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# BELGIQUE Un des plus petits États de l'Europe occidentale. Sous les Romains, il formait une des six provinces de la Gaule antique et portait le nom de « Gallia Belgica » (Gibbon, « Decline and Fall », vol. i. ch. i). ## Premiers Établissements. Il n'existe pas de documents…

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Lemma uit de Jewish Encyclopedia (1901-1906)

Deze tekst is weergegeven zoals hij ruim een eeuw geleden verscheen. Zijn cijfers, zijn oordelen en zijn „vandaag” horen bij zijn eigen tijd, niet bij de onze.

BELGIQUE

Dit lemma is nog niet vertaald: het wordt getoond in het Frans.

BELGIQUE

Un des plus petits États de l'Europe occidentale. Sous les Romains, il formait une des six provinces de la Gaule antique et portait le nom de « Gallia Belgica » (Gibbon, « Decline and Fall », vol. i. ch. i).

Premiers Établissements.

Il n'existe pas de documents authentiques concernant la date de la première immigration des Juifs en Belgique. Selon une légende largement répandue, leur premier établissement dans ce pays riche et fertile eut lieu dès le deuxième siècle. Des marchands juifs sont censés avoir mené à cette époque un commerce considérable entre différentes parties de l'Asie Mineure et les régions centrales de l'Europe. Ils suivirent les légions romaines dans leur chemin de conquête. Dans les guerres de Vespasien et de Titus, un nombre considérable de captifs juifs se retrouva, volontairement ou non, en Gaule et dans la péninsule Ibérique. La défaite de Bar Kokba acheva la dispersion des Juifs en Occident ; et le nombre des établissements juifs en Gaule et en Espagne s'accrut. Au quatrième siècle, leur existence est attestée historiquement. Les établissements originels se trouvaient dans le voisinage immédiat des postes militaires romains, qui formaient une chaîne de communications s'étendant jusqu'en Bretagne. Tongres et Tournai, sur le territoire belge actuel, figurent parmi les premiers lieux où les Juifs s'établirent. Ils étaient également implantés dans les principaux sièges des provinces. À cette époque, ils semblent avoir joui d'une liberté et d'une prospérité considérables. Ils furent admis aux droits de citoyenneté ; les tribunaux les traitaient sur un pied d'égalité avec les autres citoyens, et ils partageaient et participaient aux devoirs et aux avantages communs de l'État.

Sous les Souverains Francs.

L'irruption des Vandales n'affecta pas, de façon appréciable, la situation des Juifs. Ils vécurent dans un état de tranquillité complète, sans être troublés par des dispositions religieuses hostiles et sans être gênés par des restrictions commerciales. Le royaume franc, fondé par Clovis (486), incluait la totalité de la Belgique et embrassait tout le pays au-delà de la Somme, et entre la Meuse et la mer. Les fortunes des Juifs belges étaient donc, pour plusieurs siècles, entrelacées à celles de leurs frères en France. Comme leurs communautés sœurs, ils étaient conditionnés par les mouvements politiques et religieux de l'époque. En général, leur état était extrêmement prospère. Ils se livraient au commerce, à l'agriculture et à toutes formes d'industrie ; et leurs galères se voyaient dans les fleuves et sur les mers. La profession des armes ne leur était pas non plus refusée ; car ils jouèrent un rôle important au siège d'Arles (508) dans la guerre entre Clovis et le général de Théodoric. Leur condition ne changea que peu jusqu'à Chilpéric (561-584), qui avait son siège à Soissons, et qui conçut l'idée de forcer ses sujets juifs à embrasser le christianisme. Ce zèle d'un prince, que Grégoire de Tours désigna comme « le Néron des Francs », rencontra peu de succès. Les Juifs, malgré ces efforts, restèrent fidèles à la religion de leurs pères.

Sous les premiers Carlovingiens, les Juifs jouirent également de tranquillité. Ils étaient traités avec humanité, et la faveur qui leur était accordée par Pépin (751-768) en attira un grand nombre dans ses domaines. Leur puissance et leur influence s'accrurent encore davantage pendant les règnes de Charlemagne (768-814) et de Louis le Débonnaire (814-840). Ni leur condition n'était moins prospère sous Charles le Chauve (843-877). Entre eux et les chrétiens régnait une égalité presque parfaite.

Le Régime Féodal.

