Регион: Italie, Empire ottoman, Europe
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Опубликовано 16 июня 2026 г.
Grand Livre thématique consacré au livre hébraïque et à l'imprimerie : des manuscrits aux premières presses (Soncino, Venise), colophons, censure, diffusion du Talmud et des livres de prières. Une histoire matérielle de la transmission écrite. Registre Histoire.
![TIERS LIVRE CONTENANT // HVIT PSEAVMES DE DAVID, TRADVITZ // en rythme françoise (selon la verité Hebraique) Par Clement Marot, et mis en Mu // sique au long (en forme de Motetz) à quatre, et cinq parties, par// CLAUDE GOUDIMEL. // [Marque de Le Roy et Ballard, entourée de la table des psaumes.] // A PARIS. // De l'imprimerie, d'Adrian le Roy, et Robert Ballard, Imprimeurs du Roy, rue // saint Iean de Beauvais, à l'enseigne sainte Genevieve. // 1557. // Avec privilege du Roy, pour dix ans. //](https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/6b/TIERS_LIVRE_CONTENANT_-_HVIT_PSEAVMES_DE_DAVID%2C_TRADVITZ_-_en_rythme_fran%C3%A7oise_%28selon_la_verit%C3%A9_Hebraique%29_Par_Clement_Marot%2C_et_mis_en_Mu_-_sique_au_long_%28en_forme_de_Motetz%29_%C3%A0_quatre%2C_et_cinq..._-_btv1b9059780x_%28018_of_151%29.jpg/1280px-thumbnail.jpg)
TIERS LIVRE CONTENANT // HVIT PSEAVMES DE DAVID, TRADVITZ // en rythme françoise (selon la verité Hebraique) Par Clement Marot, et mis en Mu // sique au long (en forme de Motetz) à quatre, et cinq parties, par// CLAUDE GOUDIMEL. // [Marque de Le Roy et Ballard, entourée de la table des psaumes.] // A PARIS. // De l'imprimerie, d'Adrian le Roy, et Robert Ballard, Imprimeurs du Roy, rue // saint Iean de Beauvais, à l'enseigne sainte Genevieve. // 1557. // Avec privilege du Roy, pour dix ans. //
Goudimel, Claude (1520?-1572). Compositeur · Public domain · Wikimedia Commons
![TIERS LIVRE CONTENANT // HVIT PSEAVMES DE DAVID, TRADVITZ // en rythme françoise (selon la verité Hebraique) Par Clement Marot, et mis en Mu // sique au long (en forme de Motetz) à quatre, et cinq parties, par// CLAUDE GOUDIMEL. // [Marque de Le Roy et Ballard, entourée de la table des psaumes.] // A PARIS. // De l'imprimerie, d'Adrian le Roy, et Robert Ballard, Imprimeurs du Roy, rue // saint Iean de Beauvais, à l'enseigne sainte Genevieve. // 1557. // Avec privilege du Roy, pour dix ans. //](https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c6/TIERS_LIVRE_CONTENANT_-_HVIT_PSEAVMES_DE_DAVID%2C_TRADVITZ_-_en_rythme_fran%C3%A7oise_%28selon_la_verit%C3%A9_Hebraique%29_Par_Clement_Marot%2C_et_mis_en_Mu_-_sique_au_long_%28en_forme_de_Motetz%29_%C3%A0_quatre%2C_et_cinq..._-_btv1b9059780x_%28063_of_151%29.jpg/1280px-thumbnail.jpg)
TIERS LIVRE CONTENANT // HVIT PSEAVMES DE DAVID, TRADVITZ // en rythme françoise (selon la verité Hebraique) Par Clement Marot, et mis en Mu // sique au long (en forme de Motetz) à quatre, et cinq parties, par// CLAUDE GOUDIMEL. // [Marque de Le Roy et Ballard, entourée de la table des psaumes.] // A PARIS. // De l'imprimerie, d'Adrian le Roy, et Robert Ballard, Imprimeurs du Roy, rue // saint Iean de Beauvais, à l'enseigne sainte Genevieve. // 1557. // Avec privilege du Roy, pour dix ans. //
Goudimel, Claude (1520?-1572). Compositeur · Public domain · Wikimedia Commons
![TIERS LIVRE CONTENANT // HVIT PSEAVMES DE DAVID, TRADVITZ // en rythme françoise (selon la verité Hebraique) Par Clement Marot, et mis en Mu // sique au long (en forme de Motetz) à quatre, et cinq parties, par// CLAUDE GOUDIMEL. // [Marque de Le Roy et Ballard, entourée de la table des psaumes.] // A PARIS. // De l'imprimerie, d'Adrian le Roy, et Robert Ballard, Imprimeurs du Roy, rue // saint Iean de Beauvais, à l'enseigne sainte Genevieve. // 1557. // Avec privilege du Roy, pour dix ans. //](https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/6c/TIERS_LIVRE_CONTENANT_-_HVIT_PSEAVMES_DE_DAVID%2C_TRADVITZ_-_en_rythme_fran%C3%A7oise_%28selon_la_verit%C3%A9_Hebraique%29_Par_Clement_Marot%2C_et_mis_en_Mu_-_sique_au_long_%28en_forme_de_Motetz%29_%C3%A0_quatre%2C_et_cinq..._-_btv1b9059780x_%28094_of_151%29.jpg/1280px-thumbnail.jpg)
