MANUEL, EUGÈNE
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Pédagogue et poète français ; né à Paris le 13 juillet 1823 ; mort le 1er juin 1901. Petit-fils par sa mère du célèbre ḥazzan de Paris Lovy, il demeura pendant toute sa brillante carrière intimement attaché à la foi de ses ancêtres. Après avoir terminé ses études au Collège Charlemagne, il entra à l'École Normale (1843-46), où il eut pour camarades Émile Burnouf, Paul Janet, Gaston Boissier, Caro, Alfred Mézières et Pasteur, qui tous ont acquis une grande renommée dans le monde des lettres et des sciences. Manuel devint professeur de rhétorique successivement aux collèges de Dijon, Grenoble, Tours, et dans les lycées Charlemagne (1849) et Saint-Louis et au Collège Rollin à Paris. Après la guerre franco-prussienne, Jules Simon, devenu ministre de l'Instruction publique, nomma Manuel son « chef du cabinet » et en 1872 « directeur du secrétariat ».
Peu après, Manuel devint inspecteur général de l'Instruction publique secondaire (1876). Il commença alors à consacrer beaucoup de son énergie et de son temps à la littérature. En 1852, il avait déjà publié une édition des « Morceaux Choisis des . . . Œuvres Lyriques » de Rousseau. Son second ouvrage, écrit en collaboration avec son beau-frère Lévi-Alvarès (1854-58), était en quatre volumes et s'intitulait « La France sous l'Aspect Géographique, Historique et Administratif ». Ses premiers poèmes, « Pages Intimes », datent de l'année 1866, et c'est eux qui jetèrent les fondements de sa célébrité littéraire. L'accent de patriotisme dans ses « Poèmes Populaires », qui parurent en 1871, les rendit très populaires. « Henri Regnault », « Les Pigeons de la République », « En Voyage » et « Pendant la Guerre » ont placé Manuel au rang des plus grands poètes de son époque. Ce dernier poème dramatique et « Les Ouvriers » ont été joués au Théâtre Français avec Coquelin et Sarah Bernhardt dans les rôles principaux (17 janvier 1870). Vers cette époque, « L'Absent » et « Pour les Blessés » ont été représentés au Théâtre Français. Manuel fit plusieurs tentatives infructueuses pour obtenir son admission à l'Académie Française.
Les poèmes de Manuel qui ont une relation particulière avec le judaïsme sont : « La Place du Pauvre », dédié à son ami Isidore Cahen, directeur des « Archives Israélites » ; « Le Verset » ; « La Prière » ; « Caïn et Abel » ; et « Les Trois Peuples » (Jérusalem, Athènes, Rome). Sa biographie de son grand-père Israel Lovy, dans les « Archives Israélites » (1850), mérite une mention spéciale. Pendant vingt ans Manuel fut professeur de littérature grecque et latine au Séminaire Théologique Juif de Paris, et il fut l'un des six fondateurs de l'Alliance Israélite Universelle, restant membre de cette institution jusqu'à sa mort. Après la mort de Michel Alcan, Manuel fut élu pour représenter les Juifs de Lyon au Consistoire Central des Juifs de France (1877). Il était commandeur de la Légion d'honneur. Le 27 octobre 1901, la Société Historique d'Auteuil et de Passy, dont il avait été l'un des fondateurs, plaça une plaque commémorative sur la maison où mourut le poète.