כפר סבא
כפר סבא
אזור: Israël
רישום הצטלבות · נאמן, לא בעלים
פורסם ב־13 באוגוסט 2026
עיר ישראלית
Introduction
Au cœur de la plaine côtière israélienne, dans la région du Sharon, s'étend une ville dont le nom porte une double mémoire : celle d'une antiquité juive attestée par les textes rabbiniques, et celle d'une renaissance pionnière au seuil du XXᵉ siècle. Kfar Saba est mentionnée dans le Talmud à plusieurs reprises et fut une cité importante à l'époque du Second Temple. Entre ces deux jalons — la bourgade évoquée par les sages et la municipalité moderne — s'étend un long silence documentaire que seuls comblent la toponymie et l'archéologie.
La singularité de Kfar Saba tient précisément à cette continuité du nom. La Kefar Sava moderne, première implantation juive du Sharon méridional, fut fondée en 1903 — six ans avant Tel-Aviv — à côté du village arabe de Kafr Sābā, qui avait conservé le toponyme antique. Ce livre se propose de suivre le fil de cette mémoire transmise et de l'archive établie, depuis les fortifications hasmonéennes jusqu'à la ville high-tech contemporaine. Le projet relève autant de l'histoire que de la mémoire : la première s'appuie sur le sol, les actes de vente et les chroniques municipales ; la seconde se nourrit du Talmud, de Josèphe et de la tradition orale du Sharon. La démarche consiste à les confronter honnêtement, en signalant à chaque étape la nature de la source.
La ville contemporaine, qui dépasse les 99 000 habitants selon les chiffres de 2024 et couvre 14 169 dounams, est aussi le siège de l'une des industries pharmaceutiques les plus puissantes au monde. Mais c'est bien à partir d'un toponyme millénaire, transmis d'abord en araméen dans le Talmud puis en arabe dans la bouche des fellahs du Sharon, que tout commence.
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Chapitre 1 : Josephe, Alexandre Jannée et la cité hasmonéenne
Josephe Flavius constitue la plus ancienne mention narrative explicite de la ville : dans les Antiquités juives (livre XIII, chapitre 15), il décrit une tranchée profonde dont la construction est attribuée au roi Alexandre Jannée. Kfar Saba est ainsi la première localité mentionnée par Josephe dans ce passage, ce qui souligne son importance dans le dispositif stratégique hasmonéen. Le roi Alexandre Jannée, qui régna de 104 à 76 avant l'ère commune, fit construire un réseau de fortifications s'étendant depuis la localité jusqu'à la côte méditerranéenne, afin de repousser une invasion venue du nord. Cette association de la localité à la monarchie hasmonéenne situe l'antique Kfar Saba dans le dispositif défensif du royaume juif des IIᵉ–Iᵉʳ siècles avant l'ère commune, lorsque la plaine du Sharon constituait un glacis stratégique entre la Judée et les puissances septentrionales.
La tradition rabbinique enrichit ce tableau militaire d'une dimension civique : Kfar Saba est mentionnée à plusieurs reprises dans le Talmud, en particulier dans le Talmud de Jérusalem (Yerushalmi, Demai 22, 3), qui enregistre la présence de Samaritains dans la localité à l'époque hellénistique. Le Talmud de Babylone l'évoque également dans un contexte de débat halakhique, ce qui implique l'existence d'une communauté juive suffisamment structurée pour générer une question de droit et pour figurer dans le réseau des centres d'enseignement de la plaine côtière, aux côtés de Lydda, de Jaffa et de Césarée.
La ville se situait, selon les sources bibliques et la tradition rabbinique, à la frontière entre les territoires attribués aux tribus d'Éphraïm et de Manassé, les fils de Joseph — une position de carrefour tribal qui explique peut-être la densité de son peuplement à l'époque du Second Temple. Cette position liminaire en faisait un lieu de contact entre populations, de superposition de mémoires religieuses et d'échanges commerciaux dans la plaine. La présence samaritaine attestée par le Talmud de Jérusalem s'inscrit dans cette logique : les Samaritains étaient précisément les gardiens du mont Garizim et de la mémoire de la tribu de Manassé.