Cette période de tolérance sage et de protection cessa cependant avec l'émergence du régime féodal. Au démembrement de l'empire des Francs, la Belgique fut partitionnée en comtés séparés, duchés et villes indépendantes, dans chacun desquels prévalait une souveraineté despotique sans égard à la loi ou à l'humanité. Les Juifs furent livrés aux caprices de souverains qui ne connaissaient d'autre loi que leurs passions. Ils furent bientôt réduits à une condition déplorable. Des restrictions sans nombre furent imposées à leur égard, et ils furent volés, dépouillés et massacrés à chaque occasion et opportunité. Les chroniques des temps abondent en de nombreux récits d'actions arbitraires et cruelles. Melart, dans son histoire de Huy, raconte comment Ogier, comte de Huy, à son retour de la guerre menée par Otho le Grand contre Louis d'Outremer, trouva parmi ses prisonniers un Juif riche, auquel il imputa une accusation absurde d'avoir secrètement favorisé l'invasion des Normands. Il fut d'abord torturé puis mis à mort, tous ses biens étant confisqués — une mesure qui fut immédiatement suivie de l'expulsion de tous les Juifs de Liège et de sa province. C'était toujours la richesse de ces malheureux qui constituait leur seul crime. Avec une singulière naïveté, Everard Kints (« Délices du Pays de Liége ») observe que la justice et la piété de ce prince s'élevèrent au-dessus de ses intérêts politiques en cette occasion, car, comme il le découvrit par la suite, tout le commerce du pays, qui avait autrefois été mené par les Juifs, reçut son coup mortel lors de leur expulsion. Le clergé aussi, qui les regardait comme des déicides, jeta le poids de son influence contre eux. En 1160 Gauthier de Castillon, prévôt du chapitre de Tournai, écrivit une diatribe en trois livres contre les Juifs, qui excita le peuple par ses calomnies et imputations. Il doit cependant être dit que tous les clercs belges n'étaient pas animés d'un esprit similaire d'intolérance. Au contraire, beaucoup de prélats étaient favorablement disposés envers les Juifs, entre autres Wazon, évêque de Liège, qui les traitait avec bienveillance et était en termes de grande amitié avec le médecin juif de Henry III.

Prospérité sous Henry III.

L'époque commençant avec le treizième siècle fut plus favorable aux Juifs de Belgique. Ils furent soumis à un traitement moins dur et arbitraire, et dans les lois les affectant un esprit de juste discrimination semble avoir été adopté. Dans un décret de Henry III. émis à Louvain, février 1260, expulsant les usuriers juifs, une distinction est tracée en faveur de ceux engagés dans les métiers honnêtes, qui furent autorisés à rester. Cette juste distinction n'était pas souvent faite en ces jours ; et plus d'une fois la totalité d'une population juive était tenue responsable du crime d'un individu. À l'ombre de cette protection, les Juifs belges retrouvèrent quelque peu leur ancienne prospérité. Le commerce flourit de nouveau parmi eux ; et ils s'engagèrent particulièrement dans l'étude et la pratique de la médecine. Mais le droit de poursuivre ces avocations avait à être acheté chèrement ; et souvent les fruits de leur industrie devenaient la proie du fisc.

Après la mort de Henry III. de Brabant (1261) sa veuve, Alix, sur qui le gouvernement dévolut, se trouvant dans le besoin d'argent, consulta le fameux Dominicain, Thomas Aquinas, sur la question de savoir si elle pouvait, sans violation de conscience, puiser chez ses sujets juifs pour une taxation supplémentaire, et, si besoin était, confisquer leurs biens. En lui-même, cette lettre de la duchesse est une preuve que quelque sentiment d'équité et d'humanité prévalait pour les Juifs de Brabant, et qu'ils étaient sous l'ombre d'une certaine protection légale. La réponse de Thomas Aquinas est un bel exemple de casuistrie mêlée et de déférence à la manière de courtisan luttant contre le meilleur sentiment de la religion. Il argue que puisque une grande part des possessions temporelles des Juifs représentait les gains de l'usure, il ne serait pas illégal de les en priver : mais il plaide qu'ils ne devraient pas être entièrement dépouillés ; il faudrait laisser suffisamment pour leur permettre de vivre. Comment la duchesse agit en cette affaire n'est pas connu ; mais les Juifs continuèrent à résider et à trafiquer en Brabant pendant le long et glorieux règne de son fils, John I. À cette époque, des communautés juives florissantes existaient non seulement à Bruxelles, mais à Malines, Anvers, Bruges, Gand, Binche, Péronne, Ath, Tournai, Mons, Liège, Louvain, etc. Un apport considérable à leur nombre fut fait au commencement du quatorzième siècle, quand Philippe le Bel expulsa les Juifs de France. William, comte de Hainaut, Vauthier d'Enghien, et John II. de Brabant les reçurent hospitalièrement. Le dernier prince nommé leur accorda des privilèges spéciaux et leur permit d'établir des banques pour le crédit public. Cette charte fut cependant révoquée en 1307, le Pape Clement V. absolvant le prince du serment qu'il avait pris pour accorder ce privilège perpétuellement. Il est probable que l'annulation de la charte bancaire fut due à un afflux frais de Juifs en 1306, qui doit avoir perturbé l'équilibre économique, car le duc demeura leur protecteur ferme jusqu'à sa mort.

