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# (Redirigé depuis SEPTUAGINT.) ## Les Targums. Des traductions juives de l'Ancien Testament ont été faites de temps en temps par les Juifs, afin de satisfaire aux besoins, tant du service public que de la vie privée, de ceux qui avaient progressivement perdu la connaissance de…

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Ce Grand Livre n'a pas encore été écrit. Sa rédaction se lance ici même : Claude compose un ouvrage original à partir des pièces du corpus et d'une recherche web, puis l'enrichit à chaque nouvelle source versée.

Notice de la Jewish Encyclopedia (1901-1906)

Ce texte est reproduit tel qu'il a été publié il y a plus d'un siècle. Ses chiffres, ses jugements et ses « aujourd'hui » sont ceux de son époque, non les nôtres.

TRADUCTIONS BIBLIQUES

(Redirigé depuis SEPTUAGINT.)

Les Targums.

Des traductions juives de l'Ancien Testament ont été faites de temps en temps par les Juifs, afin de satisfaire aux besoins, tant du service public que de la vie privée, de ceux qui avaient progressivement perdu la connaissance de l'ancienne langue nationale. En Palestine elle-même, l'hébreu a été d'abord supplanté par l'araméen, puis par le grec, et enfin par l'arabe. Des portions de la Bible elle-même (dans Daniel et Esdras) sont écrites en araméen ; et il n'existe pas de consensus parmi les savants quant à savoir si ces parties ont été écrites à l'origine dans cette langue ou ont été traduites de l'hébreu. Bien que l'hébreu soit demeuré la langue sacrée et littéraire, sa connaissance doit avoir décliné à tel point au cours du deuxième siècle avant l'ère commune qu'il devint nécessaire qu'un « meturgeman » traduise les leçons hebdomadaires du Pentateuque et les passages prophétiques lus à la synagogue (Berliner, « Onkelos », p. 7 ; Friedmann, « Akylos und Onkelos », p. 58). L'affirmation faite par les deux savants que nous venons de citer, selon laquelle les Targums remontent à l'époque d'Esdras, est sans fondement ; car ils sont écrits dans un dialecte araméen occidental. Les autorités de la synagogue n'autorisaient pas volontiers que de telles traductions soient mises par écrit. Elles sentaient que cela constituerait une prime accordée à l'ignorance du texte, et que la parole biblique risquerait d'être mal interprétée ou même mal comprise. Elles cherchaient à minimiser le danger en permettant que seul un verset soit lu et traduit à la fois dans le cas de la Loi, et trois dans le cas des Prophètes (Meg. iv. 4). Certains passages ne devaient jamais être traduits publiquement ; _par ex._, Gen. xxxv. 22 ; Ex. xxxii. 21-25 ; Num. vi. 23-26 ; Lev. xviii. 21 (Meg. iv. 10 ; voir Berliner, _l.c._ p. 217 ; Ginsburger, « Monatsschrift », xliv. 1). Ces passages se trouvent dans le Pseudo-Jonathan et dans les Midrashim pour usage privé. Il est clairement énoncé qu'aucune copie écrite du Targum ne devait être utilisée dans le service public (Yer. Meg. iv. 1) ; bien que pour des usages privés, il fût permis de faire des copies. Le Talmud, il est vrai, mentionne un Targum écrit sur le Livre de Job qui était en la possession de Rabban Gamaliel I. pendant le Second Temple, vers 20-40 de l'ère commune (Tosef., Shab. xiv. 2 ; Bab. Shab. 115a ; Soferim xv. 2 ; comparer Berliner, _l.c._ p. 90), et qui fut ensuite enterré par ordre de Gamaliel. Dans Yer. Shab. xvi. 1, une tradition variante rapporte qu'un tel Targum a été entre les mains du Gamaliel aîné et du Gamaliel cadet. Bien que cette tradition soit acceptée même par Bacher ([voir Aramaic Language](/articles/1707-aramaic-language-among-the-jews)), il n'existe aucun moyen de vérifier cette affirmation, le Targum existant sur ce livre datant d'une époque bien ultérieure. La tradition ne peut certainement pas se rapporter à une traduction grecque, comme l'affirme Grätz (« Monatsschrift », xxvi. 87). Selon Blau (« Einleitung », p. 79), la référence concerne une copie écrite en ancien caractère hébreu. Le Targum est largement une paraphrase, reproduisant la tradition rabbinique quant au sens du texte. Pour un historique de ce Targum [voir Targum](/articles/14248-targum).

En passant, il faut dire un mot sur la version samaritaine du Pentateuque en dialecte araméen occidental, que les Samaritains parlaient autrefois. Il n'est pas encore possible de dire en quel siècle cette version a été faite. Même si les citations figurant sous la rubrique τὸ Σαμαρειτικόυ, que l'on trouve dans les scholies de l'Hexapla d'Origène, s'y rapportent, Kohn croit qu'elles sont tirées d'une traduction grecque du samaritain faite en Égypte. Le texte a été édité en caractères samaritains par H. Petermann et K. Vollers (Berlin, 1872-91), et en caractères hébreux par A. Brüll (1873-75), d'après la Polyglotte de Londres. L'édition de M. Heidenheim en caractères hébreux, dont seule la Genèse a paru (« Bibliotheca Samaritana », i., Leipzig, 1884), a été très sévèrement critiquée (voir Nestle, « Uebersetzungen der Bibel », p. 205).

Influence de l'hellénisme.

L'établissement d'un grand nombre de Juifs dans diverses parties du monde grec, l'hellénisation de la Palestine, et la présence à Jérusalem de Juifs provenant de tous les pays, particulièrement de ceux sous influence grecque, forcèrent avec le temps les Rabbis à traiter la question de manière plus libérale. Selon Meg. ii. 1, il était interdit de lire la Megillah en araméen ou dans toute autre langue non hébraïque, sauf pour les Juifs étrangers (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p185001.jpg)) à Jérusalem (comparer la Baraita in Bab. Meg. 18a; Shab. 115b); et le fait que de tels Juifs étrangers se trouvaient dans la ville en grand nombre est attesté par Actes ii. 5-11. De même, il se trouve, selon une autre tradition (Meg. i. 8), qu'il était permis d'écrire les livres bibliques dans n'importe quelle langue (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p185002.jpg)); bien que R. Simon ben Gamaliel aurait voulu restreindre cette permission au grec (Yer. Meg. i. 1): « Après un examen attentif, il a été établi que le Pentateuque ne pouvait être adéquatement traduit que dans le grec »). Il existe des preuves du fait que dans la synagogue du ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p185003.jpg) le grec était librement utilisé (Tosef., Meg. iv. 13). Il y a même une tradition que des lettres grecques étaient gravées sur le coffre du Temple dans lequel les shekels étaient gardés (Sheḳ. iii. 2); et il existe aussi un témoignage chrétien à cet effet (Justin, « Cohortatio ad Græcos, » xiii.; Tertullien, « Apologia, » xviii.; Frankel, « Vorstudien, » p. 56). On rapporte qu'en Asie Mineure R. Meïr fut incapable de trouver une Megillah écrite en hébreu (Tosef., Meg. ii. 4); et les leçons hebdomadaires tant de la Loi que des Prophètes ont été lues très tôt en grec à Alexandrie (« Jew. Quart. Rev. » ix. 730). Cela rend compréhensible la déclaration que « la Loi peut être lue dans n'importe quelle langue » (Soṭah 33a; Meg. 17b). Le passage bien connu de la Mishnah (Yad. iv. 5) qui mentionne l'impureté lévitique occasionnée par le contact avec les livres bibliques, et qui excepte spécialement le Targum de ces dispositions, a été très justement expliqué par Blau comme ne se rapportant qu'à différents degrés de sainteté : aucune traduction ne pouvait, naturellement, être mise sur le même pied que l'original hébreu.

À une époque ultérieure—peut-être au second siècle de l'ère présente—une opinion différente semble avoir prévalu; et l'on disait que le jour où la Loi fut traduite en grec était aussi malheureux pour les Juifs que celui où le Veau d'or fut fait (Soferim i. 8, 9). Même enseigner le grec aux enfants fut interdit (Soṭah ix. 14); bien qu'il fut encore permis d'enseigner le grec à une fille, car la connaissance de cette langue était considérée comme un accomplissement. Évidemment ce changement d'opinion a été occasionné par l'émergence de l'Église chrétienne, qui ne utilisait la Bible que dans la Version de la Septante. On verra que au Moyen Âge le désir de plaire aux femmes pendant le service et de les instruire a mené à l'introduction de la langue vernaculaire, particulièrement pour les leçons prophétiques. Le traité Soferim en fait même un devoir « de traduire, pour les femmes, les lectures hebdomadaires du Pentateuque et des Prophètes avant la fin du service. La traduction n'était pas lue verset par verset après l'hébreu, mais comme un passage continu » (Abrahams, « Jewish Life in the Middle Ages, » p. 345).

La Septante.

Le plus ancien et le plus important de toutes les versions faites par des Juifs est celui appelé « La Septante » (« Interpretatio septuaginta virorum » ou « seniorum »). C'est un monument du grec parlé par la communauté juive large et importante d'Alexandrie; non du grec classique, ni même du style hellénistique affecté par les écrivains alexandrins. Si le compte rendu donné par Aristéas est vrai, des traces d'influence palestinienne devraient être trouvées; mais une étude des papyri égyptiens, qui sont abondants pour cette période particulière, est dite par Mahaffy et Deissmann montrer une très grande similitude entre la langue qu'ils représentent et celle de la Septante, sans parler des mots égyptiens déjà reconnus par Hody et Eichhorn. Ces papyri ont dans une certaine mesure réhabilité Aristéas (vers 200 av. J.-C.) dans l'opinion des savants. Sur sa « Lettre à Philocrates » repose la tradition quant à l'origine de la Septante. On croit maintenant que même s'il peut s'être trompé en certains points, ses faits en général sont dignes de confiance (Abrahams, in « Jew. Quart. Rev. » xiv. 321). Selon Aristéas, le Pentateuque a été traduit au moment de Philadelphus, le second Ptolémée (285-247 av. J.-C.), traduction qui fut encouragée par le roi et accueillie favorablement par les Juifs d'Alexandrie. Grätz (« Gesch. der Juden, » 3e éd., iii. 615) se tient seul en l'assignant au règne de Philométor (181-146 av. J.-C.). Quelle qu'ait pu être la part du roi dans le travail, il satisfaisait évidemment un besoin pressant ressenti par la communauté juive, parmi laquelle la connaissance de l'hébreu diminuait rapidement devant les exigences de la vie quotidienne.

On ne sait pas quand les autres livres de la Bible ont été rendus en grec. Le petit-fils de Ben Sira (132 av. J.-C.), dans la préface de sa traduction de l'ouvrage de son grand-père, parle de la « Loi, des Prophètes et du reste des livres » comme étant déjà en circulation à son époque. Une Chronique grecque est mentionnée par Eupolemus (milieu du deuxième siècle av. J.-C.); Aristeas, l'historien, cite Job; une note en bas de page du Livre d'Esther grec semble montrer que ce livre était en circulation avant la fin du deuxième siècle av. J.-C.; et le Psautier de la Septante est cité en I Macc. vii. 17. Il est donc plus que probable que toute la Bible a été traduite en grec avant le commencement de l'ère chrétienne (Swete, "An Introduction to the O. T. in Greek," ch. i.). Le grand nombre de communautés juives parlant grec en Palestine, en Syrie, en Mésopotamie, en Asie Mineure et en Afrique du Nord doit avoir facilité sa diffusion dans toutes ces régions. Les citations de l'Ancien Testament trouvées dans le Nouveau sont en grande partie tirées de la Septante; et même là où la citation est indirecte, l'influence de cette version est clairement visible. Cela expliquera aussi dans une certaine mesure l'influence incontestable de la Septante sur la traduction syriaque appelée la « Peshitta ».