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Goudimel, Claude (1520?-1572). Compositeur · Public domain · Wikimedia Commons
![TIERS LIVRE CONTENANT // HVIT PSEAVMES DE DAVID, TRADVITZ // en rythme françoise (selon la verité Hebraique) Par Clement Marot, et mis en Mu // sique au long (en forme de Motetz) à quatre, et cinq parties, par// CLAUDE GOUDIMEL. // [Marque de Le Roy et Ballard, entourée de la table des psaumes.] // A PARIS. // De l'imprimerie, d'Adrian le Roy, et Robert Ballard, Imprimeurs du Roy, rue // saint Iean de Beauvais, à l'enseigne sainte Genevieve. // 1557. // Avec privilege du Roy, pour dix ans. //](https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/61/TIERS_LIVRE_CONTENANT_-_HVIT_PSEAVMES_DE_DAVID%2C_TRADVITZ_-_en_rythme_fran%C3%A7oise_%28selon_la_verit%C3%A9_Hebraique%29_Par_Clement_Marot%2C_et_mis_en_Mu_-_sique_au_long_%28en_forme_de_Motetz%29_%C3%A0_quatre%2C_et_cinq..._-_btv1b9059780x_%28035_of_151%29.jpg/1280px-thumbnail.jpg)
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<a href="https://zakhor.ai/ru/grands-livres/thematiques/livre-imprimerie-hebraique">Le livre hébraïque et l'imprimerie — Zakhor</a>Citation
Le livre hébraïque et l'imprimerie — Zakhor, https://zakhor.ai/ru/grands-livres/thematiques/livre-imprimerie-hebraiqueL'histoire du livre hébraïque épouse celle de la transmission écrite du judaïsme, depuis les rouleaux liturgiques et les codices manuscrits du Moyen Âge jusqu'aux presses qui, à partir du dernier tiers du XVe siècle, transformèrent radicalement la diffusion du savoir juif. Le passage du manuscrit à l'imprimé ne fut pas une simple révolution technique : il engagea des questions de fidélité au texte sacré, d'autorité rabbinique, de marché, de censure et de mémoire diasporique. De Rome à Soncino, de Venise à Constantinople, de Amsterdam à Vilna, le livre hébraïque s'est fait l'instrument privilégié d'une culture dispersée géographiquement mais unifiée par le texte [Encyclopaedia Judaica].
Le présent ouvrage propose une histoire matérielle de cette transmission. Il s'attache aux objets — l'incunable, le folio talmudique, le sidour, la page de titre, le colophon — autant qu'aux acteurs : familles d'imprimeurs, correcteurs savants, éditeurs chrétiens, censeurs ecclésiastiques. Il suit le fil chronologique des presses, mais aussi les déplacements imposés par les expulsions et les interdictions, qui firent du livre hébraïque un patrimoine itinérant. Selon les historiens du livre, l'imprimerie hébraïque a contribué à fixer des textes, à standardiser des mises en page et à constituer un canon partagé d'une communauté à l'autre [Encyclopaedia Judaica ; A. M. Habermann, Histoire du livre hébraïque].
Avant l'imprimerie, la transmission des textes juifs reposait sur le travail des scribes (soferim) et des copistes. La copie de la Torah destinée à l'usage synagogal obéissait à des règles strictes héritées de la tradition massorétique, qui visaient à préserver la lettre du texte consonantique, la vocalisation et les signes de cantillation [Encyclopaedia Judaica]. À côté de ces rouleaux liturgiques, le Moyen Âge produisit une abondante littérature en codices : bibles vocalisées et accompagnées de la massore, commentaires, traités talmudiques, recueils liturgiques et œuvres philosophiques.