Réinstallation en Belgique.

En 1321, les Juifs furent de nouveau expulsés de France, et cherchèrent une seconde fois refuge dans les frontières de la Belgique. Les nouveaux venus furent autorisés à s'établir à Mons, où un quartier leur fut assigné pour résidence. Ils jouirent de la libre pratique de leur religion et du droit d'exercer leurs professions. De plus, Guillaume refusa de soutenir une tentative qui fut faite pour les convertir.

Massacre de Bruxelles de 1370.

En 1337, Guillaume II succéda à la souveraineté de l'État du Hainaut. Suivant l'exemple de son père, il confirma les Juifs dans leurs privilèges. Ceux-ci, cependant, avaient une valeur pécuniaire considérable pour l'État. Un document existe (voir ci-dessous), daté de Valenciennes, 1337, qui accorde à trente Juifs pendant cinq ans un sauf-conduit pour une somme de 2 000 florins. Dans le duché voisin de Brabant, les Juifs n'étaient pas moins favorisés sous Jean III., qui hérita de toute la bienveillance de son père envers eux. Malheureusement, les Juifs de Belgique à cette époque étaient, comme leurs coreligionnaires dans toute l'Europe, persécutés sous l'accusation d'avoir désacré l'hostie, d'avoir tué des enfants, et d'avoir empoisonné les puits. La tempête qui s'abattit sur les Juifs de Belgique les anéantit ; et le travail de destruction fut si complet qu'à peine une trace de leur existence est-elle restée. Une série de massacres parait avoir eu lieu pendant une période de vingt ans, qui culmina finalement dans le massacre de Bruxelles de 1370. Dans le Metz Memorbuch, le Brabant est mentionné comme l'une des terres où les Juifs souffrirent en 1349 ("Monatsschrift," xiii. 36; Salfeld, "Martyrologium," pp. 270, 286). Les détails de ces tragédies sont enveloppés d'une bonne dose d'obscurité. Le récit suivant en connexion avec la Grande Peste est tiré de Li Muisis, un historien contemporain ("Chronique Manuscrite de la Bibliothèque de Bourgogne," No. 13,076; voir Carmoly, "Revue Orientale," 1841, p. 169):

« Dans la ville de Bruxelles, dans le duché de Brabant, où le duc avait son siège, un grand nombre de Juifs résidaient, à la tête desquels était un homme très riche, dit être le trésorier de Jean III. Celui-ci était en très bons termes avec le duc. Quand les Flagellants arrivèrent, portant des croix rouges pour enflammer le peuple contre les Juifs, le trésorier se hâta d'aller trouver le duc et le supplia de les protéger. Ce dernier l'assura qu'aucun mal ne leur adviendrait. Mais le peuple, déjà excité par les dénonciations des Flagellants, s'approcha du fils aîné du duc, demandant qu'on leur permit de mettre à mort tous les Juifs, et obtint de lui la promesse qu'il intercéderait auprès de son père, le duc, pour qu'aucun châtiment ne suive leur action. Ils se précipitèrent alors avec de féroces clameurs vers le quartier juif, détruisirent les maisons des Juifs, traînèrent leurs malheureuses victimes dans les rues, et sans distinction d'âge ni de sexe les massacrèrent. Cinq cents, dit-on, périrent en cette occasion. Ni le trésorier du duc ne fut épargné. Pris vivant et soumis à la torture, il fut forcé de confesser qu'il était engagé dans les complots pour empoisonner les puits et profaner l'hostie consacrée. Il fut brûlé vif. Des boucheries semblables se produisirent dans d'autres villes du duché, particulièrement à Louvain, où tous les Juifs furent livrés aux flammes (1349 et 1350). »

Taxe du Brabant en 1370.