Le site antique n'a toutefois pas coïncidé exactement avec la ville actuelle. L'ancienne Kfar Saba est associée au Tel Khirbet Sabieh, près du quartier de Ge'ulim. Les fouilles conduites sur ce tertre ont livré des indices d'occupation romaine, byzantine et arabe, attestant une longue continuité d'habitat à cet emplacement, et confirmant la présence d'une activité humaine dense aux époques qui correspondent aux mentions talmudiques. Cette dissociation entre le tertre archéologique et l'agglomération moderne, fréquente dans le paysage israélien, invite à la prudence : la continuité du nom n'implique pas la continuité du lieu exact d'habitat.
Entre la borne de Givat Eshkol et l'emplacement de l'ancien cinéma Hen, des meules destinées à la production d'huile d'olive ont été mises au jour — témoignage de la vocation agricole séculaire du lieu. La présence de lampes dites « samaritaines » à proximité confirme elle aussi la note du Talmud de Jérusalem sur la composition humaine de la cité antique. Nous sommes ici à l'intersection de la mémoire et de l'archive : le Talmud transmet le souvenir d'une cité, le tell en livre les indices matériels, et le nom assure la jonction entre les deux.
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Chapitre 2 : « Kafr Sābā » — Le village arabe gardien du nom
Durant les strates médiévales et ottomanes, la continuité de la présence humaine sur ce sol fut assurée par le village arabe de Kafr Sābā, dont le nom préservait avec une fidélité remarquable l'antique Kfar Saba. C'est cette persistance qui permit aux fondateurs modernes de revendiquer une filiation directe avec la cité talmudique : le nom « Kfar Saba », littéralement « le village du grand-père » ou « du vieillard » en hébreu, a traversé deux millénaires en se maintenant presque inchangé dans la bouche des habitants arabes du lieu.
Les archives ottomanes et les relevés cartographiques de la période mandataire documentent avec précision la géographie du village arabe. Kafr Sābā se dressait sur un terrain plat de la plaine côtière ; la route Jaffa–Tulkarem passait à 2,5 kilomètres à l'est, tandis que la ligne de chemin de fer Haïfa–Lydda courait à 1,5 kilomètre, formant la limite entre les terres de Kafr Saba et de Qalqilya. Une route secondaire reliait le village à Qalqilya, à 3 kilomètres au nord-ouest. Les recensements britanniques de 1931 et 1945 enregistrent les deux entités — arabe et juive — séparément, permettant de suivre l'évolution démographique respective des deux communautés qui se côtoyaient dans la plaine.
La vocation agricole du village arabe s'inscrivait dans la continuité multiséculaire de la région : culture de l'olivier, production d'huile, jardins irrigués dans la plaine côtière. Les meules d'huilerie retrouvées entre Givat Eshkol et l'emplacement de l'ancien cinéma Hen témoignent de cette continuité d'une économie agro-pastorale qui n'avait guère changé depuis l'Antiquité. La coprésence de deux localités portant essentiellement le même nom — l'une arabe, l'autre juive nouvelle — constitue l'un des traits les plus singuliers de l'histoire locale du Sharon méridional et l'une des rares situations où le transfert de toponymie entre une communauté et une autre s'est effectué de manière aussi directe et revendiquée.
Dans les strates arabisantes du Moyen Âge et de la période ottomane, une communauté s'était installée précisément là où les archéologues retrouveront plus tard, sous les ruines du village abandonné en 1948, les vestiges d'une agglomération plus ancienne. Ce chapitre, fondé sur des documents cartographiques, des recensements coloniaux et des archives foncières, relève sans ambiguïté de l'histoire établie — même si les modalités précises de transmission du nom à travers les siècles médiévaux demeurent non documentées dans le détail.