Étant une œuvre composite, la traduction varie selon les différents livres. Dans le Pentateuque, naturellement, elle s'attache le plus étroitement à l'original; dans Job elle s'en écarte le plus largement. Dans certains livres (_par ex._, Daniel) l'influence du Midrash juif est plus apparente que dans d'autres. Là où elle est littérale, elle est « intolérable comme œuvre littéraire » (Swete, _ib._ p. 22). La traduction, qui montre par moments une ignorance particulière de l'usage hébraïque, a évidemment été faite d'après un codex qui différait largement en certains endroits du texte cristallisé par la Masorah. Son influence sur les Juifs parlant grec doit avoir été grande. Avec le temps, elle devint la Bible grecque canonique, comme la traduction de Luther devint l'allemande et la Version Autorisée l'anglaise. C'est la version utilisée par les écrivains juifs hellénistiques, Démétrius, Eupolemus, Artabanus, Aristeas, Ézéchiel et Aristobule, ainsi que dans le Livre de la Sagesse, la traduction de Ben Sira et les Sibylles juives. Hornemann, Siegfried et Ryle ont montré que Philo fonde ses citations de la Bible sur la Version de la Septante, bien qu'il n'ait pas de scrupule à les modifier ou à les citer avec beaucoup de liberté. Josèphe suit cette traduction de près (Freudenthal, "Hellenistische Studien," ii. 171; Siegfried, in Stade's "Zeitschrift," iii. 32). Elle devint partie de la Bible de l'Église chrétienne.

Aquila.

Deux choses, cependant, rendirent la Septante à la longue indésirable aux Juifs. Sa divergence avec le texte accepté (appelé ensuite Massorétique) était trop évidente; et elle ne pouvait donc pas servir de base à la discussion théologique ou à l'interprétation homilétique. Cette méfiance fut accentuée par le fait qu'elle avait été adoptée comme Écriture Sainte par la nouvelle foi. Une révision conforme au texte canonique juif était nécessaire. Cette révision fut faite par un prosélyte, [Aquila](/articles/1674-aquila-akvlac-foreignchars-v02p034001-jpg-foreignchars), qui vivait sous le règne d'Hadrien (117-138). On rapporte qu'il fut un disciple de R. Akiba et qu'il a incarné dans sa révision les principes de l'interprétation littérale la plus stricte du texte; certainement sa traduction est pédante et son grec est inélégant. Elle s'efforça seulement de reproduire le texte mot à mot, et pour cette raison elle gagna rapidement la faveur dans les cercles juifs strictement orthodoxes où l'hébreu était encore compris. Non seulement aux jours d'Origène était-elle ainsi populaire, mais, selon le témoignage de Jérôme et d'Augustin, jusqu'aux quatrième et cinquième siècles. De cette traduction quelques fragments nous sont parvenus, ainsi que de nombreuses citations faites par les écrivains chrétiens de l'Hexapla d'Origène. Au milieu du sixième siècle une certaine section des Juifs de Byzance désira lire les lectures du Sabbat en grec aussi bien qu'en hébreu; mais les Rabbis et les autorités désiraient que seul l'hébreu fût lu. La discussion vint devant l'empereur, Justinien, qui en l'année 553 émit une novelle dans laquelle il était expressément énoncé que « les Hébreux sont autorisés à lire l'Écriture Sainte dans leurs synagogues en langue grecque »; et l'empereur les conseilla d'utiliser soit la Septante soit la version d'Aquila (Grätz, "Gesch. der Juden," v. 435).

Théodotion et Symmachus.

Une seconde révision de la Septante fut faite par un certain Théodotion, peut-être originaire d'Éphèse, qui aurait pu vivre vers la fin du deuxième siècle. On dit parfois qu'il fut un convertis au judaïsme. Sa révision, également, est de nature à revendiquer un retour au texte hébreu, mais il évite entièrement le pédantisme d'Aquila, et son grec donne un texte lisible ; les seuls indices de pédantisme sont ses translittérations d'un certain nombre de mots hébreux. Étrangement, sa version de Daniel remplaça entièrement celle de la Septante ; et dans d'autres portions ses traductions se trouvent occasionnellement dans les manuscrits ordinaires de la Septante. Aucune raison suffisante n'a encore été donnée de ce fait. Des fragments de son ouvrage se trouvent aussi dans les restes de l'Hexapla d'Origène. Un troisième traducteur, Symmaque, dont la date n'est pas connue, essaya d'adoucir le grec peu grec d'Aquila par l'usage à la fois de la Septante et de Théodotion. Il semble être le meilleur styliste de tous. Selon Épiphane, il était un convertis samaritain au judaïsme ; mais Eusèbe et Jérôme en font un Ébionite. Des trois autres traductions fragmentaires en grec utilisées par Origène dans la compilation de son Hexapla, très peu de choses sont connues. Il n'est même pas certain qu'elles soient l'ouvrage de Juifs.

Vers la fin du quatorzième siècle ou au début du quinzième une autre traduction de la Bible en grec fut faite, dont la portion couvrant le Pentateuque, Ruth, les Proverbes, le Cantique des cantiques, l'Ecclésiaste, les Lamentations et Daniel est encore préservée en manuscrit (MS. Gr., No. vii.) dans la bibliothèque de Saint-Marc, Venise. Elle a été éditée sous forme définitive par Oscar von Gebhardt (« Græcus Venetus », Leipzig, 1875), avec une préface de Franz Delitzsch. Selon Von Gebhardt, Delitzsch et Freudenthal (« Hellenistische Studien », p. 129), l'auteur était un Juif qui, pour une raison ou une autre, préférait le commentaire de David Ḳimḥi à celui de Rashi. L'auteur a aussi utilisé les anciennes versions grecques. Le corps du travail est rendu en grec attique ; les portions araméennes de Daniel sont rendues en dorien. Delitzsch a tenté d'identifier l'auteur avec un certain Eliseus, un Juif savant à la cour de Murad Ier. (voir « Theol. Lit. Zeit. » i. 107 ; Swete, _l.c._ p. 56 ; Nestle, _l.c._ p. 84). D'autre part, P. Frankl a tenté de montrer que le traducteur était un chrétien et non un Juif (« Monatsschrift », xxiv. 372). Selon Grätz (« Gesch. der Juden », vii. 318), Shemariah de Négreponte (1328-46) rendit le Livre de la Genèse en grec, dans une tentative de combler le fossé qui séparait les Karaïtes des Rabbinites. Mais l'ouvrage de Shemariah était un commentaire et non une traduction (Steinschneider, « Hebr. Bibl. » xv. 39). Sur les traductions des Hafṭarot en grec voir « Magazin », ii. 5.

Grec moderne.

La première tentative de traduire la Bible en grec moderne fut faite par un moine de l'île de Crète, nommé Agapiou. En 1543 il publia une version des Psaumes qui suivait de près la traduction de la Septante. Cela précéda la première traduction juive de seulement quelques années. Une colonne du Pentateuque Polyglotte (Constantinople, 1547) contenait une version néo-grecque en caractères hébreux. Le dialecte utilisé est celui de l'Épire ; et pas un seul mot de turc ne s'y trouve. Bien que pleine d'hébraïsmes, on dit qu'elle est d'importance pour l'étude de la linguistique grecque. Les peu nombreuses copies de cette édition qui sont maintenant connues ne s'accordent pas ; et il a été suggéré que des corrections furent faites au texte pendant l'impression. Dans la « Revue des Etudes Grecques » (iii. 288 _et seq._) Belleli a réimprimé les quatre premiers chapitres de la Genèse ; et un facsimilé du tout a été publié par D. C. Hesseling, « Les Cinq Livres de la Loi » (Leyde, 1897 ; comparer la discussion dans « Rev. Etudes Juives », xxxv. 132, 314). Une traduction de Jonas en grec moderne se trouve dans un volume manuscrit de prières dans la bibliothèque de l'Université de Bologne ; et il est connu, par R. Meïr Katzenellenbogen, que de son temps (1470-1565) il était coutumier à Padoue de lire la Hafṭarah du jour du Pardon en langage vulgaire ; cela était aussi le cas à Candie (Kapsali, ed. Lattes, p. 22). L. Modena a montré (« Cataloghi dei Codici Orientali », p. 335, Florence, 1876) que ce manuscrit du treizième siècle, qui provient originellement de Canée, est similaire au MS. No. 1144 dans la collection Bodléienne (Neubauer, « Cat. Bodl. Hebr. MSS. » col. 333 ; « Rev. Etudes Juives », xxiii. 135). En 1576 Moses ben Elijah Phobian, ou Popian, publia à Constantinople une traduction néo-grecque de Job dans le but exprès de faciliter l'enseignement de l'hébreu (Belleli, dans « Rev. Etudes Juives », xxii. 250 ; comparer _ib._ xxiii. 136, xxiv. 160, et Güdemann, « Quellen' » pp. 239-289).

La Peshiṭta.

La traduction syriaque de l'Ancien Testament a sans doute été faite directement à partir de l'hébreu ; bien qu'à Antioche, au cours du troisième siècle de l'ère présente et aux périodes ultérieures, elle ait été révisée de façon à la conformer à la Septante. L'histoire de ses origines est obscure ; mais elle a probablement été faite en Mésopotamie au cours du premier siècle. Comme pour la plupart des traductions plus anciennes, diverses mains y ont travaillé. Perles ("Meletemata Peschittoniana," Breslau, 1859), Prager ("De Veteris, Testamenti Versione Peschitto," Göttingen, 1875), et Bacher ([voir Aramaic Language](/articles/1707-aramaic-language-among-the-jews)) croient que c'est l'œuvre de Juifs : mais cela n'a pas encore été prouvé ; et l'avis de Dathe, Eichhorn, Hitzig, Nöldeke, et Renan, selon lequel elle doit son origine à des judéo-chrétiens, semble plus probable. Perles a cependant montré qu'il existe dans la Peshiṭta des preuves incontestables de l'influence du Targum, particulièrement dans la Genèse. Cela a été confirmé pour Ézéchiel par Cornill ("Das Buch Ezekiel," p. 154), pour les Chroniques par S. Fränkel (dans "Jahrb. für Protestantische Theologie," 1879), et pour Job par Stenig ("De Syriaca Libri Jobi Interp." Helsingfors, 1887), Mandl ("Peschitto zu Hiob," Leipsic, 1892), et Hauman (dans "Zeitschrift" de Stade, xix.29). L'accord le plus étroit entre les deux versions se trouve dans le Livre des Proverbes ; mais on tient généralement pour établi que dans ce cas le Targum reflète la Peshiṭta et non l'inverse, comme le prétend Maybaum (Merx, "Archiv," vol. ii.). Cette opinion est soutenue par une considération du caractère général de la traduction (Pinkuss, dans "Zeitschrift" de Stade, xiv. 101 ; voir aussi Duval, "Littérature Syriaque," 1899, pp. 31 _et seq._).