Que ce récit se rapporte à un événement distinct, ou soit identique au massacre des Juifs à Bruxelles le 22 mai 1370, c'est ce qui reste douteux. Les détails des deux sont étrangement semblables. Dans chaque cas, le nombre de Juifs qui périrent est donné comme 500. Le Juif principal qui figure dans les deux récits est le banquier du duc. Les accusations contre les Juifs sont semblables, et le mode de mort est le même dans les deux comptes. Il ne peut, cependant, y avoir aucun doute quant au massacre à Bruxelles le 22 mai 1370. L'événement a été localement signalé comme le miracle de Sainte-Gudule, et fut commémoré par une fête périodique. Dix-huit tableaux, représentatifs des différents incidents de la perforation de l'hostie et du miracle du sang jaillissant, ont été peints pour l'église, et sont jusqu'à ce jour une preuve du fanatisme aveugle qui causa un tel ravage terrible parmi des hommes, des femmes et des enfants innocents. Un seul document relative à cette terrible catastrophe a été découvert dans la trésorerie du Brabant. C'est un reçu signé par Godefroi de la Tour, receveur-général du Brabant, qui y reconnaît le paiement de la taxe annuelle imposée sur les Juifs résidant en Brabant. C'est, selon toute probabilité, une page, ou un fragment, d'une collection de reçus semblables. Voici la traduction (voir Carmoly, "Revue Orientale," 1841, p. 172):

« Reçu des Juifs qui cette année ont résidé en Brabant, le paiement de leur tribut annuel et aussi des biens leur appartenant, reçus après qu'ils ont été brûlés le jour de l'Ascension, 1370. Complices du crime de profanation de l'hostie : d'abord, Wynand de Pondey, 14 francs; Arnold le Juif, 14 francs; Medey de Sallyn, 14 francs et 11 moutons; Medey Willacs, 22 francs; Simon Claere, 14 francs; Mestam, Joseph Wazoel, et Leonec, rien, car ils avaient quitté et ne résidaient pas cette année à Bruxelles; il en va de même pour Wynandus le Médecin, car il n'avait pas versé son tribut cette année, bien qu'il résidât à Bruxelles. »

Aucune autre référence à ce massacre n'a été trouvée, ni dans les archives nationales ni dans les annales des historiens locaux. « L'oubli des historiens de ce siècle, » dit Foppens, dans son « Histoire de la Ville de Bruxelles, » « a été la cause pour laquelle ni l'édit ni les noms de ces Juifs sacrilèges ni leurs sentences n'ont été conservés. »

Du côté juif, le Memorbuch de Mayence commémore les martyrs juifs de Brabant. Une élégie écrite en hébreu en l'honneur des martyrs a été publiée par Carmoly, qui l'a traduite en français (« Revue Orientale, » 1841, p. 172). Le Memorbuch de Pfersee, près de Munich, rappelle les Juifs martyrisés de Flandre (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p655002.jpg)), et il en est de même pour Joseph ha-Kohen (« 'Emeḳ ha-Baka, » p. 55). « Les Juifs de ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p655002.jpg), » dit ce dernier, « ont été accusés de profaner l'hostie et condamnés à mort. Cependant, beaucoup se sont sauvés par la conversion; et leurs descendants se trouvent encore en grand nombre dans ce pays. »

Archéologie et Antiquités.

