TOMBEAU D'ÉZÉCHIEL
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Le lieu traditionnel de sépulture du prophète Ézéchiel, autour duquel se sont rassemblées de nombreuses légendes et contes, se trouve à Kéfil près de Birs Nimrud ; depuis des siècles, c'est un lieu de pèlerinage favori aussi bien pour les Mahométans que pour les Juifs. Le mausolée, datant probablement de l'époque des califes, était considéré déjà au douzième siècle comme l'œuvre du roi Jehoiachin, qui aurait l'érigé quand il fut libéré de prison par Evilmerodach. Le Sefer Torah trouvé là aurait été écrit par le prophète lui-même ; et on dit qu'il avait allumé la lampe qui brûlait sur son tombeau et ne s'était jamais éteinte, car l'huile en était constamment renouvelée. Au douzième siècle, le mausolée contenait une grande bibliothèque hébraïque, et on disait que beaucoup de ces livres dataient de l'époque du Premier Temple (Benjamin de Tudèle, « Itinerary », éd. Asher, i. 67 ; comp. aussi dans Schechter, « Saadyana », la lettre de Sherira, p. 123, l. 45). Le fait d'apporter des présents au lieu sacré était réputé efficace pour la naissance d'une nombreuse progéniture et pour la fertilité des animaux. Les objets qu'on y plaçait ne pouvaient être volés, car toute tentative en ce sens était immédiatement suivie de maladie. C'est pourquoi les gens envisageant de longs voyages apportaient leurs trésors au mausolée, certains d'avoir un dépôt sûr. De plus, en cas de mort, seuls les héritiers légaux pouvaient enlever les biens. Les pèlerinages vers ce lieu avaient lieu en automne, et des milliers de Juifs y célébraient la Fête des Tabernacles. À ces occasions, la petite porte du mur qui entourait le tombeau du prophète s'élargissait miraculeusement, de sorte que les chameaux avec leurs fardeaux pouvaient la franchir (Pethahiah de Regensburg, éd. Jérusalem, 1872, pp. 4b, 5b, 6b ; comp. aussi Benjamin de Tudèle, _l.c._ ii. 141-143). Le tombeau du prophète fut le sujet de deux beaux poèmes d'Al-Ḥarizi (« Taḥkemoni », éd. Kaminka, xxxv. 293-296, l. 392-393).