XIXᵉ siècle
Émeutes de l'affaire Dreyfus
1898·Alger, Oran, Constantine ; villes de France
Le bilan est reproduit tel que la source l’écrit — jamais arrondi, jamais additionné à un autre. Les bilans se recouvrent d’un événement à l’autre.
La publication de *J'accuse* porta l'affaire Dreyfus dans la rue. En France, des émeutes se produisirent dans une soixantaine de villes — Nantes, Rennes, Bordeaux, Marseille, Lyon, Nancy, Saint-Malo — avec bris de vitrines, saccages de magasins et manifestations devant les synagogues.
En Algérie, la violence fut d'un autre ordre. À Alger, le quartier juif fut attaqué plusieurs jours durant en janvier ; boutiques pillées, synagogue profanée, morts des deux côtés. Oran, Constantine, Sétif, Mostaganem, Sidi Bel Abbès suivirent.
La raison en est locale : le décret Crémieux avait donné la citoyenneté française aux Juifs d'Algérie une génération plus tôt, et les colons européens d'origine espagnole, italienne et maltaise, naturalisés plus tard, y voyaient un privilège. L'antijuivisme devint là-bas une politique électorale à part entière : Max Régis fut élu maire d'Alger sur ce programme, et le département envoya des députés antisémites au Palais-Bourbon.
- Période :
- XIXᵉ siècle
- Nature :
- Pogrom
- Région :
- Égypte et Maghreb
- Pays :
- Algérie et France
Pierre Birnbaum, *Le Moment antisémite* ; Geneviève Dermenjian, *La Crise anti-juive oranaise*.