Judges for Our Time: Contemporary Lessons from the Book of Shoftim
רישום היסטוריה · נאמן, לא בעלים
פורסם ב־30 באוגוסט 2026
Livre de Steven Pruzansky. (2009)
Introduction
En 2009 paraît Judges for Our Time: Contemporary Lessons from the Book of Shoftim, un ouvrage signé par le rabbin Steven Pruzansky, figure de l'orthodoxie moderne américaine et longtemps rabbin de la congrégation Bnai Yeshurun de Teaneck, dans le New Jersey. Le titre annonce d'emblée le projet : lire le livre biblique des Juges — Shoftim en hébreu — non comme une archive close d'un passé révolu, mais comme un miroir tendu aux dilemmes du présent juif et israélien.
L'ouvrage est publié par Gefen Publishing House, maison d'édition israélienne spécialisée en judaïca, dont le catalogue réunit des ouvrages d'histoire, de pensée religieuse et de commentaire biblique destinés à un lectorat anglophone international [« Le rabbin Steven Pruzansky, de la robe d'avocat new-yorkais à l'étude du livre des Juges »]. Il appartient à un genre bien identifié de la littérature rabbinique contemporaine : le commentaire homilétique qui suit le fil du texte scripturaire tout en dialoguant avec l'actualité, l'éthique publique et la condition d'un peuple redevenu souverain sur sa terre.
Ce Grand Livre ne prétend pas se substituer à l'ouvrage lui-même. Il en restitue le contexte, la matière biblique dont il procède, le parcours singulier de son auteur — avocat devenu rabbin —, la tradition d'exégèse qui le porte, et la place qu'il occupe dans le paysage du judaïsme américain du début du XXIe siècle. Le livre s'ouvre sur ce qui est le plus solidement attesté : le corpus biblique dont il tire son titre et sa substance, avant d'examiner le parcours d'un auteur dont la biographie éclaire de façon décisive la lecture qu'il propose du livre des Juges.
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Chapitre 1 : Le livre de Shoftim, une matière turbulente
Le livre des Juges occupe, dans le canon hébraïque, une position charnière entre la conquête de la terre relatée dans Josué et l'instauration de la royauté dans les livres de Samuel. Il couvre une époque que la tradition situe entre l'installation des tribus d'Israël et l'onction de Saül, et qu'elle peuple de figures singulières appelées shoftim — un terme qui désigne moins des magistrats au sens juridique que des chefs charismatiques suscités pour délivrer le peuple de ses oppresseurs. La structure du livre obéit à un rythme cyclique célèbre : le peuple s'égare, il est soumis à un ennemi, il crie vers Dieu, un libérateur se lève, la paix revient, puis le cycle recommence.
Ce sont précisément cette turbulence et cette ambiguïté morale qui font des Juges une matière si propice à la lecture contemporaine. À la différence des récits patriarcaux ou de la geste mosaïque, Shoftim met en scène des personnages profondément imparfaits — un Gédéon hésitant, un Jephté rattrapé par un vœu funeste, un Samson dévoré par ses passions — et une société sans autorité centrale, dont le livre dit qu'à cette époque « chacun faisait ce qui lui semblait droit à ses yeux ». Cette phrase, qui clôt le livre, résume le désordre d'un peuple sans roi, et elle offre à tout commentateur soucieux du présent un point d'appui immédiat : celui d'une communauté cherchant sa boussole collective.
La description que proposent les éditeurs de l'ouvrage est, à cet égard, révélatrice : dans ses récits de victoires et de défaites, de conquêtes et de libérations, de corruptions spirituelles et de luttes pour maintenir un État juif face à des ennemis implacables, le livre de Shoftim « se lit comme les manchettes d'aujourd'hui » [« Le rabbin Steven Pruzansky, de la robe d'avocat new-yorkais à l'étude du livre des Juges »]. C'est dans cet interstice — l'absence d'ordre institué, la fragilité du lien national, la tension entre initiative individuelle et responsabilité commune — que l'ouvrage de Pruzansky vient loger ses leçons pour notre temps.
