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Zakhor
1943 – 2007 · Brooklyn, Los Angeles

Le producteur

Il a lancé Bette Midler, produit deux films que tout le monde a vus, gagné un Emmy et un Tony — puis passé ses dernières années à combattre l’impôt sur le revenu.

VastgesteldCinémaAmériqueTrajectoireShow business

Aaron Russo naît à Brooklyn le 14 février 1943, dans une famille juive italienne.

Il ouvre une discothèque à Chicago, puis devient imprésario. De 1972 à 1979, il est le manager de Bette Midler ; il l’est aussi du groupe Manhattan Transfer.

Deux films

Il produit The Rose en 1979, où Midler joue une chanteuse de rock qui se détruit — rôle inspiré de Janis Joplin, et qui la révèle au cinéma.

Il produit Un fauteuil pour deux (Trading Places) en 1983, avec Eddie Murphy et Dan Aykroyd : deux courtiers de Philadelphie parient un dollar sur l’idée qu’un homme n’est que sa position sociale, et échangent la vie d’un mendiant et celle de leur directeur.

Russo a remporté un Emmy et un Tony ; ses films ont valu plusieurs Golden Globes.

Le virage

En janvier 2004, il se porte candidat à l’investiture présidentielle du Parti libertarien. Il est battu.

En 2006, il achève un documentaire, America: Freedom to Fascism, présenté comme une mise en cause de l’administration fiscale américaine et de la légalité de l’impôt fédéral sur le revenu.

Le film soutient des thèses que les juridictions américaines ont rejetées de manière constante. Il a rencontré un large public sur internet, et c’est par lui que beaucoup connaissent aujourd’hui le nom de Russo — non par ses films.

Pourquoi ce récit figure ici

La rubrique ne rend pas hommage et ne dresse pas de réquisitoire. Elle enregistre une trajectoire, avec ce qu’elle a de contradictoire.

Un homme qui produit Un fauteuil pour deux — un film dont le sujet est que la position sociale se fabrique et se défait par de l’argent — finit par consacrer sa fin de vie à contester l’institution qui prélève cet argent. Il y a là une cohérence, mais elle n’est pas celle qu’il revendiquait.

Écrire une vie, ce n’est pas ne retenir que ce qui l’honore.

La fin

Russo meurt d’un cancer de la vessie le 24 août 2007, à soixante-quatre ans, après six années de maladie.

Ses deux films sont diffusés chaque année. Le premier a fait une carrière d’actrice, le second est devenu un rituel de fin d’année dans plusieurs pays d’Europe.

C’est une manière de rester, et ce n’est pas celle qu’il avait choisie.