Versions arabes.

Il est impossible de dire à quelle époque les Juifs ont commencé à traduire la Bible en arabe. Après les premières victoires des Mahométans, la civilisation arabe et l'environnement arabe mirent les Juifs en rapport très étroit avec la langue arabe. Même là où l'hébreu était encore maintenu, l'alphabet hébreu dut parfois sortir de l'usage ; car il existe quelques manuscrits caraïtes du dixième siècle, donnant le texte hébreu en caractères arabes et les lettres utilisées comme signes diacritiques vocaliques (R. Hörning, "British Museum Karaite MSS." Londres, 1889 ; Margoliouth, "Cat. Hebr. and Samaritan MSS. Brit. Mus." i., Nos. 103, 104). Que les Juifs n'aient guère eu de scrupules à lire la Bible en arabe peut se voir dans le conseil de Judah ibn Tibbon à son fils de lire les leçons du sabbat dans cette langue ("Jew. Quart. Rev." xii. 484). Il n'existe cependant aucun fait qui prouve que les premiers Juifs d'Arabie possédaient une quelconque traduction arabe de la Bible. Il existe une tradition remontant à Abu Huraya, contemporain de Mahomet, selon laquelle « Les Gens du Livre avaient l'habitude de lire la Taurah [Torah] en hébreu et de l'interpréter en arabe aux adeptes de l'Islam » ; tradition qui est à la base de la polémique d'Abu Mohammed ibn Ḥazm (m. 1064). Une autre tradition dit que « Ka'ab le rabbi apporta un livre ["sifr"] à Omar le calife et dit, 'Voici la Torah, lis-la' » (Goldziher, dans "Z. D. M. G." xxxii. 344). Les preuves sont insuffisantes ; et il y a même moins de fondement pour l'idée de Sprenger selon laquelle des écrits apocryphes circulaient en Arabie aux jours de Mahomet (voir Kuenen, "Volksreligion," p. 297). À une époque ultérieure cependant, de telles traductions doivent avoir existé, bien que peu de crédit puisse être accordé aux affirmations des écrivains polémiques qu'ils avaient « lu ceci dans la Torah » ou « dans le Zabur [Psaumes] » (_ib._ p. 351 ; comparer "Zeitschrift" de Stade, xiii. 315). Le Fihrist (éd. Flügel, i. 22) d'Al-Nadim mentionne un Aḥmad ibn Abd Allah ibn Salam qui traduisit la Bible en arabe, au temps de Harun al-Rachid. Faḥr al-Din al-Razi mentionne une traduction d'Habacuc par le fils de Rabban al-Ṭabari ("Z. D. M. G." xlii. 645). Beaucoup des historiens arabes, tels qu'Al-Ṭabari, Mas'udi, Ḥamza, et Biruni, citent des passages et racontent les premiers temps de l'histoire des Juifs de la manière la plus circonstanciée. Ibn Ḳutaibah, l'historien (m. 889), dit qu'il lut la Bible ; et il fit même une collection de passages bibliques dans une œuvre qui a été conservée par Ibn Jauzi du douzième siècle (voir Haupt et Delitzsch, "Beiträge zur Assyriologie," iii. 46 ; "Zeitschrift" de Stade, xv. 138).

Saadia Gaon.

La première traduction arabe importante est celle de Saadia Gaon (892-942). L'influence de cette traduction fut à sa manière aussi grande que celle de l'œuvre philosophique du gaon. Elle est restée jusqu'à ce jour _la_ version pour les Juifs dans les pays de langue arabe : elle est honorée du nom de « Targum » ; et dans beaucoup des manuscrits arabes du sud, elle suit le verset araméen après le verset araméen, comme l'araméen suit l'hébreu. Saadia prend en général le Targum comme guide, notamment en éliminant tous les anthropomorphismes. Sa pensée principale, cependant, est de produire une traduction lisible et intelligible. En ce sens sa traduction peut être appelée libre ; il travaillait évidemment pour un public lecteur général, aussi bien juif que musulman, et non pour les savants. Ibn Ezra le blâme de la facilité apparente avec laquelle il passe sur les difficultés. Mais, en appelant cette traduction un « tafsir » (explication), il entendait indiquer qu'il visait à présenter le sens simple (« basiṭ »=« peshaṭ ») du texte biblique ; et Abu al-Walid le considère comme le principal représentant de cette méthode. Sa croyance fervent en l'inspiration verbale du texte biblique le tenait libre, d'une part, de l'influence de sa philosophie rationaliste et, d'autre part, de la méthode allégorique du Talmud (Editio Derenbourg, v. x.; Bacher in Winter and Wünsche, "Jüdische Litteratur," iii. 244). Quand aucun mot en arabe n'exprime exactement sa pensée, il emploie le mot hébreu ou adopte la construction hébreu. En outre, il tente de reproduire des mots hébreux par des mots arabes ayant un son semblable (Munk, in Cahen's "Bible," ix. 127). Saadia, dans l'introduction au commentaire du Pentateuque, déclare qu'il le traduisit deux fois : une fois avec un commentaire développé ; la deuxième fois sans le commentaire. De la première traduction seuls quelques fragments et des citations par Abraham ibn Ezra, Baḥya ben Asher, Abraham Maimonides, etc., ont été conservés (Derenbourg's ed. of the Pentateuch, Hebrew part, p. vii.; "Monatsschrift," xli. 205; "Jew. Quart. Rev." xii. 536). De cet ouvrage, autrefois complet, seuls le Pentateuque, Isaïe, les Petits Prophètes, des portions de Juges, les Psaumes, Job, les Proverbes, et Daniel sont maintenant extants.

La traduction de Saadia fut d'abord imprimée dans le Pentateuque polyglotte, Constantinople, 1546. Elle fut reproduite en caractères arabes dans les Polyglotes de Paris et Londres (1645-57). De temps en temps des éditions plus ou moins critiques de diverses portions ont été publiées ; une liste complète de ces éditions ainsi que des manuscrits extants est donnée par Steinschneider dans le « Kaufmann Gedenkbuch », pp. 153 _et seq._ (voir aussi "Monatsschrift," xli. 124, et Engelkemper, "De Saadiæ Gaonis Vita, Bibliorum Versione, etc.," Münster, 1897). Une édition définitive de la traduction et des commentaires a été commencée par le défunt Joseph Derenbourg, « Œuvres Complètes de R. Saadia », Paris, 1893 _et seq._, et est continuée par Hartwig Derenbourg et Mayer Lambert ; le Pentateuque, Isaïe, les Proverbes, et Job ont paru (1902).

Autres versions arabes.

Un certain nombre d'autres traductions en arabe ont dû exister. Abu al-Walid en mentionne quelques-unes, bien qu'on puisse difficilement déterminer aujourd'hui à quelles traductions il se réfère (Bacher, "Leben und Werke des Abulwalid," p. 99). Certaines d'entre elles, bien qu'elles n'aient pas de relation directe avec celle de Saadia, montrent des traces évidentes de son influence. C'est du moins le cas d'une traduction des Petits Prophètes, d'Isaïe, de Jérémie et d'Ézéchiel, trouvée dans le Codex Huntington (No. 206 à la Bodleian Library, Oxford). De ce manuscrit, Osée a été publié par R. Schröter dans Merx, "Archiv," i. 28 _et seq._ M. Peritz a édité "Zwei Alte Uebersetzungen des Buches Ruth," Berlin, 1900 ("Monatsschrift," 1899, pp. 49 _et seq._). La seconde, d'un manuscrit du British Museum, bien qu'elle présente la plupart des particularités de la traduction de Saadia, n'est pas de lui (voir aussi Poznanski, in "Zeit. für Hebr. Bibl." iv. 167). On ne sait rien des fragments de la version arabe du Pentateuque trouvés dans le manuscrit du douzième siècle, Saint-Pétersbourg, Nos. 137 et 138 (Harkavy-Strack, "Catalog," p. 164). Une autre traduction des Cinq Rouleaux se trouve dans les MSS. du British Museum, Nos. 146, 147 (Poznanski, in "Rev. Etudes Juives," xli. 302). Une version rimée des Psaumes a été faite par un certain Ḥafẓ al-Ḳuṭi (dixième siècle), qui se trouve dans un manuscrit de la Bibliothèque Ambrosienne à Milan (Hammer-Purgstall in "Bibl. Ital. di Letteratura," civ. 36), copié en 1625 d'un manuscrit de l'Escurial, qui a depuis été perdu. Il en est fait mention par Moses ibn Ezra dans sa "Poétique" ; mais il est évident que cette traduction a été faite par quelqu'un qui n'était même pas, comme on l'a supposé, un Juif converti ("Hebr. Bibl." x. 26). Neubauer a fait remarquer ("Rev. Etudes Juives," xxx. 65) qu'elle contient des citations chrétiennes ; et le terme "le Goth" (_ib._ p. 318) suffirait à indiquer que l'auteur était chrétien. Une version de l'Ecclésiaste par Judah ibn Ghayyat a été publiée par J. Löwy, Leyde, 1884 (voir le "Jüdisches Litteratur-Blatt" de Rahmer, 29 mai 1884, p. 88). Au treizième siècle, une traduction du Pentateuque a été faite par un Juif africain, qui s'est également basé sur celle de Saadia. Elle est connue sous le nom de "Arabs Erpenii" ("Pent. Mosis Arabice," Lug.-Bat. MS., No. 1622). (Sur une prétendue traduction des Psaumes par Saadia ben Levi Azankot, voir Steinschneider, "Cat. Bodl." col. 2227.) À l'époque moderne, plusieurs traductions arabes de la Bible ont été publiées en Inde ; _p.ex._, par Ezekiel Shem-Ṭob David, Bombay, 1889, et les Apocryphes par Joseph David, Bombay, 1895.

Versions Caraïtes.

Il était naturel que les Caraïtes refusent de faire usage de la version en arabe faite par leur ennemi mortel, Saadia. Seulement deux ou trois de leurs tentatives pour la remplacer nous sont parvenues ; et même celles-ci n'ont été conservées que sous une forme extrêmement fragmentaire. Une des plus anciennes de ces tentatives était celle de Joshua b. Ari, ou, pour lui donner le nom par lequel il est mieux connu, Abu al-Faraj Furḳan ibn Asad, un Caraïte érudit de Jérusalem du milieu du onzième siècle. Une partie de sa traduction arabe du Pentateuque se trouve dans le MS. Or. 2491 du British Museum. Elle montre occasionnellement une tendance décidément rationaliste, des gloses explicatives étant introduites ici et là dans le texte (G. Margoliouth, in "Jew. Quart. Rev." xi. 190). Que Japheth ha-Levi (Ibn Ali al-Baṣri) ait réellement traduit certaines parties de la Bible (Margoliouth, "Descriptive List," pp. 25 _et seq._) reste indéterminé ; mais on sait qu'il avait l'ambition de rédiger un commentaire étendu sur la Bible entière (Steinschneider, "Hebr. Uebers." p. 941). Selon Margoliouth ("Cat. Hebr. and Samaritan MSS. Brit. Mus." p. 71), le MS. Brit. Mus. 101 (Or. 2481) contient une traduction arabe du Pentateuque basée sur celle de Japheth.