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Chapitre 2 : De la robe d'avocat à la chaire rabbinique — l'itinéraire de Steven Pruzansky
La biographie de Steven Pruzansky est, en elle-même, une leçon sur la vocation : elle montre qu'un homme peut traverser plusieurs carrières sans jamais rompre avec un même fil directeur, celui de la parole et du jugement. Né le 28 avril 1958 dans le Bronx, à New York, il suit d'abord une formation universitaire à Columbia University, d'où il sort diplômé en histoire en 1978 [« Le rabbin Steven Pruzansky, de la robe d'avocat new-yorkais à l'étude du livre des Juges »]. Cette formation d'historien n'est pas anecdotique : elle lui donne l'habitude du raisonnement par sources et par contexte, une sensibilité aux ruptures et aux continuités, une méthode qui imprègnera ensuite son travail de commentateur biblique.
Il obtient ensuite un Juris Doctor à la Benjamin N. Cardozo School of Law, école de droit de la Yeshiva University, en 1981 [« Le rabbin Steven Pruzansky, de la robe d'avocat new-yorkais à l'étude du livre des Juges »]. Ce double ancrage — la discipline historique de Columbia, l'environnement judéo-académique de Cardozo — dessine une personnalité intellectuelle qui n'oppose pas la rigueur laïque et l'engagement religieux. Treize années durant, il exerce comme avocat plaidant à New York, expérience qui l'aguerrit à l'art de l'argumentation publique, à la pesée des preuves et à la défense convaincante d'une thèse [« Le rabbin Steven Pruzansky, de la robe d'avocat new-yorkais à l'étude du livre des Juges »].
C'est ensuite qu'il embrasse le rabbinat. Il dirige d'abord, pendant neuf ans, la congrégation Etz Chaim de Kew Gardens Hills, dans le Queens, avant de prendre en 1994 la direction de Bnai Yeshurun à Teaneck — l'une des communautés orthodoxes les plus nombreuses et les plus actives de la banlieue new-yorkaise, forte de près de six cents familles. Il y exercera vingt-six ans. Lorsqu'il publie Judges for Our Time en 2009, il est au cœur de ce mandat, dans la pleine maturité d'un rabbinisme nourri de jurisprudence, d'histoire et de prédication. On mesure combien ce parcours singulier — le plaideur devenu commentateur de juges bibliques — confère à l'ouvrage une cohérence que le seul titre ne laissait pas entièrement soupçonner.
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Chapitre 3 : Gefen Publishing House et l'édition des savoirs juifs en anglais
Le choix de l'éditeur n'est jamais neutre. En confiant son manuscrit à Gefen Publishing House, maison d'édition israélienne spécialisée en judaïca, Steven Pruzansky inscrit son ouvrage dans un projet éditorial précis : produire, en langue anglaise, une littérature juive de référence destinée à un lectorat qui navigue entre Israël et la diaspora anglophones [« Le rabbin Steven Pruzansky, de la robe d'avocat new-yorkais à l'étude du livre des Juges »]. Gefen, dont le siège est à Jérusalem, a bâti son catalogue autour d'ouvrages d'histoire, de pensée juive, de mémoire de la Shoah et de commentaire scripturaire, à une époque où le marché anglophone du livre juif connaît une croissance sensible.
Ce positionnement éditorial n'est pas étranger à l'accueil que reçoit l'ouvrage. Deux rabbins de premier plan apportent leur caution : le rabbin Berel Wein, historien réputé et rav du Bet Knesset Hanasi à Jérusalem, et le rabbin Sholom Gold, figure influente du monde orthodoxe de Jérusalem [« Le rabbin Steven Pruzansky, de la robe d'avocat new-yorkais à l'étude du livre des Juges »]. Le premier souligne que les écrits des prophètes ne sont pas de simples livres d'histoire destinés à instruire sur le passé, mais des voix prophétiques portant des enseignements divins pour l'avenir, et salue l'analyse de Pruzansky comme une application de ces enseignements à notre époque. Le second insiste sur la façon dont le message pour notre temps « coule si naturellement de la plume de l'auteur » — formule qui dit bien le projet d'un ouvrage où le commentaire ne se veut jamais aride, mais immédiatement lisible.