Peu de documents ont survécu au sujet des Juifs qui ont résidé au Moyen Âge dans les différents états qui composaient la portion catholique du Pays-Bas et du pays de Liège, dont la plus grande partie était autrefois le territoire de la Belgique et du grand-duché de Luxembourg. Presque tout ce qu'on en sait a été publié par le Baron de Reiffenberg, Carmoly et Emile Ouverleaux. Koenen (« Geschiedenis der Joden in Nederland ») a écrit sur les régions du milieu du Pays-Bas, et Felix Hachez sur les Juifs de Mons et du Hainaut (« Essai sur la Résidence à Mons »), tandis que Rahlenbeck a donné un compte rendu sur les Juifs à [Anvers](/articles/1626-antwerp) (« Les Juifs à Anvers, » dans « Revue de Belgique, » 1871, pp. 137-146). Mais, dans l'ensemble, il règne une pénurie singulière de documents tant dans les annales juives que belges, concernant le séjour millénaire des Juifs en Belgique. Les matériaux pour une histoire complète de leur situation sociale, intellectuelle et religieuse font défaut. Benjamin de Tudèle (« Itinerary, » i. 106) en fait une brève mention, et le « Maharil » (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p655003.jpg), 12_a_) parle des coutumes religieuses des Juifs de Flandre. Il ne semble pas qu'à aucune époque ils aient atteint, comme leurs frères en Espagne et en France, une quelconque importance dans le monde de l'érudition et de la science, mais il paraît qu'ils ont réussi comme médecins, banquiers et artisans. Il n'y a aucune mention de savants éminents parmi eux ou de personnes parvenues à des positions d'influence dans l'État, sauf un ou deux financiers. Cependant, comme chaque trace de document écrit a été balayée, il est impossible de dire quel était réellement leur statut.

Or, malgré cette ignorance quasi totale concernant les ghettos belges, de nombreuses traces de leur existence dans tous les endroits du pays sont encore à trouver. C'est particulièrement le cas de la nomenclature des rues de presque chaque ville de Belgique, qui comprend généralement une « Jodenstraat » ou « Rue des Juifs. » Parmi celles du Brabant ancien se trouvent les « Joden Trappen » ou « Escaliers des Juifs, » un groupe de cinq petites rues situées près de la colline De la Cour à Bruxelles; la « Jodenstraat » à Anvers et à Louvain, et des rues du même nom à Cumptich, Tirlemont, Mons, Wasmes, Grosage, Bavai, Maroilles, Sains, Gand, Looz, Spalbeek, Eupen, etc. À Tirlemont, le Castel, anciennement « Joden-Castel, » était, sans doute, l'ancienne synagogue. Un souvenir de Jonathan, le banquier, qui était le chef des Juifs de Brabant au moment du massacre à Bruxelles, est la Maison de Jonathas au milieu d'Enghien. Une vaste plaine située en dehors des murs de cette ville porte aussi son nom — Jardin de Jonathas. De nombreuses autres localités et bâtiments d'association juive existaient, dont les traces ont presque disparu. Tels sont la « Jodenpoel, » une pêcherie des Juifs de Bruxelles; la « Jodenborch » (synagogue) de Louvain, et le Château des Juifs dans la Jodenstraat à Wommerson, près de Tirlemont. Foulon, l'historien de Liège, affirme que la Chirstrée de cette ville — c'est-à-dire la rue du Chien — et une rue du même nom à Huy tiraient leur appellation de l'ancienne résidence des Juifs là-bas, le nom étant manifestement une dérision.

Rareté des Documents.

Le même destin d'oubli qui a frappé leurs documents a aussi frappé les lieux de sépulture des Juifs de Belgique. Le seul mémorial de ce lointain passé a vu le jour sous la forme d'une pierre blanche portant une inscription hébraïque trouvée en 1872 dans le terrain d'un hôpital à Tirlemont. Considérant son âge, l'épitaphe est bien conservée; elle se lit comme suit :

![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p656001.jpg)

« Cette pierre est inscrite et placée à la tête de Mademoiselle Rebekah, fille de R. Moïse, qui trépassa . . . en l'année 5016 (1255-56). Qu'elle repose au Jardin d'Éden ! » Le mot ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p656002.jpg) est manifestement une mauvaise lecture pour ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p656003.jpg). La seule autre trace d'un cimetière juif est mentionnée par l'Abbé d'Echternach, Jean Bertel, qui, parlant de la « Judenpforte » de Luxembourg, déclare qu'avant l'extension de la ville de ce côté, les restes d'un cimetière juif existaient dans son voisinage. Ni les archives des divers États et duchés belges ni les écrits des antiquaires et historiens locaux n'ont fourni beaucoup pour une élucidation plus complète de l'histoire des Juifs de Belgique. Les documents existants qui s'y rapportent sont excessivement peu nombreux. L'un d'entre eux, l'édit de sauf-conduit, auquel il a déjà été fait référence, est intéressant pour les noms qu'il donne :

Élie de Maroel ; Éliot, son valet ; Douce ; son cousin et son fils ; Abraham-le-Mirre de Binche ; Benoît, son fils ; Benoît, son gendre ; Le Maître des Juifs ; Maître Deie-le-Sire ; Jacob Baron, Joie ; Salomon de Doullers ; Isaak de Péronne ; Belevigne, son gendre ; Maître Sause ; Jacob de Miekegnies ; Michel de Pons ; Amendanc, son oncle ; Maître Sause ; Amendanc ; Jacob de Foriest ; Hagins de Péronne ; Abraham de Nueville ; Sause de Crespin ; Maître Lyon d'Ath ; Abraham de Foriest ; Hastée ; Oursiel (frère de Lyon d'Ath) ; Floris de Mons (fille de Maître Élie).