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Chapitre 3 : 1892–1912 — L'acquisition des terres et la fondation pionnière
La renaissance de Kfar Saba s'inscrit dans le grand mouvement de colonisation agricole juive qui transforma la plaine côtière à l'aube du XXᵉ siècle. Les terres furent acquises avant même que la colonie ne fût peuplée : achetées en 1892, elles ne furent vendues à des agriculteurs de Petah Tikva qu'en 1903, à raison de huit francs le dounam. L'idée initiale était que ces terres seraient destinées aux fils et filles des agriculteurs de Petah Tikva, afin de fonder une seconde génération d'établissements agricoles dans le Sharon méridional. La plupart finirent cependant par revendre une part de leurs parcelles à de nouveaux immigrants, si bien que le peuplement effectif résulta d'un mélange entre familles de Petah Tikva et nouvelles arrivées de la diaspora.
Les premiers colons qui s'installèrent effectivement dans la plaine plantèrent des vignes, des amandiers, des oliviers et des eucalyptus. Ce dernier arbre, introduit massivement dans la colonisation agricole juive, remplissait un double office : il drainait les terres marécageuses par son fort pouvoir d'évapotranspiration et fournissait un bois de construction rapide. La tradition locale de la congrégation HaMaayan rappelle que l'une des premières tâches fut précisément de planter des eucalyptus et des amandiers en face de la mairie, et que deux de ces eucalyptus, plantés par les premiers habitants, sont encore debout aujourd'hui — symboles vivants de la ville. Les autorités ottomanes, dont la méfiance envers les nouvelles implantations juives était notoire, dressèrent de nombreux obstacles administratifs sur le chemin des colons. Cela explique le décalage entre la fondation symbolique de 1903 et l'obtention des premiers permis de construire des maisons en pierre, qui n'intervint qu'en 1912.
La symbolique de la fondation fut cristallisée dans les emblèmes municipaux. Le sceau de la ville représente l'image du Khan — la première construction permanente collective de la colonie — encadré des eucalyptus plantés en 1906. Au sommet du sceau figure l'année de fondation : 1903 et l'année hébraïque correspondante, 5663 (תרס״ג). Le Khan local, achevé en 1906, fut accompagné du premier puits et des premiers eucalyptus plantés en formation. Cette construction donna à la colonie un centre matériel et symbolique autour duquel les autres bâtiments pourraient progressivement s'organiser. Le Khan abrite aujourd'hui la mairie de la ville — continuité d'usage qui confère à ce bâtiment une valeur à la fois fonctionnelle et mémorielle remarquable. La datation de ces gestes fondateurs est fixée par des registres administratifs ottomans et des archives municipales, ce qui place ce chapitre sans ambiguïté dans le registre de l'histoire établie.
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Chapitre 4 : La Grande Guerre et la destruction
La fragile colonie ne traversa pas indemne la Première Guerre mondiale. Au moment où le Sharon devint une zone de front entre les forces ottomanes en retraite et l'armée britannique du général Allenby avançant vers le nord, Kfar Saba paya un lourd tribut. La colonie fut détruite par l'armée ottomane durant la Première Guerre mondiale, événement attesté par les sources municipales et concordant avec le schéma général de destruction que subirent plusieurs colonies juives de la plaine côtière dans le cadre des réquisitions et exactions ottomanes de 1917–1918.
Les maisons de pierre, péniblement autorisées en 1912, et les plantations d'amandiers et d'oliviers furent emportées par la tourmente militaire. La position géographique de la colonie, sur la plaine côtière entre Tel-Aviv et la Méditerranée, en faisait un point exposé aux mouvements de troupes. Les Ottomans, en se retirant devant l'avancée britannique, eurent recours à une politique de la terre brûlée qui frappa indistinctement les populations arabes sédentaires et les colonies juives nouvellement établies.
La destruction constitua ainsi une seconde fondation à venir : il fallut, dans l'entre-deux-guerres, reconstruire presque entièrement ce qui avait été bâti durant une décennie d'efforts pionniers. Cette rupture brutale, qui effaçait dix années de travail, n'altéra pas la volonté de reconstruction. Elle illustre la vulnérabilité des premières implantations juives face aux aléas de la géopolitique impériale et explique pourquoi le véritable essor de Kfar Saba ne s'amorça qu'après 1918, sous le nouveau régime du Mandat britannique.