La circulation de tels textes s'appuie, depuis l'aube de la modernité, sur la vitalité de l'imprimé hébraïque et juif, dont les historiens du livre ont montré combien il a façonné la transmission des idées religieuses [Hacker, 2011]. En portant Judges for Our Time dans le catalogue de Gefen, l'ouvrage acquiert une visibilité internationale — sur les rayons des librairies judaïques d'Amérique du Nord comme dans les bibliothèques des yeshivot israéliennes — qui correspond précisément au public que Pruzansky entend atteindre.
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Chapitre 4 : Un genre — le commentaire homilétique appliqué
L'ouvrage relève d'un genre dont l'histoire est ancienne et l'usage toujours vivant : le commentaire suivi d'un livre biblique, articulé chapitre après chapitre, où chaque épisode devient prétexte à une méditation morale et parfois politique. Cette forme s'enracine dans la tradition du midrash et du sermon synagogal, où le prédicateur relie la portion hebdomadaire de la lecture aux préoccupations de son auditoire. Ce qui distingue Judges for Our Time, c'est le choix délibéré d'un livre biblique réputé difficile, voire dérangeant. Là où beaucoup de prédicateurs se tournent vers les récits édifiants de la Genèse ou vers la sagesse des Proverbes, Pruzansky affronte les zones d'ombre : la violence tribale, la guerre civile de Guibéa, les vœux imprudents, les compromissions du pouvoir.
Le commentaire homilétique appliqué devient ainsi un exercice de discernement : il ne s'agit pas d'imiter les juges, mais d'apprendre d'eux, y compris de leurs fautes. La description que l'éditeur donne de l'ouvrage détaille les thèmes que la lecture parallèle du passé et du présent soulève — ennemis extérieurs, terreur incessante, guerre asymétrique, rôle de la femme dans la vie publique, mariages mixtes, convertis, religion et État, pluralisme, diplomatie — autant de dossiers qui peuplent les débats contemporains tout autant qu'ils structuraient la vie de la confédération tribale [« Le rabbin Steven Pruzansky, de la robe d'avocat new-yorkais à l'étude du livre des Juges »].
Le parti pris de l'auteur révèle la conviction qui traverse l'ouvrage : que les leçons les plus utiles au présent ne se tirent pas des modèles parfaits, mais des échecs, des ambiguïtés et des redressements. Son expérience d'avocat plaidant — habitué à peser des témoignages contradictoires et à défendre une thèse face à un contradicteur — affleure dans cette manière de traiter le texte biblique non comme une icône sacrée au-delà du débat, mais comme un dossier ouvert, d'où l'on tire des conclusions motivées. Le judaïsme américain de ces années connaît, comme l'a montré Dana Evan Kaplan, une phase de transformation et de renouvellement où les frontières entre courants se redessinent et où l'orthodoxie moderne affirme une voix intellectuelle propre [Kaplan, 2009]. C'est dans ce climat d'effervescence que l'ouvrage trouve son public et sa raison d'être.
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Chapitre 5 : Souveraineté, autorité et désordre — la résonance israélienne
L'un des ressorts les plus manifestes de l'ouvrage tient à la manière dont le désordre décrit par le livre des Juges fait écho aux débats de l'Israël contemporain. Le peuple des Juges est un peuple qui vient d'accéder à sa terre mais peine à construire des institutions stables ; il oscille entre l'anarchie des ferveurs particulières et l'aspiration à une autorité unificatrice. Cette tension entre religion, État et société civile constitue précisément l'un des grands foyers de conflit de l'Israël moderne, où la place du religieux dans l'espace public demeure un objet de contestation permanente [Ben-Porat, 2012].
