesser n'eut « pas l'intention de défendre Börne contre les accusations du Dr. Eduard Meyer, mais les Juifs contre les insinuations de Meyer. »
« Der Jude. »
La Révolution de Juillet en France en 1830 trouva un écho en Allemagne, et Riesser établit en 1832 à Altona son journal « Der Jude, Periodische Blätter für Religion und Gewissensfreiheit, » dans lequel il combattit à nouveau pour l'émancipation. L'annonce disait : « Une époque qui est remplie d'événements, plus remplie encore d'espérances, a besoin d'organes vigilants pour les contenus rapidement changeants ; et de tels organes se trouvent dans la presse périodique. » Beaucoup d'excellents essais furent écrits pour ce périodique par les grands hommes du temps ; mais les meilleurs vinrent de la plume de son éditeur. Certains d'entre eux furent imprimés séparément, _p.ex._, « Kritische Beleuchtung der Neuesten Ständischen Verhandlungen über die Emancipation der Juden, » Altona, 1832. Tandis que la Bavière, Hanovre, et la Hesse avaient adopté, ou avaient l'intention d'adopter, des lois favorables concernant les Juifs, le Bade avait refusé de le faire ; et Riesser attaqua la Diète du Bade pour cette attitude. La « Denkschrift an die Hohe Badische Ständeversammlung, Eingereicht von Badischen Bürgern Israelitischer Religion zur Begründung Ihrer Petition um Völlige Bürgerliche Gleichstellung, vom 30 Juli, 1833, » écrite par Riesser, fut publiée à Heidelberg en 1833 ; et « Betrachtungen über die Verhältnisse der Jüdischen Unterthanen in der Preussischen Monarchie, » réimpression de son journal, parut à Altona en 1834.
La même année, une pétition, rédigée par Riesser, fut présentée au Sénat de Hambourg, demandant pour les Juifs de cette ville les droits de citoyenneté ; mais le peuple s'opposa fortement à la réforme proposée. Cette pétition parut aussi séparément sous le titre « Denkschrift über die Bürgerlichen Verhältnisse der Hamburgischen Israeliten » (Hambourg, 1834). Un essai important se rapportant à ce sujet fut le « Die Verhandlungen des Englischen Parlaments im Jahre 1833 über die Emancipation der Juden » de Riesser, Altona, 1834.
Gabriel Riesser.
Le titre du journal de Riesser fut changé en 1835 en « Der Jude, ein Journal für Gewissensfreiheit. » De ce changement il est évident que Riesser avait renoncé à la section théologique ; en effet, il dit dans son annonce : « L'« Israelitische Predigt- und Schulmagazin » du Dr. Ludwig Philippson et la « Wissenschaftliche Zeitschrift für Jüdische Theologie » d'Abraham Geiger ont rendu une partie de mon journal inutile. » « Der Jude » n'parut que pendant deux années de plus.
En 1834 Riesser reçut des « Israelitische Bürger Badens, » en reconnaissance de l'intérêt qu'il avait pris à l'émancipation, un tableau, d'Oppenheim de Francfort-sur-le-Main, représentant le retour de la Guerre de Libération allemande d'un soldat juif, dont le visage est marqué de cicatrices, et qui porte les décorations reçues pour son service. En 1836 Riesser quitta sa ville natale et s'établit à Bockenheim, près de Francfort-sur-le-Main, où il publia ses « Jüdische Briefe, » Berlin, 1840-42. En 1843 il retourna à Hambourg et fut admis au barreau là.
Membre du Parlement allemand.
L'année 1848 apporta des changements en Allemagne, parmi lesquels une plus grande liberté pour les Juifs. Riesser fut élu au Parlement allemand (« Vor-Parlament ») de Francfort, du district de Lauenburg. Il appartenait aux libéraux, et était l'un des vice-présidents de l'assemblée. À chaque occasion possible, il prit la parole pour ses coreligionnaires. Il était membre de la députation envoyée par le Parlement pour offrir la couronne d'Allemagne à Frédéric-Guillaume IV. En 1850, il fut élu au Parlement allemand siégeant à Erfurt, cette fois de Hambourg. Quand le corps fut dissous, en 1850, Riesser retourna à Hambourg. Au cours des années suivantes, il voyagea, passant beaucoup de temps aux États-Unis ; et il publia ses vues et impressions du pays dans les « Preussische Jahrbücher ». En 1859, une nouvelle cour supérieure fut établie à Hambourg, et Riesser fut nommé l'un de ses juges (« Obergerichtsrath »), position qu'il conserva jusqu'à sa mort. De 1860 à 1862, il fut vice-président de la Bürgerschaft.