FRANCK, ADOLPHE
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Philosophe français ; né à Liocourt, département de la Meurthe, 9 octobre 1809 ; mort à Paris 11 avril 1893. Destiné au rabbinat, à l'âge de quatorze ans il fut confié aux soins de Marchand [Ennery](/articles/5769-ennery-adolphe-philippe-d) ; en même temps il reçut une éducation laïque. N'ayant pu remporter une bourse rabbinique, il s'occupa quelque temps de médecine, et se tourna enfin vers la philosophie, dans laquelle il trouva son véritable domaine. En 1832, Franck devint « agrégé » de philosophie, obtenant la première place au concours. Il enseigna alors successivement aux collèges de Douai, Nancy et Versailles, et en 1840 au Collège Charlemagne à Paris, où comptaient parmi ses élèves Edmond About et Francisque Sarcey. La même année il commença un cours complémentaire de cours publics à la Sorbonne. En 1842, il fut nommé conservateur adjoint de la Bibliothèque Royale. Après un voyage en Italie (1843), rendu nécessaire par sa santé, il entreprit son « Dictionnaire des Sciences Philosophiques », son principal ouvrage. En 1844, il fut élu membre de l'Institut de France (Académie des Sciences Morales et Politiques) en reconnaissance de son « Esquisse d'une Histoire de la Logique » et de ses travaux sur la Cabale, ce dernier devenant très populaire et ayant été traduit en allemand par Adolf Jellinek (Leipsic, 1844).
Adolphe Franck.
En 1847, Franck reprit son enseignement à la Sorbonne et commença un cours de philosophie sociale. Après quelques mois, il fut invité par Barthélemy St. Hilaire, que la révolution de 1848 avait entraîné dans l'arène politique, à prendre sa place au Collège de France. Franck lui-même fut affecté par les troubles politiques de l'époque, et en 1848 devint candidat à la députation du département de la Meurthe, mais échoua aux élections. En 1856, il devint titulaire de la chaire de droit naturel et civil, position qu'il occupa pendant trente ans. Il devint président de la Ligue Anti-Athée, et prit un vif intérêt aux travaux de la Société pour la Traduction des Écritures, à laquelle il adhéra lors de sa fondation en 1866. Il fonda et dirigea la « Paix Sociale », l'organe de la Ligue Anti-Athée, écrivit pour le « Journal des Débats », et fut l'un des éditeurs du « Journal des Savants ». Défenseur actif du Judaïsme, sa leçon au Collège de France intitulée « Le Rôle des Juifs dans le Développement de la Civilisation » fut réimprimée dans les « Archives Israélites » de 1855, journal auquel il contribua pendant cinquante ans, et dans lequel il publia les deux essais « De la Création » (1845) et « Le Péché Original et la Femme » (1885). Il fut protecteur de la Société des Études Juives, et en devint président en 1888. Choisi membre du Consistoire Central des Israélites de France pour Nancy en 1844, il en devint bientôt vice-président. Sous l'empire, il fut le représentant du Judaïsme au Conseil Supérieur de l'Instruction Publique, se démettant en 1874 sur une question d'organisation. Il fut aussi l'un des fondateurs et présidents de la Ligue de la Paix.
L'œuvre de Franck fut rapidement reconnue. Il devint chevalier de la Légion d'Honneur en 1844, officier en 1862, et commandeur en 1869. La révolution de 1870, cependant, l'empêcha d'atteindre au Sénat, position à laquelle l'empereur avait voulu l'élever.
Voici les ouvrages les plus connus de Franck :
- La Kabbale ou Philosophie Religieuse des Hébreux. Paris, 1843 ; 2e éd., 1889. - Dictionnaire des Sciences Philosophiques. 1843-52, 6 vol. ; nouv. éd., 1875. - Esquisse d'une Histoire de la Logique. 1838. - De la Certitude. 1847. - Le Communisme Jugé par l'Histoire. 1849. - Paracelse et l'Alchimie au XVI. Siècle. 1855. - Etudes Orientales. 1861. - Reformateurs et Publicistes de l'Europe. 3 séries, 1863-93. - Philosophie du Droit Pénal. 1864. - Philosophie du Droit Ecclésiastique. 1864. - Philosophie du Droit Civil. 1866. - La Philosophie Mystique en France au XVIII. Siècle. 1866. - Philosophie et Religion. 1867. - Morale pour Tous. 1868. - La Vraie et la Fausse Egalité. 1868. - Moralistes et Philosophes. 1871. - Le Capital. 1872. - Projet de Constitution. 1872. - La Religion et la Science dans le Judaisme. 1883. - Essais de Critique Philosophique. 1885. - Nouveaux Essais. 1890.