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Chapitre 5 : Entre les deux guerres — Reconstruction et coexistence sous le Mandat
L'instauration du Mandat britannique sur la Palestine, qui succéda à la conquête par les forces d'Allenby en 1918, ouvrit pour Kfar Saba une ère de reconstruction et de croissance. La ville renaissante voisinait désormais très précisément avec son homonyme arabe, Kafr Sābā, situation dont les sources cartographiques et les archives mandataires conservent la trace topographique précise. La colonie juive se développait au sud-ouest du village arabe, les deux entités progressivement rapprochées par l'expansion démographique respective.
Durant la période mandataire, Kfar Saba connut un essor notable, notamment grâce à l'amélioration des infrastructures. La ligne de chemin de fer Haïfa–Lydda, dont la gare la plus proche se trouvait à 1,5 kilomètre, facilita l'approvisionnement et la commercialisation des produits agricoles. La région du Sharon méridional s'inséra progressivement dans l'économie de marché qui se structurait autour de Tel-Aviv, la grande ville côtière en pleine expansion à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest. En décembre 1947, alors que la guerre civile entre communautés arabes et juives s'allumait dans l'ensemble de la Palestine mandataire, les responsables des deux côtés dans la région s'engagèrent à maintenir la paix entre les communautés locales. Cet accord de non-agression local ne résista cependant pas longtemps à la montée générale des tensions.
Cette coprésence de deux localités portant le même nom — l'une arabe, l'autre juive — constitue l'un des traits les plus singuliers de l'histoire locale du Sharon méridional. Les recensements britanniques de 1931 et 1945 enregistrent les deux entités séparément, permettant de suivre l'évolution démographique respective. Ce chapitre relève de l'intersection, parce qu'il met en présence deux mémoires concurrentes — celle de la colonie juive en plein essor et celle du village arabe portant le nom antique — que les archives de la période mandataire documentent l'une et l'autre, sans que la trame quotidienne des relations entre les deux communautés ait fait l'objet d'une documentation systématique.
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Chapitre 6 : 1948 et l'après-guerre — Une ville en pleine expansion
La guerre de 1948 et la création de l'État d'Israël transformèrent radicalement le paysage humain de la région. Les mois qui précédèrent la déclaration d'indépendance furent marqués par des attaques de milices arabes locales contre Kfar Saba, auxquelles s'était joint l'Armée de libération arabe, une formation de volontaires venus de plusieurs pays arabes voisins. En mai 1948, à la veille de la proclamation de l'État, Kfar Saba comptait environ 5 500 habitants. Le 13 mai 1948 — un jour avant la déclaration d'indépendance d'Israël — le village arabe de Kafr Saba fut vidé de ses habitants arabes par une milice juive. Ses terres et ses bâtiments furent progressivement absorbés par l'agglomération juive en expansion. L'emplacement de l'ancien village arabe correspond aujourd'hui principalement au quartier connu sous le nom de Shikun Kaplan.
Après la guerre, la ville connut une expansion démographique fulgurante. De nombreux immigrants juifs venus des pays arabes et musulmans s'y établirent, et de nouveaux programmes de logements furent construits pour les accueillir. Au début des années 1960, la population avait atteint environ 19 000 habitants — un quadruplement en une douzaine d'années. La ville se trouva alors dans une situation géographique particulièrement sensible : elle occupait le point le plus étroit du territoire israélien, à seulement 14 kilomètres de la mer à la ville de Qalqilya en Cisjordanie. Cette position stratégique, qui avait jadis justifié les fortifications d'Alexandre Jannée, conférait à la ville une nouvelle signification géopolitique dans le contexte des frontières de l'État juif naissant.