La description publiée par Gefen est explicite sur ce point : l'ouvrage entend montrer comment les Juifs des temps anciens, guidés par la sagesse divine de la Torah, ont surmonté les divisions, les dissensions et même la guerre civile, et comment l'État moderne d'Israël constitue un pont comparable entre l'exil et la restauration d'un État juif fidèle à la Torah [« Le rabbin Steven Pruzansky, de la robe d'avocat new-yorkais à l'étude du livre des Juges »]. Le cadre interprétatif est ici clair : la création de l'État d'Israël n'est pas simplement un événement politique, mais un moment situé dans la longue durée de l'histoire sacrée, analogue à la période des Juges dans son caractère transitoire et fondateur.
Lire Shoftim « pour notre temps », c'est reconnaître dans l'ancien miroir la figure d'un peuple à nouveau souverain, confronté aux mêmes vertiges : le risque de la fragmentation, la nécessité d'une autorité juste, la tentation du chef providentiel. L'intersection est ici féconde parce que le texte biblique et l'expérience contemporaine se répondent sans se confondre ; l'ouvrage ne plaque pas l'actualité sur l'Écriture, il fait dialoguer deux moments d'un même questionnement sur le vivre-ensemble d'une nation. L'histoire de l'État d'Israël offre au commentateur un terrain de comparaison inépuisable [Sachar, 1976] : la question de savoir qui gouverne, au nom de quoi et selon quelle légitimité, se pose avec une acuité que l'époque des Juges rend étrangement familière.
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Chapitre 6 : La pensée religieuse moderne et l'usage de l'histoire
Tirer des « leçons contemporaines » d'un texte antique suppose une certaine philosophie de l'histoire et de la mémoire. Le judaïsme moderne a développé, depuis la fin du XIXe siècle, plusieurs manières de concilier la fidélité à la tradition avec la conscience historique. La figure du rav Kook, penseur mystique de la renaissance nationale, illustre combien la modernité juive a cherché à relire les sources anciennes à la lumière des bouleversements du présent [Mirsky, 2014]. L'ouvrage de Pruzansky se situe, plus modestement, dans cette même économie intellectuelle : le passé n'est pas un musée mais une réserve d'enseignements actifs.
Cette conviction que l'histoire enseigne rejoint une longue réflexion sur la façon dont les Juifs américains ont mobilisé leur passé pour construire une identité au présent — la mémoire comme ressource pédagogique et morale, ainsi que l'ont exploré les travaux sur les « leçons de l'histoire » dans la culture juive américaine [Wenger, 2010]. Lire les Juges « pour notre temps », c'est refuser la clôture érudite du texte pour en faire un instrument d'éducation civique et spirituelle.
La formation d'historien que Pruzansky a reçue à Columbia, avant le droit et le rabbinat, n'est pas sans rapport avec ce pari. Un historien sait que les époques dialoguent sans se répéter, que les analogies éclairent sans jamais identifier deux moments distincts ; c'est précisément ce regard qui permet à l'ouvrage d'éviter le concordisme naïf — plaquer mécaniquement un événement d'actualité sur un épisode biblique — pour pratiquer un comparatisme critique, où la différence est aussi instructive que la ressemblance. Le pari de l'auteur est que les catégories morales du livre biblique — courage, loyauté, justice, responsabilité du chef — n'ont pas vieilli, et qu'elles offrent aux lecteurs contemporains une grammaire pour penser leurs propres engagements.
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Chapitre 7 : Le nom Shoftim et la charge du juge
Il n'est pas indifférent que l'ouvrage conserve, jusque dans son sous-titre, le mot hébreu Shoftim. Le terme dérive de la racine shafat, qui recouvre un champ sémantique plus vaste que notre « juger » : il désigne à la fois l'acte de trancher un différend, celui de gouverner et celui de délivrer. Le shofet biblique n'est donc pas seulement un magistrat ; il est un sauveur suscité en temps de crise, investi d'une autorité qui n'est ni héréditaire ni institutionnelle mais charismatique. Cette polysémie porte, dans la tradition, une méditation sur la nature même du pouvoir légitime : gouverner, c'est rendre la justice, et rendre la justice, c'est aussi libérer.
