SHOMRON KOL TITTEN
Élégie dramatique de Solomon ibn Gabirol, chantée à la conclusion de l'ordre des Ḳinot selon le rite polonais, aux services du soir et du matin du Jeûne d'Ab, et annexée comme méditation privée à l'ordre des Séphardim pour le Jeûne de Ṭebet. Le premier verset est une quatrain, tandis que les autres sont étendus à trois fois cette longueur. Samarie et Jérusalem sont présentées comme deux sœurs infidèles (Ezek. xxiii. 4) maintenant accablées de contrition ; et dans les deuxième et troisième versets elles déplorent à tour de rôle leurs chutes et le châtiment qui les a frappées. Dans le quatrième verset le poète supplie la pitié pour elles, et prie pour le retour de leur Seigneur vers elles en pardon (pour une paraphrase en anglais de l'ensemble de l'élégie voir « Israel », iii. 80, London, 1899).
SHOMRON ḲOL TITTEN
Le poème est chanté dans la liturgie polonaise, nord-allemande et anglaise sur une mélodie traditionnelle expressive, la dernière partie de laquelle est basée sur la lamentation sur laquelle les ḳinot sont intonnées au Jeûne d'Ab parmi les Ashkénazes. Mais il présente aussi une frappante ressemblance avec les mélodies séphardiques apportées d'Espagne avant 1492 ([comp. Mizmor Shir le-Yom ha-Shabbat](/articles/10891-mizmor-shir-le-yom-ha-shabbat)), dans la structure et la tonalité de cette dernière partie, dans le contour des phrases initiales ([comp. Ha-Mabdil](/articles/7120-ha-mabdil)), et surtout dans la manière, si caractéristique du rite séphardique, dans laquelle ces phrases initiales sont répétées maintes fois dans les versets plus longs, jusqu'à ce que la dernière partie puisse enfin être utilisée pour le distique final ([comp. Adonai Beḳol Shofar](/articles/842-adonai-bekol-shofar)).