YIGDAL
L'hymne qui dans les divers rituels partage avec [Adon 'Olam](/articles/851-adon-olam) la place d'honneur à l'ouverture du service du matin et à la clôture du service du soir. Il est fondé sur les treize [Articles de Foi](/articles/1832-articles-of-faith) (ordinairement appelés les Treize Croyances) formulés par Moïse ben Maimon, et a été écrit par Daniel ben Judah Dayyan (Zunz, "Literaturgesch." p. 507), qui y consacra huit années pour l'améliorer, l'achevant en 1404 (S. D. Luzzatto, "Mebo," p. 18). Ce n'était pas la seule présentation métrique des Croyances ; mais elle a survécu à toutes les autres, qu'elles fussent en hébreu ou en langue vernaculaire. Une traduction en est à trouver dans le Recueil de Prières Quotidiennes.
Chez les Ashkénazes, seules treize lignes sont chantées, une pour chaque croyance ; et la dernière, traitant de la résurrection des morts, est solennellement répétée pour compléter l'antiphonie lorsque l'hymne est chanté de manière responsorialle par le ḥazzan et la congrégation. Les Séphardim, qui chantent l'hymne en unisson congrégationnel tout du long, utilisent la ligne suivante comme quatorzième : « Voilà les treize fondements de la Loi de Moïse et les principes de sa Doctrine. »
Mélodies Séphardites. YIGDAL—A (Festival Séphardite)YIGDAL—B ("Leoni")YIGDAL—C (Pénitentiel, "Polonais")YIGDAL—D (Pénitentiel, "Allemagne du Sud")YIGDAL—E (Pâque)YIGDAL—F (Pentecôte)YIGDAL—G (Tabernacles)
Le « Yigdal » surpasse de beaucoup l'« Adon 'Olam » par le nombre de ses mélodies traditionnelles et la durée pendant laquelle elles ont été traditionnelles. Dans le rituel espagnol, dans sa tradition d'expression néerlandaise et anglaise, l'hymne est souvent chanté, selon la coutume séphardite générale (comp. _p.ex._, Yah Shimeka), sur quelque mélodie « représentative » du jour particulier. Ainsi, par exemple, il est chanté à la clôture du service du soir de la Nouvelle Année sur l'air d'Et Sha'are Raẓon. Le vendredi soir le « Yigdal » du Sabbat est coutumièrement chanté sur la même mélodie que l'« Adon 'Olam » (voir Jew. Encyc. i. 206, mélodie A) et [En Kelohenu](/articles/5744-en-kelohenu). Aux trois fêtes la mélodie ici transcrite sous A est l'air préféré. Son ancien caractère espagnol est évident.
Mélodies Ashkénazes.
Dans le rituel ashkénaze, le « Yigdal », bien que toujours commençant la prière du matin, n'est pas invariablement chanté à la clôture du service du soir aux Sabbats et fêtes, étant souvent, particulièrement en Allemagne, remplacé par l'« Adon 'Olam ». Dans l'usage polonais, cependant, il est plus régulièrement employé comme hymne de clôture, tandis que dans les synagogues du nord-ouest de l'Allemagne, de Hollande et d'Angleterre, où l'influence du rituel séphardite s'est fait sentir auprès de celui des Ashkénazes, le « Yigdal » est considéré comme une partie intégrante de la prière du soir du Sabbat et des fêtes ; et à Londres pendant deux siècles entiers il a été allié à l'hymne, selon l'occasion, une tradition définie de mélodies, toutes lesquelles sont antiphonales entre le ḥazzan et la congrégation. La plus familière de ces mélodies est le « Yigdal » du vendredi soir, transcrit ici sous B. Elle est passée au répertoire des églises anglicanes et non-conformistes sous le titre de « Leoni » (voir Jew. Encyc. viii. 229). Elle est utilisée aussi en Allemagne et dans certaines parties de la Pologne et de la Bohême comme un « Yigdal » de fête. La mélodie peut dater du dix-septième siècle ou peut-être d'une époque antérieure. Vient ensuite par importance le bel et plaintif air réservé aux soirées solennelles de la Nouvelle Année et de l'Expiation, et introduit, dans l'esprit du Ps. cxxxvii. 6, dans le service de la Réjouissance de la Loi. Cette mélodie, ici transcrite sous C, est construite dans l'échelle chromatique orientale (EFG # ABCD # E) avec ses deux secondes augmentées ([voir Music, Synagogal](/articles/11241-music-synagogal)), et est l'inspiration de quelque chantre polonais, datant peut-être du début du dix-septième siècle, et certainement s'étant répandue vers l'ouest à partir de la région slave. Dans l'usage allemand de la Bavière et de la Rhénanie la vieille tradition a préservé un « Yigdal » contrastant pour la Nouvelle Année et l'Expiation qui est d'un caractère tout aussi antique, mais édifié sur une échelle diatonique et qui rappelle le service du matin du jour. Cette mélodie intéressante est ici transcrite sous D.
Pour les soirées des trois fêtes la vieille tradition londonienne a préservé, du moins depuis le début du dix-huitième siècle, trois mélodies caractéristiques, probablement apportées du nord de l'Allemagne ou de la Bohême. Celle de la Pâque, ici transcrite sous E, illustre l'ancienne coutume selon laquelle le chantre s'attarde solennellement sur la dernière croyance, celle sur la résurrection des morts (en ce cas sur un thème « représentatif » commun à la Pâque et à Pourim), et auquel répondent les choristes avec une expression d'assurance confiante. La réponse chorale ici donnée reçut sa forme définitive de Mombach. Le « Yigdal » de la Pentecôte, transcrit sous F, est d'un ton solennel, contrastant ainsi frappamment avec ceux des autres fêtes.
L'air pour Tabernacles, ici transcrit sous G, affiche une gaieté tout à fait rare dans la mélodie synagogale. Il fut employé par Isaac Nathan, en 1815, comme l'air pour l'un des « Hebrew Melodies » de Lord Byron, étant fixé par lui aux vers « The Wild Gazelle » de manière à utiliser le thème contrastant alors chanté par le ḥazzan à la dernière ligne comme dans le « Yigdal » de la Pâque. D'autres vieux airs pour l'hymne, tels que la mélodie d'origine alsacienne utilisée sur le « Grand Sabbat » avant la Pâque, sont préservés dans la tradition locale ou familiale (comp. [Zemirot](/articles/15239-zemirot)).