Révision Samaritaine de Saadia.

La traduction de Saadia, comme il est dit plus haut, était devenue un ouvrage de référence en Égypte, en Palestine et en Syrie. Mais aux Samaritains elle était aussi désagréable (Harkavy, "Ḥadashim," No. 7, p. 22) qu'elle l'avait sans doute été aux Caraïtes, à cause des interprétations rabbiniques qu'elle représentait. À un moment donné, peut-être pendant le treizième siècle, elle a été révisée par un Samaritain dans le but exprès de l'adapter à l'usage de ses coreligionnaires. Cette révision est généralement considérée comme ayant été faite par Abu Sa'id ibn abu al-Ḥusain ibn abu Sa'id, et a retenu l'attention de savants européens tels que De Sacy ("Mémoires de l'Académie," 1808, xlix. 1 _et seq._), Gesenius ("De Pentateuchi Samaritani Origine, Indole et Auctoritate," p. 120, Halle, 1815), et Juynboll ("Commentatio de Versione Arabico-Samaritana," Amsterdam, 1846). De celle-ci la Genèse, l'Exode et le Lévitique ont été édités par A. Kuenen (Leyde, 1851-54 ; voir Kohn, "Zur Sprache der Samaritaner," p. 134 ; Nestle, _l.c._ p. 153). Abu Sa'id était supposé avoir vécu autour de l'année 1070 ; mais Wreschner ("Samaritanische Tradition," 1888, p. xix.) a montré qu'il a vécu au treizième siècle. Selon Joseph Bloch, "Die Samaritanisch-Arabische Pentateuch Uebersetzung," p. 16, Berlin, 1901, le véritable traducteur est peut-être le Tyrien, Abu al-Ḥasan, et Abu Sa'id n'est qu'un scoliaste. Si cela est vrai, ce n'était pas la première traduction ; car une a été faite au douzième siècle par Ṣadaḳa ibn Munajja de Damas, un médecin au service du Sultan Malik al-Ashraf (Haji Khalifah, ii. 402 ; Neubauer, "Chronique Samaritaine," p. 112).

Versions Persanes.

On ne sait pas à quelle époque les premières traductions de la Bible en persan ont été faites. D'après des citations dans le « Dinkard » et le « Shikand Gumanik Vijar » (ouvrages théologiques de la période sassanide), James Darmesteter a supposé qu'une traduction existait en pahlavi (« Rev. Etudes Juives, » xviii. 5) ; mais cette supposition n'est soutenue par aucune preuve réelle. Blau aussi (« Einleitung, » p. 95) semble pencher pour cet avis, parce que Bab. Meg. 18a parle d'un rouleau d'Esther dans les langues élamite et médienne. Selon Maïmonide, le Pentateuque a été traduit en persan plusieurs siècles avant Mahomet (Zunz, « G. V. » 2e éd., p. 9). Cette assertion ne peut pas non plus être davantage vérifiée. La version la plus ancienne dont nous ayons connaissance est celle faite par Jacob ben Joseph Tawus, et imprimée en caractères hébreux dans le Pentateuque polyglotte, Constantinople, 1546. Elle a été transcrite en caractères persans et traduite en latin par Thomas Hyde, et publiée sous cette forme dans le Polyglot de Londres. Kohut (« Beleuchtung der Persischen Pentateuch-Uebersetzung, » 1871) place Tawus dans la première moitié du seizième siècle (voir aussi Zunz, « G. S. » iii. 136). Selon Steinschneider (« Jewish Literature, » p. 321), Tawus s'est servi d'une traduction antérieure faite au treizième siècle (voir Munk, dans la « Bible » de Cahen, vol. ix.), qui suivait le Targum et le commentaire de David Ḳimḥi. Un certain nombre de traductions en persan se trouvent dans les différentes collections de manuscrits, dont voici une liste partielle :

- Pentateuque : Vatican MS. 61 (Guidi, dans « Rendiconti . . . dei Lincei, » 1885, p. 347). Codex Adler B. 63, écrit en 1776 (« Jew. Quart. Rev. » x. 596). Codex Saint-Pétersbourg 141 (non par Tawus ; Harkavy-Strack, « Cat. » p. 166). - Psaumes : Vatican MS. 37 ; Bodleian MS. 1830. Vatican MS. 42 ; Bodleian MS. 1827 (Juif ? Horn, dans « Z. D. M. G. » li. 7). Codex Adler B. 27 (« Jew. Quart. Rev. » x. 592). Brit. Mus. MSS. 159, 160 (traduits environ 1740 par Baba b. Nuriel d'Ispahan ; Margoliouth, « Cat. of Hebr. and Samaritan MSS. Brit. Mus. » p. 120). Brit. Mus. MS. Or. 4729 (daté de 1822 ; « Jew. Quart. Rev. » vii. 119). - Proverbes, Cantiques, Ruth, Ecclésiaste : Paris MS. 116 (« Cat. des MSS. Héb. de la Bibl. Nat. »). - Proverbes, Cantiques, Ecclésiaste : Codex Adler B. 46 (« Jew. Quart. Rev. » x. 595). Paris MS. 117 (« Cat. des MSS. Héb. de la Bibl. Nat. »). - Proverbes : Sur une traduction actuellement perdue, voir Lagarde, « Symmicta, » ii. 14. - Job et Lamentations : Codex de Rossi 1093 (Zunz, « G. S. » iii. 135). Paris MS. 118 (« Cat. des MSS. Hébreux de la Bibl. Nat. »). - Job : Codex Saint-Pétersbourg 142 (Harkavy-Strack, p. 167). Paris MSS. 120, 121 (« Catalogue, » etc.). - Cantique des Cantiques : Codex Adler B. 12 (« Jew. Quart. Rev. » x. 589). - Daniel : Paris MSS. 128, 129 (« Catalogue, » etc.). - Esther : Codex Adler T. 16 et 27 (« Jew. Quart. Rev. » x. 598, 599). Paris MS. 127 (« Catalogue, » etc.). - Tobit, Judith, Bel et le Dragon, Antiochus : Codex Bodleian 130. - Petits Prophètes : Codex Saint-Pétersbourg 139 et Codex B. 18 (Harkavy-Strack, pp. 165, 262). - Hafṭarot : Codex Saint-Pétersbourg 140 (Harkavy-Strack, p. 166).

Il y a aussi quelques traductions tout à fait modernes en persan, comme ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p190001.jpg), Vienne, 1883 (traduit par Benjamin Cohen de Boukhara ; voir « Lit.-Blatt für Or. Phil. » i. 186) ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p190002.jpg)![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191001.jpg), Jérusalem, 1885 ; Job, _ib._ ; les deux derniers aussi traduits par Benjamin Cohen.

Versions tatares.

Pour l'usage des Karaïtes en Crimée et en Turquie, une traduction a été faite dans le dialecte Tshagatai-Tatar. Le Pentateuque a été imprimé (texte et Tshagatai en caractères hébreux) par 'Irab Ozlu & Sons, Constantinople, 1836, avec le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191002.jpg) ; en marge se trouvent les ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191003.jpg) ; et des poèmes acrostichiques ont été ajoutés par Abraham ben Samuel, Simḥah ben Joseph ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191004.jpg) (Chages ?), Isaac Cohen, et Isaac ben Samuel Cohen de Jérusalem. Toute la Bible a été imprimée en Tshagatai par Mordecai Trishkin (4 vol., Goslov, 1841-42 ; voir « Jew. Quart. Rev. » xii. 686). Des extraits se trouvent aussi dans le ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191005.jpg) de Musafia, imprimé à Ortaköi (Constantinople), 1825, et publié par le même établissement qui édita le Pentateuque de 1836 (« Jew. Quart. Rev. » xiii. 549). Des manuscrits de telles traductions existent aussi à la Bibliothèque Impériale de Saint-Pétersbourg (nos 143-146 ; Harkavy-Strack, « Cat. » pp. 167-170).

Copte et hongrois.

La tradition talmudique parle expressément d'une traduction copte de la Bible (Meg. 18a ; Shabbat 115a). Cornill, dans son examen du texte copte d'Ézéchiel, trouve que celle publiée par Tattam est de caractère composite et non pas simplement une traduction de la Septante. Blau croit qu'elle a été faite directement à partir du texte hébreu (« Einleitung, » p. 91 ; « Jew. Quart. Rev. » ix. 728).

Aucune traduction juive en hongrois n'a été faite jusqu'à très récemment, les Juifs de Hongrie faisant usage des versions catholiques et protestantes des seizième et dix-septième siècles. Vers le milieu du dix-neuvième siècle, M. Bloch (Ballaghi) a entrepris une telle traduction ; mais il n'a pas eu de succès. Son projet a été réalisé récemment (1902) ; et le Pentateuque (par M. Bernstein et M. Blau), Josué, Juges, Samuel et Rois (par Julius Fischer, Bánóczi, Bacher, et Krauss) ont paru (voir « Rev. Etudes Juives, » xliii. 158).

Judéo-allemand.

La traduction de la Bible en dialecte allemand parlé par les Juifs de l'Europe centrale a commencé à une date précoce. Un manuscrit de la collection de De Rossi, daté de Mantoue, 1421, contient une traduction judéo-allemande de Josué, Juges, Jonas et quatre des Megillot. De Rossi supposa qu'elles avaient été écrites en polonais parce qu'elles avaient été apportées en Italie par des Juifs polonais (Neubauer, in "Jew. Quart. Rev." iv. 703). De telles traductions étaient techniquement connues sous le nom de "Teutsch-Ḥummash." Un imprimeur avait innocemment placé les paroles ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191006.jpg) (Cant. iii. 11) sur la page de titre d'une telle traduction faite par Jacob ben Isaac de Janow (Lublin, XVIIe siècle ?), d'où elles devinrent familièrement appelées "Ze'enah U-re'ennah" ; et jusqu'à l'époque de la traduction de Mendelssohn, elles furent des livres de lecture populaires, spécialement pour les femmes le samedi. Elles furent embellies de toutes sortes d'explications, de légendes et de sentences morales, qui furent insérées dans le texte (Steinschneider, "Volkslitteratur der Juden," p. 17). Le premier rendu de ce genre fut fait par un converti, Michael Adam, traducteur de Yosippon en judéo-allemand. Il fut publié par Paulus Fagius, Constance, 1543-44 (Steinschneider, "Cat. Bodl." Nos. 1187, 4333; Perles, in "Monatsschrift," xxv. 361; _id._ "Aramäische Studien," p. 167; "Rev. Etudes Juives," v. 143, 315), et fut réimprimé à Bâle en 1583 et 1607. Il n'a rien de commun avec la traduction de Luther, comme Wolf ("Bibl. Hebr." iv. 198) le suppose. Ce Pentateuque fut réimprimé à Crémone, 1560 (éd. Judah ben Moses Naphtali) ; Bâle, 1583 ; _ib._ 1603 ; Prague, 1608, 1610 ; Francfort-sur-le-Main, 1687. Une version rimée en parut à Fürth, 1692, et Wilmersdorf, 1718 ; et une seconde version rimée de la Genèse fut faite par un certain Aaron de Prague durant le dix-septième siècle. En 1543-44 Paulus Æmilius publia une traduction similaire du Pentateuque (Augsbourg, 1544). Il est incertain si Æmilius copia simplement l'édition d'Adam ou non (Steinschneider, in "Zeit. für Gesch. der Juden in Deutschland," i. 286). Æmilius édita aussi à Ingolstadt (1562) la traduction judéo-allemande rimée de Samuel en caractères allemands. C'était une simple copie de l'édition en caractères hébreux par Ḥayyim ben David Schwartz, Augsbourg, 1544 (_ib._ i. 285). Elle s'appelait le ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191007.jpg) ("Livre de Samuel"). Cela fut réimprimé à Mantoue vers 1562 ; Cracovie, 1593 ; Prague, 1609 ; Bâle, 1612. Schwartz publia aussi une traduction rimée des Rois, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191008.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191009.jpg), Augsbourg, 1543 ; Prague, 1607. Une traduction de Juges (rimée) parut à Mantoue en 1561 ; une de Josué, "derneut in teutscher Sprach, wol gereimt . . . hübsch mit Midraschim," à Cracovie en 1588 ou 1594 ; une du Cantique, par Isaac Sulkes, à Cracovie en 1579 ; une autre par Moses Särtels, Prague, 1604 ; une de Jérémie, _ib._ 1602 ; une d'Ézéchiel (rimée), _ib._ 1602 ; et une de Jonas, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191010.jpg) mit viel ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191011.jpg) und alle Midraschim" (rimée), Prague, avant 1686.