En choisissant de placer ce mot au cœur de son titre, l'auteur signale que son propos dépasse la simple exégèse narrative : il interroge la vocation du chef et la responsabilité de ceux qui exercent l'autorité. La tradition juive a longtemps réfléchi à cette charge redoutable, jusque dans ses institutions communautaires diasporiques, où la fonction de juge et d'arbitre structurait la vie collective. Et Pruzansky lui-même, ancien avocat plaidant rompu aux arcanes du droit américain, est singulièrement bien placé pour mesurer l'écart entre la lettre d'une loi et son esprit, entre la décision formellement juste et le geste qui délivre réellement. Ce n'est pas un hasard si un ancien juriste choisit d'écrire sur les juges — ceux du Tanakh comme ceux de ses cours new-yorkaises — et se demande ce qu'ils ont encore à dire.
Ce chapitre onomastique, placé après l'examen des faits et du parcours de l'auteur, éclaire rétrospectivement l'ensemble de l'ouvrage : le titre lui-même est déjà une thèse — que juger, gouverner et sauver relèvent, dans la vision biblique, d'un seul et même geste, et que ce geste engage encore ceux qui prétendent conduire une communauté.
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Les grandes figures
Steven Pruzansky (né le 28 avril 1958, Bronx, New York) — Rabbin de l'orthodoxie moderne américaine, il est diplômé en histoire de Columbia University (1978) et titulaire d'un Juris Doctor de la Benjamin N. Cardozo School of Law (1981). Après treize ans comme avocat plaidant à New York, il embrasse le rabbinat, dirige la congrégation Etz Chaim de Kew Gardens Hills puis, de 1994 à 2020, la congrégation Bnai Yeshurun de Teaneck (New Jersey). En 2020, il fait son aliya et s'installe à Modiin, en Israël, portant le titre de rabbin émérite. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont Judges for Our Time (Gefen Publishing House, 2009), et exerce les fonctions de vice-président pour la région Israël de la Coalition for Jewish Values.
Berel Wein (1934–2023) — Historien, conférencier et rabbin américano-israélien, fondateur du Destiny Foundation et rav du Bet Knesset Hanasi à Jérusalem, il est l'une des voix les plus écoutées de la vulgarisation de l'histoire juive en anglais. Son soutien à Judges for Our Time — où il souligne que les écrits prophétiques portent des enseignements divins pour l'avenir — témoigne de l'accueil que l'ouvrage a reçu dans les cercles de l'orthodoxie savante. Son propre travail d'historien, nourri des mêmes convictions sur l'usage vivant du passé, fait de lui un lecteur naturellement attentif à la démarche de Pruzansky.
Sholom Gold (1929–2020) — Rabbin américano-israélien établi à Jérusalem, figure éminente du mouvement des Juifs américains en Israël et longtemps directeur yeshivat Har Tzion, il a été l'une des grandes voix de l'orthodoxie sioniste-religieuse anglophone dans la capitale israélienne. Son endossement de Judges for Our Time — insistant sur la façon dont le message pour notre temps coule naturellement de la plume de l'auteur — confirme la résonance que l'ouvrage a trouvée auprès de ceux pour qui la restauration de la souveraineté juive en Israël est une catégorie à la fois politique et théologique.
Déborah (époque des Juges, dates inconnues) — Prophétesse et unique femme shofet dans le livre des Juges, elle conduit avec Barak la victoire sur Sisera, général de l'armée de Yabîn roi de Hazor, et donne son nom au cantique de Déborah, l'un des plus anciens poèmes de la Bible hébraïque. Figure d'autorité charismatique exercée hors des normes instituées, elle illustre au plus haut point la polysémie du mot shofet : elle juge, gouverne et délivre tout à la fois.