La liste comprend un rabbin et cinq médecins ; le reste étaient marchands et banquiers.

Les autres documents comprennent des actes et des chartes du genre habituel en usage au Moyen Âge, et se rapportent à la vente de propriété et à des obligations pour dettes. M. Van Even (dans « Louvain Monumental ») cite un passage d'une charte de l'Abbaye d'Averbode, datée de 1311, dans lequel le Rabbin Moïse vend à Jean Van Rode, avocat, une maison située dans la « rue des Juifs », près du cimetière de Saint-Pierre de Louvain :

« Moyses Judeus, Judeorum presbyter, cum debita effestucatione tradit domum et curtem cum suis pertinentiis sitam in vico in quo Judei nunc commorantur juxta atrium S. Petri, Johanni de Rode Causidico. »

Le seul document hébreu découvert dans les archives royales est un mémorandum en marge d'une obligation contractée le 26 oct. 1344, auquel Wilhemote delle Porte de Rosières Notre-Dame, débitrice, et Maître Sause, un Juif de Blaton, créancier, apposent leurs noms. Le mémorandum est un résumé des termes de l'acte :

![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V02p656004.jpg)

Les archives de la Côte-d'Or de Dijon contiennent deux registres de documents hébreux relatifs à des transactions effectuées par une association de Juifs en France, Allemagne et Belgique ; et celles du Luxembourg, notamment du château de Clairvaux, contiennent également maints documents traitant de transactions d'argent entre Juifs et aristocratie.

Quinzième et siècles suivants.

Il ne semble pas qu'un décret formel d'expulsion ait été lancé contre les Juifs de Belgique ; et il est fort probable qu'après le massacre de 1370 il y ait eu des Juifs fugitifs et leurs familles qui parvinrent à se réinstaller dans les diverses communes. Cependant, ce n'est qu'au milieu du quinzième siècle qu'ils réapparaissent dans l'histoire de Belgique. L'un d'entre eux, à ce qu'on dit, fut choisi par les citoyens de Luxembourg pour traiter avec Philippe le Bon en 1444 de la reddition du château. Cela impliquerait qu'il y en eut quelques-uns qui exerçaient même une influence sur les affaires publiques. Mais leur position fut en tout temps de nature précaire. Ils ne possédaient aucun statut légal, et sous les maisons de Bourgogne et de Hainaut ils furent soumis à une fiscalité lourde et spéciale. Le droit de résidence devait être chèrement payé. Tout Juif qui entrait au Luxembourg devait payer, s'il était à cheval, une somme de 5 sols, et s'il allait à pied 2½ sols. Quiconque quittait la duchesse était frappé d'une amende de 3½ sols. Outre toutes sortes d'autres restrictions, les Juifs en maints endroits furent contraints de porter un habit distinctif. Sous la pression de ces influences, il n'est pas surprenant que les Juifs natifs disparurent graduellement des provinces belges.

En 1477, par le mariage de Marie de Bourgogne avec l'archiduc Maximilien, fils de l'Empereur Frédéric IV, les Pays-Bas s'unirent à l'Autriche, et après cela ses possessions passèrent à la couronne d'Espagne. Tout le pays, en raison des persécutions cruelles de Philippe II d'Espagne et de sa tentative d'établir l'Inquisition, devint le théâtre d'une série de luttes désespérées et héroïques. Il ne fait aucun doute que les Juifs jouèrent un rôle important en ces temps agités. Au commencement du seizième siècle un nombre de Marranes en provenance d'Espagne et du Portugal commencèrent à arriver dans le pays. Ils furent regardés avec suspicion, et Charles V, que le Cardinal Ximénès avait prévenu contre eux, leur refusa l'asile, mais ils parvinrent néanmoins à s'y établir et à y vivre. Ils étaient riches et doués de talent et d'entreprise, et s'ingratièrent évidemment auprès du peuple, avec lequel ils prirent parti dans la lutte contre l'odieuse domination espagnole. Plusieurs tentatives furent faites pour les expulser. En 1532 et 1549 et à nouveau en 1550 des décrets furent émis par la cour contre l'accueil de Marranes, et les citoyens furent sommés d'informer les autorités de leur présence ; mais cela échoua totalement à produire son effet.