La première traduction judéo-allemande des Psaumes fut celle d'Elijah Levita (Venise, 1545 ; Zurich, 1558, etc.) ; elle était arrangée dans l'ordre des psaumes dits chaque jour de la semaine. Une ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191012.jpg) rimée par Moses Stendal parut à Cracovie en 1586. Les Proverbes furent traduits par Mordecai ben (Isaac) Jacob Töplitz, Cracovie, 1582 (une version parut aussi à Amsterdam, 1735) ; et Job par le même (?), Prague, 1597. Une traduction des Rois parut à Cracovie en 1583 (Neubauer, in "Rev. Etudes Juives," v. 144) ; une d'Esther, _ib._ 1596 ; et une de Daniel, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191013.jpg) in teutscher Sprach hübsch und bescheidlich, gar kurzweilig darin zu leien Weiber und Meidlich," Cracovie, 1588. Ces éditions de Cracovie sortirent de la presse d'Isaac ben Aaron Prossnitz, dont l'intention était de publier la Bible entière en judéo-allemand afin que "les femmes et les enfants puissent lire sans l'aide d'un maître" (Perles, in "Monatsschrift," xxv. 353).

Bible d'Isaac Blitz.

La première Bible complète en judéo-allemand fut celle d'Isaac Blitz, Amsterdam, 1676-78. Elle était destinée à l'usage des Juifs polonais qui y avaient fui quelques années auparavant en raison des persécutions de Chmielnicki. Il devait être l'intention du traducteur de pousser aussi sa vente en Pologne ; car des lettres patentes lui furent accordées par Jean Sobieski III. Cette traduction exerça très peu d'influence, car le judéo-allemand dans lequel elle était écrite contenait beaucoup de mots et d'expressions hollandais (Wiener, "Yiddish Literature," p. 19). Une seconde traduction, en opposition à celle de Blitz, fut publiée à Amsterdam en 1679 par Joseph Witzenhausen, anciennement compositeur à l'emploi d'Uri Phoebus, l'imprimeur de l'édition précédente. Witzenhausen put obtenir l'approbation du Conseil des Quatre Terres, et sa tentative de faire supplanter l'édition d'Athias celle de Phoebus occasionna beaucoup de mauvaises relations (voir Joseph Athias). Une seconde édition de cette dernière traduction fut publiée à Amsterdam en 1687, et une troisième, en caractères allemands, à Wandsbeck en 1711. Une troisième traduction, par Süssman Rödelheim et Menahem Man Levi, sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192001.jpg), parut à Amsterdam en 1725-29. Au même endroit en 1735 fut publiée une édition des Proverbes ("Cat. Rosenthal. Bibl." i. 207). Il fallut attendre plus de cent ans avant qu'une autre traduction allemande complète fût publiée, à savoir à Prague, 1833-37 ; mais celle-ci était de caractère composite, car son éditeur, W. Meyer, se servit de diverses traductions (en général, comparer Grünbaum, "Jüdisch-Deutsche Chrestomathie," Leipzig, 1882).

Traduction allemande—Mendelssohn.

La connaissance croissante des Juifs de la littérature allemande provoqua bientôt un mécontentement marqué envers ces traductions judéo-allemandes. Ce mécontentement fut exprimé par les rabbins de Berlin, du Mecklembourg et de Courlande (Zunz, "G. V." 2e éd., p. 467). Pour répondre à ce besoin, Mendelssohn intervint ; et sa traduction du Pentateuque mérite plus qu'une simple mention. Elle eut une importance particulière en ce qu'elle non seulement suscita un intérêt esthétique pour la littérature chez ceux qui la lisaient, mais aussi prépara la voie à un usage plus général de l'allemand standard parmi les Juifs d'Allemagne, parmi lesquels on peut dire qu'elle introduisit une nouvelle ère littéraire (Kayserling, "Moses Mendelssohn," p. 286; "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 320; Auerbach, in "Zeitschrift für Gesch. der Juden in Deutschland," i. 25; Wogue, "Hist. de la Bible et de l'Exégèse," p. 329). Mendelssohn entreprit le travail pour l'instruction de ses propres enfants ; mais sur le conseil de Solomon Dubno, consentit à sa publication à condition que Dubno rédigeât un commentaire expliquant les raisons pour lesquelles Mendelssohn choisit ses diverses traductions. Un spécimen, "'Alim li-Trufah," fut édité par Dubno (Amsterdam, 1778), et suscita l'intérêt le plus vif de la part des chrétiens aussi bien que des Juifs. Il était naturel qu'il provoquât aussi une opposition énergique, particulièrement de la part de ceux des Juifs qui craignaient que la lecture de l'allemand standard ne causât aux jeunes Juifs de négliger leurs études hébraïques. Au premier rang de cette opposition se trouvaient les rabbins Ezekiel Landau (m. 1793) de Prague, Raphael ha-Kohen (1722-1803), de Hambourg, Altona et Wandsbeck, Hirsch Janow (1750-85) de Fürth, et Phineas Levi Horwitz (1740-1803) de Francfort-sur-le-Main.

En juin 1799, la traduction proposée fut mise au ban à Fürth. Elle fut aussi interdite dans quelques villes de Pologne, et on dit même qu'elle aurait été brûlée publiquement. Un ban supplémentaire y fut prononcé par Raphael ha-Kohen (17 juillet 1781 ; voir Grätz, "Gesch. der Juden," xi. 585, note 1). Le travail sur elle fut cependant continué avec l'assistance de Solomon Dubno, Hertz Homberg, et Aaron Jaroslav. Dubno fut pris de peur par l'opposition persistante, et se retira, forçant Mendelssohn lui-même à accomplir une part supplémentaire du travail. Bien que la traduction fût en allemand standard, elle fut imprimée en caractères hébreux sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192002.jpg), avec un commentaire hébreu ou "biur," les commentaires de Rashi, etc., et une introduction par Naphtali Hertz Wessely. Elle parut par parties — Genèse, Berlin, 1780 ; Exode, _ibid._ 1781 ; Lévitique, _ibid._ 1782 ; Nombres et Deutéronome, _ibid._ 1783 — et a souvent été rééditée tant en allemand qu'en caractères hébreux.

Une tentative fut faite au temps de Mendelssohn pour publier une édition en caractères allemands ; mais les Juifs allemands à cette époque considéraient le travail comme tellement exceptionnellement étrange que sa publication dut être suspendue (Bernfeld, "Juden im 19 Jahrhundert," p. 9). Mendelssohn publia aussi (Berlin, 1783) une traduction des Psaumes (qui cependant suit de près celle de Luther ; "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 320) et une du Cantique des Cantiques (_ibid._ 1788). Ces traductions tentaient une reproduction consciencieuse du texte, et cherchaient à faire sentir le pathos de l'original dans l'allemand ; et elles furent suivies par une grande école de traducteurs ([voir Biurists](/articles/3347-biurists)). C. E. J. Bunsen ("Vollständiges Bibelwerk," I. xvii.) appelle ces traductions et d'autres semblables des "Synagogenbibeln." Il dit « elles ne parlent pas dans la langue allemande historique, mais dans l'allemand judéo-rabbinical hébraïque » ; un jugement qui est entièrement unilatéral, si l'on excepte les noms propres, où une tentative fut faite pour reproduire les originaux hébreux ("Monatsschrift," ix. 156).

Seuls quelques disciples de Mendelssohn peuvent être mentionnés ici. Sa traduction du Cantique des cantiques a été publiée après sa mort par Joel Löwe et Aaron Wolfson. Le premier d'entre eux a également publié une traduction de Jonas (Berlin, 1788); tandis que le second a traduit les Lamentations, Esther et Ruth (Berlin, 1788), Job (_ib._ 1788; Prague, 1791; Vienne, 1806), et les Rois (Breslau, 1809). Isaac Euchel a traduit les Proverbes (Berlin, 1790; Dessau, 1804), introduisant cependant des expressions philosophiques dans le texte, ce qui a souvent obscurci le sens. David Friedländer, qui a traduit l'Ecclésiaste (en caractères allemands, Berlin, 1788), s'est exprimé dans un style belles-lettres. Meïr Obernik a traduit Josué, Juges et Samuel, et, conjointement avec Samuel Detmold, le Deuxième livre de Samuel (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192003.jpg)), Vienne, 1792). M. Philippson, Joseph Wolf, Gotthold Salomon, Israel Neumann, et J. Löwe ont été les traducteurs des Petits Prophètes publiés à Dessau, 1805, sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192004.jpg) (stéréotypé dès 1837). Wolf a également publié une traduction de Daniel (Dessau, 1808); David Ottensosser celle de Job (Offenbach, 1807), Isaïe (Fürth, 1807), et les Lamentations (_ib._ 1811), et conjointement avec S. J. Kohn, de Jérémie (_ib._ 1810). Une traduction d'Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Esdras, Néhémie, et Chroniques par Ottensosser, Kohn, et Schwabacher a paru à Fürth, 1807-23. Isaïe a également été traduit par Isaiah Hochstetter (Winter and Wünsche, "Die Jüdische Litteratur," iii. 744), Jérémie par Heinemann (Berlin, 1842), Job par Beer Blumenfeld (Vienne, 1826), et les Psaumes par Shalom Kohn (Hambourg, 1827). La période des biblistes mendelssohniens peut être convenablement dite se terminer avec la Bible publiée par Moses Landau (20 parties, Prague, 1833-37), mentionnée ci-dessus. De cet ouvrage, les traductions du Pentateuque, des Psaumes, et des Cinq Rouleaux étaient celles de Mendelssohn; les traductions des autres livres ont été fournies par Moses Landau, J. Weisse, S. Sachs, A. Benisch, et W. Mayer; et les Petits Prophètes ont été réimprimés de l'édition de Dessau, 1805 (Steinschneider, "Cat. Bodl." No. 972). Il peut aussi être ajouté ici qu'une édition des Proverbes, Job, et des Cinq Rouleaux, avec des traductions par Obernik, Euchel, Wolfson, Mendelssohn, et Friedländer, était déjà apparue à Vienne en 1817-18; et en caractères hébreux à Bâle en 1822-27.

