Les Juifs d'Izmir—Romaniotes
רומניוטים של אזמיר
אזור: Anatolie
רישום זיכרון · נאמן, לא בעלים
פורסם ב־15 באוגוסט 2026
לפני גל ההגירה הגדול של הספרדים שגורשו מספרד ומפורטוגל בסוף המאה ה-15, מנתה Smyrne (Izmir) נוכחות יהודית רומניוטית עתיקה, בנוסח יווני-ביזנטי ודוברת יוונית, יורשת קהילות ישראל מהעולם הביזנטי. בוא הספרדים, שהיו רבים יותר ונשאו עמם מסורת ליטורגית ותרבותית עשירה משלהם, שינה ביסודו את פני הקהילה היהודית בעיר. עם הזמן, נטמעו הרומניוטים במידה רבה או הוחלפו על ידי המרכיב הספרדי, שהפך לדומיננטי וטבע ביהדות Izmir את אופייה היהודי-ספרדי. כך נמוגה המסורת הרומניוטית המקומית כמעט לחלוטין.
Introduction
Sur les rives du golfe qui porte son nom, la ville que les Grecs appelèrent Smyrne et les Turcs Izmir occupe depuis l'Antiquité l'une des positions les plus stratégiques de la Méditerranée orientale. Carrefour de routes maritimes et terrestres, elle vit passer et s'établir des populations diverses, parmi lesquelles les Juifs figurent depuis une très haute époque. L'histoire juive de cette cité présente une singularité qui en fait l'un des cas les plus instructifs de la démographie religieuse méditerranéenne : celle de la rencontre, puis de l'absorption, d'un fonds ancien romaniote — de rite grec-byzantin et de langue grecque — par la vague séfarade venue d'Espagne et du Portugal après les expulsions de la fin du XVe siècle. [Encyclopaedia Judaica]
Le terme « romaniote » désigne les Juifs de l'aire byzantine, héritiers des communautés hellénophones établies dans l'Empire romain d'Orient — la Romania — bien avant l'arrivée des Séfarades. Leur nom même dérive de ce vocable qui désignait l'Empire d'Orient et ses habitants. Ces Juifs priaient en hébreu mais parlaient un grec vernaculaire, souvent teinté d'éléments hébraïques, que l'on nomme parfois yévanique ou judéo-grec. Leur rite liturgique, la Romania ou minhag romaniote, se distinguait nettement des traditions séfarade et ashkénaze par ses piyyoutim propres, ses coutumes synagogales et son calendrier liturgique. [Encyclopaedia Judaica]
Le présent volume se propose de reconstituer, autant que les sources le permettent, la trajectoire de cette composante romaniote d'Izmir : ses origines byzantines, sa condition sous la domination ottomane naissante, puis son recouvrement progressif par la culture judéo-espagnole. Il s'agit d'une histoire faite autant de silences documentaires que de traces ténues, car l'effacement du fonds romaniote fut si complet qu'il faut souvent le déduire à rebours, à partir de ce que la tradition séfarade a conservé, transformé ou supplanté. Cette prudence méthodologique doit accompagner chaque page : nous naviguons entre l'archive établie et l'inférence prudente, entre l'histoire attestée et la mémoire reconstituée.
Pour mesurer l'ampleur de cet effacement, le regard comparatif s'impose. Là où d'autres foyers romaniotes — Ioannina en Épire, Chalcis en Eubée, Trikala en Thessalie — résistèrent des siècles à l'absorption séfarade, Smyrne céda très tôt et très complètement. Ce contraste n'est pas anecdotique : il est la clef de toute l'histoire juive de la ville. Une nouvelle pièce vient enrichir ce tableau comparatif dans sa dernière strate documentaire : la collection photographique de Vincent Giordano (1952–2010), cataloguée au printemps 2022 à la bibliothèque Benjamin S. Rosenthal du Queens College (CUNY), constitue aujourd'hui le corpus visuel le plus complet jamais consacré à une communauté romaniote vivante. Si Giordano a documenté Ioannina et non Smyrne, c'est précisément parce que la communauté romaniote de cette ville grecque est la mieux préservée et la mieux documentée parmi les survivances romaniotes : elle offre ainsi le miroir en creux de ce qu'Izmir n'a pas conservé. Son œuvre, en révélant ce que la tradition romaniote a su préserver ailleurs, éclaire par contraste l'ampleur et la nature de l'effacement smyrniote. [Collection Vincent Giordano, Queens College CUNY Special Collections and Archives, 2022]
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- v1 · נוכחית · 15 באוג׳ 2026
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מקורות ומשאבים
- Esther Benbassa & Aron Rodrigue, Sephardi Jewry: A History of the Judeo-Spanish Community, 14th–20th Centuries (2000)
- Béatrice Leroy, Les Juifs dans l'Espagne chrétienne avant 1492 (1993)
- Delphine Bechtel, La Renaissance culturelle juive en Europe centrale et orientale 1897-1930. Langue, littérature et construction nationale (2002)
- Guilherme d'Oliveira Martins, A Diáspora Sefardita: De Espanha e Portugal ao Novo Mundo (2015)
- Haïm Zafrani, Les juifs en Espagne musulmane : âge d'or et déclin (950-1150) (1983)
- Haïm Zafrani, Piyyutim et littérature liturgique judéo-maghrébine (1970)
- Paloma Díaz-Mas, Sephardim: The Jews from Spain (1992)
- Aldina Quintana, A Língua dos Sefarditas: Ladino e Judaico-Português (2010)
- Aviva Ben-Ur, The World of the Sephardim Remembered: Community, Culture, and Heritage (2009)
- Encyclopaedia Judaica — 2e éd., Keter/Macmillan
- Jewish Virtual Library ↗
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