Le duc d'Alva, gouverneur espagnol, fut particulièrement sévère dans la répression des livres juifs. Son édit du 15 février 1570 ordonna l'expurgation de toutes les erreurs provenant de livres hérétiques. Sur les conseils d'Arias Montanus et d'autres, une liste fut préparée des passages qui devaient être expurgés, et une commission à Anvers compila un « Index Expurgatorius », le premier en son genre (1er juin 1571). L'Index de Trente fut publié à Liège (Popper, « Censorship of Hebrew Books », p. 55). Le nombre de Juifs secrets qui entraient dans le pays augmentait chaque jour. Ils prirent, de plus, une part active au soulèvement des Pays-Bas, issue heureuse qui devait établir à jamais le principe de la liberté de conscience aux Provinces-Unies. Les Juifs travaillèrent assidûment pour la cause du peuple, et, de concert avec leurs frères en Hollande, qui jouissaient déjà du droit de professer publiquement leur foi, contribuèrent matériellement au succès qui couronna leurs efforts. Ils furent des partisans zélés de la Maison d'Orange, et en retour en furent protégés. Mais dans cette partie des Pays-Bas qui resta sous la domination de l'Autriche, les Juifs, en contraste avec leurs frères aux Pays-Bas hollandais, furent soumis à toutes les anciennes restrictions et à des ordonnances odieuses et discriminatoires. Dans le traité de paix (conclu en avril 1609) entre Albert d'Autriche et les États Généraux, il fut stipulé que les sujets de l'un ou de l'autre, excepté les Juifs, seraient libres de passer entre les deux pays. L'intolérance de l'archiduc n'affecta que ceux qui professaient publiquement leur foi, comme les Juifs d'Amsterdam. En 1670, quand le Comte Monterey succéda au Duc de Feria, les Juifs d'Amsterdam pétitionnèrent pour être admis aux Pays-Bas. Le comte était d'abord disposé à accorder la requête ; mais l'intervention cléricale en empêcha l'adoption.

Il y a peu de faits à rapporter concernant les Juifs pendant le dix-huitième siècle. Ils furent encore soumis à des impôts spéciaux et à des ordonnances harcelantes ; mais, pour la plupart, cela ne les empêcha pas de croître en nombre et en prospérité. Beaucoup de familles de position et de standing vinrent d'Allemagne et de Hollande et s'établirent dans les principales villes de Belgique. Parmi elles se trouvaient les Landaus, les Fürths, les Lipmans, les Hirshes, et les Simons, et à cette dernière famille appartient le chevalier Jean Henri Simon, un artiste distingué qui eut une carrière aventureuse à la Révolution française. Sous l'influence de la Révolution, beaucoup d'écrivains belges et de publicistes prirent en main la cause des Juifs. Le plus distingué d'entre eux était le Prince de Ligne, qui publia un mémoire les défendant contre les attaques de Voltaire, et exaltant leurs vertus et leur caractère. Il prédisait pour eux une grande destinée s'ils étaient admis à la plénitude des droits civils et politiques. Cette publication fit une profonde impression ; et les Juifs furent bientôt placés sur un pied d'égalité avec leurs concitoyens. En 1815, ils obtinrent leur pleine liberté. Dès lors, leur avancement politique et social et leur développement religieux procédèrent selon des lignes similaires à celles de leurs coreligionnaires en Europe occidentale. Pour l'histoire et la condition des communautés individuelles dans les diverses villes de Belgique, [voir Anvers](/articles/1626-antwerp), [Bruxelles](/articles/3776-brussels), [Gand](/articles/6652-ghent).

Les Juifs de Belgique sont au nombre d'environ 12 000, et par décret impérial daté du 17 mars 1808, ont été divisés en circonscriptions consistoriales de neuf départements, chacune comprenant un district synagogal. Le siège du Consistoire central est à Bruxelles ; et des communautés officielles existent à Anvers, Arlon, Gand, Liège, et Namur.

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