Autres versions allemandes.

La traduction de Mendelssohn menaçait de devenir canonique: mais les Juifs allemands avaient goûté à l'apprentissage moderne; et vers la fin de la première moitié du dix-neuvième siècle diverses tentatives individuelles ont été faites pour fournir de meilleures traductions au public général, qui devaient refléter les progrès déjà réalisés à cette époque dans la science biblique. Le premier sur le terrain a été Joseph Johlson (Asher ben Joseph de Fulda), dont la tentative, bien que digne d'être remarquée ici, ne fut pas couronnée de succès, malgré le fait que le texte était accompagné de savantes notes philologiques (Petits Prophètes, Carlsruhe, 1827; Pentateuque, _ib._ 1831; les livres historiques, _ib._ 1836). Bunsen (_l.c._ p. xvii.) déclare même que son ouvrage est "geistreich und scharfsinnig" (comparer Geiger's "Zeitschrift," 1836, p. 442; 1837, p. 121). On peut aussi mentionner la traduction double d'A. A. Wolff (mot à mot et métrique) d'Habacuc; la "Hosea, Joel, Jonah, Obadiah und Nahum in Metrisch-Deutscher Uebersetzung" de Phœbus Philippsohn, Halle, 1827; la traduction sentimentale d'A. Rebenstein (Bernstein) du Cantique des cantiques (Berlin, 1834; comparer "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 324); l'Ecclésiaste de S. H. Auerbach (Breslau, 1837), dans lequel il projette sa propre philosophie; et les Psaumes de Michael Sachs (Berlin, 1835). Ce dernier était une protestation claire contre les tentatives antérieures, qui reflétaient trop l'individualité des traducteurs. Sachs a tenté de donner "un rendu purement scientifique et philologique" de l'original, prenant Rückert comme guide, dont il a inséré textuellement la traduction du Ps. lxviii. (voir Zunz, in Geiger's "Wiss. Zeit. Jüd. Theol." ii. 499, et in "G. S." iii. 116, qui caractérise l'ouvrage comme "somewhat stiff and awkward"). Elle a été réimprimée dans l'édition des Prophètes et de l'Hagiographe ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p193001.jpg), Fürth, 1842-47 (Zedner, "Cat. Hebr. Books Brit. Mus." p. 119), et a été révisée pour la Bible de Zunz ("Monatsschrift," xxxviii. 507). Cette protestation a été poussée à l'excès par Gotthold Salomon, qui, en plus de son travail sur l'édition de Dessau des Petits Prophètes (voir ci-dessus), a traduit le Pentateuque (Krotoschin, 1848-49; voir la critique de Hess in "Allg. Zeit. des Jud." 1839, p. 80, et de L. Skreinka in "Literaturblatt des Orients," 1840, pp. 468 _et seq._). Les traductions de Job (Glogau, 1836) et du Pentateuque (_ib._ 1840) par Heimann Arnheim, bien qu'en caractères hébreux et destinées principalement à être utilisées dans la liturgie, témoignent d'un bon jugement et d'une formation philologique solide ("Literaturblatt des Orients," 1840, p. 641). Une simple mention peut être faite de l'Ecclésiaste de L. Herzberg (Brunswick, 1838; voir Zunz, in Jost's "Annalen," 1839, p. 102) et de la traduction métrique des Proverbes et des Lamentations de L. H. Löwenstein (Francfort-sur-le-Main, 1837-38). La "Deutsche Volks- und Schul-Bibel" de Gotthold Salomon (Altona, 1837) a été la première traduction de l'Ancien Testament entier en caractères allemands réalisée par un Juif. Elle a été stéréotypée et était destinée à être vendue si bon marché que chacun pouvait se l'offrir (voir la correspondance in Jost's "Annalen," 1839, Nos. 12 _et seq._).

Bible de Zunz.

Plus important fut la tentative de L. Zunz pour fournir une Bible destinée à l'école et au foyer. En tant qu'éditeur, il ne traduisit que les livres des Chroniques, le reste du travail ayant été effectué par H. Arnheim, Julius Fürst et M. Sachs (Berlin, 1838). Zunz réussit dans une large mesure à produire une traduction qui, tout en adhérant strictement au texte massorétique, était au niveau des connaissances savantes de son époque et exempte des périphrases et des idiomatismes des traducteurs précédents, bien qu'elle conservât toujours la translittération des noms hébreux (Nestle, "Bibel-Uebersetzungen," p. 142). Mendelssohn n'avait traduit ni les Prophètes ni les Hagiographes ; et il n'est donc pas étonnant que la Bible de Zunz ait connu au moins six éditions jusqu'à 1855 et douze jusqu'à 1889 (voir Rosin, in "Monatsschrift," xxxviii. 512). Quelques années seulement plus tard, une autre traduction populaire fut produite par Solomon Herxheimer (Berlin, 1841-48 ; 3e éd. du Pentateuque, 1865), à laquelle un commentaire explicatif et homilétique fut ajouté. Bien que manifestement destinée à remplacer le biur de Mendelssohn, Herxheimer déclare expressément que son travail a été fait « pour les Juifs et les Chrétiens » (Jost's "Annalen," 1839, pp. 312 et seq. ; "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 513).

Une tentative encore plus ambitieuse fut celle de Ludwig Philippson. Il traduisit le texte à nouveau, visant à inclure les derniers résultats assurés de la critique et à produire ce qui en tous points pourrait être appelé une Bible familiale. Pour cette raison, pour la première fois, des illustrations furent ajoutées, ainsi que des introductions et un commentaire étendu destiné à l'homme intelligent qui n'est pas un savant. Cet ouvrage occupa Philippson durant dix-huit ans, et fut publié à Leipzig, 1839-56 ; 2e éd., 1858-59 ; 3e éd., 1862. Sa traduction fut ensuite publiée, avec les illustrations de Doré, par la Israelitische Bibel-Anstalt, révisée par W. Landau et S. I. Kämpf (Stuttgart, 1875). Des éditions séparées de cette traduction du Pentateuque, des Psaumes et du Pentateuque réunis avec Isaïe furent publiées (voir M. Philippson, in "Rev. Etudes Juives," xlii. 30). Mais même les légers accommodements faits dans ces traductions à l'esprit exégétique moderne donnèrent de l'offense en certains milieux ; une maison rivale de Bible, l'Orthodoxe Israelitische Bibel-Anstalt, fut établie, qui, sur la base de la "Ha-Ketab we-haKabbalah" de J. Z. Mecklenburg (Leipzig, 1839), produisit une traduction de la Bible strictement conforme aux lignes de l'exégèse juive traditionnelle (ib. 1865). La traduction du Pentateuque par J. Kosmann (Königsberg, 1847-52) avait une visée similaire. Allant encore plus loin dans cette direction, et en protestation évidente contre l'exégèse chrétienne radicale moderne, qu'il ignore entièrement, Samuel Raphael Hirsch s'inscrivit. Dans sa traduction du Pentateuque (Francfort-sur-le-Main, 1867 ; 3e éd., 1899) et des Psaumes (1882), ainsi que dans la traduction des Petits Prophètes par son fils, M. Hirsch (ib. 1900), on voit un retour au "derash," duquel toute l'école de Mendelssohn et de ses disciples avaient cherché à se libérer (voir "Zeit. für Heb. Bibl." v. 78). De la "Die Bibel Neu Uebersetzt" de L. J. Mandelstamm, en partie avec l'assistance de M. Kirchstein, seuls la Genèse et le Cantique des Cantiques semblent avoir été publiés (Berlin, 1862-64). En 1901, une nouvelle traduction par S. Bernfeld a été commencée. Elle adhère strictement à la Masora et préserve la forme hébraïque des noms propres.

Pendant tout ce temps, de nombreuses traductions de livres individuels ont paru, dont la liste suivante est une liste partielle, citée sous les noms de leurs auteurs respectifs :

- Israel ben Abraham, Job, en caractères hébreux, Prague, 1791. - Shalom Kohn, Psaumes, Hambourg, 1827. - Mendel Stern, Proverbes, en caractères hébreux, Presbourg, 1833. - J. Wolfson, "Das Buch Hiob. . . . Neu Uebersetzt . . .," Breslau-Leipzig, 1843. - E. J. Blücher, "Ruth, mit Deutscher Uebersetzung," Lemberg, 1843. - M. Löwenthal, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194001.jpg) . . . Nebst Uebersetzung . . . ," Francfort-sur-le-Main, 1846. - "Das Hohe Lied . . . Neue Deutsche Uebersetzung," Vienne, 1847. - Samuel Aschkenazi, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194002.jpg) (Cantique des Cantiques, en caractères hébreux), Presbourg, 1847. - ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194003.jpg) (Une nouvelle traduction du Pentateuque, en caractères hébreux), Königsberg, 1856. - "Odiosus," "Das Buch Ijob im Engeren Anschluss an den Mass. Urtext" (voir "Hebr. Bibl." vi. 101). - S. Horwitz, "Das Hohe-Lied, das Aelteste Dramatische Gedicht," Vienne, 1863 (voir ib. vi. 62). - Adolph Brecher, "Die Psalmen Nebst Uebersetzung," Vienne, 1864. - Israel Schwarz, "Tikwat Enosh" (Job, en caractères allemands), Berlin, 1868. - Sänger, Maleachi, 1868. - Benjamin Holländer, Das Hohelied, Budapest, 1871. - Hermann Tietz, Das Hohelied, 1871. - M. Levin, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194004.jpg) (avec traduction judéo-allemande), Odessa, 1873. - H. Grätz, "Krit. Commentar zu den Psalmen, Nebst . . . Uebersetzung," Breslau, 1882 (comparer son Kohelet, 1871, et Cantique des Cantiques, 1871). - S. I. Kämpf, Das Hohelied, Prague, 1877 ; 3e éd., 1884. - K. Kohler, Das Hohelied, Chicago, 1878. - Hermann Tietz, "Das Buch der Elegien Metrisch Uebersetzt," Schrimm, 1881. - J. Landsberger, Das Buch Hiob, Darmstadt, 1882. - D. Leimdörfer, "Kohelet . . . Nebst Uebersetzung," Hambourg, 1892. - Herman Rosenthal, "Worte des Sammlers (Kohelet) . . . in Deutsche Reime Gebracht," New York, 1885 ; 2e éd., 1893. Idem, "Das Lied der Lieder, in Neue Deutsche Reime Gebracht," New York, 1893. - M. Jastrow, "Der Neunzigste Psalm; Uebersetzt," Leipzig, 1893. - Salomon Plessner (traduction de Nahum, dans ses "Biblisches und Rabbinisches," pp. 29 et seq.), Francfort-sur-le-Main, 1897.

Traduction anglaise.