L'économie de la ville s'amorça sur un modèle mixte, conjuguant agriculture persistante et industrie naissante. Des zones industrielles furent progressivement établies, en particulier à l'est de la ville, accueillant des entreprises dans les secteurs de la pharmacie, de l'agroalimentaire, de la métallurgie et des matières plastiques. C'est dans ce contexte que s'installa à Kfar Saba l'une des branches de production de Teva Pharmaceutical Industries, dont l'usine locale obtint l'approbation de la FDA américaine en 1982, marquant l'intégration de la ville dans les circuits industriels mondiaux. Ce chapitre, fondé sur des données administratives, démographiques et économiques de référence, relève de l'histoire établie.
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Chapitre 7 : Kfar Saba aujourd'hui — Métropole du Sharon entre high-tech et mémoire
La ville contemporaine, qui dépasse 99 410 habitants selon le recensement de 2024 et couvre 14 169 dounams, est devenue l'une des villes moyennes les plus dynamiques du district Central d'Israël. Située à 15 kilomètres de Tel-Aviv et à distance comparable de la Méditerranée, Kfar Saba dispose d'un réseau de transport commode — notamment grâce aux lignes ferroviaires du réseau israélien — et jouit d'une économie solide, particulièrement dans les industries de haute technologie. TEVA Pharmaceutical Industries Ltd., l'une des plus grandes entreprises pharmaceutiques génériques au monde, y est implantée, faisant de la ville l'un des nœuds du corridor high-tech de la plaine côtière entre Tel-Aviv et Haïfa. L'industrie pharmaceutique y côtoie les secteurs de l'agroalimentaire, de la métallurgie et des technologies de l'information.
L'emblème municipal, qui figure le Khan originel encadré des deux eucalyptus de 1906 et porte l'inscription תרס״ג (5663 / 1903), inscrit la date fondatrice dans chaque acte officiel de la ville. Ce bâtiment fondateur, le Khan, sert aujourd'hui de mairie — continuité d'usage qui confère à ce lieu une valeur à la fois fonctionnelle et symbolique exceptionnelle. La ville a par ailleurs tissé des liens de jumelage international, notamment avec Wiesbaden en Allemagne, signe d'une intégration dans les réseaux de coopération municipale européens.
Le tel archéologique de Khirbet Sabieh, près du quartier de Ge'ulim, constitue le pivot matériel de la mémoire longue. Si les fouilles y ont livré des strates d'occupation romaine, byzantine et arabe, elles ont également confirmé la présence d'une activité humaine dense aux époques qui correspondent aux mentions talmudiques. La ville a intégré cet héritage dans son urbanisme, en classifiant l'espace entre Givat Eshkol et l'emplacement de l'ancien cinéma Hen comme parc public, là où les meules d'huilerie antiques ont été découvertes. La congrégation HaMaayan, l'une des communautés religieuses les plus actives de la ville, tient à jour une mémoire historique locale qui croise les sources bibliques, talmudiques et archéologiques.
La vie sportive et associative constitue un autre vecteur d'appartenance identitaire. La ville est le siège du Hapoel Kfar Saba Football Club, fondé en 1928 et surnommé « les Verts du Sharon », qui évolue en Liga Leumit au Levita Stadium (d'une capacité de 5 800 places). Le club de basket-ball Hapoel Kfar Saba B.C., fondé en 1957, évolue quant à lui en première division nationale, la Liga Artzit, et dispute ses rencontres à domicile à la Hashalom Hall. La haute technologie et la profondeur historique ne s'excluent pas : elles constituent les deux facettes d'une identité urbaine qui revendique à la fois la modernité du plateau high-tech et l'ancienneté d'un nom transmis sans interruption depuis l'époque du Second Temple. La mairie est actuellement dirigée par le maire Rafi Saar.