Les ateliers de copie, en Espagne, en Provence, en Italie, dans les pays germaniques et au Proche-Orient, développèrent des traditions calligraphiques distinctes — écritures dites séfarade, ashkénaze, italienne, orientale et yéménite [Encyclopaedia Judaica]. Le manuscrit hébraïque légua à l'imprimé plusieurs de ses caractéristiques durables : le colophon, où le copiste consignait son nom, le lieu et la date d'achèvement ; la disposition du texte sacré entouré de ses commentaires ; ainsi qu'un répertoire d'abréviations et de ligatures. Il est largement admis que les premiers imprimeurs cherchèrent à reproduire l'apparence des manuscrits, jusque dans le dessin des caractères et la mise en page [A. M. Habermann].
L'imprimerie hébraïque naquit en Italie peu après l'introduction de la presse à caractères mobiles dans la péninsule. Les premiers livres hébreux datés furent imprimés au début des années 1470, notamment le commentaire de Rachi sur le Pentateuque, considéré comme l'un des plus anciens ouvrages hébraïques portant une date d'impression (Reggio di Calabria, 1475) [Encyclopaedia Judaica]. D'autres ateliers s'établirent à Rome, à Mantoue, à Ferrare et ailleurs.
À Mantoue, l'imprimeur Abraham Conat fut l'une des premières figures de ce mouvement [Encyclopaedia Judaica]. Mais c'est la famille Soncino, originaire de la bourgade lombarde du même nom, qui marqua le plus durablement l'incunable hébraïque. On lui attribue l'impression de la première Bible hébraïque complète et vocalisée, achevée à Soncino en 1488 [Encyclopaedia Judaica]. Les Soncino imprimèrent également des traités du Talmud accompagnés de commentaires, posant des jalons typographiques décisifs. La période des incunables hébraïques, c'est-à-dire des livres imprimés avant 1501, est aujourd'hui recensée par les bibliographes ; on en connaît environ cent-qu75 éditions, fruit d'ateliers répartis principalement en Italie et dans la péninsule Ibérique avant les expulsions [Encyclopaedia Judaica]. Selon plusieurs historiens, ces premiers livres conservent la solennité du manuscrit tout en inaugurant la diffusion en série.
Au début du XVIe siècle, Venise devint la capitale de l'imprimerie hébraïque, en dépit du fait que la République interdisait généralement aux juifs d'exercer eux-mêmes le métier d'imprimeur. C'est un chrétien d'Anvers, Daniel Bomberg, qui établit dans la cité des Doges l'atelier le plus influent, employant des correcteurs et savants juifs [Encyclopaedia Judaica]. Entre 1519 et 1523 environ, Bomberg imprima la première édition complète du Talmud de Babylone [Encyclopaedia Judaica].
Cette édition eut des conséquences considérables : la mise en page adoptée par Bomberg — le texte de la Mishna et de la Gemara au centre, encadré par le commentaire de Rachi et les Tossafot — ainsi que la pagination par folios (recto a, verso b) devinrent la norme universelle, encore en usage dans les éditions contemporaines [Encyclopaedia Judaica]. Bomberg publia également une Bible rabbinique (Miqraot Gedolot) réunissant le texte biblique, les targoumim araméens et les principaux commentaires, dont l'édition de 1524-1525 préparée par Jacob ben Hayyim ibn Adonijah devint une référence pour le texte massorétique [Encyclopaedia Judaica]. D'autres imprimeurs vénitiens, tels Marco Antonio Giustiniani et Alvise Bragadini, lui succédèrent, mais leur rivalité allait, indirectement, précipiter une crise majeure.
Le succès du livre hébraïque suscita la méfiance des autorités ecclésiastiques. Un conflit commercial entre imprimeurs vénitiens dégénéra en dénonciation du contenu du Talmud auprès de Rome. En 1553, sur ordre pontifical, des exemplaires du Talmud furent brûlés à Rome, place du Campo dei Fiori, puis dans d'autres villes d'Italie [Encyclopaedia Judaica]. L'inscription du Talmud à l'Index, puis les dispositions de censure issues du concile de Trente, soumirent dès lors les livres hébraïques au contrôle des censeurs.
