S BOOK ON LETTER-ORNAMENTS ()
AKIBA [BEN JOSEPH]
Selon la Haggadah (Men. 29_b_), Akiba trouvait une signification dans chaque petit ornement ou trait d'embellissement des lettres de la Torah ; on lui a donc attribué un Midrash qui traite des petites courbes ou embellissements sur les extrémités des lettres hébraïques, ainsi que des lettres isolées trouvées dans le texte hébreu de l'Écriture d'une taille différente des autres. Ce petit Midrash forme une sorte de supplément à l'Alphabet d'Akiba, qui traite des noms et des formes des lettres, et il n'est pas improbable que tous deux constituent des portions d'une œuvre plus grande dont d'autres parties manquent.
La date de ce Midrash ne peut être postérieure au commencement du neuvième siècle, puisqu'un Karaïte, Solomon ben Jeroham — adversaire de Saadia — attaqua l'authenticité de l'« Alphabet ». Le livre lui-même ne donne pas la moindre indication sur sa date ; ni son style littéraire. Ce qui suit peut servir d'échantillon de sa méthode :
« כ (Bet) a deux traits reliés par une tige, représentant les places terrestres et célestes du jugement (bet din), qui, malgré le temps et l'espace qui les séparent, ne sont qu'une.
« ל (Lamed), la plus haute des lettres, a sa tête courbée vers le bas, représentant ainsi Dieu, qui est exalté au-dessus de tout et qui pourtant nous regarde d'en haut.
« Pourquoi le  (Yod) dans  (Num. xiv. 17) est-il écrit grand ? Afin d'indiquer que la miséricorde de Dieu est si grande qu'elle s'étend sur tous les habitants de la terre. »
La première édition parut dans le « Shilṭe ha-Gibborim » d'Abraham Portaleone, p. 177, Mantoue, 1613, avec des annotations de l'éditeur. On la trouve également dans la « Bibliotheca Rabbinica » de Bartolocci, iv. 275, éditée d'après un manuscrit appartenant au duc de Parme. Ces deux éditions, ainsi que celle publiée dans le « B. H. » v. 31-33 de Jellinek, d'après un manuscrit de l'année 1398, ne contiennent que la portion concernant les ornements des lettres. Elle a été publiée en entier, et avec une introduction de Senior Sachs, d'après un manuscrit appartenant au Baron Günzburg, dans le « Sefer Taghin », par J. L. Bargés, Paris, 1866.