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Les grandes figures
Alexandre Jannée (vers 127 – 76 avant l'ère commune) — Roi hasmonéen de Judée et Grand Prêtre, dont le nom hébreu est יַנַּאי (Yannai). Régnant de 104 à 76 avant l'ère commune, il conduisit une politique d'expansion militaire agressive qui l'amena à consolider le flanc nord-ouest de son royaume. C'est à lui qu'est attribuée la construction d'un réseau de tranchées et de fortifications s'étendant depuis Kfar Saba jusqu'à la côte méditerranéenne, afin de bloquer les invasions venant du nord. Josephe Flavius décrit cet ouvrage dans les Antiquités juives (XIII, 15), faisant de Kfar Saba la première localité mentionnée dans ce passage. Bien qu'Alexandre Jannée n'ait pas résidé à Kfar Saba et n'y ait laissé aucun monument propre, son initiative défensive fit de la ville un nœud stratégique du royaume hasmonéen et garantit sa mention dans la littérature historique juive pour les siècles à venir.
Josephe Flavius (vers 37 – vers 100 de l'ère commune) — Historien et général juif, né Yosef ben Matityahu (יוסף בן מתתיהו) à Jérusalem. Premier auteur à mentionner explicitement Kfar Saba dans un texte narratif conservé, sa mention de la tranchée d'Alexandre Jannée dans les Antiquités juives (XIII, 15) fait de lui la source primaire indispensable à toute étude historique de la ville ancienne. Passé du côté romain pendant la Grande Révolte de 66–73, il rédigea en grec ses deux œuvres majeures — La Guerre des Juifs et les Antiquités juives — qui constituent le corpus historiographique central pour l'époque du Second Temple. Sa mention de Kfar Saba, aussi brève soit-elle, est le seul témoignage narratif antique direct sur la localité, et c'est à ce titre qu'elle est rappelée dans chaque présentation historique de la ville.
Rafi Saar (date de naissance non documentée publiquement) — Maire en exercice de Kfar Saba, Rafi Saar préside aux destinées administratives d'une ville de plus de 99 000 habitants au moment de la rédaction de ce livre. Son mandat s'inscrit dans la continuité d'une politique municipale axée sur le développement économique de la zone high-tech, l'amélioration des infrastructures de transport et la préservation du patrimoine archéologique et mémoriel de la ville. Son nom figure dans les données officielles de la ville comme maire en exercice et dans le cadre du jumelage avec Wiesbaden. Il représente la continuité d'une gouvernance locale qui, depuis la fondation de 1903, a transformé une colonie agricole pionnière en métropole régionale du Sharon.
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Conclusion
L'histoire de Kfar Saba se laisse lire comme un palimpseste, où chaque âge a réinscrit son nom sur le précédent sans jamais l'effacer. De la cité hasmonéenne évoquée par Josephe et le Talmud au tertre archéologique de Khirbet Sabieh, du village arabe gardien du toponyme antique à la colonie pionnière de 1903, de la destruction ottomane de la Grande Guerre à la métropole high-tech du Sharon, le nom a fait office de fil conducteur à travers deux millénaires de discontinuités politiques.
La Kefar Sava moderne fut la première implantation juive du Sharon méridional, fondée six ans avant Tel-Aviv, et cette primauté géographique se double d'une profondeur historique rare dans le paysage israélien. Elle est aussi la ville que Josephe Flavius cite en premier lorsqu'il décrit le système défensif d'Alexandre Jannée, et c'est dans le Talmud de Jérusalem que s'inscrit la première mention de sa composition humaine mixte — Juifs et Samaritains cohabitant dans la plaine. Le Khan de 1906, devenu mairie, et les deux eucalyptus centenaires qui l'encadrent encore matérialisent cette continuité dans le tissu urbain quotidien.
La part de l'établi — les actes de vente de 1892 et 1903, les permis de construire de 1912, l'approbation FDA de l'usine TEVA en 1982, les données démographiques de 2024 — y dialogue constamment avec la part du transmis : la tradition talmudique, le souvenir du roi Jannée, la persistance du toponyme de l'époque hellénistique à nos jours. Le « grand-père » que désigne peut-être le nom veille ainsi sur une continuité qui n'est pas de pierre, mais de mémoire et de mots. C'est dans cette tension féconde entre l'archive et la mémoire que réside, en définitive, l'identité singulière de Kfar Saba.
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