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Zakhor
5 septembre 1972 – 2021 · Munich, Fürstenfeldbruck

Quarante-neuf ans de silence

Onze athlètes tués pendant des Jeux. Les familles demandent une minute de silence à chaque cérémonie d’ouverture ; on la leur refuse jusqu’en 2021.

מבוססMunichJeux olympiquesOtagesCommémoration

Les Jeux de Munich de 1972 devaient montrer une Allemagne nouvelle : sécurité discrète, ambiance légère, on les appelait les Jeux de la sérénité.

Le 5 septembre, huit membres du groupe Septembre noir entrent dans le village olympique et prennent en otage l’équipe israélienne.

Deux athlètes sont tués sur place dès l’irruption. Neuf sont retenus.

Fürstenfeldbruck

Après des négociations, les preneurs d’otages et leurs prisonniers sont transportés en hélicoptère jusqu’à l’aérodrome militaire de Fürstenfeldbruck, où une opération de police est montée.

Elle échoue complètement : cinq tireurs postés sans radio, un équipage qui abandonne l’avion piégé, aucune coordination.

Les neuf otages sont tués pendant la fusillade, avec un policier allemand. Onze morts israéliens en tout.

Les Jeux continuent

Les épreuves avaient été suspendues pendant vingt-quatre heures. Elles reprennent.

La formule prêtée à Avery Brundage, président du CIO — « The Games must go on » — a été reprochée pendant cinquante ans.

Elle se défend et elle choque, et les deux réactions sont légitimes. Ce qui suit, en revanche, se défend moins bien.

La minute refusée

Les familles des victimes ont demandé, cérémonie d’ouverture après cérémonie d’ouverture, une minute de silence dans le stade.

Le CIO a refusé pendant des décennies. Le motif donné par son président Jacques Rogge en 2012, pour les Jeux de Londres — quarante ans après —, était que ce serait « inapproprié » dans une cérémonie d’ouverture.

Des commémorations séparées ont été proposées, hors stade, hors caméras. Les familles les ont refusées : ce qu’elles demandaient était précisément d’être nommées DEVANT tout le monde.

Tokyo, 2021

À la cérémonie d’ouverture des Jeux de Tokyo, le 23 juillet 2021, un hommage est enfin rendu dans le stade aux athlètes israéliens tués à Munich, avec une minute de silence.

Quarante-neuf ans après.

Ce récit ne porte pas sur l’attentat, qui est raconté partout. Il porte sur ce qui a mis un demi-siècle : le droit de dire onze noms dans un stade.