Gédéon (époque des Juges, dates inconnues) — Appelé à libérer Israël des Madianites alors qu'il bat le blé en secret pour le dissimuler à l'ennemi, il incarne l'hésitation du chef réticent — il multiplie les signes demandés à Dieu avant d'agir — puis devient l'instrument d'une victoire retentissante avec une poignée d'hommes. Sa descendance sombrera pourtant dans la démesure tyrannique d'Abimélek, rappelant que le charisme du père ne se transmet pas de droit.
Jephté (époque des Juges, dates inconnues) — Juge de Galaad, fils d'une concubine chassé par ses demi-frères puis rappelé au moment du danger, il remporte une victoire militaire sur les Ammonites avant d'être rattrapé par un vœu imprudent qui coûte la vie à sa fille unique. Son histoire, peut-être le cas moral le plus lourd de Shoftim, est dans l'ouvrage un terrain d'élection pour la réflexion sur la responsabilité de la parole et les limites de l'engagement individuel face à la Loi.
Samson (époque des Juges, dates inconnues) — Naziréen doté d'une force prodigieuse, consacré avant sa naissance, sa vie tumultueuse mêle héroïsme solitaire et faiblesses répétées face aux femmes philistines, jusqu'à la trahison de Dalila qui révèle le secret de sa force. Sa mort au milieu des Philistins de Gaza, qu'il entraîne dans sa chute, clôt une trajectoire où le don divin et la fragilité humaine sont inséparables, et qui offre à tout commentateur une méditation sur l'usage que l'on fait des capacités reçues.
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Conclusion
Judges for Our Time: Contemporary Lessons from the Book of Shoftim est, avant tout, le fruit d'une conviction : que l'un des livres les plus rudes et les plus déconcertants de la Bible hébraïque a quelque chose d'urgent à dire au présent. Steven Pruzansky y prolonge, en langue anglaise et pour le judaïsme américain du début du XXIe siècle, la tradition immémoriale du commentaire qui fait parler l'Écriture aux vivants. Mais l'ouvrage est aussi le produit d'un itinéraire personnel singulier : celui d'un homme formé à l'histoire et au droit avant d'embrasser le rabbinat, qui apporte à la lecture du livre des Juges la rigueur argumentative de l'avocat et la sensibilité aux ruptures et continuités de l'historien.
Son choix de Shoftim n'est pas anodin : c'est le livre d'un peuple qui vient d'accéder à sa terre mais peine à construire des institutions stables, tenté par le désordre et l'anarchie des ferveurs particulières, qui offre au lecteur contemporain — israélien ou diasporique — un miroir sans complaisance. La caution apportée par des rabbins de la stature de Berel Wein et Sholom Gold, et la publication sous l'enseigne de Gefen Publishing House, inscrivent l'ouvrage dans un réseau d'autorités intellectuelles et d'un lectorat anglophone partagé entre deux rives — celle de Teaneck et celle de Jérusalem.
Ces juges anciens demeurent, pour notre temps, des interlocuteurs : parce que la question de l'autorité légitime, de la responsabilité du chef et de la cohésion d'une communauté sans boussole ne s'est pas résolue entre l'époque de Gédéon et la nôtre. Et parce qu'un ancien avocat new-yorkais devenu rabbin à Teaneck, puis citoyen de Modiin, a jugé que ces questions méritaient d'être posées à nouveau, dans la langue de ses contemporains.
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מקורות ומשאבים
- Howard M. Sachar, A History of Israel: From the Rise of Zionism to Our Time (1976)
- Dana Evan Kaplan, Contemporary American Judaism: Transformation and Renewal (2009)
- Yehudah Mirsky, Rav Kook: Mystic in a Time of Revolution (2014)
- Guy Ben-Porat, Between State and Synagogue: The Secularization of Contemporary Israel (2012)
- Joseph Hacker, The Hebrew Book in Early Modern Italy (2011)
- Beth S. Wenger, History Lessons (2010)
- gefenpublishing.com ↗
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