Ce n'était qu'à partir des années quarante du dix-neuvième siècle que le désir se fit véritablement sentir parmi les Juifs anglais d'avoir une traduction de la Bible qui leur soit propre en langue vernaculaire, bien que David Levi eût produit en 1787 (Londres) une version anglaise du Pentateuque (Steinschneider, "Cat. Bodl." No. 926). Partout où une Bible anglaise leur était nécessaire, ils avaient librement utilisé la King James Version ; comme on le voit dans le Pentateuque (incluant les Hafṭarot et les Rouleaux) qui fut publié à Londres en 1824, sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194005.jpg). Mais l'impropriété de l'usage de cette version, avec ses titres chrétiens et ses interprétations messianiques, finit par s'imposer à l'attention des Juifs anglais (voir, par exemple, S. Bennett, "Critical Remarks on the Authorized Version," Londres, 1834 ; Seelig Newman, "Emendations of the Authorized Version of the O. T." Londres, 1839 ; Benjamin Marcus, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194006.jpg) (Fountain of Life) : Mistranslations and Difficult Passages of the O. T. Corrected and Explained," Dublin, 1854).

La vénération pour ce chef-d'œuvre de la littérature anglaise s'était également imposée aux Juifs. Quand la Revised Version fut publiée (17 mai 1881), elle fut avidement accueillie comme étant beaucoup plus appropriée aux lecteurs juifs, puisque les titres y avaient été supprimés et la christologie de nombreux passages édulcorée. La Revised Version est utilisée comme base pour de tels ouvrages que la "Bible for Home Reading" de C. G. Montefiore, Londres, 1896, 1901. Que la révision ne soit pas complète du point de vue juif peut être vu à partir de la brochure émise par le Jewish Religious Education Board, "Appendix to the Revised Version" (Londres, 1896), qui énonce les "alterations deemed necessary with a view to placing the Revised Version in the hands of members of the Jewish faith." Ces modifications se limitaient aux catégories suivantes, à savoir : "where the R. V. departs from the Masoretic text," et "where the R. V. is opposed to Jewish traditional interpretation or dogmatic teaching." Isa. lii. 13-liii. 12 y est réimprimé en entier.

Le premier qui tenta de produire une traduction juive indépendante fut D. A. de Sola de Londres, qui en 1840 publia un "Prospectus of a New Edition of the Sacred Scriptures, with Notes Critical and Explanatory." Morris J. Raphall et J. L. Lindenthal étaient associés avec lui dans ce travail. Un seul volume, la Genèse, parut (Londres, 1841 ; 2e éd., 1843). D'une tentative similaire de S. Bennett, "The Hebrew and English Holy Bible," seuls Gen. i.-xli. parurent (1841) ; bien que la même année Francis Barham publiât "The Hebrew and English Holy Bible," qui contenait la révision anglaise de Bennett et une révision de l'hébreu par H. A. Henry. Une autre traduction fut publiée par A. Benisch, "Jewish School and Family Bible" (1851-56) ; et une autre encore par M. Friedländer, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194007.jpg), The Jewish Family Bible" (1884). Cette dernière a reçu l'approbation du grand rabbin des Juifs britanniques. A. Elzas a publié des traductions des Proverbes (Leeds et Londres, 1871), de Job (1872), d'Osée et de Joël (1873), dans une tentative "to put the English reader, at least in some degree, in the position of one able to read the Hebrew text." Aucune de ces versions, cependant, ne peut être dite avoir remplacé soit la Authorized soit la Revised Version dans l'estime du public juif lecteur de la Bible.

Les États-Unis.

Aux États-Unis, le même sentiment qu'en Angleterre s'était développé contre les titres de la Authorized Version. Isaac Leeser tenta de rectifier cela et en même temps de traduire la Bible de manière qu'elle représentât les meilleurs résultats de l'étude moderne. Les Prophètes, les Psaumes et Job sont pratiquement des versions nouvelles. Dans les autres parties, la Authorized Version est très étroitement suivie ; et bien que dans la plupart des cas les modifications que Leeser apporta rapprochassent la traduction du texte massorétique, la beauté de l'anglais en fut souvent sacrifiée. Une édition in-quarto fut publiée en 1854, et une édition in-douze en 1856. Malgré ses insuffisances, la plus petite édition a eu une large circulation, due surtout au développement de l'instruction religieuse scolaire juive aux États-Unis. L'inadéquation de la traduction de Leeser a, cependant, été ressentie ; et la Jewish Publication Society of America en 1898 entreprit la préparation d'une révision complète. Celle-ci est actuellement (1902) en cours d'exécution par un nombre de savants, avec M. Jastrow, Sr., comme rédacteur en chef, et K. Kohler et F. de Sola Mendes comme rédacteurs associés (voir Reports of the Jewish Publication Society of America, 1898 _et seq._).

Versions espagnoles.

TRADUCTIONS DE LA BIBLE

Nulle part en Europe l'histoire de la traduction de la Bible en langue vulgaire n'est aussi intéressante qu'en Espagne. Des traductions y ont été faites dès le treizième siècle, en dépit du fait qu'en 1234 Jaime I., par le moyen de législation séculière, en interdit l'usage (Lea, "History of the Inquisition in the Middle Ages," i. 324). Comme Berger l'a montré, les plus anciennes versions castillanes, même lorsqu'elles ont été faites par des chrétiens, se rapprochent bien davantage de l'original hébreu que celles d'aucun autre pays. Cela semble avoir été dû à l'influence ancienne et intense des Juifs dans la péninsule et à la coloration orientale de toute sa culture. Cette ressemblance se voit même dans la forme extérieure. Les traductions espagnoles suivent la division hébraïque de la Bible en trois grandes parties ; et il est remarquable que le premier polyglotte (Complutensian) ait vu le jour en Espagne. Dans la production de ces traductions, tant les Juifs que les convertis ont pris une part louable. L'une des plus anciennes de ces traductions castillanes se trouve dans le MS. aragonais i. j, 8 de la Bibliothèque de l'Escurial, Madrid. Les Psaumes dans ce manuscrit sont distinctement dits être la traduction « que fizo Herman el Aleman, segund cuemo esta en el ebraygo. » Herman devait indubitablement connaître l'hébreu, bien que Berger pense qu'il ait utilisé le « Psalterium Hebraicum » de Jérôme et non le « Psalterium Gallicum. » Ce Herman le Germain est le célèbre traducteur latin d'Aristote, et vécut entre 1240 et 1256.

Au quinzième siècle, plusieurs révisions de ces traductions plus anciennes furent faites, mais toujours selon le texte hébreu. Une telle révision est représentée par les MSS. i. j, 5 et i. j, 3 de l'Escurial et MS. cxxiv. 1, 2 (daté de 1429) de la Bibliothèque d'Évora. En un certain nombre d'endroits, ces traductions suivent ostensiblement l'original hébreu et contredisent la tradition ecclésiastique habituelle. Le MS. i. j, 3 de l'Escurial est richement enluminé de miniatures, qui ont peut-être été l'œuvre de miniaturistes hébreux. Dans ce manuscrit, non seulement l'ordre des livres du Canon est le même que dans l'hébreu, mais le Pentateuque est divisé en sections qui concordent avec les parashiyot et les sedarim. Les noms propres aussi suivent l'hébreu et non la version latine ordinaire. Berger pense que ce manuscrit peut être l'œuvre du Juif baptisé Juan Alfonso de Buena, qui était au service de Jaime II. (1416-54). Un intérêt supplémentaire s'attache à ces révisions, car elles ont servi de base pour l'espagnol du Pentateuque de Constantinople de 1547 et pour la Bible de Ferrare ; la Bible de Ferrare, à son tour, a servi de base pour la traduction biblique protestante de Cassidoro de Reina (1569) ; pour la révision de Cyprian de Valera (1602), le « Psalterio de David Conforme a la Verdad Hebraica » (Lyon, 1550), et le Psautier de Juan Perez (Venise, 1557 ; voir Samuel Berger, in "Romania," xxviii.).

Une révision encore plus poussée, de nouveau sur la base de l'hébreu, fut faite par [Rabbi Moses Arragel](/articles/1818-arragel-moses) (1430) pour Don Luis de Guzman, maître de l'Ordre de Calatrava. Selon Berger, cette révision a été faite sur le MS. Escurial i. j, 3. Elle est pourvue d'un commentaire et richement illustrée, peut-être par des artistes juifs. Un manuscrit des Prophètes, en deux langues, à la bibliothèque de l'Académie d'Histoire à Lisbonne suit si étroitement la traduction d'Arragel qu'il peut possiblement représenter la première tentative d'Arragel.

Cette traduction castillane (ou révision) a été emportée par les exilés espagnols en Italie et en Turquie. Elle devint aussi la Bible des Juifs espagnols aux Pays-Bas. Elle apparaît d'abord en caractères hébreux dans le Pentateuque polyglotte (hébreu, Onkelos, Rashi, néo-grec, et espagnol), publié à Constantinople par Eliezer Bekor Gerson Soncino (voir Belleli, in "Rev. Etudes Juives," xxii. 250 ; Grünbaum, "Jüd.-Span. Chrestomathie," p. 6). Le néo-grec représente une traduction différente de celle de l'espagnol. De ce polyglotte elle s'est transmise à la célèbre Bible de Ferrare de 1553, qui porte le titre « Biblia en Lengua Española, Traduzida Palabra por Palabra de la Verdad Hebrayca por Muy Excellentes Letrados, Vista y Examinada por el Oficio de la Inquisicion. Con Privilegio del Ylustrissimo Señor Duque de Ferrara. » Deux éditions semblent avoir été publiées : l'une, pour les Juifs, signée par Abraham Usque ; l'autre, pour les chrétiens, signée par Jerome de Vargas (De los Rios, "Juifs d'Espagne," p. 432).

De los Rios (_l.c._ p. 436) pense que l'auteur de « Retratos o Tablas de las Historias del Testamento Viejo, » Lyon, 1543, une exposition populaire de la Bible, était un Marrane ; mais cela ne semble pas avoir été prouvé.

La Bible de Ferrare de 1553 devint la base des traductions espagnole et ladino qui furent publiées à Salonique et Amsterdam. Cela se voit aussi dans le titre, qui court généralement ainsi : « Biblia en Lengua Española, Traduzida Palabra por Palabra de la Verdad Hebrayca. » Cela est aussi vrai de la « ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p195001.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p195002.jpg) con Ladino y Agora Nos a Parecedo Comenzar de los ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p195003.jpg), » etc., publiée par Joseph b. Isaac b. Joseph Jabez en 1568, comme Kayserling (_l.c._ p. 28) l'a clairement montré. À Amsterdam, la traduction resta sensiblement la même, bien qu'elle fût souvent révisée (« reformada ») : 1611 ; 1630 et 1646, Gillis Joost ; corrigée par Samuel de Caceres et imprimée par Joseph Athias (1661) ; corrigée par Isaac de Abraham Dias et imprimée par David Fernandes (1726) ; « con las annotaciones de Or Torah, » Proops, 1762. Cette traduction parut aussi à Venise, 1730 ; Constantinople, 1739-43 ; _idem_, 1745 ; Vienne (éd. par Israel Bahor Haim et Aaron Pollak), 1813-16 ; et Smyrne, 1838. Une traduction ladino, en caractères Rashi, fut publiée à Vienne, 1841 (2e éd., 1853), par W. S. Schauffler pour l'American Bible Society (voir Twenty-sixth Annual Report of the society, 1842, p. 120). Selon Grünbaum, elle présente de nombreux points de ressemblance avec le Pentateuque de 1547 et avec la Bible de Ferrare.