Cette censure laissa des traces matérielles caractéristiques : passages biffés, mots remplacés, et surtout signatures de censeurs — souvent des convertis — apposées en fin de volume pour attester l'expurgation [Encyclopaedia Judaica]. Bien des exemplaires conservés portent encore ces interventions. Parallèlement, la répression contraignit les imprimeurs à se déplacer. Des centres se développèrent ou se renforcèrent dans l'Empire ottoman, plus tolérant : à Constantinople et à Salonique, des imprimeries hébraïques fonctionnaient dès le début du XVIe siècle, accueillant notamment des exilés ibériques [Encyclopaedia Judaica]. Selon les historiens, ce déplacement illustre la résilience d'une culture du livre capable de renaître au gré des persécutions.
Au XVIIe siècle, Amsterdam s'imposa comme un nouveau foyer majeur, à la faveur de la liberté relative dont jouissaient les communautés séfarades et ashkénazes des Provinces-Unies. L'imprimeur Menasseh ben Israël y fonda en 1626 une presse hébraïque réputée [Encyclopaedia Judaica]. Plus tard, les caractères dessinés dans cette ville acquirent une telle réputation que l'expression « lettres d'Amsterdam » (otiyot Amsterdam) désigna longtemps un idéal typographique recherché par les imprimeurs d'Europe centrale et orientale.
Les siècles suivants virent l'essor de grandes maisons d'édition, en particulier en Europe orientale. La famille Romm, à Vilna, publia entre 1880 et 1886 une édition monumentale du Talmud de Babylone, dite Talmud de Vilna (Shas Vilna), qui fixa une mise en page et un appareil de commentaires devenus à leur tour normatifs [Encyclopaedia Judaica]. Le sidour, livre de prières, et le mahzor des fêtes connurent quant à eux d'innombrables éditions, adaptées aux différents rites — séfarade, ashkénaze, italien —, contribuant à la fois à standardiser la liturgie et à en préserver les variantes locales [Encyclopaedia Judaica]. L'imprimerie devint ainsi un agent d'unification autant que de conservation de la diversité.
Le XIXe et le XXe siècle furent aussi l'âge de l'étude savante du livre hébraïque. La constitution de grandes bibliographies — au premier rang desquelles les travaux de Moritz Steinschneider, qui catalogua les imprimés hébraïques de la Bodléienne d'Oxford — donna naissance à une discipline rigoureuse, fondée sur l'examen des pages de titre, des colophons, des marques d'imprimeurs et des privilèges [Encyclopaedia Judaica]. Ces marques — comme la tour des Soncino ou les emblèmes des ateliers vénitiens — permettent souvent d'identifier et de dater des éditions.
La Shoah détruisit d'innombrables collections et bibliothèques juives d'Europe, faisant du livre hébraïque survivant un témoin précieux d'un monde anéanti. Les efforts de récupération de l'après-guerre, puis la numérisation contemporaine des fonds, ont permis de reconstituer une part de ce patrimoine dispersé. Aujourd'hui, des institutions telles que la Bibliothèque nationale d'Israël poursuivent l'inventaire et la mise en ligne des manuscrits et imprimés hébraïques, prolongeant sous forme numérique la longue chaîne de transmission inaugurée par les scribes [Encyclopaedia Judaica]. Selon les conservateurs, l'histoire du livre hébraïque demeure ainsi une histoire vivante, où chaque édition conserve la trace des mains qui l'ont produite, corrigée, censurée et sauvée.
De l'atelier des Soncino aux presses de Bomberg, de l'autodafé romain de 1553 aux imprimeries de Constantinople, de Salonique, d'Amsterdam et de Vilna, le livre hébraïque raconte une histoire faite de continuité et de rupture. La continuité est celle d'un texte sacré transmis avec un soin extrême, du rouleau au folio puis au fichier numérique ; la rupture, celle des expulsions, des censures et des destructions qui contraignirent sans cesse les presses à l'exil. La page imprimée hébraïque — avec son colophon, sa marque d'atelier, ses commentaires concentriques et parfois ses biffures de censeur — constitue à ce titre un document historique total, où se lisent à la fois la foi, le commerce, la science et la survie d'un peuple dispersé. L'imprimerie ne fut pas seulement un moyen de reproduire des textes : elle fut l'un des grands instruments d'unité de la diaspora.