SHIRAH ḤADASHAH (« A new song sang the redeemed »)
SHIRAH ḤADASHAH
Un passage qui illustre l'influence du Midrash sur le développement de la musique synagogale. La prescription biblique de la circoncision comme condition pour participer à l'agneau pascal (Ex. xii. 43, 48) conduisit les anciens exégètes (comp. Ex. R. xix.) à signaler le rite de l'alliance comme l'étape initiale de cette reconnaissance loyale de la souveraineté divine qui culmina dans le chant à la mer (Ex. xvi. 18). Dans l'esprit du Midrash, l'hymne « ge'ullah » de Judah ha-Levi « Yom le-Yabbashah » (comp. Zunz, « Literaturgesch. » p.205), pour le septième jour de Pâque, l'anniversaire du passage de la mer Rouge, chante la circoncision en liaison avec le chant de Moïse. En conséquence, comme tout au long du Moyen Âge et jusqu'à l'époque récente la circoncision avait lieu à la synagogue (voir illustration in Jew. Encyc. v. 129), cet hymne était chanté pendant le service du matin précédant la cérémonie, particulièrement le Sabbat.
Pendant le même service, le « mohel », ou opérateur, s'il était présent à la synagogue, recevait en honneur spécial la permission de diriger une antienne en réponse, les versets alternés étant récités par la congrégation, à partir du point où se trouvent les paroles « Et tu as fait [litt. « coupé »] une alliance » (Neh. ix. 8) jusqu'à la fin du passage Ex. xiv. 30-xv. 18, qui suit immédiatement. Dans ces pratiques naquit au dix-huitième siècle une intonation jubilante particulière pour le ḥazzan, qui chantait sur le ton festif les phrases immédiatement précédentes la « 'Amidah » ([voir Shemoneh 'Esreh](/articles/13561-shemoneh-esreh)) à partir des paroles « Shirah ḥadashah », où le passage déjà chanté par le mohel et allusion dans l'hymne de Judah ha-Levi est à nouveau brièvement cité.
La transcription ci-jointe présente la mélodie festive selon la tradition de Londres. La version plus élaborée particulière à Berlin est donnée dans Marksohn et Wolf, « Auswahl Alter Hebräischer Synagogal-Melodieen », No. 26, Leipsic, 1875, sans toutefois de référence aux occasions où elle était chantée.