STUHLWEISSENBURG (hongrois, Szekesfejervar ; latin, Alba Regia)
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Seizième et Dix-septième Siècles.
Ville de couronnement des rois de Hongrie depuis l'époque de Saint-Étienne jusqu'en 1527. Dès le quatorzième siècle, elle renfermait la communauté juive la plus influente de Hongrie ; et du fait que la cour royale visitait fréquemment la ville, les chefs de la communauté de Stuhlweissenburg avaient souvent l'occasion de servir de porte-parole pour les intérêts juifs dans tout le pays. Le seul nom juif connu de cette époque, toutefois, est celui d'un certain Solomon qui parut comme avocat des intérêts des Juifs de Hongrie devant le roi Sigismund. La communauté juive continua d'exister aux seizième et dix-septième siècles, pendant la domination turque ; mais après l'expulsion des Turcs (1686) les Juifs durent aussi quitter la ville ; et ce n'est que sous l'empereur Joseph II qu'une famille juive—celle de l'aubergiste Ḥayyim Stern—eut à nouveau la permission d'y habiter.
Dix-neuvième Siècle.
L'article xxix. de la constitution de 1839-40 permit aux Juifs de s'établir dans les villes libres royales ; et après ce moment, dès 1842, une petite congrégation y existait, dont le premier président était Solomon Hahn et dont le premier rabbin était Daniel Pillitz. Ce dernier en 1843 accepta un appel à Szegedin, Mayer Zipser étant choisi son successeur à Stuhlweissenburg dans la même année. Zipser fut le véritable organisateur de la communauté ; mais par ses tentatives de Réforme rituelle, qui, bien qu'aucunement contraires à la loi juive, s'opposaient pourtant à des coutumes profondément enracinées, il provoqua une rupture de la communauté. Son adversaire le plus acharné, qui mena le parti Conservateur dans la lutte, était Gottlieb Fischer, un élève de Moses Sofer. Quand Fischer fut élu président en 1851, il y avait tant d'agitation et de friction dans la congrégation que les autorités séculières durent être fréquemment sollicitées ; et en 1858 Zipser décida d'accepter un appel à Rohoncz (Rechnitz). Les Conservateurs réussirent alors à persuader Joseph Guggenheimer d'Aussec, gendre de Samson Raphael Hirsch, d'accepter le rabbinat de Stuhlweissenburg. Il entra en fonction en mars 1859, mais les changements réactionnaires qu'il introduisit n'eurent pas de succès, et il démissionna volontairement en mars 1861. Le désaccord, cependant, avait atteint de telles proportions que la magistrature hongroise intervint finalement ; et elle décréta que la communauté devrait être divisée en deux parties sous une présidence commune. Dès lors les deux factions, épuisées par la lutte et financièrement ruinées, semblaient chercher un rapprochement ; mais cela fut empêché par l'action de Samson Raphael [Hirsch](/articles/7723-hirsch-albert).
La congrégation mère progressiste choisit alors le énergique S. L. Wertheim comme président (2 juin 1867) ; antérieurement (22 avril 1867) elle avait appelé Alexander [Kohut](/articles/9435-kohut-adolph) comme rabbin ; mais leurs tentatives de regagner les dissidents par la seule force de l'abnégation de soi s'avérèrent vaines. Kohut fit de Stuhlweissenburg la première ville de Hongrie dans laquelle une congrégation Orthodoxe séparée fut approuvée par un décret ministériel (4 déc. 1871). Depuis ce moment, les deux congrégations ont travaillé tranquillement côte à côte. Kohut se retira en sept. 1874 à Pecs (Fünfkirchen), et la congrégation de Stuhlweissenburg resta sans rabbin jusqu'en mars 1889, quand le titulaire actuel (1905), Dr. Jacob Steinherz, fut élu. S. L. Wertheim, qui avait conduit les affaires de la congrégation pendant vingt-quatre ans, mourut le 2 sept. 1890, et fut remplacé à la présidence par Dr. Max Perl, qui occupe toujours le poste.