Diverses portions de cette traduction parurent séparément, une édition du Pentateuque paraissant la même année (1553) et à Ferrare. À cela on peut ajouter ce qui suit :

« Humas de Parasioth y Aftharoth, » éd. Manasseh ben Israel, Amsterdam, 1627 ; éd. Ymanuel Benveniste, _ib._ 1643 ; une autre édition fut publiée par Manasseh lui-même, _ib._ 1655 (bien qu'il en dise : « Obra nueva y de mucha utilidad ») ; « Parafrasis Comentada sobre el Pentateucho, » éd. Isaac da Fonseca Aboab, _ib._ 1681 ; « Cinco Libros de la Ley Divina . . . de Nuevo Corrigidos, » par David Tartas, _ib._ 1691 ; « Los Cinco Libros . . . Interpretados en Lengua Española, » éd. Joseph Franco Serrano, _ib._ 1695 ; 1705 et 1724 (Isaac de Cordova) ; « Cinco Libros, » corrigés par David de Elisha Pereyra, _ib._ 1733 ; « El Libro de la Ley, » publié à Constantinople en 1873, est, selon Grünbaum (_l.c._ 12), une traduction différente.

Les Psaumes furent réimprimés : Ferrare, 1553 ; Salonique, 1582 ; Amsterdam, 1628, 1730 ; Vienne, 1822 ; Constantinople, 1836. Plusieurs autres traductions des Psaumes furent produites au cours des dix-septième et dix-huitième siècles. David Abenatar Melo, un Marrane qui échappa à l'Inquisition à Madrid et redevint juif en 1611, publia en 1626 (« En Franquaforte ») « Los CL Psalmos de David, en Lengua Española, en Varias Rimas. » Dans ces Psaumes, il a inséré, quand c'était approprié, un récit de ses propres souffrances et de celles de son peuple (De los Rios, _l.c._ pp. 468 _et seq._ ; Kayserling, « Bibl. Esp.-Port.-Jud. » pp. 67, 68). Une traduction en prose fut faite par Ephraim Bueno et Jonah Abravanel (Amsterdam, 1650 ; 2e édition, 1723 ; voir De los Rios, _l.c._ p. 498). Une troisième traduction fut faite par Jacob Judah Leon Templo (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p196001.jpg), « Las Alabancas de Santidad, » Amsterdam, 1671)—une traduction en prose mot à mot de l'original (De los Rios, _l.c._ p. 570 ; Kayserling, _l.c._ p. 58).

De tous les livres bibliques, le Cantique fut le plus souvent réimprimé. Une traduction fut publiée à Hambourg, 1631, par David Cohen Carlos « de lengua Caldayca » ; mais le rendu favori était celui d'Abraham de Isaac Lañado, publié en caractères hébraïques à Venise, 1619, 1654, 1655, 1672, 1716, 1721, 1739, 1805 ; Livourne, 1769, 1787 ; Vienne, 1820. L'édition de Venise fut publiée en caractères romains par Moses Belmonte, Amsterdam, 1644, et fut réimprimée à Amsterdam, 1664, 1683, 1701, 1712, 1724, et 1766. Une édition des Megillot parut à Constantinople en 1813 (voir Kayserling, _l.c._ p. 30) ; une Megillah en espagnol, datant du début du dix-huitième siècle, existe au British Museum (« Jewish Chron. » March 21, 1902, p. 24) ; mais la provenance de la traduction est inconnue (sur de telles Megillot voir Abrahams, « Jewish Life in the Middle Ages, » p. 345). Une traduction portugaise des Psaumes, sous le titre « Espejo Fiel de Vidas, » par Daniel Israel Lopez Laguna, parut à Londres, 1720 (Kayserling, _l.c._ p. 55).

Versions italiennes.

Tant Zunz (« G. V. » 2e éd., p. 457) que Güdemann (« Erziehungswesen in Italien », p. 206) font référence à des traductions anciennes de la Bible en italien ; ce dernier parle même de leur existence aux treizième et quatorzième siècles. Steinschneider a démontré (« Monatsschrift », xlii. 117) que c'est une erreur. Il est vrai que certaines autorités (comme Zedekiah ben Abraham et Isaiah de Trani, le Jeune) ont insisté sur la nécessité de traduire la Bible dans la langue du pays ; mais Judah 'Azahel del Bene (Ferrare, _c._ 1650) a conseillé contre la pratique d'enseigner l'italien aux filles, car il craignait qu'elles ne conçoivent un amour pour la poésie amoureuse (Vogelstein et Rieger, « Juden in Rom », ii. 300). Ce n'est qu'au seizième siècle que des tentatives ont été faites pour produire des versions de portions de la Bible en italien. Steinschneider (_l.c._ p. 318) a donné une liste des traductions manuscrites existantes. C'est vers la fin de ce siècle que les premières traductions ont été publiées. David de Pomis (mort après 1593) a produit une édition de l'Ecclésiaste avec traduction italienne à Venise en 1571. Elle a été dédiée au cardinal Grimani d'Aquilée (Steinschneider, « Cat. Bodl. » No. 218). Il a aussi traduit Job et les Psaumes, mais ne les a jamais publiés (« Monatsschrift », xliii. 32). Hezekiah Rieti a publié (Venise, 1617) le texte des Proverbes avec traduction italienne (« Cat. Bodl. » No. 418) ; mais aucun compte rendu fiable ne peut être trouvé d'une traduction de Job (Rome, 1773) mentionnée par Zunz.

Les traductions faites au dix-neuvième siècle ont toutes plus ou moins subi l'influence du biur de Mendelssohn. En 1818 I. S. Reggio a publié à Vienne, comme spécimen, dix versets de la Genèse. Il a alors produit le Pentateuque entier (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p196002.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p196003.jpg) « colla Traduzione Italiana »), Vienne, 1821 ; et dix ans plus tard « Il Libro d'Isaia, Versione Poetica » (Udine, 1831). Cette version a subi une critique sévère, parce qu'elle semblait affaiblir la force de nombre de prophéties messianiques (voir Fürst, « Bibl. Jud. » iii. 140). En 1844 a paru à Livourne (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p196004.jpg)) une traduction italienne de Job (Fürst, « Bibl. Jud. » ii. 282, dit qu'elle est de Luzzatto) ; et en 1872 un « Pentateuque, rév. von Letteris, mit Ital. Uebersetzung von Diodati » (Vienne ; peut-être aussi Londres, 1836, 1864). Lelio della Torre de Padoue a traduit les Psaumes (Vienne, 1845). Mais ceux-ci ont été complètement éclipsés par les versions exactes et soignées de S. D. Luzzatto, dont le jugement poétique et littéraire faisait de lui un excellent styliste (voir « Hebr. Bibl. » vi. 99 ; Elbogen, dans « Monatsschrift », xliv. 460). Il a traduit la plus grande partie de l'Ancien Testament : Isaïe (« Il Profeta Isaia Volgarizzato »), Padoue, 1855-63 ; Pentateuque, Rovigo, 1860, Padoue, 1876 ; Prophètes, Rovigo, 1868 ; Isaïe, Padoue, 1867 ; Job, Trieste, 1853 ; généralement avec un commentaire hébreu de grande valeur. D'autres traductions italiennes ont été produites : par Giuseppe Barzilai, « El Cantico dei Cantici » (Trieste, 1865) sous forme dramatique, suivant les traductions allemandes de Mandelstamm et Horowitz ; Lamentations (Trieste, 1867) ; par David Castelli, l'Ecclésiaste (Pise, 1866) ; par Benjamin Consolo, Lamentations, Job et Psaumes (Florence ?) ; par Gino Morpurgo, l'Ecclésiaste (Padoue, 1898) et Esther (1899).

Traductions françaises.

Les traductions de l'Ancien Testament en français n'ont pas été faites par des Juifs avant la première moitié du dix-neuvième siècle. En 1831 Samuel Cahen a commencé une œuvre monumentale, « La Bible, Traduction Nouvelle » (Paris, 1833-46, en 18 volumes), à laquelle ont été ajoutés de nombreux essais de Munk, Zunz, Dukes et d'autres, ainsi qu'un commentaire quelque peu rationaliste. Cette œuvre a été quelque peu sévèrement critiquée (Abbé B. M. B., « Quelques Mots sur la Traduction Nouvelle », etc., Paris, 1835 ; « Allg. Zeit. des Jud. » 1839, p. 30 ; « Literaturblatt des Orients », 1840, pp. 368 _et seq._ ; Wogue, « Hist. de la Bible », p. 342) ; mais elle a dominé le domaine pendant de nombreuses années. Une version plus fidèle du Pentateuque a été publiée en 1860 par Lazare Wogue. Parmi les autres traducteurs, on peut mentionner A. ben Baruch Créhange (Psaumes) et B. Mossé d'Avignon (Psaumes). Mais une Bible populaire et bon marché en français était fort nécessaire pour les Juifs français. Un tel ouvrage a été entrepris par l'actuel grand rabbin de France, Zadok Kahn, et les autres membres du rabbinat français. La traduction de Wogue a été employée comme base pour le Pentateuque. L'auteur lui-même a effectué les corrections nécessaires ; et avant sa mort, il a pu terminer la traduction des livres prophétiques jusqu'au Premier Livre des Rois (vol. i., Paris, 1899). En même temps et sous les mêmes auspices, une Bible pour enfants (« Bible de la Jeunesse ») est en cours de publication.

Traductions néerlandaises.

Peu de traductions ont été tentées par les Juifs hollandais dans leur langue vernaculaire : les Juifs espagnols et portugais en Hollande faisaient usage de l'espagnol ; les Juifs ashkénazes, de la version judéo-allemande. La version des Psaumes en néerlandais imprimée par Joseph Athias a été faite par Johann Leusden. Pendant le dix-neuvième siècle, des traductions ont été faites par Samuel J. Mulder (voir son "Tets over de Vertalingen der Heilige Schrift," Amsterdam, 1859) : Pentateuque, 1826-42 ; Grands Prophètes, 1827 ; Cinq Rouleaux, 1835, 3e éd. 1859 ; Proverbes, 1836 ; Psaumes, 1838 ; tous publiés à Amsterdam. Il a aussi publié une "Bijbel voor de Israel. Jeugd," Leyde, 1843-54. En 1844, Gabriel J. et M. S. Polak ont publié une traduction néerlandaise de Job, qui devait avoir été suivie d'une traduction des Prophètes et des Hagiographa. Cela ne semble jamais avoir été achevé. Une traduction d'Isaïe par G. A. Parsen existe également ; tandis qu'une nouvelle traduction du Pentateuque, avec Targum et Rashi, a été produite par A. S. Ondervijser en 1901.

Les traductions juives en russe sont de date très récente. L'auteur ne connaît que les Psaumes de L. I. Mandelstamm (Berlin, 1864 ; 3e éd. 1872), Pentateuque (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p197001.jpg), 3e éd., Berlin, 1872) ; les Psaumes d'Aaron Pumpiansky (Varsovie, 1871) ; les Psaumes de J. Cylkow (1883) ; et une version d'Esther en allemand (caractères hébreux) et russe (Varsovie, 1889). Une traduction polonaise a été publiée par D. Neufeld.

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